SAISON 5 " Miséricorde "
Sauvetage 
« Le saut »
Illustration originale de Pierre Barjonet
Mars 2025 - 40/30 - Mine de plomb
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Richard Wagner " Tannhäuser " (Opéra - Ouverture)
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Sauvetage
La journée que Joseph entend fêter, pardi !
Sera celle de l’an qui s’ajoute à son compte 1,
Une année pour un siècle, un royaume enhardi,
Un destin impérial, un roman qu’on raconte.
Et le voilà vainqueur, souriant aux palefreniers
Qui l’admirent confus lorsqu’il les accompagne
À la corvée de paille et de foins aux greniers,
À celle du fumier sorti dans la campagne.
Mais ce jour est le sien qui s’offre au chaud soleil
Dont les rayons arpentent les graviers des routes,
La crête des embruns, les vagues que balayent
Les digues sur le port comme autant de redoutes.
C’est au port justement qu’il surprend du regard
La nage 2 d’un canot armé des plis d’un prince
Rivalisant de soie, d’élégance et d’égards
Pour une demoiselle en prise au bois qui grince.
Quand soudain la manœuvre affole le ballast
De l’esquif qui s’échoue sans atteindre la rive
Et jette à l’eau le prince héritier de l’Oblast 3,
Les marins et la belle aux gestes qui dérivent.
Joseph n’hésite pas et saute sur le champ
Dans l’éblouissement d’une écharpe d’écume
Et brasse le courant vite, en se rapprochant
De la voile de soie dont le fil se consume.
Il ravit la victime au gouffre du bassin
Puis s’écarte du jeu des bateaux à l’amarre
Et la hisse affolée perdant ses mocassins
Aux mains des compagnons au quai du tintamarre.
Puis il retourne auprès du prince surnageant,
Agrippé malheureux, au rafiot qui s’enfonce,
Alors que ses marins au profil engageant
L’avaient abandonné sans remords ni semonce.
Le soir, le prince boit à l’ardent sauveteur,
Au français valeureux dont c’est l’anniversaire,
À l’officier fameux, au destin prometteur,
Qui glorifiant l’honneur, sauva ses adversaires.
Pierre Barjonet
Janvier 2025
Saga poétique romancée « Le carnet gelé » créée par Pierre BARJONET
a/c janvier 2023
Saison 5 « Miséricorde », Poème 6 « Sauvetage » (Janvier 2025)
En ce mois de juillet 1813, les affaires françaises ne s’arrangent pas, et c’est d’Espagne que vient le danger opposant les troupes françaises qui ne parviennent plus à conserver la primauté espagnole - l’autre « faute » de Napoléon avec celle de la Russie - avec les forces anglo-alliées dirigées par Arthur Wellesley (1769/1852), mieux connu par ses titres de comte, de marquis puis de duc de Wellington, ou par sa victoire sur Napoléon en 1815 à Waterloo. De fait, le 21 juin 1813, Wellington inflige une sévère défaite aux Français (déjà...) commandés par le frère de Napoléon, Joseph Bonaparte (roi d’Espagne) et le maréchal Jourdan, à Vitoria.
Mais le 25 juillet 1813, il subit à son tour une cuisante défaite - dont il dira plus tard être la conséquence « d’une des plus grandes fautes que j’ai jamais commises à la guerre » pour avoir divisé ses troupes pour assiéger simultanément San Sébastien et Pampelune. Les Français, dont c’était la fin de la domination en Espagne, conservaient encore ces deux importantes forteresses. Et l’empereur ayant chargé le maréchal Soult de « rétablir ses affaires en Espagne et de préserver Pampelune et San Sébastien », celui-ci prend le commandement de l’armée le 12 juillet 1813. S’ensuit un ensemble de plans pour contrer les Anglais afin de défendre notamment la garnison de Pampelune. Et c’est à Roncevaux - oui, oui, au même col de Roncevaux qui vit mourir Roland à la tête de l’arrière-garde de Charlemagne en 778 - que les Français battent les troupes anglo-portugaises relevant de Wellington.
NOTES DE LECTURE ET DE SITUATION HISTORIQUE
1 Joseph, né le 7 juillet 1779, fête en effet ses 34 ans.
2 C’est ainsi qu’on exprime dans le langage marin, l’avancée à la rame, d’un canot par exemple, comme ici.
3 L’oblast est une division administrative de Russie (déjà vu précédemment).
QUELQUES ILLUSTRATIONS
Monument d'hommage à la bataille de Vitoria
Caricature contre les français en Espagne
Arthur Wellesley, duc de Wellington
Son portrait photographié à la fin de sa vie
Tombeau de Wellington dans la cathédrale Saint-Paul de Londres
Joseph Bonaparte, frère de l'Empereur, et roi d'Espagne vaincu
Tombeau de Joseph Bonaparte à l'Hôtel des Invalides de Paris
Le col de Roncevaux (Ibañeta)
La bataille de Roncevaux remportée par les français en 1813
Roland et la chanson de geste
Ekaterina
« Sorcière »
Illustration originale de Pierre Barjonet
Mars 2025 - 40/30 - Mine de plomb
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Piotr Ilitch Tchaïkovski " La belle au bois dormant " opus 66 Acte 2, scène 2n n°24
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Ekaterina
À l’office ils en rient sans même se cacher,
S’amusent chaque jour des incroyables farces
Que leur petit tambour 1 se prend à rattacher
Aux pas de leur maîtresse 2 en des scènes éparses.
