La palette de Pierre

La palette de Pierre

POÉSIE & PROSE


LISTE des poèmes, chants lyriques et fables

palette en vers pierre.jpg
 

 

 

Liste de mes poèmes

actualisée au fur et à mesure

 

 

 

Pour accéder à une poésie, cliquez directement sur le lien correspondant.

Mais vous pouvez également cliquer au choix sur l'un des onglets du bandeau supérieur ou du bandeau latéral dans la rubrique correspondante.

Sur la page de garde du Blog, sont présentés les 5 derniers articles, poèmes ou non. Merci et... bonne évasion !

 

 

 

- TERRE D'AMOUR Terre d'amour

hommage aux couleurs de ma palette (juin 2014)

 

- ABANDON Abandon

celui des amants... (juin 2014)

 

- ÉVANESCENCE Évanescence

hymne à la craie de sanguine (juin 2014)

 

- AUTANT EN EMPORTE LARA Autant en emporte Lara

ode aux 2 héroïnes de films : Autant en emporte le vent et le docteur Jivago (juin 2014)

 

- LA GLACE La glace

hommage au patinage artistique (juin 2014)

 

- L'OUTRAGE l'Outrage

en forme d'éternité mythologique (juin 2014)

 

- LA MORT BLANCHE La mort blanche

triste fin glacée (juin 2014)

 

- L'ASSAUT L'assaut

sacrifice épique dans l'épopée Napoléonienne (juin 2014)

 

- LORELEI Lorelei

ode à la belle sirène du Rhin romantique (juin 2014)

 

- L'AUTOMATE L'automate

beauté éternelle ou mirage mécanique , (juin 2014)

 

- MÉLANCOLIE Mélancolie

poème écrit pour les obsèques de maman (décembre 2000)

 

- POUPÉES Poupées

le grenier les avait conservées... (juin 2014)

 

- GRAAL Graal

songe ou folie, enivrante passion (juin 2014)

 

- L'ÉCRAN L'écran

quant la TNT tua le vieux téléspectateur (juin 2014)

 

- L'ÉPHÈBE L'Ephèbe

cinquantième anniversaire de la découverte de l'Ephèbe d'Agde (juin 2014)

 

- FUSION  Fusion

mon présent poétique à Marc et Elise pour leur mariage (28 juin 2014)

 

- LA RONDE La Ronde

le Petit Prince aurait rêvé des dessins tout ronds pour des sports qui chantent les couleurs olympiques (juillet 2014)

 

- DÉLUGE Déluge

Quand la nature se venge, ses larmes nous inondent (juillet 2014)

 

- PINCEAUX D'AUTOMNE Pinceaux d'automne

        Les teintes automnales méritaient bien ce poème (septembre 2014)

 

- OCTETS D'AUTOMNE Octets d'automne

        Les octets partagés de nos blogs numériques ont inspiré ma "Pomme" (septembre 2014)

 

- LA GRUE ET LE HERON CENDRE Lien vers cette Fable

        Les photos que j'ai prises d'une grue sous feuillage et d'un héron m'ont inspiré cette fable...  (septembre 2014)

 

- L'ELECTRON LIBRE, L'OCTET LIBERE ET LE PIXEL MORT Lien vers cette Fable

        Comme l'on me suggérait d'offrir un verre à un certain Jean de La Fontaine, afin de comparer les mérites de l'araignée et de sa Toile, l'idée d'une fable numérique me vint...  (septembre 2014)

 

- LA POMME ET L'ORANGE Lien vers cette fable

        Quand une certaine pomme croquée rencontre une orange avide du jus des pauvres internautes paumés, reste l'araignée boulimique qui tisse sa Toile... (septembre 2014)

 

- PIANO CUIVRÉ Piano cuivré

        Le charme ancien d'un piano de cuisson n'est pas sans rappeler les grands pianos de concert (septembre 2014)

 

