La palette de Pierre

La palette de Pierre

Madeleines

 

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Frédéric Chopin " Fantaisie-impromptu in C"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Madeleines

 

 

 

 

 

Sucrée de gourmandise, enivrée d’oranger,

Valentine frissonne au goût des madeleines ;

En robes rainurées, disposées en rangées

Par Laurine ouvrageant boîtes de porcelaine.

 

 

Après tant de chagrins, Auguste étant parti,

Après trop de dégoût pour cette guerre horrible,

Après les privations, les portions imparties,

Il est temps d’oublier cette époque terrible.

 

 

La Maison Cœur-de-pain, recevant Nicolas,

S’habille du destin rapprochant Valentine

Aux promesses soufflées quand son cœur le frôla

Dans cette malouinière aux saveurs d’églantines.

 

 

Qu’il est bon de les voir naviguer amoureux

Laissant flotter au vent l’espoir en sa grand-voile

Bordée de sentiments aux parfums savoureux

Ambrés de madeleines que le four dévoile !

 

 

Et le printemps renaît d’étourdissants lilas,

Sculptant de poésie leurs rencontres galantes,

Embaumant de passion l’amour que distilla

Le philtre de Montmartre à jeunesse insolente.

 

 

Laurine est agitée, guettant son ami Proust,

Lauréat du Goncourt, dédicaçant son livre,

À l’abri du scandale en son Salon sans rouste

De ces conservateurs perclus de rancœur ivre.

 

 

Les mégères toujours, ont regagné la rue,

Postées aux jalousies, perchées dans les feuillages

Se demandant pourquoi les pucelles ont cru

Qu’à l’ombre d’un roman fleurirait l’effeuillage.

 

 

Valentine succombe à ces feuillets bavards

Déclinant en passion l’époque des délices,

Venant la renforcer de n’être point avare

En fusion des talents brassés par une hélice.

 

 

Et ce n’est point du thé que l’on sert au Salon,

Mais breuvage des dieux laissant leur part aux anges

Afin de respirer, libres comme un ballon,

La liberté d’aimer en ignorant la fange.

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Septembre 2019

 

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19/11/2019
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Lexique Saison 6 Episode 3 Madeleines

 

 

 Saison 6, Épisode 3, Madeleines

 

 

 

 

 

 

 

Lien vers le poème Madeleines :  ICI 

 

 

 

 

 

 

 

- DÉCÈS D'AUGUSTE RENOIR, MARCEL PROUST (Madeleines, Goncourt et scandale, " À l'ombre des jeunes filles en fleurs "), LA PART DES ANGES (Madeleines)

 

 

 

 

 

1/ DÉCÈS D'AUGUSTE RENOIR survenu à Cannes-Sur-Mer le 3 décembre 1919 au domaine des Collettes (dont j'ai déjà parlé).

 

 

 

 

2/ MARCEL PROUST (Madeleines, Goncourt et scandale :  " À l'ombre des jeunes filles en fleurs ") fait l'objet de ce nouvel opus de ma Romance de Laurine.

 

 

Madeleines :

 

Les fameuses madeleines de l'écrivain Marcel Proust (1871/1922) n'évoquent pas seulement son goût pour ce gâteau Lorrain ( de Commercy) symbolisant un coquillage qu'il aimât tremper dans sa tasse de thé, mais par la réminiscence d'un souvenir provoquée par un élément de la vie quotidienne, comme l'odeur d'une madeleine. Ainsi, notre mémoire fait-elle ressurgir un souvenir enfoui, de l'enfance généralement, au contact d'un geste, d'une impression ou d'un objet, comme Proust l'évoqua dans le premier tome Du côté de chez Swan " de son roman " À la recherche du temps perdu  "

 

En voici le passage cité : « Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin, à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé ; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot - s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir. »

 

Ainsi, l'expression " Madeleine de Proust " figure au registre des expressions françaises.

 

Enfin, pour dire un mot sur ce succulent gâteau/biscuit, en voici l'histoire ou la légende :

 

Le roi de Lorraine, Stanislas, recevant des hôtes à l'occasion d'un repas festif, en 1755, apprend soudain que son pâtissier vient de quitter l'office suite à une dispute en cuisine. De fait, il n'y aura pas de dessert, ce qui est inconcevable ! Mais en cuisine, on s'affaire afin de relever ce défi de dernière heure et l'on apporte enfin non pas un gâteau, mais plusieurs petits gâteaux ambrés d'une forme surprenante imitant le dos d'un coquillage, et d'un parfum comme d'un goût laissant fondre de plaisir. Enchanté, le roi demande quel est l'auteur de ce prodige. On lui présente alors une serveuse rougissant de confusion qui en bafouille d'émotion, tentant de cacher ses mains pleines de farine. Et lorsque le roi lui demanda quel était le nom de cette pâtisserie, elle ne sut que répondre, lui disant qu'il s'agissait simplement d'un dessert que l'on préparait chez elle à Commercy les jours de fête. Alors, le roi lui demanda quel était son petit nom. Madeleine, lui répondit-elle. en récompense, le roi décida que ce gâteau prendrait désormais son nom " Madeleine de Commercy ".

 

 

 Marcel Proust

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Goncourt et scandale

" À l'ombre des jeunes filles en fleurs " :

 

L'attribution du Prix Goncourt de 1919 revint à Marcel Proust pour son roman " À l'ombre des jeunes filles en fleurs ", occasionnant par là même, un véritable scandale. En effet, le " candidat officiel désigné " était plutôt Roland Dorgelès qui, avec son roman " Les croix de bois " plébiscité par l'opinion patriotique  était normalement assuré de l'emporter. 

 

Imaginez plutôt. La guerre tout juste terminée avec son lot d'écrivains disparus, puis les terribles pages des combats dans les tranchées racontées par des acteurs combattants de cette tragédie tels Maurice Genevoix ou Roland Dorgelès, et c'est un homme écrivant en robe de chambre bien à l'écart des tranchées narrant des amours balnéaires qui remporte l'illustre prix au nez et à la barbe des poilus (sans jeu de mots déplacé) et de Roland Dorgelès par six voix contre quatre, il y a de quoi crier au scandale ! 

