La palette de Pierre

La palette de Pierre

L'apprenti

 

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au piano, musique du film 1492 "conquest of paradise"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Lexique Antonin, Saison 1 , Episode 4, L'apprenti

 

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Sommaire de La passion d'Antonin

 

et la rubrique CHRONOLOGIE

Chronologie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’apprenti

 

 

 

 

 

Le Prime1 ayant sonné, l’apprenti se hâta

Tant l’orage avait cœur d’affoler la jubine.2

Soudainement la grêle au jardin le gâta

Avant que d’estourbir du jeunot, la bobine.

 

 

Mais en doublant le porche Antonin ralentit

Car ici s’abreuvaient en rasades de flammes

Des fourneaux maçonnés ronflant du ressenti

Des autres fours nourris des creusets qui s’enflamment.

 

 

Régnait une atmosphère à vitrifier les Dieux,

Quand la canne cueillant cette fusion rebelle

Avant de la coucher sur le marbre radieux

Cherche à la toupiller au manège des belles.

 

 

 La taloche échauffa le lambin si peinard,

Et la fritte3 entamant son parcours de coulage

S’empourpra de la honte des joues du traînard

Qui, vexé du soufflet s’occupa du moulage.

 

 

Pour sûr que « bois tordu fait du feu droit4 » dit Louis !

Le tintamarre enfin, couvrit la remontrance,

Tandis que s’orchestra la quête d’art enfouie

Dans le geste irréel des ouvriers en transe.

 

 

 Puis quand midi survint, des femmes gorgées d’eau

Inondèrent les lieux laissant dehors l’orage,

Et fouillant leur panier livrèrent du pain chaud

Aux hommes amusés de leur tendre essorage.

 

 

Le verre n’attend pas, la soupe a ses bidons

Qu’un bout de lard partage et que le vin détrempe

En précédant la pomme aux jeux de Cupidon

 Que des galants chanceux troquent contre des crampes.

 

 

Un terrible fracas fit sursauter un sot

Lâchant tout aussitôt la canne5 et sa cueillette5

Dans une gerbe orange accompagnant l’assaut

De la foudre tombée dans le pré des œillettes.

 

 

Le juron d’“Austerlitz“ traversa l’atelier

Avant que d’exploser comme un boulet mitraille

La piétaille affolée, chevaux et bateliers,

Faisant taire les gueux en vidant leurs entrailles !

 

 

 

 

 

 

1 Le Prime ou la 1ère heure canoniale du matin après le lever du soleil sonné par des religieux.

2 Jubine ou jument en patois Aubois.

3 La Fritte correspond à la préparation de la pâte de verre faite d’un mélange de sable et de soude

4 Proverbe signifiant que certains défauts importent peu si le résultat est atteint.

5 La canne est la longue perche d’1m60, pleine ou creuse pour y souffler, qui retient en son extrémité (le « mors ») sa « cueillette » de pâte de verre en fusion

 

 

Pierre Barjonet

Avril 2020

 

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11/05/2020
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Lexique Antonin, Saison 1 , Episode 4, L'apprenti

 

LEXIQUE LA PASSION D'ANTONIN

SAISON 1 " RACINES "

ÉPISODE 4 " L'APPRENTI " 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lien vers le poème : " L'apprenti "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES HEURES CANONIALES, TECHNIQUE DU VERRE À CHAUD, LA GAMELLE PORTÉE PAR LES FEMMES (L'apprenti)

 

 

 

1/LES HEURES CANONIALES...

 

...correspondaient à la façon de rythmer le temps, faute d'horloges ni de montres, depuis l'antiquité romaine (qui divisait le jour en 12 parties égales et autant pour la nuit), mais surout depuis le Moyen-Âge grâce aux cloches des abbayes, des monastaires et surtout des églises.

 

Ainsi prit-on l'habitude de "découper" ce temps en prenant comme référence l'heure de midi, ralativement facile à estimer par rapport au soleil, mais avec de fait des différences selon les saisons...

 

Les clochers avaient cette fonction première de donner l'heure, mais surtout de rappeler l'importance des prières quotidiennes et des messes !

 

À compter du Moyen-Âge, on prend pour repères huit " heures canoniales " se répartissant sur 24 heures de la journée et de la nuit, toutes les 3 heures, soit depuis le lever du soleil le Prime, trois heures après la Tierce, puis la Sexte (midi), la None, les Vêpres (le soir) et pour la nuit les Complies, les Mâtines (minuit) et les Laudes (l'aurore).

 

Bien évidemment, seuls les moines sonnaient toutes les trois heures, les curés ou plutôt leur bedeau se contentant des principales heures canoniales, d'ailleurs bien souvent calées sur le son des cloches des villages voisins entendues au dernier moment...

 

 

 

Une cloche en bronze de ma collection personnelle...

 

 

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2/ TECHNIQUE DU VERRE À CHAUD

 

Les nombreuses techniques des Maîtres verriers sont complexes et se déclinent depuis la fusion de la pâte à verre, elle-même issue de savants mélanges gardés secrets, à la taille et à la gravure des pièces de verre ou de cristal.