- SOUVENIRS Souvenirs

        Les souvenirs de mes voyages, de mon enfance, de ces années, vibrent en faisant écho aux bibelots et breloques du passé (septembre 2014)

 

- MANÈGE COSAQUE Manège

        Le vieux manège semble se souvenir des ors passés mais les rigueurs du temps glacé par le chômage et la misère givrent et figent son élan (novembre 2014)

  

- CONNEMARA Connemara

        Quand la belle rousse se libère de l'oppresseur en épousant l'Irlande libre, elle se donne à l'amant de la Lande du Connemara (novembre 2014)

 

- RIVALES Rivales

       Quand la blonde rencontre la brune, et quand l'onde s'affronte aux cascades de flots déchainant leur passion, alors survient un duel intemporel... (novembre 2014)

 

- LETTRE Lettre

       En hommage aux veuves de 14... (novembre 2014)

 

- MURMURES Murmures

       Les paroles murmurent au long des berges, des allées, des parcs, des marchés... et se déforment au gré des vents mauvais (novembre 2014)

 

- GIVRE Givre

       Le froid donne des cristaux de glace à la vitre qui givre, et qui se rend sous la griffure de mes doigts, en laissant de belles arabesques étoilées (décembre 2014)

 

- L'ORPHELIN L'orphelin

       Le vieux chalutier échoué sur la grève attend son heure en pleurant parmi l'écume des avoines folles (décembre 2014)

 

- BONBONS Bonbons

       La boutique aux odeurs sucrées m'a fait chuter parmi les berlingots de mon enfance (décembre 2014)

 

- TENEBRES Ténèbres

       La poésie est aussi un recours contre la barbarie... (janvier 2015)

 

- RUPTURE Rupture

       L'hiver enveloppe de glace la rupture de l'amante délaissée (janvier 2015)

 

- ETREINTES  Étreintes

       Les amants libérés se fondent passionnément dans les éléments que la nature leur offre (janvier 2015)

  

- AMANTS MAUDITS Amants maudits

       J'ai revisité Heloïse et Abélard par ce premier sonnet (janvier 2015)

 

- BLASONS Blasons

       L'or du Rhin a quitté la splendeur des blasons d'antan (janvier 2015)

 

- VIOLETTES Violettes  

      Les souvenirs de la vieille chambre campagnarde dessinent des ombres sur ses murs (janvier 2015)

 

- LATINES Latines

     Les années Lycée en cours de latin et d'histoire antique, ne m'ont pas laissé que d'âpres souvenirs... (mars 2015)

 

- CORBEILLE PRINTANIERE - Défis

     Suite à une "commande" en forme de défi, ce court poème offre sa corbeille de fleurs au printemps (mars 2015)

 

- PRINTEMPS HORS TEMPS - Défis

     Suite à une "commande" en forme de défi, ce court poème évoque le printemps victime du réchauffement climatique  (mars 2015)

 

- LUTTE - Défis

     Suite à une "commande" en forme de défi, j'ai mis en vers "le combat contre la maladie..."  (mars 2015)

 

- ROSEAU - Défis

     Suite à une "commande" en forme de défi, j'ai mis en vers "le combat d'une mère pour soutenir et rendre heureux son enfant malgré ses handicaps et difficultés d'intégration..."  (mars 2015)

 

- LICORNE Licorne  

     Suite à une 5ème "commande" en forme de défi, j'ai composé ces strophes sur "tout le bien que nos amis les animaux apportent à l'homme et à la nature"...  (mars 2015)

 

- NYMPHES Défi orchestré

    Une autre "commande" en forme de défit collectif cette fois, m'a transformé en chef d'orchestre pour mettre en scène l'apport de quatre autres auteurs visiteurs, donc cinq avec moi-même, en huit mouvements. Il    s'agissait d'écrire en quelques vers ce que l'art représente pour chacun. J'en ai "composé" ce "concerto pour flûte, harpe et choeurs" en assemblant les strophes de mes amis visiteurs, complétées des trois miennes. (mars 2015)

