La palette de Pierre

La palette de Pierre

Hommage à Danielle

 

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"Analepse" par Danielle BECART  - Toile au couteau

 

 

 

 

 

 

 

Hommage à Danielle

 

 

 

 

En toute simplicité, mais compte tenu de l'amitié qui nous lie ici, sur cette plateforme de blogs, je voudrais rendre hommage à l'une de nos amies, qui vient de nous quitter.

 

Son mari m'ayant prévenu, c'est donc avec son accord que je vous propose de vous rendre sur son blog et d'admirer ses oeuvres.

 

Je ne la connaissais pas davantage que vous, mes compagnes et compagnons de route de " B4E ", mais c'est en parcourant les rubriques de notre plateforme que j'étais tombé sur ses reproductions de toiles de maître et pas seulement, sur ses créations picturales qui avaient remporté mon enthousiasme.

 

Ma peine est sans commune mesure avec celle de son mari, de sa famille et de ses proches à qui je présente mes condoléances émues, mais elle est sincère et marquée par la tristesse de voir ainsi partir une artiste présente parmi nos activités.

 

Je me rendais  sur son blog depuis la création du mien, tout comme elle, en 2014, et j'avais beaucoup apprécié l'incroyable qualité de sa persévérance à rendre la force des tableaux qu'elle reprenait, toujours en cherchant à se mettre "dans l'état d'esprit" des peintres qu'elle copiait plutôt qu'à les reproduire simplement.

 

Ainsi, "ses" toiles de TOFFOLI, MONET, RENOIR, JIEL, TOTH, ABDALIEVA, RIGAUDEAU, etc. méritent sincèrement le détour. Quant à ses propres créations, il n'est qu'à voir comment elle portait son nuancier de couleurs pour en apprécier l'originalité, la maîtrise et la délicatesse.

 

Je lui adresse mon fidèle souvenir et vous remercie de vous être, par votre rencontre avec cet article, associés à cet hommage d'un ami de blog.

 

Pierre

 

 

 

Son blog se tient à cette adresse : https://becartdanielle.blog4ever.com  
ou en suivant ce lien ->  ICI

 

 

 

 

 

Voici quelques-unes de ses oeuvres...

 

 

 

 

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"Zénitude" d'après Akhzana  Abdaliéva

 

 

 

 

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" Soirée à Budapest " par Danielle Bécart

 

 

 

 

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" Zen attitude " par Danielle Bécart

 

 

 

 

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" La vendeuse d'arums " d'après Toffoli

 

 

 

 

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" Corsage rouge " d'après Toffoli

 

 

 

 

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" Citronnade " d'après Rigaudeau

 

 

 

 

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" Femme en rouge " d'après Toth

 

 

 

 

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" Beauté éphémère " d'après Montel

 

 

 

 

 

 

 


25/03/2019
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Petit Lexique

 

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Petit lexique simplifié

 

facilitant la lecture de certains poèmes

contant les aventures de

LAURINE

 

*   *  *

 

 

 

 

 

 

 

Ce petit lexique sera actualisé au fur et à mesure de la mise en ligne des poèmes intégrant la " Romance de Laurine ".

Il vise simplement à donner quelques précisions sur des sites, des mots ou des concepts mentionnés dans ces poésies, lorsque c'est utile.

 

N.B : Chaque "mot" est suivi du poème correspondant, indiqué dans l'ordre de sa parution

 

 

 

 

Saison 1, Episode 1, BRASIER

 

 

- MARCHÉ SAINT-PIERRE (Brasier)

 

 

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Véritable "paradis des couturières" situé à Paris (18è) au pied de la Butte Montmartre, il rassemble de nombreux commerces spécialisés dans les tissus. Certains d'entre-eux comme "Reine", "Moline" ou "Dreyfus" comptent parmi les plus réputés depuis largement plus d'un siècle.

 

 

Saison 1, Episodes 2 & 3 : Pas de mots au lexique

 

 

 

Saison 1, Episode 4, MATELOT

 

 

- CLOS MONTMARTRE (Matelot)

 

 

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Des vignobles existaient à Montmartre depuis le Xe siècle ! Le "Clos Montmartre" est plus récent (1933) et appartient à la ville de Paris. Ses bouteilles de vin rouge rustique sont rares (un millier de flacons de 50cl pour 2000 pieds sur 0,15 ha) et le bénéfice de leur vente après la fête des vendanges va intégralement à l'association du comité des fêtes et d'action sociale du 18e arrdt.

 

 

 

 

Saison 1, Episodes 5, 6 & 7 : Pas de mots au lexique

 

 

 

 

Saison 2, Episode 1, COMPAGNONS

 

- LA BASILIQUE & LES COMPAGNONS DU DEVOIR (Compagnons)

 

 

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La basilique du Sacré-Coeur de Montmartre fut érigée "pour expier les crimes de la Commune" entre 1875 et 1914 (consacrée en 1919) et officiellement achevée en 1923. Le choix de la Butte Montmartre n'était pas le fruit du hasard puisque c'est de là qu'est partie l'insurrection de la Commune de Paris... Elle a été financée par une souscription nationale (le "Chantier National" dans mon poème). Sa pierre blanche provenant de Souppes-sur-Loing (77) a cette propriété incroyable d'être systématiquement blanchie au contact de la pluie, car elle secrète sous cette action du calcin. 

 

Les Compagnons du devoir et du Tour de France dont les tâcherons étaient apprentis, ont largement contribué à sa construction en tant que maçons, charpentiers, carriers et tailleurs de pierre. Leurs outils principaux se composaient du marteau muni de dents à grain d'orge, du têtu et de la polka (voir mon poème). Visiter le Musée du Compagnonnage de Tour disposant de collections exceptionnelles.

 

 

 

 

 Saison 2, Episode 2, PASTORALE

 

 

- SAINT-PIERRE DE MONTMARTRE

& SAINT-JEAN DE MONTMARTRE (Pastorale)

 

1/ Saint-Pierre :

 

 

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Construite bien avant, mais juste à côté du Sacré-Coeur, l'église Saint-Pierre de Montmartre (2 rue du Mont-Cenis) représente depuis la Révolution française, avec celle de Saint-Germain des près, la plus ancienne église paroissiale catholique de Paris, succédant à une basilique mérovingienne dédiée à Saint-Denis !

 

Quatre colonnes de marbre bien abimées demeurent encore et constituent les derniers vestiges du temple à Mercure (romain) datant donc de plus de 1800 ans !