 

De fait, les attaques de tous bords et principalement dans la presse ne vont pas manquer de vilipender ce " planqué " qui se voit affubler de qualificatifs désobligeants comme " proustitution " ou " Goncourtisans ". Le tonnerre de protestations venant d'anciens combattants, mais pas seulement, allant même jusqu'à menacer Proust, dura plusieurs semaines. 

 

Ce long roman, publié en 1919, est le deuxième tome d' " À la recherche du temps perdu ". Il est une oeuvre majeure de l'écrivain disséquant sentiments, émotions et souvenirs en de longues phrases magistralement rédigées avec des références artistiques et littéraires. Il se lit comme il s'écrivit probablement : hors du temps...

 

 

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3/ LA PART DES ANGES est une expression bien connue dans le monde du vin et des spiritueux, désignant les gaz et éléments volatils du cognac. Ce phénomène naturel de l'évaporation en rapport avec le vieillissement de l'alcool dans les fûts de bois touche environ 2 % de la production générale du cognac, soit l'équivalent de vingt millions de bouteilles...

 

C'est donc un peu de ce breuvage des dieux que l'on servit au Salon de Laurine à la gloire de Proust (voir mon poème).

 

 

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19/11/2019
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Gammes de songes

 

Musique examens Pierre enfant

 

Souvenirs de petits concours d'enfance, au piano...

 

 

 

 

J.S. Bach " Concerto en ré mineur - Adagio converti piano BWV 974 "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gammes de songes

 

 

 

 

 

Mes notes se mêlent complices,

Aux gammes d’automne en supplice,

Bercées d’éphémère titraille,

Châtaignes bordées de mitraille,

Effluves trempés du grimoire

Enfoui dans ma tendre mémoire.

 

 

Mes gammes s’accordaient dociles

Lissant dans un tempo fossile

La portée du jeu qui s’accroche

Aux accords des horribles croches

Avant que de goûter l’épreuve

D’un clavier fuyant comme un fleuve.

 

 

Remords d’une enfance un peu sage

Honteuse de jouer sans message

Fiévreuse de ne chercher noise

Aux maîtres notant mon ardoise,

Relevant le trouble des notes

Pressant ma force de menottes.

 

 

Songeant à mon piano d’enfance,

Écho des années que n’offensent

 Les nuances des tierces farouches,

Jalouses des quintes qui louchent,

S’éveille ma fibre d’automne

Livrant ce refrain que j’entonne.

 

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Novembre 2019

 

 

 

 

 

 

 

 


10/11/2019
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L'escapade

 

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Claude Debussy " La mer - jeux de vagues "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’escapade

 

 

 

 

 

Elle revoit la mer, l’Océan sans tourments,

Ses plages de galets, de goémon, les mouettes

Chavirant sur la grève en battements gourmands,

 Et la menthe des flots qui s’élance et la fouette…

 

 

Laurine accoste enfin Paramé, Saint-Servan,

Ne regrettant la Butte en cet été frivole,

Oubliant de juillet son défilé fervent,

Puis rejoignant Alice, une Anglaise un peu folle.

 

 

Sa villa de granit a des airs de fortin

Canalisant les vents en sons de cornemuse,

Surplombant l’émeraude au doigt d’un libertin

Noyé devant sa proue, rejeté par sa muse.

 

 

Elle a laissé José, mais partage ses bains

Immergeant Valentine ivre de découvertes,

Tonifiant aux embruns leur maintien trop urbain,

Buvant avec Alice de l’absinthe verte.

 

 

Le soir, leur vie s’enflamme en ardents cinémas

Ponctués des sanglots muets, romans de jeunes filles,

Conquises par Surcouf, corsaire qui n’aima

Que l’écran des trésors fleurissant les Antilles.

 

 

Puis au matin mutin chevauchant Saint-Malo,

Les dunes prolongeant la digue-promenade,

Elles oublient l’écho des armées au galop

Ayant martyrisé l’amour, de leurs grenades.

 

 

Une famille en pleurs a perdu six enfants,

Les frères Ruellan dans le sort que reflète

Le destin de la France exsangue qui se fend

De changer d’horizon en découvrant Colette.

 

 

La mer de Debussy qui vit frémir Ravel

Emporte les récifs d’un baiser langoureux,

Changeant de partition, bordant sa caravelle

Au sillage des chats, en accords savoureux.

 

 

C’est une malouinière enfouissant un secret

Qui livre à Valentine un émoi qui la trouble

Apercevant un homme aux gestes fort discrets

Retaillant un balustre en art qui se dédouble.

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Septembre 2019

 

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09/11/2019
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Lexique Saison 6 Episode 2 L'escapade

 

 

 Saison 6, Épisode 2, L'escapade

 

 

 

 

 

Lien vers le poème L'escapade : ICI

 

 

 

 

 

 

 

- LA MODE DES CITÉS BALNÉAIRES SUR LA CÔTE D'ÉMERAUDE, LE DÉFILÉ DE LA VICTOIRE, LES FRÈRES RUELLAN, COLETTE ET RAVEL, LA MALOUINIÈRE DE LA BARONNIE À SAINT-SERVAN (L'escapade)

 

 

 

 

1/ LA MODE DES CITÉS BALNÉAIRES SUR LA CÔTE D'ÉMERAUDE est apparue dans l'Ouest Armoricain dès 1850 sous l'influence de l'impératrice Eugénie, à l'instar des réseaux de loisirs et de villégiature ainsi que des stations thermales de santé, puis elle n'a pas cessé de se développer. Le chemin de fer a d'ailleurs grandement favorisé ces "migrations touristiques" avant l'heure de gens aisés et de la "bonne société", il est vrai.