Ce bougre de français montre un sacré culot
En singeant le maintien de la noble explorée ;
Elle qui consumait son fils en un brûlot,
Change alors son allure en la mère éplorée.
Quand il entre aux cuisines saisissant un fouet,
Il provoque un éclat en cinglant la farine,
Il gronde les poissons en leur montrant son jouet,
Puis rote un vague accent en moquant « la tsarine ».
« Pauvre Ekaterina qui voit le tourbillon
D’un Nicolas dansant, traversant les tentures
Baisant de buée les vitres quand nous rhabillons
Notre dame en dessous, meurtrie sans aventures » ...
... Semble clamer en cœur le petit personnel !
« Piètre Ekaterina qui doit battre sa coulpe
Pour avoir méprisé son fils si passionnel,
Et qui s’englue de fiel comme les bras d’un poulpe » !
Mais quand elle surgit dominant l’escalier,
Les mânes de ces lieux se rengorgent d’hardiesse
Pour déclencher les vents du courroux journalier
Que souffle la marâtre en traversant les pièces.
Or, Liouba n’en a cure en ignorant l’affront
De ce spectre en cheveux tressés comme filasse,
De son rictus hardi s’élevant jusqu’au front
Et de son noir venin que des rats distillassent.
Au contraire elle sait combien vaut son mépris,
Comment l’air du printemps balaiera cette ancêtre,
Chassera ce démon, sorcière au vil esprit,
Et d’amour fleurira tous les parfums à naître.
Le parc est chaleureux sous le soleil de juin,
La joie de Natacha réveille la demeure,
Vania 3, puis Ludmilla 4 goûtent ce gai matin
Qui s’ouvre merveilleux sans la moindre clameur.
Pierre Barjonet
Janvier 2025
Saga poétique romancée « Le carnet gelé » créée par Pierre BARJONET
a/c janvier 2023
Saison 5 « Miséricorde », Poème 5 « Ekaterina » (Janvier 2025)
En juin 1813, les choses se pressent en sous-main pour combattre Napoléon qui, pourtant, obtient deux armistices avec les troupes de la 6e coalition : l’un signé à Pleiswitz le 4 juin 1813, le second en forme de prolongation signée le 30 juin pour un armistice étendu jusqu’au 10 août. Il fait suite à une entrevue entre Napoléon 1er et le chancelier d’État de l’Empire d’Autriche Klemens Wenzel von Metternich (1773/1859) qu’il accuse (à juste raison) d’être à la solde de l’Angleterre. En effet, les Anglais multiplient les rencontres diplomatiques et tractations secrètes débouchant sur des traités en offrant de généreux subside à la Prusse pour continuer la guerre (666.660 livres sterling) ainsi qu’à la Russie (1.333.334 livres sterling) aux fins de continuer la guerre avec la France.
NOTES DE LECTURE ET DE SITUATION HISTORIQUE
1 Il s’agit du jeune tambour Nicolas (Fusilier de ligne âgé de 12 ans lors de la Campagne de Russie) bien sûr !
2 Et là, c’est d’Ekaterina, la mère de Boris, le défunt mari de Liouba, dont il est question.
3 Vania, rencontré dans la forêt, qui abrita un temps Liouba, Natacha, Nicolas et leur chien Livreur, avant que Liouba ne l’emmène avec eux jusqu’à son palais de Ramon où il exerce désormais comme chef jardinier.
4 La bienveillante et généreuse Ludmilla, nourrice puis première femme de chambre d’Ekaterina, qui éleva Boris puis qui se prit d’affection pour son épouse Liouba, et désormais Natacha, et dans une certaine mesure, Nicolas et Vania.
QUELQUES ILLUSTRATIONS
Aucune illustration ne correspond vraiment à cet épisode, le palais de Liouba à Ramon ayant déjà fait l'objet de photos, aussi ai-je choisi d'illustrer mon propos printanier dans cet opus de ma saga, par quelques vues de la faune et flore de la région de Voronej.
Voici ce qu'en dit Internet sous consultation d'intelligence artificielle :
" Voronej, située dans le sud-ouest de la Russie, possède une faune et une flore variées, influencées par son climat continental modéré et ses paysages mêlant forêts, steppes et zones humides.