 

 

Mais l'église a souffert à maintes reprises, menaçant à chaque fois de s'écrouler (guerre de cent ans, Révolution, XIXe siècle). La Révolution ne l'a d'ailleurs pas ménagée puisqu'elle a été profanée, pillée avec des parties vendues aux enchères, sa dernière Abbesse Louise de Laval guillotinée, son cimetière du Calvaire saccagé, puis transformée en "Temple de la raison" sous la Terreur.

Réquisitionnée par les troupes russes sous l'invasion de Paris à la chute de l'Empire pour devenir un magasin à vivres avec des fours à pain (!), elle subit une troisième profanation sous la Commune servant alors de dépôt de munitions et d'atelier de confection de vêtements.

En 1890, son choeur menace de s'effondrer et la construction de Saint-Jean de Montmartre située au pied de la Butte est décidée. 

Un pan de mur s'écroulant, elle est fermée "définitivement" par mesure de sécurité. Mais avec le soutien de nombreuses personnalités en 1897, elle n'est pas démolie, et même restaurée de 1900 à 1905 avec un nouveau curé en 1908, puis classée aux monuments historiques en 1923.

 

 

 

2/ Saint-Jean :

 

 

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Située rue des Abbesses, elle est construite en 1894 et achevée en 1904.

Sa particularité contemporaine audacieuse réside dans l'emploi pour la première fois du béton, du ciment armé et d'un revêtement de briques et de céramique. Malgré la notoriété de son architecte Anatole de Baudot, disciple de Viollet-le-Duc, sa construction influencée par le style "Art nouveau" provoqua une réprobation générale.

 

 

 

 

 Saison 2, Episode 3, MAUREEN

 

 

- WESTPORT, MURETS de la Grande Famine (Maureen)

 

 

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1/ La ville de Westport (5000 hab), située en Irlande dans le Comté du Mayo, offre un charme authentique dans l'une des plus belles régions de la côte ouest disposant de sites touristiques réputés : la Clew Bay, le Croagh Patrick (Mont Saint-Patrick), Achill Island et bien entendu le Nord du Connemara (à 60 km). Son petit port de pêche est charmant. 

Jouissant de nombreux pubs (avec la fameuse Guiness, mais pas seulement...) dans lesquels se produisent des groupes et chanteurs réputés, dont le Matt Molloy’s, Pub légendaire appartenant à Matt Molloy, l’un des membres des Chieftains.

 

 

 

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 Toile que j'ai réalisée à partir de la Côte Ouest...

 

 

 

2/ Les murets de pierre jalonnent et traversent littéralement toute cette région.

Certes, ils permettent de retirer les pierres des champs et des prés pour faciliter les pâturages et le drainage des sols comme on en voit un peu partout, mais, ils ont surtout été dressés par des malheureux mourant de faim durant et après la " Grande Famine " (1845/1848), " occupés " de la sorte comme des forçats sous le joug des troupes britanniques.

Certains murets gravissent quasiment à la verticale les pentes du Mont Saint-Patrick. On imagine la peine des pauvres hères mourant de faim, en haillons et pieds nus, femmes et enfants principalement, les hommes étant déportés... La Grande Famine survint à la suite de la prolifération du mildiou qui détruisit les tubercules et récoltes de pommes de terre (aliment essentiel à cette époque) faisant près d'un million de morts et contraignant près de deux millions d'Irlandais à émigrer aux États-Unis. Les Britanniques ont tenté de profiter de la situation en expulsant de leurs terres les familles devenues par la famine, incapables de payer l'impôt, mesures ayant particulièrement scandalisé les Irlando-Américains et fait de l'Amérique une terre d'accueil.

 

 

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Toile dans laquelle j'ai représenté ces murets...

 

 

 

 

 

- TOURNURE (Maureen)

 

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La tournure était un vêtement de "dessous" entre 1869 et 1890 très en vogue à l'époque, ayant remplacé la crinoline trop rigide, et servant à soutenir à l'arrière (uniquement) les jupons, jupe ou robe. De nombreux peintres l'ont immortalisée (voir ci-après la toile d'auguste Renoir "Danse à la ville") : 

 

 

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Saison 2, Episode 4, LA TOUR

 

 

- TOUR EIFFEL (La Tour & L'ascension))

 

 

1/ Sa couleur (La Tour)

 

 

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Construite théoriquement de façon provisoire comme pièce maîtresse de l'exposition universelle de Paris en 1889 (centenaire de la Révolution Française), devant être démontée après... 

Ses travaux ont débuté le 28 janvier 1887 pour s'achever en un temps record de 2 ans, 2 mois et 5 jours, le 31 mars 1889 !

 

La Tour Eiffel a connu plusieurs couleurs depuis son origine.

Il ne lui faut pas moins de 60 tonnes de peinture, sachant qu'elle a été repeinte 18 fois !

 

Elle a 3 couleurs distinctes, dans les mêmes teintes. La plus sombre est appliquée près du sol, la plus claire recouvre les parties les plus hautes. C'est fait ainsi pour limiter l'impact visuel de la tour dans le ciel parisien. Peinte tout d'abord en rouge Venise (1887/88) -laque de garance dans mon poème-  puis en brun/rouge (1889), 5 couleurs dégradées du jaune orange à la base au jaune clair au sommet (1899), jaune brun (1907 à 1947), rouge brun (1954/1961) puis "brun tour Eiffel" (1968 à aujourd'hui), elle est dégradée en trois tons, du plus foncé en bas au plus clair en haut.

 

 

 

 

Saison 2, Episode 5, L'ASCENSION

 

 

2/ Ses restaurants (L'ascension)

 

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Ses restaurants/bars se comptaient au nombre de quatre (1889) implantés au 1er étage.

Ils étaient alimentés par des cuisines situées avec leurs "caves" à environ 55 m au dessus du sol. Le tout, fonctionnant à l'électricité et la vapeur d'eau plus du gaz utilisé uniquement pour l'éclairage.

 

On disposait donc d'un restaurant russe (voir mon poème), d'un restaurant français tenu par M. Brébant avec salons particuliers, d'un bar anglo-américain et d'un bar flamand. De quoi régaler les visiteurs de l'exposition universelle de Paris 1889 !

 

 

3/ Rivets (L'ascension)

 

rivets tour.jpg

 

Il fallait 4 hommes pour poser des rivets chauffés à blanc grâce à une forge mobile (rivets : pièces de métal forgé reliant entre-elles deux pièces ou plaques également en métal, comme c'est le cas par exemple sur les navires) : un pour les chauffer, un pour les tenir en place, un pour former leur tête, et un dernier pour achever l'écrasement à coups de masse. À noter que tous les trous devant accueillir ensuite les rivets étaient pré-percés auparavant, ce qui a réduit les bruits de perçage et d'usinage sur place.