 

Ainsi, le littoral Breton vit-il à son tour de profonds bouleversements (après Biarritz, Dieppe, Le Touquet, Monte Carlo ou Deauville) amenant l'édification de splendides villas, de casinos, de digues-promenade, de plages disposant de location de cabines, de cafés et dès le XXè siècle de cinémas *. Les trains desservaient ces villes ainsi qu'un tramway à vapeur entre Paramé, Saint-Servan et Saint-Malo inauguré dès 1889.

 

* Les frères Lumière avaient tourné à trois reprises à Dinard et Saint-Malo. Puis au début du XXè des films muets en noir et blanc furent largement projetés dans des salles de cinéma qui s'édifièrent très vite, et même en plein-air ! Plus tard, dans les années 1920/1930, cette éclosion des cinémas se propagea sur toute la Côte d'émeraude. Enfin, l'âge d'or des salles obscures s'empara des années 1950/1960 (jusqu'à 9 cinémas rien qu'à Saint-Malo) sachant que la télévision n'existait pour ainsi dire pas.

 

De riches anglaises acquirent certaines villas, quand d'autres célébrités prirent l'habitude d'y séjourner pour s'isoler de la vie trépidante des villes et y composer musique, peinture, poèmes ou littérature (comme Ravel et Colette dans mon poème).

 

Outre les bains de mer, l'accès parfois à des thermes, les loisirs offraient l'avantage pour les enfants de faire voler des cerfs-volants et pour les adultes de galoper sur les plages ou les dunes quand ils ne s'essayaient pas à la voile.

 

Quant à la désignation poétique de "la Côte d'émeraude", on la doit à un notable malouin qui en popularisa l'expression à la fin du XIXè. Eugène Herpin, avocat, historien et peintre, membre de la bonne société de Saint-Malo, ayant achevé un ouvrage sur la Cité Corsaire en forme de guide touristique, et qui cherchait désespérément le titre de son livre, le trouva soudain lors d'une promenade sur les remparts de la ville quand l'une de ses soeurs s'exclamant devant le vert intense de la mer, il eut l'idée de la comparer à l'émeraude. Mais pour en accentuer le côté romanesque, il eut également l'idée de créer une légende en s'inspirant de mythes célèbres.

 

Légende d'une jeune femme de grande beauté portant au doigt une incroyable bague d'émeraude et qui, à la pointe du Moulinet de Dinard, faisait de grands signes aux marins pour qu'ils s'approchent de son promontoire afin de l'admirer. Mais les malheureux se brisaient contre les récifs pour le plus grand plaisir de la belle... Lorsqu'un moine se promenant sur le chemin côtier, découvrit un jour son odieux manège, il la sermonna "vertement" ! Rongée par le remord, la belle cessa ses agissements et jeta sa bague à la mer, laquelle qui était d'un bleu d'azur se changea aussitôt en vert émeraude... donnant son nom à toute cette côte bretonne qui ne cesse d'ailleurs de briller de ces feux magnifiques lorsque la mer (et la bague) rencontre les rayons du soleil...

 

 

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2/ LE DÉFILÉ DE LA VICTOIRE. C'est à cette date du 14 juillet 1919 que fait référence mon poème. Inutile de dire que ce premier défilé militaire survenant après l'armistice du 11 novembre 1918 et les pourparlers du traité de Versailles signé le 28 juin 1919 (en référence à l'attentat de Sarajevo du 28 juin 1914), fut d'une ampleur sans précédent !

 

Pour la première fois de son histoire, il se déroula aux Champs Elysées (il se faisait auparavant à l'hippodrome de Longchamp), 

 

Un gigantesque cénotaphe honorant les morts fut érigé à côté de l'Arc de triomphe. Après l'ouverture conduite par mille mutilés, et l'accueil du Président de la République Raymons Poincaré, les deux maréchaux Foch et Joffre ouvrirent le défilé ,suivis ensuite par le maréchal Pétain et les troupes des différentes armes, sous une forêt de drapeaux, depuis la Porte Maillot,  chevauchant sous l'Arc de triomphe place de l'étoile, descendant les champs Élysées jusqu'à la place de la Concorde puis se prolongeant dans Paris sur les grands boulevards jusqu'à la place de la République !

 

La foule gigantesque qui avait attendu patiemment les festivités de la journée historique (plus de 100.000 personnes à 3 heures du matin !) n'économisa ni ses acclamations, ses vivats, ses saluts chapeau en main, ses jets de fleurs, ni ses applaudissements.

 

Je vous invite à visionner ce petit film d'époque littéralement historique qui présente non seulement le défilé des troupes françaises dont les coloniales, mais également celui de toutes les unités alliées conduites par leurs maréchaux et généraux ! 

 

Un superbe feu d'artifice clôtura cette journée fameuse, tout comme la Tour Eiffel illuminée pour la première fois depuis cinq ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peinture de Charles Duvent

 

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3/ LES FRÈRES RUELLAN de Paramé sont  issus d'une famille de dix-huit enfants. La mortalité était forte à cette époque dans les grandes familles et lors de la mobilisation générale, sur dix-huit enfants, il en restait treize dont dix garçons et trois filles.

 

Ainsi, dix d'entre-eux furent envoyés au front durant la Grande-Guerre. Et le sort frappa six frères tués au combat et morts pour la France, plus deux autres gravement blessés, des suites de la guerre !

 

Cette famille martyrisée est donc celle qui, de toutes les familles françaises, a payé le plus lourd tribu à la France. Du reste, deux des trois soeurs servirent durant ce conflit comme infirmières et sur les deux frères survivants, l'un comme sous-lieutenant, l'autre comme capitaine, ce dernier sera élu comme Député D'Ille-et-Vilaine de 1919 à 1924.

 

Le journal "l'Illustration" leur a rendu hommage en 1919 par un article intitulé " Les neuf frères Ruellan : une héroïque famille française ".