 

- DEFI DE PAQUES Défi de Pâques

     Cette fois, le défi qui m'a été lancé, consistait à écrire quatre quatrains sur quatre thèmes (d'un mot) sans jamais les dévoiler, complétés par les illustrations de mon amie Maridan. Puis, il convenait de se rendre sur le site de Maridan pour deviner ces thèmes et les associer correctement à ses illustrations. Enfin, de retour sur mon blog, l'on trouvait un 5ème quatrain résumant les quatre autres, que j'avais également écrit. (avril 2015)

 

- PIVOINE Pivoine

     La pivoine se laisse prendre aux jeux de la passion, de l'adoration mystique, de la magie médicinale et de la couleur des peintres (mai 2015)

 

 - CALENDAIRE Calendaire  

    Le calendrier républicain m'a inspiré ce songe éveillé près de la cheminée et du buste de Marianne... (mai 2015)

 

- GUERLEDAN Guerlédan

    La mise à sec du Lac de Guerlédan en Bretagne, m'a inspiré cet hommage aux habitants de la vallée noyée du Blavet (mai 2015)

 

- VOLEURS D'AME Voleurs d'âme

     Suite à mon poème sur l'assez du Lac de Guerlédan, je dénonce ici les turpitudes imbéciles et incivilités de touristes profanateurs et pilleurs de souvenirs : des voleurs d'âme ! (juin 2015)

 

- PIANO Piano

     Mon vieux piano familial que ma mère reçu pour son Baccalauréat, et qui servit de refuge à mes jeux d'enfant sous son "toit" n'a pas seulement reçu mes gammes... (juin 2015)

 

- D'AIRAIN D'Airain

    Parmi les outrages que subit Paris durant l'occupation, la fonte d'une centaine de statues de philosophes, poètes, musiciens et Républicains m'a donné l'envie de marteler cette hérésie par des vers sonores (juin 2015)

 

- TORPEUR Torpeur

    Le lac du Salagou (Hérault) s'ancre dans un paysage brûlé par un soleil omniprésent en nous offrant des teintes faites d'ocre rouge et de sable exceptionnelles (Août 2015)

 

CARNET DE BAL Carnet de bal

    En pensée avec ces jeunes femmes venues chercher un mari contre leur gré dans ces bals de grandes écoles du début du siècle, mais qui songeaient plutôt aux bals populaires, je dédie ce poème (Octobre 2015)

 

- FROIDURE Froidure

    La mélancolie de l'automne qui se couche sous les premiers assauts de la froidure hivernale (Novembre 2015)

 

- PUPILLES Pupilles

    Les terribles attentats de Paris en novembre 2015 ont laissé des orphelins désormais faits " Pupilles de la Nation "  (Novembre 2015)

 

- L'OFFRANDE L'offrande  

    La naufragée de l'amour en quête d'absolu se donne aux dieux en sombrant dans la passion (Décembre 2015)

 

- NOCES Noces  

   Le printemps de la fin d'année 2015 m'a inspiré ces noces villageoise d'antan  (Janvier 2016)

 

- BLOUSE Blouse  

   Etoffe glorieuse du monde du travail, de l'apprentissage et de l'école, mais aussi des ménagères, la blouse multiplie sa palette pour colorer nos souvenirs  (Janvier 2016)

 

- TRAVERSES Traverses  

   J'avais connu les trains à vapeur m'emportant en colonie de vacances, et ces compartiments où nous dormions dans les filets du haut... (Janvier 2016)

 

- FRESQUE Fresque  

   La Saint-Valentin rapprochée de la musique de " Pirate des Caraïbes " m'a inspiré cette fusion passionnée dans l'arsenal du vieux port... (Février 2016)

 

- FUGUE DES NEIGES Fugue de neiges   

   Ma toile " Neiges d'antan " (format 15F - février 2016) représentant une rue médiévale d'un village pris de nuit sous la neige, m'a inspiré ce poème d'une rencontre passionnée dans l'atelier d'un luthier… (Février 2016)