La région est caractérisée par une alternance entre forêts mixtes et steppes boisées. Parmi les essences dominantes, on trouve le chêne pédonculé, le tilleul, le bouleau et divers conifères, notamment le pin sylvestre. Les prairies abritent des herbacées typiques des steppes, comme l’absinthe et des graminées résistantes aux variations climatiques.
Les mammifères typiques de la région incluent le cerf élaphe, le sanglier, le renard roux et le lièvre d'Europe. Des espèces plus rares, comme le lynx boréal, sont parfois signalées. Les rivières et lacs hébergent le castor d’Eurasie, autrefois chassé pour sa fourrure.
Côté oiseaux, Voronej est un point d'observation intéressant pour le hibou grand-duc, le faucon crécerelle et diverses espèces de passereaux. Les zones humides du bassin de la Voronej attirent des hérons, des cygnes sauvages et des canards colverts.
Enfin, la région est connue pour la Réserve naturelle de Voronej, fondée en 1923, qui protège les écosystèmes locaux et abrite une importante population de desmans de Russie, une espèce de mammifère semi-aquatique rare et endémique. "
Chêne pédonculé, tilleul et bouleau
Pin sylvestre et absinthe
Cerf élaphe, sanglier, renard roux, et lièvre d'Europe
Lynx boréal et castor d'Eurasie
Hibou grand-duc, faucon crécerelle, héron, cygne sauvage et canard colvert
Image desmans de Russie
Youri
« L'élève »
Illustration originale de Pierre Barjonet
Février 2025 - 40/30 - Sanguine et touches de mine colorée
N.B. Cliquer sur la photo pour l'agrandir
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Extrait des 6 moments musicaux, le n° 3 au piano
de Franz Schubert
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Youri
Une odeur cristalline en onde de tiédeur
Envahit la caserne en fleurissant l’envie
D’inviter le soleil à redoubler d’ardeur
Pour plonger les cadets lavés à l’eau de vie.
La tradition fait loi quand les nouveaux venus
Confrontés aux anciens en vague déferlante
Se voient rebaptisés en surnoms convenus
Choisis dans les sifflets d’une accolade hurlante 1.
Celui qui sourit tant deviendra donc Youri,
Et le vilain de croupe aura celui de soupe.
L’idée vint des Français piochant au pot-pourri
Des billets mélangés dans leur verte soucoupe.
Alexeï ou Youri, devint donc le filleul
De Joseph, droit et fier, de protéger par ruse
Celui dont il a vu des dessins de tilleuls,
De jardins au cordeau sans l’ombre d’une intruse.
Ce jeune a du talent, et Joseph s’en éprend
Pour lui montrer comment fixer par l’aquarelle
Les robes chamarrées du printemps qui surprend
Le soleil des jonquilles comme autant d’ombrelles.
Et l’amitié se forge entre ces deux fragments
D’une armée fracassée par le futur en langes
Du Corps de ces cadets rassemblés vaguement
Par l’oukase d’un tsar amusé du mélange 2.
Car Youri n’est pas rien, mais le fils d’un grand nom,
Un prince de Russie paré de gloire et d’armes 3,
Proche des Romanov, au blason de renom,
Devant chausser les pas d’une lignée sans larmes.
Il n’en a vraiment cure écoutant le printemps,
Alignant ses tracés, affinant sa peinture,
Ajustant ses copies au modèle éreintant
De son aîné Joseph, son maître de pointure.
Entre les défilés, les corvées et les cours,
Exercices de nuit, consignes, tours de garde,
Joseph et son cadet dépeignent leur parcours
Comme un présent du ciel traçant leur sauvegarde.
Pierre Barjonet
Janvier 2025
Saga poétique romancée « Le carnet gelé » créée par Pierre BARJONET
a/c janvier 2023
Saison 5 « Miséricorde », Poème 4 « Youri » (Janvier 2025)
La campagne de Saxe oppose à compter du printemps 1813 les nouvelles forces françaises (sachant qu’en avril « un sénatus-consulte » * venait de mobiliser 180.000 hommes de plus) à la 6e coalition menée par les Anglais, les russes et les Prussiens. Elle va durer près de 7 mois avec à sa tête Napoléon lui-même. C’est en réponse à l’invasion de la Pologne et de l’Allemagne jusqu’à l’Elbe que l’Empereur a décidé d’aligner en les faisant converger ensemble les forces d’outre-Rhin dont il dispose encore. Les batailles de Lützen (ou Großgörschen) et de Liegnitz mettent aux prises les Français face aux Prussiens et aux Russes. Napoléon remporte ces batailles, sauf le combat d’Haynau, et reprend Dresde, mais avec un grand nombre de morts et l’impossibilité de poursuivre ses ennemis pour les anéantir.