 

 

 

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4/ COLETTE ET RAVEL ont travaillé ensemble, notamment dans la villa bretonne de Colette de Roz-Ven à Saint-Coulomb (proche de Saint-Malo), respectivement à la partition et au livret de l'opéra lyrique " L'enfant et les sortilèges ", entre 1919 et 1925.

 

Mélomane avertie, Colette qui fréquentait les mercredis littéraires et musicaux de dîners donnés avant guerre par Madame de Saint-Marceaux avait accepté d'écrire un livret pour une fantaisie de féérie-ballet d'opéra pour  Jacques Rouché, le célèbre mécène qui dirigea entre autre le théâtre des arts et l'Opéra de Paris ; lequel lui suggéra un peu plus tard le nom de Maurice Ravel pour sa partition musicale. Mais la guerre suspendit cette entreprise, jusqu'en 1919.

 

La villa de Roz-Ven surplombe la plage de la Touesse dans un décor magnifique qualifié par Colette du "plus beau paysage de la terre", dans lequel elle passa des étés de 1910 à 1924, lui inspirant entre autres romans, " Le blé en herbe ".

 

En fait, cette villa fut achetée par la marquise de Belboeuf, Mathilde de Morny, fille du Duc de Morny frère de Napoléon III, dite Missy, connue comme une personnalité extravagante de la Belle-époque affichant ouvertement ses préférences sexuelles pour les femmes dont Colette avec qui elle entretenait une liaison. Mais son propriétaire, refusant de la lui vendre car elle était habillée en homme, elle chargea Colette de l'acheter pour elle. 

 

 

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Maurice Ravel

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La villa de Roz-Ven

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Colette en égyptienne au théâtre

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Colette et "Missy"

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5/ LA MALOUINIÈRE DE LA BARONNIE À SAINT-SERVAN me rappelle bien des souvenirs pour y avoir été moniteur de colonie de vacances à 19 ans... En effet, cette demeure a connu au fil du temps, bien des transformations...

 

Il s'agit d'une authentique malouinière située à Saint-Servan dans la "banlieue" de Saint-Malo, c'est à dire une ancienne demeure spacieuse de riches négociants et d'armateurs malouins des XVIIè et XVIIIè.   Il s'en trouve 112 dans cette région.

 

Des corsaires, tel le grand Robert Surcouf, leur fortune faite, s'y installèrent.

 

La télévision vient récemment de diffuser deux émissions concernant cette malouinière, aujourd'hui appelée " Le manoir de la Baronnie " :

 

- Il s'agit de France 5 qui lui consacra le premier épisode de sa nouvelle série " Nos maisons ont une histoire " réalisée par Laure Leibovitz avec Stéphane Thébaut le 5 juillet 2019,

 

- et " Bienvenue en famille " diffusé sur TF1 le 23 octobre 2019, en présence à chaque fois de son actuel propriétaire Benoît, gérant d'une Maison d'hôtes dont je donne le lien du site ci-après.

 

Celle-ci, très caractéristique avec son parc (moins vaste qu'autrefois) avec pièce d'eau, sa forme légèrement arrondie avec ses cheminées sur pignons, et son incroyable balustre d'escalier formant une tête de lion sculptée, ne pouvait pas mieux servir dans mon poème (l'escapade) la rencontre entre Valentine et... allez, je vous donne son nom : Nicolas !

 

 

 

" La Baronnie " du temps de mes premières colos d'animateur en 1971

 

 

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et... votre serviteur, à l'époque !

 

 

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Le Manoir de la Baronnie aujourd'hui

 

 

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Et le lien vers le site de cette Maison d’hôtes et gîtes de charme : ICI

 

 

 


09/11/2019
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Le bazar de la charité

 

 

Le bazar de la charité

 

 

 

 

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TF1 va diffuser une nouvelle série romanesque intitulée " Le bazar de la charité " à compter du 18 novembre 2019 (21h05) avec trois actrices de talent (Audrey fleurot, Julie de Bona et Camille Lou) dans les rôles principaux.

 

 

Sans interférer ni m'imiscer aucunement dans vos goûts ni vos préférences cinématographiques, culturels, romantiques ou historiques, Laurine se joint à moi pour vous rappeler que sa propre série poétique " La romance de Laurine " publiée ici, sur mon blog, comporte dans l'épisode 4 "Charité" de la Saison 4 "Mademoiselle", un poème relatif à ce drame.

 

 

En voici les liens vers les articles afférents : 

 

 

 

Mais, à titre tout à fait exceptionnel, même si vous n'êtes pas abonné à ma chaîne poétique, je vous offre ci-après la retransmission directe de mon poème servi par son lexique correspondant.

 

D'ailleurs, l'une de mes héroïnes, malheureuse victime de ce terrible incendie, Victorine la lavandière, apparue dans le poème "Blanchisseuse" de la saison 3 "Maureen", épisode 8, trouvera la mort dans ce sinistre bazar de la charité...

 

 

 

 

 

 

 

 

Charité

 

 

 

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Charité

 

 

 

 

Dans un dernier sursaut, Victorine enlaça

Ce pauvre enfant ployant dans le brasier horrible,

L’étreignant dans la mort par la peur qui glaça

La foule condamnée hurlant d’un cri terrible.

 

 Pourtant la charité célébrait au Bazar

Une fête joyeuse en tant que bienfaisance

Offerte aux miséreux sans le moindre hasard

Dans l’attrait d’un décor en présence d’aisance.

 

Était reconstituée la rue d’un vieux faubourg

 Au pavé médiéval de tours et d’échauguettes

Et de mâchicoulis en carton qu’on rembourre

D’étoffes et papiers entre stands et guinguette…

 

Des comptoirs surprenants déversaient leur butin 

De draps et de brocarts, de linge ou de dentelle

Et de colifichets gargouillant de lutins

Soutenant leur enseigne happant la clientèle.

 

Victorine était là, maternant les tissus,

Nettoyant au besoin les taches aux tentures,

Louée pour l’après-midi, comptée sans être issue

De la noble assistance offrant les devantures.