 

- NAUFRAGE Naufrage    

   Les terribles inondations du printemps 2016 m'ont inspiré ce poème qui se veut un pamphlet contre l'urbanisation à outrance, un rappel au respect de la nature et un hommage aux victimes (Juin 2016)

 

- HOMMAGE Hommage

   L'épouvantable attentat perpétré à Nice en juillet 2016 est dans toute nos mémoires. Je rends hommage modestement à toutes nos malheureuses victimes (Juillet 2016)

 

- ANÉMONES Anémones

  La neige de ma toile "Neiges d'antan" m'est réapparue soudain, zébrée des stries de l'histoire, de l'aventure chevaleresque et de sa foi portée hors des frontières du temps, glacée par les vicissitudes de l'homme confronté à son destin, mais aussi portée par l'émerveillement de ses cristaux de givre intemporels. (Janvier 2017)

 

- NEIGE Neige

  Les morsures de l'âme par le temps perdu ne fondent pas devant l'éternité des neiges intemporelles. (Juillet 2018)

 

- TENDRESSE BLEUTÉE Tendresse bleutée  Mon amie Laurence "Ofildelo" ( https://ofildelo.blog4ever.com ) m'ayant suggéré d'écrire un poème s'inspirant de ma toile " Fleurs au vase bleu " , je me suis donc mis à l'ouvrage en le lui dédiant avec ses mots fort justes que je reprends dans la 7ème strophe. Le bleu profond du vase de chine, paré de roses sauvages, m'a conduit naturellement à planter le décor de vers opposant le jour à la nuit, la lumière aux ténèbres, la couleur à la lune, sur fond d'orage...(Juillet 2018)

- UNE FLEUR Une fleur  Calligramme en forme de sapin portant à son sommet une fleur que je décline ensuite en rimes terminées par "eur" , évoquant sa douleur sur le sapin coupé. (Juillet 2018)

 

- BRISURES Brisures  Frontière ténue entre le rêve et l'histoire par delà les cortèges chevaleresques, antiques ou exotiques… (Janvier 2019)

- TALENTS  Poème  Une évocation des artistes Florentins, Vénitiens ou Romains en douze distiques. (Janvier 2019)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


11/03/2015
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Talents

 

 

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Talents

 

 

 

 

Je suis fervent de ces talents

Qui n’ont aucun équivalent,

 

Tels, Léonard sculptant l’hélice

Depuis son jardin des délices,

 

Canaletto sans farandole

Teintant le masque des gondoles,

 

Les opéras de Rossini

Représentés en Virginie,

 

Le clair-obscur non sans ravage

Plombant l’exil du Caravage,

 

L’acteur de la Sérénissime

Masquant sa vertu rarissime,

 

De Dante l’Antepurgatoire,

Sellette en interrogatoire,

 

Murs en trompe-l’œil sur la genèse

Pigmentés de vert Véronèse,

 

Les crescendo de Vivaldi

Aux crins d’archet qui rebondit,

 

Sainte Pietà de Michel-Ange

Artisan du marbre d’archanges,

 

Rome en sa Villa Médicis

D’albâtre que les temps noircissent,

 

Je suis épris de l’Italie

Portée par la Muse Thalie.

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Janvier 2019


09/01/2019
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Brisures

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Brisures

 

 

 

 

J’avais rêvé de Perceval,

De la forêt de Brocéliande,

Et de la quête du Saint Graal,

En m’enfouissant dessous la Lande.

Mais ce n’était que noble songe,

Noyé dans l’onde des brisures

 

 

J’avais emprunté le décor

De Roncevaux brisant la foudre,

Soufflant avec Roland du cor,

Par son destin couvert de poudre.

Mais ce n’était que preux qui songe,

Perdu dans l’écho des brisures.