 

Les assemblages sont d'abord réalisés sur place par des boulons provisoires, remplacés au fur et à mesure par des rivets posés à chaud.
En se refroidissant, ils se contractent, ce qui assure le serrage des pièces les unes avec les autres. La tour comptait pas moins de  2 500 000 rivets !

 

 

 

4/ Ses critiques ! ("débat" dans l'ascension)

 

Caricature de Gustave Eiffel par Luque Manuel 1854.jpg

 

 

La Tour Eiffel a fait l'objet de campagnes de dénigrement, d'affrontements voire de calomnies d'une violence inouïe, avant même sa construction.

Le Monde des Arts & Lettres n'a pas manqué à l'appel de ses détracteurs puisqu'on y compte de grands noms : Charles Gounod, Guy de Maupassant, Alexandre Dumas fils, François Coppée, Leconte de Lisle, Sully Prudhomme, William Bouguereau, Ernest Meissonier, Victorien Sardou, Charles Garnier et bien d'autres...

 

Certains n'ont pas manqué d'adjectifs :  

 

"ce lampadaire véritablement tragique" (Léon Bloy),  "ce squelette de beffroi" (Paul Verlaine),  "ce mât de fer aux durs agrès, inachevé, confus, difforme" (François Coppée), "cette haute et maigre pyramide d'échelles de fer, squelette disgracieux et géant, dont la base semble faite pour porter un formidable monument de Cyclopes, et qui avorte en un ridicule et mince profil de cheminée d'usine" (Maupassant), "un tuyau d'usine en construction, une carcasse qui attend d'être remplie par des pierres de taille ou des briques, ce grillage infundibuliforme, ce suppositoire criblé de trous" (Joris-Karl Huysmans), etc.

 

 

D'ailleurs, une "pétition" (déjà...) nommée en 1887 " Protestation contre la Tour de M. Eiffel" écrivait entre autre :

 

 

" Nous venons, écrivains, peintres, sculpteurs, architectes, amateurs passionnés de la beauté jusqu'ici intacte de Paris, protester de toutes nos forces, de toute notre indignation, au nom du goût français méconnu, au nom de l'art et de l'histoire français menacés, contre l'érection, en plein cœur de notre capitale, de l'inutile et monstrueuse tour Eiffel, que la malignité publique, souvent empreinte de bon sens et d'esprit de justice, a déjà baptisée du nom de tour de Babel. (...)  La ville de Paris va-t-elle donc s'associer plus longtemps aux baroques, aux mercantiles imaginations d'un constructeur de machines, pour s'enlaidir irréparablement et se déshonorer ? (...). Il suffit d'ailleurs, pour se rendre compte de ce que nous avançons, de se figurer un instant une tour vertigineusement ridicule, dominant Paris, ainsi qu'une noire et gigantesque cheminée d'usine, écrasant de sa masse barbare (...) tous nos monuments humiliés, toutes nos architectures rapetissées, qui disparaîtront dans ce rêve stupéfiant. Et, pendant vingt ans, nous verrons s'allonger sur la ville entière, frémissante encore du génie de tant de siècles, nous verrons s'allonger comme une tache d'encre l'ombre odieuse de l'odieuse colonne de tôle boulonnée".

 

 

" Protestation " à laquelle Gustave Eiffel ne manqua pas de répondre :

 

"Je crois, pour ma part, que la Tour aura sa beauté propre. Parce que nous sommes des ingénieurs, croit-on donc que la beauté ne nous préoccupe pas dans nos constructions et qu'en même temps que nous faisons solide et durable, nous ne nous efforçons pas de faire élégant ? Est-ce que les véritables conditions de la force ne sont pas toujours conformes aux conditions secrètes de l'harmonie ? (...) Or de quelle condition ai-je eu, avant tout, à tenir compte dans la Tour ? De la résistance au vent. Eh bien ! Je prétends que les courbes des quatre arêtes du monument, tel que le calcul les a fournies donneront une grande impression de force et de beauté ; car elles traduiront aux yeux la hardiesse de la conception dans son ensemble, de même que les nombreux vides ménagés dans les éléments mêmes de la construction accuseront fortement le constant souci de ne pas livrer inutilement aux violences des ouragans des surfaces dangereuses pour la stabilité de l'édifice. Il y a, du reste, dans le colossal une attraction, un charme propre, auxquelles les théories d'art ordinaires ne sont guère applicables".

 

 

À titre personnel, il me semble que la prudence s'impose quant à condamner trop vite ces propos.

 

 

Ne sommes-nous pas nous-mêmes souvent confrontés à des situations analogues quand le progrès ou l'Art moderne frappe à notre porte ?

Je me souviens avoir été très réticent lorsqu'en passant un matin de 1975 devant le plateau Beaubourg je découvris d'horribles tuyaux fendant l'air dans des obliques colorées affreuses. C'était du moins mon avis en passant devant ce qui devait devenir le Centre Pompidou...

 

 

 

 

 

Saison 2, Episode 6, LE MAQUIS

 

 

- LE MAQUIS dont la fontaine et la tour du philosophe (Le maquis)

 

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Le maquis de Montmartre par Utrillo

 


Entre le début du XIXe et du XXe siècles, se situait le maquis de Montmartre à l'emplacement des actuelles rues Lepic, Girardon et Caulaincourt.

C'était un vaste terrain vague ayant remplacé les champs et terrains vagues de la butte dont des moulins détruits, tout comme l'emplacement des canons pris par la Commune.

L'actuelle avenue Junot a recouvert cet ancien enchevêtrement de cabanes ressemblant à un bidonville misérable bien que fleuri et relativement champêtre à l'époque. La spéculation immobilière en vint à bout à partir de 1902. Et dire que les luxueuses villas d'aujourd'hui dont le prix au m2 est l'un des plus chers de Paris, n'étaient que des masures de misère hier...

 

 

Sa population misérable constituée de personnes ne pouvant payer de loyers se composait également d'anciens riches désargentés (comme ces deux gentlemen britanniques apprenant le badminton aux enfants !) ou d'originaux (comme le "philosophe" se prenant pour Diogène, ayant édifié sa "tour").

Artistes et peintres séjournant à proximité (Auguste et Jean Renoir au "Château des brouillards") s'en sont maintes fois inspirés : - Berlioz, Poulbot, Isadora Duncan (qui emmenait ses élèves répéter en petite tenue grecque à "la plage"...), le fameux baron Pigeard (qui fonda l'Union Maritime de la Butte Montmartre (!) et apprenant aux enfants à nager sur "la plage" donc sur un tabouret... et qui reçu aussi Modigliani ou Max Jacob, sans oublier Van Gogh et bien entendu Utrillo.