 

Ainsi se trouva-t-elle sans aucun souci

Dans ce Bazar béni du Nonce apostolique,

Fleuri par Son Altesse en la sœur de Sissi,

Partageant les bienfaits des pieuses catholiques.

 

Le cinématographe était en projection

Quand soudain s’enflamma l’éther des pellicules

  Brûlant dans sa clameur toutes les directions,

Piégeant les malheureux, soudant les particules. 

 

Prisonniers des tourments, leur sort est un enfer.

Et quand d’horribles gens piétinent le Carmel

D’autres se sacrifient laissant leur corps offert

Aux dames de leur suite, au peuple qu’elles mêlent.

 

Le cœur avait voulu fusionner dans l’honneur

L’héroïque Duchesse et notre blanchisseuse

Sauvant bien des enfants, leur soufflant le bonheur

De prier délivrés de la mort ravisseuse.

 

 

  

 

Pierre Barjonet

Mars 2019

 

 

 

 

 

 

 

Lexique

 

 

 

 

Saison 4, Episode 4, Charité

 

 

 

 

 - L'INCENDIE DU BAZAR DE LA CHARITÉ (Charité)

 

 

 

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Un terrible incendie prit dans ses flammes le 4 mai 1897 une vente de bienfaisance mise sur pied depuis 1895, à l'emplacement actuel du 15/19 rue Jean Goujon de Paris (8è).

 

Ce drame fit la une de la presse et des journaux illustrés de la Belle époque. Ainsi, " Le Petit Parisien ", " L'Intransigeant ", " Le Petit Journal ", sans oublier " l'Illustration ", se firent-ils l'écho de l'horreur enflammant à son tour le coeur meurtri de leurs lecteurs. La débauche de dessins et lavis imprimés renforcés par des légendes fortement " imagées "  laissait à chacun le soin d'imaginer les derniers instants de ces malheureux brûlés vifs... à l'instar des autres catastrophes ! 

 

Ainsi, le journaliste du Petit Journal du 10 mai 1897 écrivit-il : 

" Le feu a fait mourir dans des souffrances plus atroces que celles infligées aux victimes du barbare Moyen-Âge, des femmes, des jeunes filles, des enfants ; pour la plupart titrées, riches, heureuses, réunies là pour faire la charité. Le feu a pris sa proie toute vive, et, détail odieux, la mort s'est amusée à dépouiller ses victimes. On a retrouvé nues de chastes jeunes filles, et involontairement, on songeait à la Virginie de Bernardin de Saint-Pierre, qui aime mieux mourir et ne jamais revoir Paul que de se dévêtir et être sauvée. Ignoble mort qui, plus infâme que le boureau antique, insultait ainsi sa victime ! "

 

Cette tragédie fit 126 victimes, principalement des femmes (118 femmes identifiées dont plusieurs religieuses). À la différence d'autres catastrophes qui faisaient pourtant des milliers de morts dans le monde, celle-ci marqua pour longtemps les esprits. En effet, non seulement elle survint au milieu d'une kermesse philanthropique, mais de plus elle atteignit des personnalités largement titrées et fortunées, enfin, par l'accident lui-même survenu par l'utilisation toute nouvelle du cinématographe.

 

L'incendie se déclara dans la salle bondée du " cinéma " improvisé suite à une mauvaise manipulation de pellicules aux vapeurs d'éther par un projectionniste maladroit et inconscient qui gratta une allumette dans le noir...

 

Son geste provoquant aussitôt l'inflammation des vapeurs d'éther, s'ensuivit comme une traînée de poudre un brasier s'alimentant des étoffes, tissus, toiles, cartons et papiers servant de décor un peu partout à la reconstitution d'une rue du Moyen-Âge qui avait été aménagée dans cet entrepôt.

 

Il y avait de nombreux visiteurs et invités, principalement des femmes et des enfants. Mais comme il s'agissait d'une fête de bienfaisance, les organisateurs s'étaient entourés d'illustres personnalités largement titrées. Se comptaient donc non seulement des duchesses, marquises et même princesses, mais aussi des Dames patronnesses et autres bienfaiteurs fortunés, sans oublier non plus leurs domestiques. Du fait des matériaux extrêmement inflammables du hangar, dont une vaste toile goudronnée suspendue (...)  et de l'absence totale de mesures de sécurité, en un quart d'heure, tout était consumé !

 

Par la panique engendrée auprès des 1.500 personnes présentes en ce long hall " moyenâgeux "  du hangar en bois et l'étroitesse des issues, de nombreuses victimes furent piétinées avant que d'être rattrapées par les flammes. Comme toujours en pareil drame, des actes de lâcheté, mais aussi d'héroïsme se firent jour, servant d'ailleurs l'imagerie populaire largement relayée par la presse stigmatisant la couardise de nantis et vantant la bravoure de malheureux parmi les petites gens du peuple. 

 

Cela dit, il convient de noter l'extrême héroïsme de la Duchesse d'Alençon (en photos ci-après), propre soeur d'Élisabeth " Sissi " impératrice d'Autriche, qui se sacrifia en sauvant des enfants, clients et vendeuses en les aidant à sortir par une petite porte. Mais prisonnière du comptoir du Noviciat, avec la la vicomtesse de Beauchamp, elles n'eurent pas la même chance...

 

Suite à une souscription lancée par le Cardinal Richard, Archevêque de Paris, une chapelle commémorative "Notre-Dame de consolation" (en photo ci-après), est inaugurée le 4 mai 1900 sur l'emplacement du sinistre.

 

 

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La Blanchisseuse

 

 

 

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Henri de Toulouse-Lautrec " La Blanchisseuse "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La blanchisseuse

 

 

 

 

Poussant comme un trophée sa brouette au lavoir,

Elle chante en passant à portée de Laurine,

Lui prenant ses tenues de finesse d’ivoire,

Car elle est réputée, la rousse Victorine.

 

Elle a fait son chemin, ne se contentant plus

D’éclabousser son corps en trimant sans méninges.