 

 

J’étais tombé sous l’acacia

Perlant de sang l’or de ses gemmes,

En condamné que l’on gracia

Devant la Vierge que l’on aime.

Mais ce n’était que trop pieux songe,

Priant dans l’ombre des brisures.

 

 

J’étais allé sur le Delta

Rechercher la double couronne

Que Cléopâtre récolta

Avant que la mort ne résonne.

Mais ce n’était que trop vil songe

Enseveli sous les brisures.

 

 

J’avais gravi l’Himalaya

Grâce à ma canne en sycomore,

Sacrifiant comme les Mayas

Le cœur d’amour qui n’est pas mort.

Mais ce n’était qu’un triste songe

Désespéré par les brisures.

 

 

J’avais recouvert mon chemin

D’un mandala fleuri de poudres,

Cueillant l’encre des parchemins

Que la pluie ne puisse dissoudre.

Mais ce n’était qu’un de mes songes

Non de sommeil, que de brisures.

 

 

 

Pierre Barjonet

Janvier 2019


08/01/2019
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Une fleur

 

 

 

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08/01/2019
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Tendresse bleutée

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Mon amie Laurence "Ofildelo" ( https://ofildelo.blog4ever.com ) 

m'ayant suggéré d'écrire un poème s'inspirant de cette toile réalisée tout récemment

" Fleurs au vase bleu " 

je me suis donc mis à l'ouvrage en le lui dédiant

avec ses mots fort justes que je reprends dans la 7ème strophe.

 

 

 

 

À Laurence, avec ma reconnaissance,

Pierre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tendresse bleutée

 

 

 

 

 

Suffoquant sous le plomb d’un ciel pavé de nuages,

Nageant sous les soieries d’un ouvrage crissant

A chaque mouvement d’un buste attendrissant,

Dodelinant du chef, s’éventant sous l’orage,

Jade n’en pouvait mais, sans air étoufferait.

 

 

Par les rideaux tirés laissant perler la brise,

Retroussant la tiédeur assombrie du couloir,

Forçant l’écume morne des parfums d’un soir,

Découvrant la moiteur d’une coupe à cerises,

L’air enfin délivré sans un bruit s’engouffrait.

 

 

Le jardin s’était pris au jeu du crépuscule,

Le parterre enfilait ses atours de valeur,

Escaladant la vigne en quête de fraîcheur,

Contournant le bosquet cloîtré de canicule,

Jade encore étourdie, près des fleurs, se rongeait.

 

 

Lors, la lune engageait son onde de lumière

Coulant sur la façade en un reflet d’ivoire,

Chevauchant l’ombre fine sans tain d’un miroir,

Bleuissant les volets, brusquant rose trémière,

Puis aux lèvres de Jade en douceur s’y plongeait.

 

 

Son kimono bleu nuit glissait par l’harmonie

Des perles de flagrance embaumant le satin,

D’un tabouret précieux d’illustre palatin,

D’un paravent chinois mû sans cérémonie,

Porcelaine en bougeoir, Jade s’en saisissait.

 

 

Levant sa flamme d’huile entamant le silence,

Des yeux accompagnant l’intime vase bleu,

De ses joues trop poudrées d’un rose  fabuleux,

Des ongles au vert brillant en signe d’insolence,

Jade s’abandonnait aux fleurs qu’elle chérissait.

 

 

Et la nuit contemplant l’errance de son encre,

Rosace sans soleil, se figea dans l’instant, 

Donnant à son bouquet, le souvenir distant

De l’aurore troublante immobile sous l’ancre,

Déclinant l’ornement des teintes de douleur,

Révélant à la belle, sa passion des couleurs.