 

 

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La tour du philosophe

 

Quant à la fontaine miraculeuse, la légende conte que Saint-Denis décapité et sa tête sous le bras, s'y serait arrêté pour la laver. Cette fontaine (Square Suzanne Buisson, impasse Girardon) jouissait également de vertus curieuses fort courues des maris jaloux puisqu'elle rendait les femmes fidèles...

 

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La fontaine miraculeuse

 

 

 

- SAINT-PATRICK (Le maquis)

 

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Saint-Patrick devant le Mont St-Patrick

 

Saint-Patrick qui, sur ordre du pape tenta d'évangéliser les irlandais en 411, pour les délivrer de leurs errances druidiques, donna son nom au Mont Saint-Patrick qui culmine à 764m en Irlande, est le saint patron des irlandais dont la fête se tient tous les ans à la date anniversaire de sa mort, le 17 mars (461).

 

 

 

 

 

Saison 2, Episode 7, BÂTARD

 

 

- FOUR À BOIS OU À CHARBON (Bâtard)

 

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Avant toute chose, je vous recommande l'excellent livre d' Antoine PARMENTIER (Oui, celui de la pomme de terre ! ) sur la façon du pain, publié en 1777. 

Vous le trouverez sur la Bibliothèque Nationale de France en téléchargement sur le site de GALLICA =>    ICI

La cuisson du pain est expliquée de la page 56 à 60.

 

Si la cuisson traditionnelle du pain se faisait au feu de bois (voir mon poème Bâtard), celle au charbon rencontra très rapidement un vif succès chez les boulangers.

En effet, le bois nécessitait des brindilles ou fagots de ronces ou  des sarments de vigne pour l'allumer ainsi que de la charbonnette (bois de 5cm de diamètre) puis du bois très sec de chêne, charme, hêtre ou de frêne (brûlant lentement). Il faut compter 3 heures de chauffe et 1/4 de stère environ pour un four d'un mètre de diamètre chauffé à 300°

 

Mais le charbon, bien plus pratique et rapide que le bois, est apparu simultanément à l'essor des grandes boulangeries industrielles à la fin du 19ème siècle. Ces fabriques utilisaient des fours bien plus grands, chauffés au charbon ou au moyen de tuyaux à vapeur. En fait, afin de limiter les gaz nocifs, le pain était cuit dans un espace distinct, donc en "chauffage indirect" par l'intermédiaire d'air chaud dispensé ou d'eau chaude. La cuisson pouvait dès lors se faire sans interruption offrant un gain de temps considérable pour une plus faible utilisation de combustible.

 

Juste une anecdote pour finir. Qui inventa la baguette ? Napoléon 1er ou plutôt ses boulangers de campagne militaire ! Car plus pratique à transporter dans les poches des basques à l'arrière de l'habit des soldats plutôt que dans leur gibecière comme cela se faisait pour les galettes de pain rondes...

 

 

 

 

 

 Saison 2, Episode 8, L'EXPOSITION

 

 

 

- OMNIBUS (L'exposition)

 

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À cette époque, il existait déjà plus de dix lignes régulières d'omnibus composés de "voitures" tirées à cheval.  Mais la concurrence était sévère et sans correspondance d'une ligne à l'autre. Il fallut attendre les bouleversements opérés par le Baron Haussman soucieux de la fluidité de la circulation dans Paris (déjà...) lors de l'exposition universelle de 1855 (pas celle de mon poème datant de 1889) pour les fusionner en un monopole confié à La Compagnie Générale des Omnibus (C.G.O.). Cela représentait par exemple en 1860 : 25 lignes de 503 omnibus tractés par 6700 chevaux !

 

En 1889 (Laurine, Maureen et José dans mon poème en empruntent un) furent mis en place de lourds omnibus à impériale de 40 places avec plateforme arrière et accès supérieur par un escalier hélicoïdal, tractés par 3 chevaux.

 

 

 

 

 

 

- EXPOSITION UNIVERSELLE :  (L'Exposition)

 

 

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Se tenant à Paris du 5 mai au 3 octobre 1889 pour le centenaire de la Révolution française, cette dixième (!) exposition avait pour pièce maîtresse la Tour Eiffel. Se répartissant sur 50 hectares, elle s'enorgueillissait également du fameux bâtiment abritant la "Galerie des Machines". 

 

 

 

Extrait de l'historique de l'exposition : 

 

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- Inauguration le 5 mai par le Président Carnot
- Durée: du 6 mai au 31 octobre 1889 (180 jours) 
- Situation géographique: le Champ de Mars, l'Esplanade des Invalides, la Colline de Chaillot et les rives de la Seine 
- Superficie: 96 hectares, dont 60 réservés aux bâtiments 
- Emblèmes: la Tour Eiffel, le Hall des machines  
- Exposants: 61.722, dont 33.937 français 
- Pavillons: Trois pavillons français, 24 pavillons thématiques, 18 pavillons coloniaux, 35 pavillons nationaux, 30 pavillons privés 
- Visiteurs: 32.250.000 
- Prix d'entrée: un Franc 
- Dépenses: 41.500.000 Francs 
- Recettes: 49.500.000 Francs 
- Bénéfices: 8.000.000 Francs 
- Classification: 9 groupes et 83 catégories 
- Prix décernés: 33.889, dont 953 Grands Prix

 

 

 

1/Deux Ponts roulants à vapeur desservaient les différents niveaux de la Galerie des Machines qui mesurait plus de 400 m. Ils opéraient parallèlement, parcourant cette galerie sur une longueur de 300 mètres, et emportant chacun de 150 à 200 personnes.

 

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2/Globe terrestre (mars à saturne dans mon poème)Parmi les très nombreux bâtiments comme les attractions, se tenait le long de l'avenue de Suffren un globe terrestre de 40 mètres de circonférence représentant  la terre au millionième avec un diamètre  d'environ 12m 70, en tenant compte de l'aplatissement des pôles.

 

 

 

3/BUFFALO BILL & Annie OAKLEY Eh oui, le célèbre cowboy vint d'Amérique avec sa comparse qui tirait plus vite que son ombre... Il se rendit à cette exposition ainsi qu'à Lyon et Marseille pour présenter son fameux " Wild West Show ".  Annie Oakley s'était rendu célèbre pour ses performances incroyables au tir. à 28 mètres de distance, elle touchait 4472 des 5000 boules de verre lancées en l'air et coupait une carte à jouer en deux par son côté le plus fin ! Un de ses tirs les plus célèbres reste celui qui pouvait enlever les cendres d'une cigarette dans la bouche. Lors d'une tournée en Europe, elle proposa au kaiser guillaume 2 d'Allemagne de tirer sur sa cigarette qu'il tenait dans sa main.