 

Sans entrer dans les détails, relevons que le façonnage des pièces - d'ailleurs à l'époque en Champagne, essentiellement des carafes et carafons de vin, mais aussi des gobelets (verres) - pouvait s'obtenir de plusieurs façons : soufflées-tourné à la bouche (par air comprimé aujourd'hui), pressées en moules, façonnées par étirement/déformation, etc. Le verrier "cueille" de la pointe de sa "canne" (pleine ou creuse si "soufflé") dans le creuset la bonne quantité de pâte en fusion pour réaliser sa pièce.

 

Mais ce serait une erreur de laisser refroidir complètement la pièce soufflée et "tournée" (pour rester parfaitement sur son axe, une fois posée et travaillée sur le "marbre") sans "rebrûlage" car elle se briserait. Il est donc indispensable de "recuire" la pièce dans "un arche de recuisson" afin de pouvoir la travailler en évitant un choc thermique qui lui serait fatal entre son façonnage (à chaud) et sa finition (à froid). Et ce temps de cuisson varie de 2 heures à... 24 heures.

 

 

 

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3/ LA GAMELLE PORTÉE PAR LES FEMMES

 

Il était courant à la campagne de porter aux "hommes" le casse-croûte de midi. Généralement, après avoir avalé un bol de lait tirré du pis de la vache aux aurores dès la première traite, ceux-ci partaient dans les champs pour en revenir vers les dix heures et se restaurer de tartines de saindoux (comme à la mine) trempées dans un bol de bouillon. Puis ils repartaient, mais ne rentraient que le soir pour le souper. C'est une erreur de penser que le dîner se tenait le soir. On "dînait" à midi.

 

Leur femme ou leurs filles leurs portaient donc dans les champs leur "dîner" ainsi que leur "goûter" de quatre heures, soit une demi miche de pain "blanzé" tenant sa couleur grise du seigne, une tranche de lard, une pomme de terre chaude dans de la paille et parfois un fruit (pomme), mais cela dépendait naturellement des régions (exemple des châtaignes d'Auvergne). Ils buvaient de l'eau tirée du puit dans un carafon, parfois coupée d'un peu de vin.

 

Ici dans mon poème, il s'agit d'une manufacture, donc d'une sorte d'usine ne laissant guère le temps de rentrer chez soit à midi, d'où la "livraison" par les femmes de leur "gamelle" faite nécessairement de soupe grasse et de lard, de pain trempé dans la soupe, d'une patate chaude, d'un biscuit local et d'une pomme, ainsi que d'eau fraîche et de vin ou de lait pour les plus jeunes (les enfants aidaient dès 7 ans en 1850).

 

Le souper, donc du soir à la maison, consistait obligatoirement en une soupe épaisse de fèves, haricots, carottes ou choux parfois enrichie d'un bouillon de porc (plus rarement de volaille sauf aux fêtes) ainsi que de pommes de terre (bien que sa production chuta en 1848 du fait d'intempéries), d'oignons ou de raves. La soupe était versée sur le pain. Mais il se pouvait aussi qu'on trempe le pain dans du lait tiède ou qu'on mange une bouillie de maïs (la "gaude").  Les omelettes étaient plus rares car les oeufs étaient vendus au marché ou gardés pour le gâteau du dimanche. Parfois, on se régalait d'un morceau de tomme ou de fromage de chèvre. On buvait de l'eau et parfois du cidre, le vin étant plutôt réservé à la soupe en "faisant chabrot".

 

Inutile de préciser que les volailles ou "le" porc tué une fois l'an étaient réservés aux repas des baptèmes, communions, noces, enterrements et des fêtes calendaires : La Septuagénisme (11 février), Les Cendres (février), Pâques, les Rogations (en mai), l'Ascension, La Pentecôte, la Trinité (10 juin), la fête Dieu (14 juin), l'Assomption, la Toussaint, le premier dimanche de l'Avent (2 décembre) et la Noël.

 

 

 

Une gamelle de 1850

 

 

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"Le repas des paysans" par Louis Le Nain (1593)

 

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"La famille heureuse " par Louis Le Nain (1642)

 

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11/05/2020
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Privilège

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Médaillon en bronze et cristal de Napoléon 1er

 

 

 

"La marche de Marengo" Musique militaire d'Empire

 

 

 

 

 

 

 

 

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Chronologie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Privilège

 

 

 

 

 

« Fils, un jour tu sauras – Si fait, serai verrier ! »

Il est tant de fierté dans le timbre du père

Encourageant l’enfant devenu son guerrier,

Qu’il se prend à souffler chacun de ses repères.

 

 

C’est que s’il n’est point riche en terres ni troupeaux,

Il est fort réputé le gentilhomme noble1,

Verrier de père en fils et souffleur sans pipeau,

Orfèvre faisant don de carafe aux vignobles.

 

 

Ailleurs on l’eut nommé « Weber2 graine de Louis »,

Mais ci-bas au pays, on lui donne du Maître,

Et son surnom3 flamboie par sa naissance inouïe

Quand l’astre d’Austerlitz3 voulut lui en promettre.

 

 

C’est qu’il lui fait honneur à l’illustre Empereur,

Quand bataillant au feu, refoulant le Bohème,4

“Austerlitz“3 en grognard décuplant sa fureur

Cueille dans le creuset la fusion d’un poème.