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Juillet 2018


20/07/2018
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Neige

 

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Neige

 

 

 

Le jour bruissait par les abeilles

Perlées de sourdes illusions,

Perdues dans des cristaux sans veille

En suffoquant sous l’effusion

Et me revient la Dame blanche

Qui fredonnait aux vieilles planches:

« Flocons que nous avions cueillis,

Noyaient leur âme en vil taillis »

 

 

La nuit frisait l’écorce mate

Des volets clos du vieil aïeul,

D’un ciel si bas que ne colmate

L’azur perdu sous le linceul

Et me revient la Dame blanche

Qui fredonnait aux vieilles planches:

« Flocons que nous avions cueillis,

Noyaient leur âme en vil taillis »

 

 

Le temps plongeait sous les racines

Sans la chaleur de la splendeur

Du bois givré qui me fascine,

Offrant ses fibres de candeur

Et me revient la Dame blanche

Qui fredonnait aux vieilles planches:

« Flocons que nous avions cueillis,

Noyaient leur âme en vil taillis »

 

 

La vie figée par l’agonie

Des fusains gelés en bosquets,

Parés de jais sans harmonie,

Contemplait l’horizon frisquet

Et me revient la Dame blanche

Qui fredonnait aux vieilles planches:

« Flocons que nous avions cueillis,

Noyaient leur âme en vil taillis »

 

 

C’était l’hiver, tapi de neige

Que s’enhardit son chant d’un jour,

Ou cet été devant la Meije

Que se rompit son bel amour

Et me revient la Dame blanche

Qui fredonnait aux vieilles planches:

« Flocons que nous avions cueillis,

Noyaient leur âme en vil taillis »

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Juillet 2018

 


18/07/2018
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Guerlédan

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Le lac de Guerlédan vient d'être vidé, pour entretien.

La dernière fois, c'était en 1985, la prochaine le sera dans une quarantaine d'années...

Ce spectacle insolite, lunaire, pour lequel se bousculent des milliers de visiteurs m'a inspiré ce poème, face à la nostalgie des pierres et poutres de la masure surgie des flots.

Je le dédie à ces gens de la vallée du Blavet inondée en 1930, à ces éclusiers, ces carriers de schistes, ces pâtres, ces hommes et ces femmes qui virent leur horizon se noyer...

 

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Guerlédan

 

  

 

Elle abritait mon âme et ma flamme et ma reine,

Au creux de la vallée se nichant non sans peine,

Plus fière que jolie, ma chaumière aux moutons.

En consumant mon cœur, elle embrasait son âtre,

Fumant sous le labeur elle invitait les pâtres,

Se moquant bien des cieux et des nuages moutons.

   

 

Belle et triste masure, à jamais disparue

Toi qui ne reconnais ni le froid de la rue,

Ni les pleurs de la suie quand nous te ravalons,

Je te vois emmurée sous un sort de froidure

Et je te sais noyée sous la pente qu’endure

La chute des ardoises au tréfonds du vallon. 

 

 

Si loin qu’il m’en souvienne, à l’aube couleur aube,

Quand l’eau prit le moulin puis fracassa son aube,

S’attaquant aux reliefs elle engloutit les sols.

Bondissant du Blavet, la voici qui régale

Les plis de ma contrée submergée sans égal,

Inondant nos prairies, l’onde en perd la boussole. 

 

 

Puis le silence offert aux sentiers que nous fîmes,

S’étonnant de l’écho disparu dans l’abîme,

Guerlédan s’assoupit dans la voile du lac.

Miroir du souvenir plombé de lombalgie,

Langueur du clapotis, vigie de nostalgie

La flaque a pris les fards de l’azur en sa laque. 

 

 

*   *   *

 

 

Ainsi contait l’aïeul, le roman de sa vie

Naufragée d’amertume ancrée dans Pontivy,

Jamais ne la revit, sa vallée du Blavet.

C’est elle mise à nu qu’aujourd’hui je savoure

Prolongeant mon regard en son sein, par bravoure

Partageant ses pensées d’un ultime duvet.