 

 

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4/Chemin de fer Decauville : C'était une attraction vraiment populaire et fort pratique, s'appuyant sur une voie tracée entre le Champ-de-Mars et les Invalides sur une distance de 3 km, traversant deux tunnels (voir mon poème) : celui de la tour Eiffel et celui de l'Alma. Cette ligne provisoire transportait 6 342 446 voyageurs payants. 

 

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5/Bouchon de diamant : présenté dans une vitrine au centre du pavillon de la joaillerie,  un gros bouchon de carafe était en fait un diamant pesant 180 carats (74 de plus que le Kohinoor et 44 de plus que le Régent). 

 

 

 

 

 

 Saison 2, Episode 9, MANUEL

 

 

- MALAGA, PABLO, PABLITO, DONA MARIA... PICASSO (Manuel)

 

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Pablo, Diego, José, Francisco, de Paula, Juan, Nepomuceno, María de los Remedio,s Cipriano de la Santísima Trinidad Mártir, Patricio, Ruiz y Picasso... Tel était le nom complet de Picasso. 

"Pablito" (que j'utilise dans mon poème) était le prénom donné à son petit fils né en 1948.

 

Né en 1881 à Malaga en Andalousie (voir mon poème), il tient en fait son nom de sa mère (Dona Maria Picasso Lopez, fille de vigneron), son père s'appelant José Ruiz y Blasco (professeur de peinture ).

Dans mon poème, je le fais venir à Paris à l'âge de huit ans (sa 1ère huile sur toile), ce qui est une fiction. Mais il habitera Montmartre - avant  de s'établir dans différents ateliers parisiens -  dans la fameuse cité des crève-la-faim " le Bateau-lavoir " à partir de 1904 où il fait la connaissance de Guillaume Apollinaire, d'André Salmon, d'Amedeo Modigliani, entre autres...

 

3 de ses premières toiles...

 

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"Le Picador" 8 ans

 

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"Autoportrait" 15 ans

 

 

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Dona Maria (sa mère) 15 ans


 

 

 

 

Saison 3, Episode 1, LE PEINTRE

 

 

 - FARDS, Pierre-AUGUSTE RENOIR (Le Peintre)

 

  

 

1/ FARDS : La mode de la fin du XIXè siècle voulait que les femmes aient le teint diaphane, presque transparent, de blancheur pâle avec des yeux soulignés de noir charbon ou de bleu foncé leur donnant ainsi un air fantomatique blafard. L'idéal de la beauté féminine consistait à avoir l'air mourant.

Le théâtre (des grands boulevards) a largement relayé cette vision de son temps parfaitement bien servie par les fards gras, puis secs créés par le comédien Joseph-Albert Ponsin, présentés dans de jolies boîtes rondes colorées. Plus tard, il lance la très célèbre poudre de riz de Java pour "éclaircir le teint et velouter la peau". 

Comme c'était d'ailleurs le cas dans l'antiquité (Cléopâtre prenant des bains de lait d'ânesse pour s'éclaircir la peau), les femmes ne devaient en aucun cas avoir le teint rougeaud (synonyme de basse condition) et encore moins bronzé (indiquant un travail de paysans). Le rouge à lèvres en vogue en vogue aussi bien pour les femmes que pour les hommes aux 17è et 18è siècles, ne l'était plus vraiment, bien que Guerlain ait créé en 1880 el premier bâton de rouge à lèvres à base de cire à bougie " Ne m'oubliez pas ". 

 

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2/ Pierre-Auguste RENOIR (1841/1919)  compte parmi nos plus illustres peintres impressionnistes.

 

 

Je ne vais pas ici vous conter sa biographie disponible partout (mais attention aux nombreuses erreurs sur Internet !) mais juste donner un ou deux éléments en rapport avec mes poèmes, donc selon le cas au fur et à mesure. Naturellement, dates et personnages de ma Romance de Laurine, ne correspondent que peu avec la vérité historique, mais s'en approchent du mieux possible.

 

À l'époque de ma romance (commencée en 1889), Renoir est un peintre connu qui a maintes fois exposé, notamment au " Salon " (qui alterne accords ou refus de ses oeuvres) puis avec les impressionnistes à plusieurs reprises (1874, 76, 77, 82), mais qui traverse régulièrement des périodes difficiles, de remous d'influence et bien entendu financiers.

 

Entré en 1862 dans l'atelier de Gleyre où il fréquenta Monet, sisley, Bazille, Pissaro et Cézanne, il se cherche en permanence. C'est un optimiste inconditionnel des portraits et des nus qui peint joyeusement  et d'instinct sans craindre la monotonie répétitive et qui laisse libre court à sa liberté d'expression anti conformiste (comme l'on dirait aujourd'hui).

 

 

Il fréquente souvent Claude Monet, à Bougival (mon poème Brouillards) le rejoignant notamment sur l'île de la Grenouillère (mon poème La Grenouillère) où il s'adonne à la peinture de baigneuses nues sensuelles et voluptueuses en bord de Seine (période " nacrée ").  Son chef d'oeuvre " Le moulin de la Galette " (mon poème "Noce"), figure parmi ses grandes oeuvres de référence. 

Personnellement, j'aime beaucoup le portrait qu'il fit de Mademoiselle Irène Cahen d'Anvers peint en 1880 - en photo ci-dessous -  (qui pourrait tout autant être celui de " ma Laurine toute jeune " mais non pas dans son gourbi misérable...). Voir l'histoire incroyable du devenir de cette toile :  ICI

 

Il s'installe en 1876 dans une ancienne demeure entourée de jardins dominant le vignoble de Montmartre au 12, 14 rue Cortot, (devenant voisin de Jean, Laurine et Maureen dans mes poèmes). Cette résidence est désormais le Musée de Montmartre ayant d'ailleurs accueilli de nombreux artistes dont Émile Bernard, Raoul Dufy, Suzanne Valadon ou Maurice Utrillo. 

Il résidera aussi au château des Brouillards en 1889 au pavillon 6 du 13 rue Girardon (mon poème "Brouillards"). 

Il épousera l'une de ses modèles, Aline Charigot (Maureen dans mes poèmes...), mère d'un de ses enfants, le fameux cinéaste Jean Renoir né au Château des brouillards.