* Sous le 1er Empire, le sénatus-consulte désignait un outil juridique au potentiel et aux champs politiques immenses touchant par exemple à la conscription, permettant notamment à Napoléon 1er de se passer de l’avis des chambres...
Voir ici, cet excellent article, sur le site d’histoire de la fondation Napoléon :https://www.napoleon.org/enseignants/documents/droit-sous-napoleon-ier-quest-ce-quun-senatus-consulte/
NOTES DE LECTURE ET DE SITUATION HISTORIQUE
1 La tradition de moquer, « bizuter » les nouveaux n’est pas nouvelle, et les élèves officiers du tsar, le corps d’élite des Cadets n’y échappe pas, d’autant que (dans ma saga) leurs condisciples français, bien plus âgés et aguerris ne ratent pas l’occasion de s’en amuser !
2 Rappelons que la création du corps des cadets fut décidée par le tsar Nicolas 1er bien plus tard qu’au moment de ma saga (1813), en 1845, avec notamment l’édification d’un complexe militaire dédié à Voronej.
3 J’emprunte pour les besoins romancés de ma saga du Carnet gelé, le nom de la lignée des Volkonsky qui, elle, a réellement existé :
- Ainsi, le prince Pierre Mikhaïlovitch Volkonsky (1776/1852) fut très proche du tsar Alexandre 1er puisqu’il fut le feld-maréchal de l’Empire russe commandant toutes les troupes russes, et participant à la campagne de France et à la prise de Paris en 1814.
- Et le prince Serge Alexandrovitch Volkonsky (1786/1838) qui a d’ailleurs pris part comme capitaine à la bataille de Borodino (Moskova) participera également à la campagne de France pour devenir en 1814 le gouverneur militaire de la ville de Reims. Il fut très apprécié de la population !
- Quant à un autre cousin, le prince Sergueï Grigoriévitch Volkonsky (1788/1865), cavalier et commandant militaire russe ayant participé à la bataille de la Bérézina, il prit plus tard une part active au « soulèvement des décembristes » en 1825 et fut condamné à 20 ans de bagne assigné en Sibérie avant que d’être amnistié en 1856...
QUELQUES ILLUSTRATIONS
N.B. Photos tirées en grande partie du site " Russia Beyond " qui retrace entre autres, et à mon avis de façon fort objective, l'histoire de la Russie.
Voir le site en suivant ce lien : Russia Beyond français
Le sénatus-consulte
La campagne de Saxe et la bataille de Lützen
La lignée des Volkonsky :
Le prince Pierre Mikhaïlovitch Volkonsky (1776/1852) qui fut membre du Conseil d'État de l'empire Russe et major-général de toutes les armées Russes.
Le prince Serge Alexandrovitch Volkonsky (1786/1838)
qui fut gouverneur de Reims
Le prince Sergueï Grigorievitch Volkonski (1788/1865)
Attaque du carré des décabristes
et monument commémoratif à l'exécution des insurgés décabristes
La Princesse Maria Volkonskaïa
L'anniversaire
« Le palais »
Illustration originale de Pierre Barjonet
Février 2025 - 40/30 - Sanguine sépia et pastel gras
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" La Moldau " Extrait du poème symphonique de Bedrich Smetana
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L'anniversaire
Fourbus, bien qu’apaisés à l’approche du Don 1,
Ayant voulu garder leur semblant d’équipage,
Ils savourent l’exploit, nos amis, comme un don
Du ciel qui préserva leur vie sans dérapage.
Mars 2 éponge l’hiver en glaçant de regrets
Rose et tant de ces braves confiés à la terre,
Et des larmes criblées d’un chagrin sans progrès
Tentent de détremper leur sort bien solitaire.
Mais enfin, leur parcours semble se colorer
De rivages nouveaux annonçant l’espérance
De la fin des frayeurs qu’ils n’ont pu qu’explorer,
Et du printemps prochain, pressant leur préférence.
Ici-bas, l’on célèbre de l’ange son jour 3,
Mais Liouba connaît bien sa date anniversaire 3,
Et c’est fort affligée qu’elle sait son retour
Sans son défunt Boris comme une ombre adversaire.
Ah, quel fracas gelé quand freine leur traîneau,
Dans la cour du palais 4, livrant aux domestiques
L’insolite vision de ces originaux,
De leur chèvre et du chien d’un conte fantastique 5.
Oh ! Mais ce n’est pas tout, car s’ébrouent des enfants,
Un serf, emmitouflés, et leur Dame éreintée.
Rejoignant la villa, la clameur s’échauffant
Pleure et fête Liouba bénie de chrétienté.
La mère de Boris préfère s’isoler
Qu’accueillir un instant ces rescapés des neiges,
Et Liouba qui la sait devoir se désoler
Pour tromper son ennui, connaît bien son manège.
Liouba n’a jamais su pourquoi tant de conflits
Opposaient sans arrêt son époux à sa mère.