 

 

Il chante son labeur en vers soufflant l’ardeur

Inspirant l’aspirant façonnant la fournaise,

Fier de son Antonin sérieux point musardeur,

Rebrûlant carafon pour une Châlonnaise.

 

 

L’antique talisman de la pâte des Dieux

Brûlant de sable et nitre a des reflets de glace

Dont les hommes jalousent les secrets radieux

Gardés par Maître Louis en cette forte place.

 

 

Il est vrai que Bayel a gagné ses galons

De célèbre cité par sa manufacture,

Mais ce temps des cristaux décorant les salons

Semble se fissurer en sinistre fracture.

 

 

C’est la faute aux Lorrains, aux Prussiens, aux Anglais,

Et c’est là grand malheur d’observer la Fabrique

Laissant fuir ses commis vers l’horizon sanglé

Des gardiens de Clairvaux5 à l’emploi qui s’imbrique.

 

 

Profitant d’un instant entre deux rotations,

Antonin se redresse en fixant son ouvrage,

Un flacon déformé de basse cotation,

L’incitant à doubler sa peine et son courage.

 

 

 

 

 

 

 

1 Les « Gentilshommes nobles » étaient des Maîtres verriers jouissant de privilèges nobiliaires accordés aux verriers

2 Nom porté par de nombreuses familles de verriers nés à Bayel

3 Né le 2 décembre 1805, on le surnomme « Austerlitz » !

4 Le cristal de Bohème, concurrent…

5 Prison de force, actuellement Maison centrale de Clairvaux

 

 

Pierre Barjonet

Avril 2020

 

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05/05/2020
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Lexique Antonin, Saison 1 , Episode 3, Privilège

 

LEXIQUE LA PASSION D'ANTONIN

SAISON 1 " RACINES "

ÉPISODE 3 " PRIVILÈGE " 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lien vers le poème " Privilège "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MAÎTRES VERRIERS " GENTILSHOMMES NOBLES ", CRISTAL DE BOHÈME ET PÂTE DES DIEUX, DÉCLIN DE LA MANUFACTURE ROYALE EN CRISTAUX DE BAYEL, L'ABBAYE DE CLAIRVAUX, LA PRISON DE CLAIRVAUX (Privilège)

 

 

 

1/ MAÎTRES VERRIERS " GENTILSHOMMES NOBLES "

 

On nommait ainsi les maîtres verriers car ils jouissaient d'une respectabilité hors du commun liée à l'exercice difficile de leur art très prisé par les têtes couronnées, mais surtout au fait que les nobles avaient le droit de pratiquer ce métier. Or, par définition, la noblesse ne pouvait ni exercer la profession du travail de la terre, ni celle du commerce, ni non plus celle de l'artisanat, hormis l'exception de la verrerie.

 

Ainsi nommés gentilshommes verriers, ceux-ci soutenaient que leur état privilégié avait été reconnu par le roi Louis IX (Saint-Louis). Au départ (Moyen-Âge), il s'agissait bien de nobles autorisés à souffler le verre, mais par la suite, des artisans verriers roturiers se virent de facto assimilés à la noblesse voire anoblis.

 

De plus, leurs privilèges étaient conséquents : pouvoir d'établir et de gérer des verreries, dispense d'impôts et du logement des gens de guerre, libre circulation non taxée de leurs marchandises, droit de coupe et de taille de bois, faibles redevances immobilières, droit de chasse avec chiens, droit de laisser paître des porcs en forêt, etc.

 

 

 

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2/ CRISTAL DE BOHÈME ET PÂTE DES DIEUX

 

Le cristal de Bohême a suivi un parcours comparable à celui de Bayel avait huit siècles d'existence et une célébrité émergeant au XVIIIè siècle de fait de l'émigration en Europe de l'Ouest de nombre d'artisans verriers. 

 

La pureté de son cristal à 24% de plomb lui confère une irisation et un éclat reconnus dans le Monde entier. Il a décoré les plus belles tables avec des pièces rehaussées d'or fin quand elles n'étaient pas tout simplement colorées de vert, bleu, cobalt, rouge ou ambre.

 

Quant à la "pâte des dieux", celle du verre, elle est connue depuis la haute antiquité, il y a plus de 3000 ans, et principalement en Égypte. Le verre y fut découvert un peu par hasard, à l'occasion de la cuisson de jarres à bière en terre, mais qui contenaient en sus du sable (silice) mélangé à la terre, du cobalt et de manganèse produisant lors de la cuisson à très haute température dans des fours ingénieusement ventilés, une sorte de pâte vtreuse, vitrifiée et bleutée ayant incité les artisans à confectionner des bijoux "de verre".

 

À l'origine, la pâte de verre n'était composée que de silice ou de quartz (vitrifiant) et de chaux ou potasse (fondant). Par la suite, y furent adjoints des silicates, colorants, du cristallin, du plomb (cristal), des stabilisants, voire du pyrex.

 

Toute la difficulté du travail du verre réside dans l'art de le fondre puis de le recuire en maîtrisant les périodes de refroidissement afin de pouvoir le travailler sans le casser.

 

Ce sont les Vénitiens qui passèrent maîtres dans l'art de la verrerie, à tel point que Louis XIV fit venir comme déjà dit (voir Lexique 2 Florence) une célébrité du genre : Jean-Baptiste Mazzolay pour développer la verrerie de Bayel.