Et c’est en se traînant un soir qu’il avait plu

Que Jean la fit asseoir en déposant son linge.

 

Laurine l’accueillit, lui réchauffa le cœur,

Puis en la consolant, lui offrit d’autres tâches.

Séchant la lavandière honteuse quis’écoeure,

La voici qui s’émeut, la berce et se l’attache.

 

Ne couchant plus les draps, mais caressant l’exploit

De laver des dessous de finesse brodée,

Elle rince son sort en ce nouvel emploi,

Délaissant le chiendent de l’enfance érodée.

 

— Par le linge au cuvier, je vivais en enfer,

 Rincé dans le lavoir, c’était mon purgatoire,

Séché dans la prairie, paradis m’est offert…

 

— Oui, chante Victorine et jette ton battoir !

 

Henri lui a souri quand il avait chuté

Sur l’un de ces savons glissant comme à Marseille,

Et qu’en se redressant sa cane avait buté

Troussant la blanchisseuse en froufrous qui sommeillent.

 

Depuis ils se sont vus en lavant leur vertu

Dix-neuf rue Pierre Fontaine en onde qui s’égoutte

Sans épancher le jeu de leur bonheur vêtu

D’eau fraîche et de fusains, d’alcool en goutte-à-goutte.

 

 Heureuse elle détache en cendres son oubli

De la crasse des buées comme autant de lessives

Et pose sa candeur pour son peintre établi

Au rythme du cancan d’affiches transgressives.

 

Ses cheveux qu’il essore en autant de dessins

Déteignent sur la toile en coloration rousse.

Étendue, dévêtue, mais pudique à dessein,

Victorine l’enflamme comme un feu de brousse.

 

  

 

Pierre Barjonet

Mars 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

Lexique

 

 

 

Saison 3, Episode 8, LA BLANCHISSEUSE

 

 

 

- LAVANDIÈRES & BLANCHISSEUSES, HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC (La blanchisseuse)

 

1/ LAVANDIÈRES & BLANCHISSEUSES : Il n'est pas vieux ce temps où la lessive était une grande affaire qui tenaient éveillées toutes les femmes d'un village durant plusieurs jours, deux fois l'an : au printemps avant les Rameaux et à l'automne avant  la Toussaint. 

 

Cependant, je ne vais pas vous conter par le menu cette grande histoire du linge lavé, mais plutôt vous convier à ouvrir ce LIEN vers un site remarquable qui raconte de façon claire et très bien documentée cette " histoire des femmes " (du nom du site) 

 

site : http://dona-martin.blogg.org/histoire-des-lavandieres-et-de-la-lessive-a127710660

 

Juste pour information, il convient de distinguer les lavandières des blanchisseuses. Les premières exerçaient une corvée ou un métier aussi pénible qu'éprouvant à laver agenouillée dans l'eau glacée le gros linge et le linge très sale deux fois par an (...)  puis à s'ébouillanter au grand cuvier, sans oublier toutes les étapes du tri, du rinçage, de l'essorage et de l'étendage... 

 

Les blanchisseuses quant à elles bénéficiaient d'un plus grand "confort" car elles s'occupaient du linge fin et brodé et surtout, travaillaient généralement à leur compte. D'où la " promotion " de Victorine entrant au service de Laurine dans mon poème (La blanchisseuse).

 

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2/ HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC : a peint les gens simples qu'il fréquentait à Montmartre comme sur le Boulevard : Clichy, Rochechouart, Pigalle, Place Blanche, et... à son domicile 19, rue Pierre Fontaine (voir mon poème). 

 

Et pourtant, il était issu de la noblesse illustre et ancienne des Comtes de Toulouse. Handicapé, infirme et souffrant d'une maladie atteignant les os, il s'installait dans les cabarets, bars et salles de spectacle, sans oublier les maisons closes lui permettant alors non seulement d'assouvir ses besoins, mais surtout de croquer, esquisser, peindre et dessiner sur le vif non pas des modèles figés, mais des personnes bien vivantes s'animant dans leur décor. Les prostituées par exemple lui paraissaient bien plus aptes à se mouvoir naturellement nues que des modèles. 

 

Il s'est rendu célèbre par ses toiles et  affiches représentant tout ce petit peuple de Montmartre et de sa vie nocturne faite notamment des danseurs et danseuses du French-cancan du Moulin-rouge. Mort très tôt, à 36 ans des suites de l'alcoolisme (il possédait une canne creuse remplie d'alcool), de sa passion pour l'absinthe et de la syphilis, il nous reste de lui ses oeuvres aussi remarquables qu'éphémères par les sujets visités.

 

Dans mon poème, il tombe amoureux de Victorine la blanchisseuse. Il aurait tout autant pu la peindre (voir ci-après) comme l'un de ses modèles préférés : Jane Avril, la chanteuse Yvette Guilbert ou Louise Weber dite " La goulue ". 

 

 

 

Personnellement, j'ai un faible pour cette toile " La blanchisseuse " 

 

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Aristide Bruant par Toulouse-Lautrec

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Ajout d'un lien (le 8/11/2019)

 

 

Suite à l'information transmise par mon amie Paola, je vous invite à visiter l'excellent site/blog " Paris à nu " de mon autre ami Gérard (adresse de son site : Paris à nu )

 

Il évoque en effet un évènement peu banal autour de ce drame du bazar de la charité, mettant en scène une voyante célèbre de cette époque habitant rue Paradis, Henriette Couédon, qui prédit cet incendie tragique... !

 

Suivre ce lien :   Henriette Couédon, la voyante de la rue de Paradis

 

 

 

 

 


07/11/2019
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Valentine

 

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Chopin - valse en B minor - opus 69 / 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques),    Lexique Saison 6 Episode 1 Valentine

 

INFORMATIONS & DOCUMENTS ORIGINAUX UNIQUES


"SOMMAIRE"  et  "REPÈRES CHRONOLOGIQUES"    Il suffit de cliquer dans les liens de ce bandeau ou dans l'onglet LA ROMANCE DE LAURINE du bandeau vertical droite, puis dans le sous-onglet correspondant.