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Mai 2015

 

 

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Extrait du site :  Lac de Guerlédan

Un peu d’histoire…

C’est en 1921 que Joseph Ratier, sous-préfet de Pontivy, imagine de barrer le Blavet au niveau de l’écluse de Guerlédan, sur le canal de Nantes à Brest, pour installer une grande usine électrique. L’idée fait peu à peu son chemin et les travaux commencent en 1924. 
Cette construction gigantesque constitue, à l’époque, un réel défi pour les ingénieurs. En effet, avant la Seconde Guerre Mondiale, il existe quatre barrages de cette importance en France mais ces derniers ne produisent pas d’électricité, une gageure qu’il faut relever !
Il fallut l'audace du sous-préfet de Pontivy et la force d'action de l'ingénieur Auguste Leson pour que malgré nombre de problèmes financiers et techniques imprévus, le barrage et l’usine hydroélectrique soient inaugurés le 12 octobre 1930. Ils seront réquisitionnés par les Allemands sous l’Occupation. Ce projet initié par la Société générale d’entreprises a rapidement été transféré à la société Union hydroélectrique Armoricaine. EDF a repris l’exploitation de ce barrage en 1946, lors de la nationalisation du gaz et de l’électricité.

Une vallée engloutie…

La création du barrage entraîne l’immersion d’abris de carriers, de carrières de schistes, de 17 écluses et de plusieurs maisons éclusières. L'ouvrage coupe irrémédiablement le canal de Nantes à Brest en deux, interrompant définitivement la navigation fluviale.

Guerlédan, 1er barrage construit en béton en France.

Le barrage de Guerlédan est de type poids-béton d’une hauteur de 45 mètres et d’une longueur totale de 206 mètres. Il permet de constituer un lac d’une superficie de 304 ha, 12 km de long, 40m de profondeur au plus bas, 51 millions m3 d’eau… . 

Le complexe hydroélectrique de Guerlédan-Saint Aignan produit une énergie renouvelable de 15 MW par an soit l’équivalent de la consommation annuelle des habitants d’une ville de 15000 habitants. L’aménagement hydroélectrique de Guerlédan est constitué d’un barrage et d’une centrale hydroélectrique. Le lac artificiel formé par le barrage a 3 fonctions : produire de l’électricité, contribuer à l’alimentation en eau potable et permettre la pratique d’activités nautiques.

 

 

 


28/05/2015
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Calendaire

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Calendaire

 

 

Tentations qui longent ma treille Vendémiaire,

 Souvenirs qui me rongent en approchant Brumaire,

Mon vieux calendrier m’assaille d’émotions.

Je me souviens du temps me plongeant en Frimaire,

Devant la cheminée, le buste de Voltaire,

Quand jeune écervelé, j’en perdais la notion.

 

Je buvais mes passions de rêves légendaires,

Me roulant dans ses yeux, tressaillant en Frimaire,

Étourdi sous le froid d’un impossible amour.

J’enviais jolie Marianne n’en soufflant que j’ose

Du châle l’alléger, la livrer à Nivôse,

Et du givre expiré, fondre de désamour.

 

Quand les boues du tourment ont fait glisser Pluviôse,

Affolant mon émoi du souffle de Ventôse,

Je me suis couché, las, abandonné, vaincu.

Et mes mains ont creusé l’antre de Germinal,

Arrachant au destin l’aube de Floréal,

Fleurissant mon aimée de promesses d’écus.

 

Coroles de bleuets, jonquilles de Prairial,

Pavots de nos prairies par touches impériales,

Fièvres de la Saint-Jean, brûlent de renouveau.

Que dansent les épis ! Que fauche Messidor !

Que vienne le désir chauffé par Thermidor

Et tienne le plaisir chanté par monts et vaux.

 

Reste au vieil almanach bloqué sur Fructidor,

D’oublier la moisson des songes que j’adore,

D’étreindre la corbeille aux fruits de la passion.

S’effritent les vertus d’ancienne République,

S’irrite des pêchés son buste vu d’oblique,

Marianne calendaire, aimée sans compassion.

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Mai 2015

 

 


21/05/2015
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