 

 

 

Verres en cristal de Bohème de ma collection personnelle

 

 

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3/ DÉCLIN DE LA MANUFACTURE ROYALE EN CRISTAUX DE BAYEL

 

Il y en eut plusieurs, dont une période difficile en 1850 due à la concurrence rude avec les productions étrangères de Venise, d'Angleterre, d'Allemagne ou de Bohème (Tchéquie actuelle) - voir mon poème "Privilège".

 

Mais c'est surtout à l'époque contemporaine que nombre de cristalleries françaises et étrangères (comme celle du Val Saint-Lambert en Belgique) cessèrent leur production, dont la manufacture de Bayel définitivement fermée, après des soubressauts, en 2016. Et pourtant, elle avait fonctionné avec plus de mille ouvriers/artisans dans les années 1960/70 !

 

Quant à celles qui résistent encore, comme Baccarat, elles ont été rachetées avec des capitaux étrangers, par exemple à 88,8% de fonds chinois pour Baccarat en juin 2018...

 

 

 

 

Paire d'aiguières en cristal et argent

 

 

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Lustre en cristal de Baccarat

 

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4/ L'ABBAYE DE CLAIRVAUX

 

 

L'abbaye de Clairvaux " La vallée claire "  (1115 à 1756) dont le sol accueillit plus tard cette prison, mais également dès le XIVè siècle la verrerie de Bayel, était quasiment la plus grande abbaye d'Europe, au XIIè siècle !

 

Fondée par le moine Cistercien (branche réformée des Bénédictins) Bernard de Fontaine, dit de Clairvaux (1090/1153) avec des moines venant de l'abbaye de Citeaux, il l'établit non loin de Bar-sur-Aube dans une clairière isolée en bordure de l'Aube.

 

Elle ne va pas cesser de s'étendre pour atteindre le chiffre vertigineux de 1771 possessions sur plusieurs départements de 1121 à 1250 (granges, moulins, fours, bois, verrerie, mines, terres...) ! L'abbaye s'étend sur 1832 hectares de bois et 355 hectares de terres en 1153, puis au XVIIè siècle, sur 12000 hectares dont 4000 hectares de terres agricoles... L'abbaye comptait également sur l'apport de 800 moines et convers.

 

Quant à son rayonnement, il s'étendait sur plus de 300 monastères en faisant une puissance économique de premier plan procédant comme capitale du Monde occidental en quelque sorte à l'arbitrage entre les rois et seigneurs, les papes (le pape Eugène III fut formé à Clairvaux) et les évêques...

 

Bernard de Clairvaux qui participa au fameux Concile de Troyes en 1129, fut canonisé en 1174 (Saint Bernard de Clairvaux) et déclaré Docteur de l'Église catholique en 1830 par le pape Pie VIII.

 

Après la Révolution française, l'abbaye fut vendue comme bien national en 1792, abritant dès lors des activités industrielles avant que Napoléon 1er ne la rachète en 1808 pour la transformer en prison (voir ci-après).

 

 

 

 

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Le dortoir des convers

 

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Saint Bernard de Clairvaux

 

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pour se situer...

 

 

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L'Abbaye de Clairvaux en 3D

 

 

 

900 ans de l'Abbaye de Clairvaux sur FR3

 

 

 

 

 

5/ LA PRISON DE CLAIRVAUX 

 

 

Cette sinistre prison, rendue célèbre en 1971 par les détenus Buffet et Bontems qui égorgèrent sauvagement une infirmière et un surveillant, se situe à 9 km de Bayel, sur un terrain boisé fondant l'emplacement de l'abbaye de Clairvaux fondée par les moines cisterciens (voir ci-avant).

 

Fondée en tant que telle en 1808 elle devrait fermer en 2022 ce qui, après l'arrêt de la cristallerie de Bayel, ne devrait pas aider l'emploi local qui, traditionnellement, outre les travaux agricoles, tournait autour de la verrerie et de la maison d'arrêt.

 

Établie comme beaucoup d'autres après la Révolution française, dans les locaux restés vacants des abbayes suite à l'exclusion de leurs moines, mais aussi compte tenu de la nouvelle peine dite de privation de liberté instaurée par le Code Napoléon en lieu et place des peines corporelles, la prison de Clairvaux prit la place idéale des cellules monastiques au sein de bâtiments austères et solides fermés de murs d'enceinte.

 

Au XIXè siècle, remplaçant donc la plus grande abbaye française, cette prison deviendra la plus grande prison française avec plus de 2000 détenus. Les conditions d'enfermement étaient inhumaines, d'abord en grands dortoirs laissant part à la violence carcérale collective de la loi du plus fort, puis avec les sinistres "cages à poules" individuelles en barreaux de fer de 1m50 x 2m qui "accueilleront" en batterie, des prisonniers jusqu'en... 1971, non sans rappeler les horribles "fillettes" de Louis XI !

 

Sans s'imiscer aucunement dans l'interprétation des révoltes de prisonniers, il est clair que ces conditions de détention moyennageuse en seront l'une des raisons. Du reste, c'est après l'affaire de Buffet et Bontemps de 1971 que la prison fut totalement réaménagée.