Mais enfin, ne peut-elle à peine enseveli,
Dépasser sa rancœur et sa peine éphémère ?
Ludmilla 6 prend Liouba sous les reflets dorés
Du lustre de l’entrée, puis de baisers la berce,
Avant que de servir les hôtes adorés
De sa jeune maîtresse au teint qui la bouleverse.
Pierre Barjonet
Décembre 2024
Saga poétique romancée « Le carnet gelé » créée par Pierre BARJONET
a/c janvier 2023
Saison 5 « Miséricorde », Poème 3 « L'anniversaire » (Décembre 2024)
En ce mois de mars 1813, les choses s’accélèrent contre l’Empire français. On voit se mettre en place la sixième coalition avec un traité d’alliance anglo-suédois, l’entrée des Russes à Berlin et le retour du roi de Prusse dans cette même ville, la fuite du roi de Saxe, l’évacuation de Dresde par les Français, le départ définitif de Madrid par Joseph et... la création de l’ordre de la Croix de fer par Frédéric-Guillaume III de Prusse (cette fameuse médaille que les poilus de la Grande Guerre découvrirent sur des Allemands en 1914/1918).
NOTES DE LECTURE ET DE SITUATION HISTORIQUE
1 Le grand fleuve du Don, comme déjà cité dans un poème précédent « Voronej ».
2 Le voyage a été long. Partis en janvier, nos amis parviennent à destination pour la mi-mars, plus exactement, le 11 mars, 26e anniversaire de Liouba (née le 11/03/1787). Comme indiqué précédemment (poème « En route »), leur périple les conduits à Ramon, petite ville située à 40 km au nord de Voronej, au palais d’Oldenbourg.
3 Dans l’ancienne Russie, faute de registres d’état civil, le « petit peuple » ne connaissait pas vraiment sa date de naissance, ni même son année... et donc ne fêtait pas d’anniversaires. En revanche, il vénérait la date du baptême en la célébrant ensuite chaque année, d’où son nom du « Jour de l’ange ». Seuls les aristocrates, grands bourgeois et nantis pouvaient se prévaloir de célébrer leur anniversaire, conformément à ma mode nouvelle instituée par le tsar Pierre-le-grand qui ne manquait pas de fêter scrupuleusement son anniversaire, en mai. Il faudra attendre la révolution bolchevique de 1917 qui, en interdisant les pratiques religieuses, instaura parallèlement la mise en place des registres d’état civil obligatoires et des passeports, et donc les anniversaires pour tous.
4 J’ai déjà évoqué ce palais d’Oldenbourg. Le véritable palais fut construit pour la princesse Eugénia Maximilianovna de Leuchtenberg et son mari, le duc Alexandre Petrovitch d’Oldenbourg (dont la Maison s’apparente avec celle des Romanov, les tsars), mais bien plus tard, que dans ma romance, en 1883. Le domaine sur lequel il s’élève fut offert par le tsar Alexandre II à sa nièce la princesse Eugenia et à son mari le duc d’Oldenbourg comme cadeau de mariage. Cet élégant palais néogothique en briques rouges, de style gothique britannique, restauré depuis vers 1970, est inscrit au patrimoine culturel russe. Cette incroyable demeure abritait même dans ces caves... des ours, l’hiver !
5 Les Russes ont toujours adoré les contes. Ainsi, la fameuse sorcière « Baga-Yaga », qui vit dans une cabane à pattes de poulet et qui chevauche un tonneau, armée de son balai, garde « l’entrée de l’autre monde » et fait la part belle aux contes et légendes du folklore russe. Du reste, le musicien Modeste Petrovitch Moussorgski s’en inspira comme thème musical dans les « Tableaux d’une exposition ». Cette sorcière effrayait tous les enfants, car leurs parents ne se privaient pas de les en menacer, pour les punir.
Voir sur ce lien, l’excellent article illustré du site « Russia Beyond », maintes fois présenté :
https://fr.gw2ru.com/art/208863-baba-yaga-folklore-russe
6 Ludmilla ou Lioudmila, dont le nom signifie lioud (les gens) et mila (gentille, bonne), donc « bonne avec les gens », est dans ma romance la nourrice qui éleva le noble Boris (mari de Liouba fusillé la torche à la main à Moscou par les Français en 1812) en lieu et place de sa mère qui ne lui manifestait qu’indifférence polie. Devenue 1re femme de chambre puis dame de compagnie, elle se prit par la suite d’affection pour Liouba qu’elle accueillit au palais d’Oldenbourg à bras ouverts, puis comme ici, à son retour de Moscou et de la Grande-Armée, à la maison...
QUELQUES ILLUSTRATIONS
N.B. Photos tirées en grande partie du site " Russia Beyond " qui retrace entre autres, et à mon avis de façon fort objective, l'histoire de la Russie.