 

 

 

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 Auguste RENOIR - Mademoiselle Irène Cahen d'Anvers

 

 

 

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Auguste RENOIR - Le moulin de la galette

 

 

 

 

 

Saison 3, épisode 2, LA BOMBE

 

 

- RAVACHOL (ANARCHIE), LARIBOISIÈRE (La bombe)

 

1/ François Claudius Koënigstein dit RAVACHOL (1859/1892), surnommé le « Rocambole de l'anarchisme », a défrayé la chronique de l'époque par ses attentats, vols, crimes et assassinats perpétrés au nom de cet idéal relativement récent en France que fut l'anarchisme (Pierre Joseph PROUDHON s'était revendiqué le premier de l'anarchisme en 1840). Il convient cependant de noter que c'est l'affaire de Fourmies (fusillade tragique d'ouvriers grévistes par la troupe en 1891) et ses conséquences de brutalité policière qui accélérèrent son engagement anarchiste contre toute forme de pouvoir. Il utilisa des bombes faites de marmites emplies de mitraille, de clous et de cartouches de dynamite posées contre des représentants et détenteurs du pouvoir afin de le déstabiliser. Par la suite, d'autres anarchistes se rendirent tristement célèbres en France comme à l'étranger par des actes plus ou moins isolés : assassinats du Président de la République Sadi CARNOT à Lyon (1894), d'Élisabeth de Wittelsbach, dite SISSI, épouse de François-Joseph 1er de Habsbourg, d'Humberto 1er roi d'Italie en 1900, du Tsar Alexandre II en 1881, etc.

 

J'ai illustré dans mon poème, cette situation de terrorisme avant l'heure, afin de bien montrer la situation politique fragmentée de l'époque qui n'avait rien à envier à la nôtre, compte tenu de " l'idéal anti étatique et anti clérical " du mouvement anarchiste qui ne frappait d'ailleurs pas que des dirigeants et représentants du pouvoir, mais aussi la foule au hasard.

 

 

 

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2/ Hôpital de LARIBOISIÈRE Cet hôpital entièrement repensé en 1846 et prenant la suite de l'hôpital du Nord (1839), Louis-Philippe (1841), de la République (1848), s'est appelé Lariboisière en 1854. Il se devait selon les voeux de la princesse Élisa de LARIBOISIÈRE (fille du Comte ROY ministre des finances à la Restauration et épouse du Comte de Lariboisière fils du Maréchal d'Empire) d'être le plus beau de Paris, grâce notamment à ses legs. Sa construction avait d'ailleurs été décidée pour combler le manque d'hôpitaux rive droite et suite à l'épidémie de choléra de 1832 ; cet hôpital s'inscrivant dans une volonté de " charité où la philanthropie, où la science et l'art soient développés avec tous les progrès du temps ".

 

 

 

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Saison 3, Episode 3, BROUILLARDS

 

 

- INTOLÉRANCE, LE CHÂTEAU DES BROUILLARDS, FOLIE, FONTAINE DU BUT, BIBI LA PURÉE, (Brouillards)

 

1/ INTOLÉRANCE (vers 8 de Brouillards) permettant d'imaginer bien avant l'heure, le petit Pablo (Picasso) frappé d'indignation, meurtri et terriblement choqué par la scène de la bombe (poème précédent : La Bombe), comme il l'aura été bien plus tard lorsque l'aviation nazie bombardera et détruira la ville de Guernica durant la guerre d'Espagne (26/04/1937).

À la demande de la République Espagnole de réaliser une peinture murale pour leur pavillon lors de l'Exposition Universelle de Paris en 1937, Picasso en fit alors sa fameuse toile cubiste et monumentale " Guernica " (1937), choisissant de dénoncer le totalitarisme fasciste par toile interposée.

 

 

Durant la seconde guerre mondiale, rencontrant dans son atelier l'ambassadeur du 3ème Reich qui, regardant une photo de sa toile, lui avait dit en colère : " C'est vous qui avez fait ça ? ", Picasso lui avait alors rétorqué : " Non, c'est vous ! "

 

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2/ LE CHÂTEAU DES BROUILLARDS, ET LA "FOLIE", LA FONTAINE DU BUT est une villa qui existe toujours formée d'un vaste bâtiment de deux étages situé à l'angle de l'allée des brouillards et de la place Dalida à Montmartre.

 

C'est en 1772 qu'un avocat au Parlement de Paris, Legrand-Ducamjean, achète à Montmartre qui n'était pas encore rattaché à Paris, 7000 m2 plantés de vigne et disposant d'un moulin, d'une ferme et d'abreuvoirs, plus la fameuse fontaine miraculeuse dans laquelle Saint-Denis y aurait lavé sa tête tranchée (Voir ci-avant : Le Maquis). Ce terrain très embrumé du fait de sources avoisinantes et de vapeurs d'eau a donné nom au site des brouillards.

 

 

Faisant raser la ferme, l'avocat fait alors construire une " folie " (demeure d'aristocrates ou de bourgeois aisés servant de villégiature en périphérie des villes).

Ce "château", ou plutôt ses communs annexes, abritèrent de nombreux artistes comme Théophile Steinlen, Kees Van Dongen, Amedeo Modigliani et Pierre-Auguste Renoir avec son modèle qu'il épousa en 1890 : Aline Charigot. Leur second fils Jean Renoir y naquit en 1894. 

 

Enfin, je vous invite à lire ou relire le roman de Roland DORGELES " Le Château des brouillards " publié en 1932, dans lequel il conte avec le talent qu'on lui connaît, la Bohème qu'il fréquenta assidûment, notamment avec Apollinaire, Picasso, Modigliani, Mac Orlan, Carco ou Max Jacob, pour ne citer qu'eux... en évoquant bien entendu le fameux cabaret " Au lapin agile ".

 

Dans mon poème (Brouillards) Maureen (Aline Charigot, donc) pose pour Renoir, un peu plus tôt qu'en réalité mais en fiction romanesque...

 

 


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3/ BIBI-LA-PURÉE (André-Joseph SALIS) était une figure légendaire de la Bohème de Montmartre qui fréquenta le Château des brouillards (ou le plus souvent la cuisine de Renoir, mendiant un bocal de cornichons et un litre de rouge) et les cabarets de la Butte et de Pigalle. Ce personnage pittoresque, ancien étudiant en Droit, provocateur, artiste, poète, indicateur de police, acteur, mendiant, magouilleur, ivrogne, dépravé, cireur de chaussures, voleur, et se prétendant le secrétaire et amant de Paul Verlaine, a fait l'objet de portraits par les artistes qu'il fréquentait, dont Jacques Villon, Steinlen et Picasso.

 

 

 

 

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Saison 3, épisode 4, FESTIN

 

 

- " LE CAFÉ ANGLAIS" , PAUL-DURAND RUEL, " LE FESTIN DE BABETTE " (Festin)

 

1/ " LE CAFÉ ANGLAIS " situé à Paris au 13 boulevard des Italiens, était un restaurant fameux construit en 1802 et qui connut ses heures de gloire à la Belle Époque.