 

La prison connue différentes étapes historiques avec une prison de femmes dans le bâtiment des convers, des "colonies agricoles d'enfants"  en tant que "fermes annexées au quartier d'éducation correctionnelle de la maison centrale de Clairvaux" en 1842 (les enfants pouvaient être incarcérés dès l'âge de 5 ans pour délit de vagabondage et de vol) avant que de devenir une Maison centrale réservée aux "longues peines" : Exemple en 2009, de 240 places pour 160 longues peines dont 48 à perpétuité.

 

La prison enferma des détenus célèbres comme Claude Gueux qui inspira Victor Hugo en 1834 contre la peine de mort ou Auguste Blanqui détenu de 1872 à 1877, et au XXè siècle, des détenus politiques arrêtés par les nazis avant leur déportation à Auschwitz, des hommes comme Charles Maurras ou des généraux félons au moment de l'O.A.S. tels Challe ou Zeller.

 

 

 

anciennes photos du XXè siècle

 

 

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salle de discipline

 

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batteries de "cages à poules"

 

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douches

 

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Surveillants

 

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05/05/2020
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L'espoir - Souvenir de confinement

 

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" L'espoir - Souvenir de confinement "

 

Huile et glacis sur toile  - 15F - avril 2020 - Pierre Barjonet

 

 

 

 

Cliquer sur la photo pour la voir en grand


30/04/2020
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Florence

 

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"el condor pasa" flûte des Andes à la Kena

 

 

 

 

 

 

 

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Florence

 

 

 

 

 

 

Elle est rentrée plus tôt goûter ses quarante ans,

Rejoignant le patio de la rue Henri Pape1

Où Florence l’attend dans un décor hantant

Ce quartier préservé du bruit par ses soupapes.

 

 

Délicieuse maison couvant son jardinet

Débordant de massifs de dahlias qui s’embrassent,

Percée du miaulement d’un matou blondinet

Rampant sous les croisées de la cour en terrasse.

 

 

Elle a quinze ans de moins et des cheveux nattés,

Un rire qu’illuminent des pupilles vertes,

Et quand Florence a vu que le jour se hâtait,

Pour sa meilleure amie, de joie la recouverte.

 

 

Déracinée de Troyes, Bar-sur-Aube et Bayel2,

Elle est comme un cristal, si pure et transparente,

Qu’Irena la protège en la couvrant de miel,

S’imaginant sa sœur, devenue sa parente.

 

 

Florence a parfumé de volutes d’encens

Les colliers de lotus accrochés aux tentures

Et sur son canapé qui défie le bon sens

Feule une peau de tigre éveillant sa denture.

 

 

Un tapis de chevrette étouffe un guéridon

Qui ploie sous un plateau de loukoums au thé menthe,

Tandis qu’un magnéto perché sur un bidon

 Joue comme un perroquet des airs qui se lamentent.

 

 

C’est dans son havre hindou, marocain, tibétain

Et dans la paix des Andes que Florence accueille

La fête d’Irena, lui offrant des étains,

Un oiseau de cristal2 et son précieux recueil.

 

 

Pour son anniversaire elle a imaginé

La surprendre en swinguant avec ceux de Vincennes,

Ses potes de la crèche et ses fans de ciné,

Ses rancards d’la Huchette3 et du jazz bord de scène.

 

 

Et la nuit recouvrit les larmes d’Irena

Dans ce patio fleuri du quartier Maison-Blanche1,

En quarante bougies que rien ne réfréna,

Ni les chants des voisins ni les cernes qui flanchent.

 

 

 

 

 

1 Quartier de la « Maison-Blanche » (Paris 13e),

2 Verrerie de Bayel (Aube) et cristal taillé et signé de la « Manufacture Royale en cristaux de Bayel »,

3 Le Caveau de la Huchette (célèbre Club de jazz à Paris 5e)

 

 

 

Pierre Barjonet

Mars 2020

 

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28/04/2020
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Lexique Antonin, Saison 1, Episode 2, Florence

LEXIQUE LA PASSION D'ANTONIN

SAISON 1 " RACINES "

ÉPISODE 2 " FLORENCE " 

 

 

 

 

 

 

 

Lien vers le poème " Florence " : ICI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE QUARTIER PARISIEN DE MAISON BLANCHE, BAYEL ET SA CRISTALLERIE, LA KENA ET LA MODE HIPPIE (Florence)

 

 

 

1/ LE QUARTIER PARISIEN DE MAISON BLANCHE où loge la meilleure amie d'Irena, Florence dans mon poème, est une particularité du 13ème arrondissement de Paris, situé au delà de la Place d'Italie (la barrière d'Italie comme la nommait Victor Hugo dans Les misérables) près de la station de métro "Maison blanche", non loin de la rue de Tolbiac et de l'Avenue d'Italie et convergeant vers la place de l'Abbé Henocque. 

 

Tenant son nom d'un ancien hameau, c'est un quartier qui a beaucoup changé à travers les siècles, avec notamment le comblement de la vallée de la Bièvre (qui se jette dans la Seine) autour de laquelle se tenaient des tanneries empestant ce quartier très pauvre et insalubre, puis le déménagement des fortifications de Paris, et plus près de nous avec la construction de la ligne de chemin de fer dite de "la petite ceinture" puis du métro, et en conséquence la construction de logements pour les cadres et les ouvriers du chemin de fer.