Voir le site en suivant ce lien : Russia Beyond français
La croix de fer allemande, d'origine prussienne
(Pour la petite histoire, celle-ci fut récupérée par mon grand-père paternel, sur un officier allemand tué au combat le 6 juin 1915 à Quenevrières, avec également un petit livre qui l'accompagnait " Faust " de J. W. V. Goethe...
Ainsi, les guerres n'empêchent jamais certains hommes de conserver dans leur coeur les voix de l'amour, de l'art et de la poésie...
Le " jour de l'ange " dans l'ancienne Russie impériale
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Le palais d'Oldenbourg à Ramon (40 km au nord de Voronej)
N.B. Vues différentes selon les angles
N.B. Photos tirées en grande partie du site " Russia Beyond " qui retrace entre autres, et à mon avis de façon fort objective, l'histoire de la Russie.
Voir le site en suivant ce lien : Russia Beyond français
La fameuse sorcière " Baga-Yaga " qui effrayait les enfants pas sages...
Cantonnement
« Le chant »
Illustration originale de Pierre Barjonet
Janvier 2025 - 40/30 - Sanguine sépia
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" Fanchon " " chanson à boire " de troupes,
composée par le général de cavalerie Charles Louis de Lasalle
à partir d'une chanson populaire " Amour laisse gronder ta mère "
et chantée par lui-même pour la 1ère fois le soir de la bataille de Marengo à la table du 1er Consul.
à écouter séparément du poème pour ne pas en altérer la portée ni le sens.
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Cantonnement
Très vite les Français sentirent que leur sort
Se jouerait dans ces murs de prétendue caserne 1 ;
Qu’il leur faudrait puiser au tréfonds des ressorts
Pour survivre ici-bas, forts d’un espoir bien terne.
Et les jours fragmentés des froidures d’hiver
Soudèrent les esprits quand des corvées futiles
Les menant aux bateaux 2 échouant leur univers,
Les virent s’opposer aux geôliers inutiles.
Pourtant au fil des jours tombent quelques faveurs
Récompensant parfois ces soldats impavides,
Ces officiers vaincus, au maintien sans saveur,
Qui semblent épouser la mort qui se dévide.
Un jour, croisant au port 2 des charpentiers 3 heureux
Ayant paré leur mât d’orgueilleuse oriflamme 4,
Joseph sentit son cœur sensible et généreux
S’éveiller à la vue de la vie qui l’enflamme.
Alors, il se dressa, souriant aux surveillants,
Et coiffa son labeur d’une chanson pour boire,
En l’honneur de Fanchon 5, la coquine éveillant
Le repos du guerrier, la Garde sans déboires.
Tous lui firent écho, libérant en frissons
La gloire de Lasalle 6 et la fierté des hommes,
Si loin de leur patrie, chantant à l’unisson
Le bonheur retrouvé de réveiller leur somme.
Plus tard, l’on sépara les anciens des jeunots,
Les gradés des troupiers ; et s’en furent cosaques
Escortant ces proscrits chargés sur des traîneaux
Vers des contrées gelées qu’ils atteindraient à Pâques.
Prenant la troupe en mains des anciens rassemblés
Au logis des cadets, 1 Joseph, mis à l’épreuve,
Se fit leur confident, celui qui ressemblait
Au dieu de ses dessins, l’Empereur dont ils s’abreuvent.
De fait, leur lot changea donnant aux détenus
Davantage de goût au partage d’études
Avec ces collégiens, ces Russes retenus
Pour ravir aux Français tout de leurs habitudes 7.
Pierre Barjonet
Novembre 2024
Saga poétique romancée « Le carnet gelé » créée par Pierre BARJONET
a/c janvier 2023
Saison 5 « Miséricorde », Poème 2 « Cantonnement » (Novembre 2024)
En février 1813, Murat est arrivé à Naples, le prince Eugène ordonne à l’armée de se replier sur l’Oder, et la diplomatie accélérée entre les différents coalisés se poursuit (Prusse, Russie, Autriche) tandis que Napoléon s’empresse de réorganiser son armée depuis les Tuileries.
NOTES DE LECTURE ET DE SITUATION HISTORIQUE
1 Pour donner du sens à ma saga, j’affecte les officiers français conduits jusqu’ici, à Voronej, par les cosaques, dans une caserne Russe. Les cosaques repartiront aussitôt avec les plus jeunes, les sous-officiers et les hommes de troupe, vers la Sibérie. Dans la réalité historique, d’une part, il s’agissait de la ville de Saratov, bien plus à l’est que Voronej et sur la Volga (Lire « Les français en Russie » par Just, Jean, Etienne Roy), d’autre part ce n’est que plus tard, en 1845 à l’initiative du tsar Nicolas 1er que fut construite une Académie pour le Corps des Cadets (les nobles, officiers Russes) à Voronej.