 

 

 

 

 

La nouvelle saison 6

 

va s'engouffrer avec une soif de vivre inégalée vers  

le Paris des " années folles "...

 

 

... celui du soulagement, de la libéralisation des moeurs, des grands cafés et cabarets de  Montparnasse, de la Commune libre de Montmartre, de Marcel Proust, d'André Gide, des surréalistes, de la radio Tour Eiffel Radiola, du jazz américain, de l'aviation, de Coco Chanel, de la mode avec ses fume-cigarette féminins et chapeaux cloches, des suffragettes, de Maurice Chevalier, de Misstinguett, de kiki de Montparnasse, du Luna-Park, des bals, des grèves ouvrières, des bains de mer à la mode, de l'art déco, du cinéma, de l'égyptomanie, de l'Orient-Express, de Greta Garbo, d'Hemingway, de Dali, d'Isadora Duncan, de Marlène Dietricht, d'Utrillo, de sa mère et de Picasso toujours.. De Charlot, de Man Ray et de son "violon d'Ingres", des enfants terribles de Cocteau, de la Cochinchine et des vases de chine, de Scott Fitzgerald, de Joséphine Baker, de Louis Jouvet, de la fascination  populaire pour l'Union soviétique naissante, des reportages d'Albert Londres, des Jeux olympiques de Paris et de Chamonix, du sport, du tour de France, du vélo, des courses automobiles, des premiers sports d'hiver, du charleston, et tout cela...

 

...jusqu'au krach boursier de 1929, à la montée des nationalismes européens, puis à l'écrasement de la République espagnole par l'Espagne franquiste et l'aviation nazie à Guernica...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Valentine

 

 

 

 

 

Dégoulinant de plâtre elle épouse du front

Ces perles du labeur qu’elle essuie sur sa blouse,

Tandis que par ses mains s’en reviennent du Front

Ces ombres déterrées tirées de mort jalouse.

 

 

À Montmartre elle a pied dans l’atelier bruyant,

Sous-traitant jour et nuit des monceaux de sculptures,

Ébarbant les poilus moulés en rangs luisants,

Prêts pour le grand départ en dignes sépultures.

 

 

 Valentine est coquette, accompagnant ses yeux

D’un noir charbon fumé consumant ses prunelles

D’une passion rouquine embrasant les envieux

En sertissant ses lèvres d’un rubis charnel.

 

 

Elle chante en sculptant ces corps en monuments,

Ne voyant en chacun que soupirants dociles

Frémissant à l’envi sans autre dénuement

Que d’offrir au ciseau leur jeunesse fossile.

 

 

D’autres fois elle pose offrant son grain de peau

Au moulage éternel d’une vierge Victoire

Tenant son glaive en bronze adorant le drapeau,

Découvrant à dessein des lauriers méritoires.

 

 

 Retaillant ses cheveux, dominant son miroir,

Valentine se fond dans la France de Jeanne.

Sa jeunesse lui tend tout l’espoir du terroir

Raccompagnant la mort en chérissant ses mânes.

 

 

José la voit souvent, lui prodiguant conseils

Que son cœur d’artisan, réveillant ses racines,

Rythme de son maillet ciselant des merveilles,

Accompagnant la main d’un talent qui fascine.

 

 

La gaieté s’est fondue dans l’antre du mouleur

Ressuscitant le rire enfoui sous les fossettes

De ces dix-huit printemps refoulant la douleur

Du marbre des gisants secoués par sa massette.

 

 

Laurine a retrouvé dans la joyeuse enfant

L’Irlande de Maureen aux pierres serpentines.

Elle ouvre son désir en l’espoir triomphant

De guider le talent de jolie Valentine.

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Septembre 2019

 

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25/10/2019
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Lexique Saison 6 Episode 1 Valentine

 

 

 

 Saison 6, Épisode 1, Valentine

 

 

 

 

 

Lien vers le poème " Valentine " : ICI

 

 

 

 

 

 

 

- STATUAIRE FÉMININE ET MONUMENTS AUX MORTS, (Valentine)

 

 

Les monuments aux morts porteurs massivement de ce qu'il est convenu d'appeler la statuaire féminine, ont représenté au sortir de la Grande-Guerre, une activité de premier plan.

 

Imaginez plutôt, chacune des 36.000 communes de France a voulu son ou selon le cas, ses monuments aux morts, inaugurés à chaque fois en grande pompe  Et pas seulement les villes, villages et bourgs, les administrations et services publics aussi, avec les Ministères, les casernes, les entreprises, les écoles, lycées et facultés, les églises aussi, les gares de chemin de fer ou la poste...

 

  

Sur un total de 150.000 inaugurations patriotiques de monuments aux morts entre 1919 et 1935, seule une douzaine de communes s'en dispensa ! Il faut dire que cette terrible guerre fit pas moins de 1.450.000 soldats français morts ou disparus (sur la dizaine de millions au total des pays belligérants) et sans compter les victimes civiles ni les blessés...

 

Ce fut donc, malgré la crise économique, l'absence de tout et de nourriture, LE marché du siècle ! Une manne incroyable pour toute une série de professions couvrant principalement les sculpteurs (peu de sculptrices) dont les statuaires (spécialisés dans les statues), mais aussi les marbriers, fondeurs, graveurs, architectes, etc. qui ont réalisé selon le cas des monuments uniques, mais plus généralement, les mêmes sculptures d'ailleurs proposées dans des catalogues aussitôt imprimés.

 

Si les femmes n'étaient que très peu, parmi les sculpteurs,  bien que certaines étaient des sculptrices réputées telles Anna Bass (1876/1961), Strasbourgeoise, de la Société Nationale des Beaux-Arts qui réalisa le mémorial de Bastélica (Corse-du-Sud) ou Raymonde Martin (1887/1977) des Beaux-Arts de Marseille qui fut infirmière sur le Front, et sculpta le monument aux morts de Néris-les-Bains (Allier), la modélisation féminine des sculptures et des monuments aux morts fut en revanche, légion.