De nombreux artistes l'ont fréquenté dans la réalité :  Stendhal (qui en disait  " Trois soupers par semaine au Café Anglais et je suis au courant de ce qui se dit à Paris "), Alfred de Musset, Alexandre Dumas, Eugène Sue, etc. Dans la fiction également, ils furent nombreux à le mettre en scène : Honoré de Balzac (dans le Père Goriot), Flaubert, R. Quéneau, Karen Blixen, Marcel Proust, Guy de Maupassant, Émile Zola, etc. Des rois, princes, aristocrates, dirigeants, bourgeois de France et d'Europe en ont également fait l'une de leurs tables préférées, parmi les 22 salons et cabinets particuliers réservés. Ainsi, il servit le fameux dîner des trois empereurs réunissant le Tsar Alexandre II, le Tsarévitch, le roi de Prusse Guillaume 1er et Bismarck lors de l'Exposition universelle de Paris en 1867.

 

Disparu en 1913, il a été remplacé par un immeuble de style Art nouveau.

 

Je situe mon poème "Festin" dans son cadre en référence au " Festin de Babette " dont l'héroïne du roman de Karen Blixen (et du film) exerçait en 1871 comme Chef de cuisine mondialement réputée.

 

 

 

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2/ PAUL-DURAND RUEL (qui, dans mon poème (Festin) invite Renoir et ses amis) était un célèbre collectionneur, marchand de tableaux ayant lancé et encouragé de très nombreux peintres impressionnistes dont Pierre-Auguste Renoir. Il organisa une très grande exposition, probablement la plus célèbre du siècle, à Londres en 1905. Il acquit un nombre considérable de toiles,  soit environ 12 000 tableaux dont plus de 1 000 Monet, 1 500 Renoir, 400 Degas, 400 Sisley, 800 Pissaro, 200 Manet et 400Mary Casalt !

 

Peint par Renoir...

 

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3/ LE FESTIN DE BABETTE tiré de la nouvelle de Karen BLIXEN, est un film Danois (1987) avec Stéphane AUDRAN jouant le rôle de Babette. 

Je vous recommande ces liens qui en font un excellent résumé :  Le festin de Babette 1  et   Le festin de Babette recettes

 

J'ai pris le parti de composer le menu du souper du Nouvel an de 1890 dans mon poème (Festin) en reprenant intégralement le menu fabuleux du film dans lequel, les scènes de la préparation en cuisine et du repas valent largement le détour ! En voici le menu : menu 1 et les recettes principales :  Le festin de Babette recettes  et   festin

 

Et en cadeau, ces deux vidéos :      

 

 

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Saison 3, épisode 5, VAPEURS

 

 

- SAINT-LAZARE, MONET & RENOIR À BOUGIVAL, CARTON (Vapeurs)

 

 

1/ LA GARE SAINT-LAZARE fonctionnait déjà à plein régime, enfumée par les locomotives à vapeur à la fin du XIXè. La ligne Saint-Lazare/Saint-Germain en Laye fut inaugurée en 1837 en présence de la famille royale et de la Reine Marie-Amélie. La ligne pour Saint-Cloud et Saint-Nom-la-Bretèche (qui nous concerne) a été inaugurée en 1884, desservant depuis Paris/St-Lazare, St-Cloud, Garches Marne-la-coquette, Vaucresson, La Celle-St-Cloud, Bougival, Louveciennes, Marly-le-Roi, L'Étang-la-Ville, St Nom-la-Bretèche.

 

Claude MONET a fréquenté cette ligne pour se rendre à Louveciennes ou à Bougival (en haut de la colline distante de la Seine, mais à proximité de la forêt de Louceciennes/Versailles)  mais aussi  celle du Tramway à vapeur de Paris (Place de l'Étoile !) à Saint-Germain (Château) qui longeait la Seine, donc en passant par Le Peck et Bougival en bas, bord de Seine.

 

 

Il a peint plusieurs toiles de chemins de fer arrivant en gare (à Bougival) et de la gare Saint-Lazare (ci-après)

 

 

N.B : À titre personnel, j'adore ces toiles et, jeune élève aux Beaux-Arts, j'avais copié celle du "Train dans la neige" (ci-dessous) de Monet. J'ai habité durant toute mon adolescence en haut de Bougival, à proximité de cette gare, allant aux Beaux-Arts de Versailles à mobylette et au Lycée de Saint-Cloud par ce même train en longeant à pied la rue Claude Monet, mais à son époque, il y avait encore de nombreux vergers en bordure de forêt...

 

 

 

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2/ MONET & RENOIR À BOUGIVAL, CARTON. Ils se sont vus, mais plus tôt que dans mon poème (Vapeurs). Monet s'est installé à Bougival en 1869. Il a peint notamment l'établissement de bains/guinguette de La Grenouillère sur l'île de Croissy-sur-Seine en compagnie de Renoir (mon poème prochain : " La Grenouillère "). 

 

Ci-dessous par Monet " Glaçons sur la Seine "  puis " effets de neige sur la route de Louveciennes " 

 

Un "carton" est un carton entoilé bien moins coûteux qu'une toile de Lin (elle-même plus chère, mais sans aucune mesure de qualité avec les cadres entoilés actuels en coton).

 

 

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Saison 3, Episode 6, GLISSE

 

 

- LES PATINEURS " SKATING-RINKS " &  LE " PALAIS DE GLACE " (Glisse)

 

 

Mon amie de la plateforme " Blog4ever ", Françoise, a consacré un article sur cette mode qui fit fureur à la Belle Époque, constituée par le création de nombreuses pistes de patin à glace et, ou à roulettes (les fameux Skating-Rinks) , en rapport avec ce nouvel engouement des parisiens, mais pas seulement, y compris à l'étranger, pour la glisse. 

 

Je n'en dirai pas plus, vous laissant le soin de vous rendre sur le blog de Françoise,  ici  (https://www.monatelierdepeintre.com)

 

et plus précisément sur son article : " LE SKATING " ici  (https://www.monatelierdepeintre.com/le-skating)

 

 

Néanmoins, j'ai choisi dans mon poème ( Glisse ) de vous parler du " Palais de glace " - et je dis bien " de glace " et non " DES Glaces " (différent), qui fut créé le 23 décembre 1893 à Paris au Rond Point des Champs-Elysées dans un bâtiment circulaire. Il fonctionna jusqu'en 1980/81 se transformant dès lors en théâtre. Il disposait d'une piste circulaire glacée de 420 m2 placée au centre de la rotonde, laquelle s'entourait d'un promenoir disposant de buvettes et de miroirs, avec à l'étage une galerie complétée par un orchestre de 50 musiciens !  