2 Rappelons-nous que Voronej jouit d’un accès à la rivière du même nom avec une vaste étendue d’eau profonde ainsi que d’une liaison avec le fleuve le Don débouchant sur la mer d’Azov et la mer Noire. C’est le tsar Pierre-le-Grand qui construisit un port militaire à Tavrovo dans la partie sud de Voronej, pour la première grande flotte de guerre russe. Nos prisonniers devaient travailler au port.
3 Charpentiers de marine
4 Il était d’usage de pavoiser les bateaux d’oriflammes multicolores lorsque l’on mettait à l’eau un navire, pas encore achevé, mais déjà bien avancé.
5 J’ai déjà évoqué ces chansons très populaires dans les armées Napoléoniennes donc celle de « Fanchon » réécrite par le général des hussards Charles Louis de Lasalle (voir mon poème 10 « Marquises » de la saison 2 « Brasier », ici : https://lapalettedepierre.blog4ever.com/marquises
6 Le général de cavalerie Antoine Charles Louis de Lasalle (1775/1809) fut célèbre tout autant pour sa bravoure légendaire (ne disait-il pas qu’un hussard encore en vie passé 30 ans était un Jean-foutre ; lui-même périt à Wagram à 34 ans), son sens tactique aigu, ses nombreux faits d’armes et sa vision précise des avant-postes du terrain, que pour ses frasques auprès des femmes, ses beuveries, ses excès de tabac et de festins sans oublier ses jurons, l’ayant rendu très populaire auprès de ses hussards.
7 Il est clair que les jeunes cadets russes mis au contact des vétérans français, véritablement admiratifs de la Grande-Armée Napoléonienne, se mirent à copier et imiter tout ce qu’ils pouvaient glaner de leurs habitudes, traditions et de leurs exploits. Et ce, d’autant qu’en Russie, la mode était à la France, mais oui, malgré la Campagne de Russie Napoléonienne, et que la guerre n’avait pas atteint Voronej.
QUELQUES ILLUSTRATIONS
N.B. Photos tirées en grande partie du site " Russia Beyond " qui retrace entre autres, et à mon avis de façon fort objective, l'histoire de la Russie.
Voir le site en suivant ce lien : Russia Beyond français
Caserne des Cadets de Russie construite à Voronej en 1845
Le corps des cadets impériaux
Uniforme du XVIIIè
Uniformes du XIX au XXè
Épaulettes de cadets
Écoles de cadets à Omsk, Saint-Pétersbourg et Voronej
Carré des cadets au cimetière russe de Sainte-Genevière-des-bois
La flotte russe à Voronej (vestiges actuels)
Le général de cavalerie légère Charles Louis de Lasalle
En route
" Les voyageurs "
Illustration originale de Pierre Barjonet - Décembre 2024 - 40/30 -
Craie Conte et Pastel gras
N.B. Cliquer sur la photo pour l'agrandir
(comme d'ailleurs, pour toutes les illustrations)
Maurice Jarre ; Musique du film : Docteur Jivago. " Tonya et Yuri arrivent à Varykino "
à écouter en lisant le poème
Conseils pour mieux suivre le déroulement de votre saga :
N'oubliez-pas de visiter la rubrique du sommaire
avec un "résumé" de l'épisode en cours :
ainsi que la rubrique chronologique :
En route
Par un dernier regard abandonnant l’isba 1,
Nos quatre amis soudant l’écho de leur silence
Ont quitté leur abri, sûrs de laisser là-bas
Un peu de leur bonheur bordé de vigilance.
Blottis dans leur traîneau tiré par un cheval
Trouvé près d’un furieux tiré de sa monture,
Avec leur chien, leur chèvre en humble carnaval,
Ils se couvrent d’espoir, se drapant d’aventure.
Ils traversent des plaines, des bois et des gués,
Se chauffent tard le soir en brûlant des écorces,
S’enfoncent plus avant, de fatigue drogués,
Peinent perclus de neige sans penser au Corse 2.
Rude est leur long chemin, mais leur cœur se nourrit
D’un amour éclatant échauffant leurs entrailles
Pour cette liberté féline et qui sourit
À chaque franchissement de bourgs et de murailles 3.
Seul, Nicolas se tait quand ils croisent des gueux,
Des serfs et leurs starostes 4 ou des villageoises,
De rares négociants et leurs chevaux fougueux,
Des enfants pétillants et de rondes bourgeoises.
Les cosaques sont loin dans le soleil couchant 5,
Tout comme les patrouilles sondant les frontières,
Alors que nos amis et leur chien si touchant
Se glissent plus au sud, guidés par l’héritière 6.
Le froid ne faiblit pas et frissonne d’orgueil,
Si fier d’avoir vaincu les aigles en déroute,
Et Vania se fait fort d’éviter les écueils
Sans passeports 7 aux relais 8 en s’écartant des routes.