 

Le paradoxe amusant réside dans le fait que les cadres bénéficièrent d'appartements neufs dans des ensembles H.B.M. (Habitations à Bon Marché) construits dans la première partie du XXè siècle en bordure des boulevards extérieurs dits des Grands-Maréchaux - vous savez, ces groupes d'immeubles faits de briques orangées - alors que les ouvriers jouissaient eux de maisonnettes accolées avec jardinets, comme dans les corons du Nord.

 

Imaginez un peu ces maisons qui se succèdent dans un calme absolu dans ces jolies rues que l'on dirait anglaises de style, avec leurs teintes différentes et  couleur pastel dans ce quartier unique et préservé à quelques centaines de mètres à peine des tours de l'avenue d'Italie...

 

Aujourd'hui, ces jolies maison colorées valent une fortune !

 

 

 

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Les I.B.M. des boulevards extérieurs

 

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2/ BAYEL ET SA CRISTALLERIE est, ou plutôt fut une véritable institution. Créée en 1666 par Louis XIV, la " Manufacture Royale en cristaux de Bayel " fut confiée à un maître verrier réputé, Vénitien de son état, Jean-Baptiste Mazzolay. Venise était en effet au coeur du verre et sa réputation avait largement dépassé les frontières. Du reste, la transformationdu verre n'était pas une mince affaire (et ne l'est toujours pas) d'où la volonté du Roi Soleil d'obtenir coûte que coûte aussi bien en dôtant les artisans français de manufactures dignes de son nom !

 

Bayel qui s'était déjà spécialisée dans la verrerie depuis Philippe IV Le Bel en 1300 se prêta parfaitement à l'installation d'une manufacture royale car il y fallait du bois nécessaire à la cuisson du verre, du sable, de l'eau pure (l'Aube traverse  Bayel) et un savoir faire ancestral. C'étaient les moines de l'abbaye de Clairvaux qui, détenant un moulin sur l'Aube ainsi que les bois alentours, installèrent les premiers ateliers d'une verrerie. Mais c'est en fait Colbert qui, bien plus tard, développa une véritable manufacture en faisant venir de Murano Jean-Baptiste Mazzolay et en lui accordant ce privilège par lettre patente.

 

C'est grâce à la qualité de la teneur en plomb supérieure à 27% de son cristal d'une pureté et d'un éclat incomparables, à sa taille profonde et brillante ainsi que par le savoir faire de ses générations d'artisans rompus au fameux "soufflé bouche, fait main" que ses articles de luxe, mais aussi ses flacons de vins plus ordinaires firent la réputation de Bayel.

 

Située donc à Bayel, commune située à 7 km de Bar-sur-Aube entre Troyes et Chaumont, cette cristallerie connut un essor remarquable, mais avec des hauts et des bas. Ainsi, après avoir assuré sa réputation internationale en servant les cours européennes dont la cour de France jusqu'en 1727, elle perdit ensuite de son attrait, du fait même de la concurrence avec Baccarat (créée en 1764), Saint-Louis (créée en 1767) et le verre étranger de Bohème (voir mon poème). La manufacture faillit sombrer sous la Révolution française, mais se rétablit et changeau plusieurs fois de propriétaires avec une baisse d'activité sous le règne de Napoléon III.  

 

Plus près de nous, elle renforça sa notoriété avec une production de cristal de luxe s'illustrant sur les tables des grands de ce monde, de De Gaulle à Kennedy en passant par le roi du Maroc, ou sur le paquebot France ou bien encore l'hôtel Ritz de Paris. Ainsi, elle fit travailler près d'un millier d'artisans et d'ouvriers dans les années 1960/70. 

 

Mais avec l'évolution du marché, la baisse d'intérêt pour les arts de la table, la perte d'attrait du grand public pour les produits de luxe, la concurrence asiatique et les coûts d'exploitation, la manufacture royale devenue "Cristallerie royale de Champagne" dans les années 1950, ferma définitivement ses portes en 2016... 

 

 

 

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N.B : J'ai visité la Manufacture à la fin des années 1970 et j'en possède, outre cette chute brute de cristal (photo ci-après) quelques pièces dont ces deux verres de mariés (photos ci-après).

 

 

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3/ LA KENA ET LA MODE HIPPIE

 

ont largement fleuri les parvis de ces nouveaux "temples" de la jeunesse désabusée par ce qu'on lui proposait, par ces générations "qui avaient connu les guerres" et dont ils ne voulaient plus, par dix ans de Gaullisme, et par tant d'aspiration pacifique à de nouvelles valeurs en forme d'idéal...

 

Ainsi, rejetant en bloc "l'ancien monde" dans la foulée de mai 68, mais pas seulement, s'est-elle trouvée de nouveaux héros, de nouveaux combats, de jeunes aspirations en provenance des U.S. principalement.