 

Ainsi, la "statuaire féminine" eut ses lettres de noblesse avec la représentation de la femme de diverses façons, dans des attitudes bien souvent pieuses, agenouillées, ou au contraire levant les bras vers les cieux dans une posture en partie dénudée.

 

La femme fut donc élevée en :

  

- figure allégorique (guerrière, glorieuse, France victorieuse, porteuse de drapeau, victoire ailée portant le glaive et casquée, Marianne, Déesse antique symbolisant la Liberté, pleureuse en douleur, vierge éclairant le Monde...),

- mère, femme ou fille de soldat le berçant, protégeant, pleurant, voire le vengeant..., 

- figure réaliste (paysanne, bergère, religieuse...),

- groupe.

 

La représentation académique fort réaliste l'emporte naturellement sur toute autre forme d'expression. Les matériaux utilisés mettent en avant la fonte de fer ou le bronze, le marbre, le calcaire ou les pierres locales dont le granite, la lave ou le grès.

 

Parmi les hommes, le sculpteur Maxime Real del Sartre (1888/1954), de l'école des Beaux-Arts de Paris, blessé aux Éparges (comme beaucoup de sculpteurs), amputé du bras gauche, modela et sculpta plus d'une centaine d'ouvrages.

 

Il y eut également un autre sculpteur, Émile Derré (1867/1938), se définissant lui-même comme artiste engagé "militant pour un art fraternel et largement humain" qui provoqua un immense scandale, un peu plus tard en 1923 au Salon d'automne, en y exposant une sculpture mettant en scène un "couple" d'un soldat français et d'un soldat allemand enlacés et dénudés comme des amants !

 

Cette oeuvre nommée "Réconciliation, tu ne tueras plus" en tant que "plus grand monument à la paix qui soit", déclencha les foudres des patriotes revanchards qui souillèrent la statue du soldat allemand reconnaissable à son casque, avant que cette sculpture ne fut retirée du Salon. Laquelle a disparu.

 

Émile Derré représente d'une certaine façon notre saga de Laurine puisque deux de ses oeuvres sont encore présentes dans le square Louise Michel de Montmartre : " La grotte de l'amour " et " La fontaine des innocents ".

 

 

 

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Maxime Real del Sartre

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Emile Derré photographié par Nadar

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et sa fameuse sculpture " Réconciliation "

 

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25/10/2019
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Dernières toiles


J'ajoute ici, en sus de l'album photos déjà bien chargé* mes dernières réalisations.

 

Bonne visite !

 

(*mais cliquez sur les catégories et sous groupes)

 

 

 

 



 

 


23/05/2014
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Brasier d'Apollon

 

 

Brasier d'Apollon

 

 

 

 

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Brasier d'automne
huile sur toile - 20F - oct. 2019
 
 
 

Wagner - Tannhäuser - ouverture

 

 

 

 

 

Comme je m'y étais engagé, j'ai repris ma toile "flambée d'automne", mais du fait de difficultés doublées d'un dépit technique pour en reprendre un tracé plus juste, je l'ai pour ainsi dire, totalement refaite.

 

Je l'ai donc rebaptisée : " Brasier d'Apollon ".

 

Elle n'a plus grand chose à voir avec sa génitrice précédente, disparue sous des couches d'huile automnale, mais dont la précédente saison numérique garde trace (ci-après) :

 

 

 

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Flambée d'automne (ex toile)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Brasier d'Apollon

 

 

 

 

La "nouvelle" toile est photographiée ici de manière assez fidèle.

Elle est sombre, mais fort lumineuse en rapport avec les changements d'éclairage (lumière du jour ou spots).

Cliquez donc dessus...

 

 

Elle ne déroule plus comme la précédente, ses "champs" de forêts qui s'enflamment dans l'automne.

 

 

Elle ne cherche plus à présenter cet océan de couleurs fauves sous un ciel incertain. Elle n'invite plus à la promenade en quête de couleurs ocres et orangées entre deux saisons.

 

 

 

 

 

Mais ...

 

 

... Elle raconte une histoire.

 

Elle se fait l'écho d'une atmosphère duale, sinistre, tragique autant que chargée d'espoir.

 

 

Elle s'habille d'antiquité, de mythologie comme de légendes aux confins du Mont Parnasse, non loin de Delphes en Grèce.

 

 

Elle en appelle à la Pythie,

devant éclairer l'ombre de ces guerriers troyens  figurés par de sombres sapins s'agrippant pour éviter le vertige de  l'étroit défilé.

 

 

Elle laisse présager combien leur sort incertain débouchera sur les ténèbres, s’ils s’engouffrent dans les gorges des enfers, de l'autre côté du Styx, fleuve effrayant croisant les flots brûlants du Phlégéthon.

 

 

Et les falaises abruptes qui descendent en plateaux comme autant de cercles infernaux ayant inspiré Dante et Virgile nous livrent cette divine comédie où se consume la lave des frayeurs humaines dépassées par la vaillance de leurs conquêtes.

 

 

Alors, avant que le brasier ne consume l’odyssée de ces fiers Héllènes, dont les trois montagnes ont coiffé le casque des fils de Gaïa, la Pythie en appelle à l’oracle d’Apollon.

 

 

Et le Dieu entend la prière des hommes que la mort n’effraie pas.

 

 

Il leur ouvre la voie, surplombant le défilé, écartant la trouée des cieux, montrant le chemin supérieur d’entre le juste plateau qui longe le précipice, de son doigt d'or.

 

Et la troupe flamboie dans le brasier purifié ne brûlant pas leur âme virile et débouchant dans l’horizon bleuté surplombant la Mer de Corinthe

où Apollon aime tant à s’y baigner…

 

 

 

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Pierre 18 octobre 2019


18/10/2019
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