Et les journées alternent l’effort et la soif
De sonder l’horizon dans sa blancheur intense,
Se persuade Liouba, réajustant sa coiffe,
En vantant son domaine malgré la distance.
Et les nuits se succèdent parfois sous un toit,
Un gîte bienvenu de paillasse et d’estime
Pour ces grands voyageurs peu fiers et si courtois
Qui fuient Napoléon dans un sursaut ultime.
Pierre Barjonet
Octobre 2024
Saga poétique romancée « Le carnet gelé » créée par Pierre BARJONET
a/c janvier 2023
Saison 5 « Miséricorde », Poème 1 « En route » (Octobre 2024)
En ce mois de janvier 1813, au cœur de la Russie profonde, nos quatre héros de fiction, certes, s’enfoncent toujours plus au sud-est vers le fleuve le Don, vers la mer d’Azov, vers l’une des propriétés de la noble Liouba, veuve du comte Boris, qui jouxte un palais de la Maison d’Oldenbourg (Tsar, Grande-Duchesse, etc.). Ainsi, ma saga prend appui sur la réalité historique avec sa géographie, mais s’en exonère afin de servir la romance que j’imagine. On le verra par exemple un peu plus loin, avec le palais d’Oldenbourg situé dans la petite ville de Ramon à 40 km au nord de Voronej qui fut effectivement construit par la princesse Eugénia Maximilianovna de Leuchtenberg et son mari, le duc Alexandre Petrovitch d’Oldenbourg (dont la Maison s’apparente avec celle des Romanov, les tsars), mais plus tard, en 1883.
NOTES DE LECTURE ET DE SITUATION HISTORIQUE
1 Une isba est une petite maison russe construite en rondins de bois, donc très rustique, mais correspondant bien à la rigueur de l’hiver dans le nord. À ne pas confondre avec une datcha (villa ou grande demeure de campagne, par opposition aux palais citadins).
2 Le « Corse » ou Napoléon Bonaparte « Buonaparte », bien sûr !
3 La plupart des villes et des bourgs importants étaient protégés par de solides murailles les ceinturant. Pour les plus grandes, leurs remparts se complétaient de véritables forteresses urbaines appelées des « kremlins », et abritant le cœur politique, administratif et religieux des cités. Contrairement à ce qu’on pense, le Kremlin de Moscou, actuel siège du gouvernement de la Russie, n’est donc pas le seul. Il en existe au moins une dizaine comme à Kazan, Toula, Zaraïsk, Souzdal, Yaroslavl, Kalomna, Mitsensk, Nijni Novgorod, Kiev, Viazma, Tobolsk, Astrakhan...
4 Comme déjà mentionné dans mon poème « L’estafette », le staroste était un représentant de la noblesse élu par ses pairs pour présider aux destinées d’une communauté de paysans comme seigneur.
5 Les cosaques poursuivent les restes de la Grande-Armée près et hors des frontières de l’ouest.
6 Il s’agit bien évidemment de Liouba, noble et veuve de son mari Boris, fusillé comme incendiaire par les Français à Moscou. Outre son palais détruit à Moscou par le feu, elle possède d’autres propriétés, dont une, près de Saratov dans l’Oblast de Saratov.
7 Comme en France d’ailleurs, il fallait obligatoirement un passeport pour se déplacer à l’intérieur de la Russie, d’une province ou d’une ville à l’autre. Ce « podorojnaïa » ou charte de route mentionnant sa destination de voyage, s’obtenait auprès du gouverneur ou du maire lorsqu’on quittait sa ville natale.
8 Les relais de poste, comme partout à l’époque, offraient aux voyageurs l’assurance de savoir compter sur le gîte et le couvert dans des auberges, tavernes ou cabarets, mais surtout sur le changement de monture ou des soins portés à son propre cheval. Et ce, à une distance de galop raisonnable correspondant à quatre à cinq lieues (20 km) en moyenne ; tout dépendant du terrain. En France, c’est Louis XI qui les créa avec le « Service des chevaucheurs du Roi ». Ils permettaient aussi aux espions comme aux autorités locales et à leur police de s’informer sur les voyageurs...
Voir Russia Beyond « Comment voyageait-on en Russie au XIXe siècle ? » :
https://fr.rbth.com/histoire/93079-voyages-russie-xixe
QUELQUES ILLUSTRATIONS
N.B. Photos tirées en grande partie du site " Russia Beyond " qui retrace entre autres, et à mon avis de façon fort objective, l'histoire de la Russie.
Voir le site en suivant ce lien : Russia Beyond français
Voyager dans la Russie impériale
Relais de poste et passeport (laisser-passer)
" Passe-Port " du 1er Empire français
Les kremlins (forteresses Russes)
Le palais d'Oldenbourg (d'autres photos suivront plus tard)