 

Souvenez vous :

 

...l'homme sur la lune, la mini jupe et les colants, l'île de wight, la pilule, le M.L.F., Joan Baez chantant Sacco et Vanzetti, Che Guevara, la crise des missiles de Cuba, le festival de Woodstock, Les chars soviétiques à Prague, la guerre du Viet-Nam et les bombes au phosphore sur des villages, Jimmy Hendrix, bob Marley, les chemises à fleurs et les cheveux longs, les jeans unisexes, l'encens et la majiruana, les pantalons découpés, les vestes à franges, les bandanas, la FNAC qui s'ouvrait au public, la guerre du Biafra, la dictature des colonels Grecs, Robert Badinter contre la peine de mort, Alan Stivell et la harpe celtique, la flûte des Andes avec "El condor pasa" joué à la célèbre Kena, Bac et le jazz avec Jean-christian Michel, la pop music avec Led Zeppelin, les Who ou les Pinkfloyd, les Beatles et les rolling stones encore et toujours, Jacques Mesrine ennemi public n°1, Graeme Allwright, le film Délivrance, Z de Costa Gavras, Léo Ferré qui éructe, Brassens et Jacques Brel, la révolution culturelle en Chine, Belmondo, 5 colonnes à la une, Belphégor, etc.

 

Mais à "bonne nuit les petits" et sa rivale Chantal Goya, les jeunes préféraient déjà "faire l'amour et pas la guerre" ou aller voir l'odyssée de l'espace, Apocalypse now, Orange mécanique, Rosemary'baby ou il était une fois dans l'Ouest...

 

Et comme toujours, la mode précéda leur parcours qui assez vite se cala sur le rêve de pays exotiques aux antiques civilisations comme l'Inde, les Andes du Pérou, le Tibet de Katmandou et le kif du Rif du Maroc ou sur un autre continent, à cheval sur la fameuse Harley Davidson à la conquête de la mythique road 64...

 

 

 

 

Ma kena acquise en 1969...

 

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sa particularité qui rend son jeu très difficile, elle n'a pas de sifflet ;

c'est le rapport entre le menton, la bouche et les lèvres qui le remplace !

 

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la route 64 des bikers US...

 

 

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28/04/2020
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Chronologie

 

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"Avec le temps" Léo Ferré

 

 

 

 

 

CHRONOLOGIE

La passion d'Antonin

 

 

 

 

 

SAISON 1 " REPÈRES"

 

Épisode 1 " Vincennes "

1969 - automne - Paris/Vincennes

Irena a 40 ans (née le 24 octobre 1929)

 

 

Épisode 2 " Florence "

1969 - automne - Paris 13ème

 

 

Épisode 3 " Privilège "

1851 - automne - Bayel

 

Épisode 4 " L'apprenti "

1851 - automne - Bayel

 

 

 

 

 

 

 


19/04/2020
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Vincennes

 

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Disque introuvable... Evariste chantant "la révolution" en un 45t illustré par Wolinski en 68...

 

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N.B. Ne pas écouter la musique en même temps que la lecture du poème

pour ne pas en alterner la compréhension, du fait des paroles différentes...

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter la rubrique LEXIQUE 

donnant des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques :

Lexique Antonin, Saison 1, Episode 1, Vincennes

 

ainsi que la rubrique SOMMAIRE avec un "résumé"

Sommaire de La passion d'Antonin

 

et la rubrique CHRONOLOGIE

Chronologie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vincennes

 

 

 

 

 

 

À quarante ans tout juste elle sort pour fumer,

Observant le ballet d’étudiants qu’enracine

Son horizon bâti de rêves parfumés

En lendemains chantant l’espoir qui la fascine.

 

 

Travaillant à la crèche elle étudie le soir,

Se disant que bientôt, pourtant non-bachelière,

Elle aura sa licence en symbole accessoire

De sa patience ouvrée comme une dentelière.

 

 

Elle a sculpté sa vie de passions, d’illusions,

Dénichant des boulots en passades méprises,

Délaissant ses amants d’amère réclusion,

Leur préférant l’enjeu de la révolte éprise.

 

 

La crèche de Vincennes illustre son campus

Ouvert aux salariés et leur progéniture ;

Et l’enjeu des marmots bien couverts et sans puces

Est de goûter demain de rouge garniture.

 

 

Rassemblant les petiots en bouffée de forêt,

Elle chantonne et mime une ronde gestuelle

En soufflant dans le bois de sa kena dorée

Acquise à la cafet’ en fièvre contextuelle.

 

 

Et la voici grimpant dans les baraquements

De sa fac emblavée de tracts et d’affichettes

Bousculant les Maos1, poussant physiquement

Des anars2 décorés de slogans en pochette.

 

 

Elle excelle à l’U.V.3 « d’Art urbain en socio4 »

Qu’elle suit tard le soir aux côtés de Florence,

Une Auboise de l’Est habitant un patio,

Travaillant à mi-temps comme agent d’assurances.

 

 

Elles ont en fierté leur université,

Pour sa célébrité nourrie de philosophes

Suscitant l’adhésion par la diversité

Des thèmes sans tabous que chacune apostrophe.

 

 

C’est un matin de mai que Florence a croisé

Le regard d’Irena bordé de franges d’ambre

Ondulant sous le vent des pelouses boisées

Servant d’amphithéâtre aux esprits qui se cambrent.

 

 

 

 

1Groupuscules Maoïstes, 2Anarchistes, 3Unité de Valeur (Sociologie), 4Sociologie

 

 

Pierre Barjonet

Mars 2020

 

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19/04/2020
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Lexique Antonin, Saison 1, Episode 1, Vincennes

LEXIQUE LA PASSION D'ANTONIN

SAISON 1 " RACINES "

ÉPISODE 1 " VINCENNES " 

 

 

 

 

 

Lien vers le poème " Vincennes " : ICI

 

 

 

 

 

 

 

LE C.U.E.V. DE VINCENNES (PARIS VIII) dont sa crèche, sa cafétéria, les U.E.R. et les U.V., et les gauchistes... (Vincennes)

 

Créé à l'automne 1968 pour une ouverture en janvier 1969 par le tout nouveau ministre de l'Education Nationale d'alors, le célèbre homme politique Edgar FAURE (1908/1988), le Centre Universitaire Expérimental de Vincennes se devait d'être, après les évènements de mai 68, une université d'un nouveau type. D'ailleurs, Edgar Faure qui avait accepté ce poste, Ô combien délicat, l'avait dôté de deux nouveautés "révolutionnaires" :

 

  • dans un souci de démocratisation de l'accès au savoir, l'admission de non bacheliers, dès lors qu'ils satisfaisaient avec succès à des tests d'admission et qu'ils obtenaient un minimum d'Unités de Valeur (U.V.) dans l'année dans des matières dominante, sous-dominante et en langues, les autorisant dès lors à finaliser leur admission au C.U.E.V. ainsi que dans tout autre établissement d'enseignement supérieur, et devant ensuite poursuivre leur cursus vers les diplômes universitaires classiques (licence, maîtrise, doctorat, etc.).

 

  • l'accès à des étudiants salariés grâce notamment (mais pas obligatoirement) à l'admission de non bacheliers (voir ci-dessus) et à des cours du soir programmés de 19h à 23h.

 

Par la suite, le C.U.E.V. conçu sur le modèle "frère" du Centre Universitaire Dauphine (devenu Université de Paris IX - Dauphine), obtint ses lettres de noblesse en devenant successivement, Centre Universitaire de Paris/Vincennes, Université de Paris/Vincennes, puis Université de Paris VIII - Vincennes, avant que d'être entièrement rasé en 1980 pour être transféré à Saint-Denis, devenant dès lors l'Université de Paris VIII - Saint-Denis.

 

Le C.U.E.V. offrait également la particularité de bénéficier d'un enseignement ET de recherche. D'ailleurs, ses départements s'intitulaient Unité d'Enseignement et de Recherche (U.E.R.), comme par exemple l'U.E.R. d'Arts Plastiques alors dirigée par la célèbre plasticienne Marie-José BAUDINET ou l'U.E.R. de Philosophie et Psychanalyse que dirigeait le philosophe François CHÂTELET. L'innovation et la recherche étaient au coeur de ses enseignements s'intéressant outre la connaissance à la perception des enjeux contemporains, avec d'ailleurs des secteurs d'Urbanisme ou d'études cinématographiques inédits à l'époque.

 

Ses enseignants, tout comme son premier Président, le professeur Raymond LAS VERGNAS, Doyen de la Sorbonne, étaient reconnus dans le monde universitaire international comme faisant référence dans leurs domaines.

 

Ainsi en philosophie/psychanalyse/sociologie, se côtoient des professeurs bien souvent engagés politiquement, voire dirigeant des mouvements politiques comme Henri WEBER, actuel Sénateur P.S. mais à l'époque dirigeant de la Ligue Communiste Révolutionnaire -L.C.R. trotskyste- avec Daniel BENSAID, André GLUGSMANN (de la Gauche Prolétarienne), Jean-Marc SALMON, Alain BADIOU et Jean-Claude MILNER (tous trois Maoïstes), Etienne BALIBAR (P.C.F.), Raymond CASAS (Parti Communiste Marxiste Léniniste) et d'autres intellectuels de renom comme Michel FOUCAULT, Gilles DELEUZE, François CHATELET, Jeannette COLOMBEL, Judith MILLER, René SCHERER, Jean-François LYOTARD, Jacques RANCIÈRE, François REGNAULT...

 

La faculté jouissait d'un vaste campus installé dans le Bois de Vincennes à l'emplacement - ce qui ne manque pas d'ironie pour un campus plutôt gauchiste - d'un camp militaire français, route de la Tourelle. Ses locaux étaient faits de préfabriqués dissiminés autour de pelouses.

 

De fait, l'ambiance était tout à la fois calquée sur celle des campus américains, dont d'ailleurs le système d'Unités de Valeurs (U.V.) ressemblait à celui des "crédits américains", et sur un périmètre de contestation permanente initiée par de nombreux groupuscules gauchistes de tendance maoïste, trotskyste, nihiliste, anarchosyndicaliste, parfois politique ayant pinion dur rue (P.S.U.) voire militant pour la cause des femmes (M.L.F.), les homosexuels (F.H.A.R.) etc. Inutile de dire que les locaux étaient largement tagués et recouverts d'affiches à caractère politique tandis que les locaux communs comme la cafétéria ou le restaurant du C.R.O.U.S. voyaient régulièrement des stands de propagande et de vente de documentations fleurir et... se confronter parfois violemment !

 

Quant à la crèche, légale mais gérée par un collectif d'étudiants, elle tenait sa raison d'être justement par l'ouverture des cours à des étudiants salariés, ayant donc besoin de confier leurs enfants.

 

 

 

 

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Le C.U.E.V. en 1969

 

 

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19/04/2020
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