 

En 1981, il devint le " Théâtre du Rond-Point " (qui fonctionne toujours maintenant) dévolu à la Compagnie Renaud-Barrault (photo ci-dessous, la dernière).

 

N.B. Je me souviens y avoir patiné dans les années 1970...

 

Ci-dessous le grand patineur Axel Paulsen qui donna son nom au fameux saut, l'Axel qui, à la différence de tous les sauts de patinage artistique s'exécutant eux en arrière, se lance en avant pour une réception arrière, soit pour un simple Axel : 1 tour 1/2 et pour un triple Axel, 3 tours 1/2, d'où sa plus grande difficulté (+ 1/2 tour).

 

 

 

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Saison 3, épisode 7, LA GRENOUILLÈRE

 

 

- " LA GRENOUILLÈRE " avec les toiles de RENOIR, MONET... LES BAINS et L'ABSINTHE... (La Grenouillère)

 

L'île de Croissy ou de la Chaussée ou bien de la Grenouillère se tient dans les Yvelines entre Rueil-Malmaison proche de Paris et Bougival un peu plus loin sur la Seine. Pour la petite histoire, les Vikings y débarquèrent avant de s'en prendre à Paris en 845 ! Plus près de nous, avec la mode du canotage sous le Second Empire, de nombreux parisiens s'y rendirent régulièrement tant cette petite île de 2,5 km de long offrait une végétation luxuriante ; on la surnommait alors " la Madagascar de la Seine ", d'autant que de nombreux hommes s'y baignaient... nus !

 

C'est une cabaretière locale qui eut l'idée d'établir sur une petite plage de l'île, un bateau/ponton servant de salle de bal, de restauration et de location de canots, sans oublier une vaste péniche également accostée proposant des cabines de bain hommes (il était interdit de se baigner nu) et femmes. Ce site eut à l'époque un tel succès que Napoléon III et l'impératrice Eugénie y firent un jour escale ! 

 

Mais cette atmosphère populaire, vulgaire aussi et même en marge de la légalité par ses fréquentations parfois peu recommandables (les fameux Apaches), ne fut pas toujours du goût de tous.

 

Il n'est qu'à lire par exemple la description qu'en fit Guy de Maupassant :

 

" On sent là, à pleines narines, toute l'écume du monde, toute la crapulerie distinguée, toute la moisissure de la société parisienne : mélange de calicots, de cabotins, d'infimes journalistes, de gentilshommes en curatelle, de boursicotiers véreux, de noceurs tarés, de vieux viveurs pourris ; cohue interlope de tous les êtres suspects, à moitié connus, à moitié perdus, à moitié salués, à moitié déshonorés, filous, fripons, procureurs de femmes, chevaliers d'industrie à l'allure digne, à l'air matamore qui semble dire : “ Le premier qui me traite de gredin, je le crève.” Ce lieu sue la bêtise, pue la canaillerie et la galanterie de bazar. Mâles et femelles s'y valent. Il y flotte une odeur d'amour, et l'on s'y bat pour un oui ou pour un non, afin de soutenir des réputations vermoulues que les coups d'épée et les balles de pistolet ne font que crever davantage. Quelques habitants des environs y passent en curieux, chaque dimanche ; quelques jeunes gens, très jeunes, y apparaissent chaque année, apprenant à vivre. Des promeneurs, flânant, s'y montrent ; quelques naïfs s'y égarent. "  (« La femme de Paul », La Maison Tellier, 1881.)

 

Claude MONET et Auguste RENOIR s'y rendirent souvent en donnant à la postérité ces toiles de canotage, de buvette et de bains légers que Renoir d'ailleurs traduisit avec la délicatesse transparente de sa " période nacrée ". 

 

Quant à l'absinthe (ou absinthe), c'était une boisson fort à la mode au XIXè mais réellement dangereuse et interdite depuis 1915  (contenant du méthanol, substance neurotoxique). Emile Zola l'évoque dans " l'Assommoir ". Plusieurs artistes en furent victime (Toulouse-Lautrec, Van-Gogh, etc.).

 

   

Claude Monet " Bain à la Grenouillère "

 

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Auguste Renoir " La Grenouillère " 

 

 

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Auguste Renoir " Les grandes baigneuses " pour illustrer mon poème (La Grenouillère) in situ car tel n'était pas le cas de cette toile

 

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Saison 3, Episode 8, LA BLANCHISSEUSE

 

 

 

- LAVANDIÈRES & BLANCHISSEUSES, HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC (La blanchisseuse)

 

1/ LAVANDIÈRES & BLANCHISSEUSES : Il n'est pas vieux ce temps où la lessive était une grande affaire qui tenaient éveillées toutes les femmes d'un village durant plusieurs jours, deux fois l'an : au printemps avant les Rameaux et à l'automne avant  la Toussaint.

 

Cependant, je ne vais pas vous conter par le menu cette grande histoire du linge lavé, mais plutôt vous convier à ouvrir ce LIEN vers un site remarquable qui raconte de façon claire et très bien documentée cette " histoire des femmes " (du nom du site)

 

site : http://dona-martin.blogg.org/histoire-des-lavandieres-et-de-la-lessive-a127710660

 

Juste pour information, il convient de distinguer les lavandières des blanchisseuses. Les premières exerçaient une corvée ou un métier aussi pénible qu'éprouvant à laver agenouillée dans l'eau glacée le gros linge et le linge très sale deux fois par an (...)  puis à s'ébouillanter au grand cuvier, sans oublier toutes les étapes du tri, du rinçage, de l'essorage et de l'étendage...

 

Les blanchisseuses quant à elles bénéficiaient d'un plus grand "confort" car elles s'occupaient du linge fin et brodé et surtout, travaillaient généralement à leur compte. D'où la " promotion " de Victorine entrant au service de Laurine dans mon poème (La blanchisseuse).

 

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2/ HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC : a peint les gens simples qu'il fréquentait à Montmartre comme sur le Boulevard : Clichy, Rochechouart, Pigalle, Place Blanche, et... à son domicile 19, rue Pierre Fontaine (voir mon poème).

 

Et pourtant, il était issu de la noblesse illustre et ancienne des Comtes de Toulouse. Handicapé, infirme et souffrant d'une maladie atteignant les os, il s'installait dans les cabarets, bars et salles de spectacle, sans oublier les maisons closes lui permettant alors non seulement d'assouvir ses besoins, mais surtout de croquer, esquisser, peindre et dessiner sur le vif non pas des modèles figés, mais des personnes bien vivantes s'animant dans leur décor. Les prostituées par exemple lui paraissaient bien plus aptes à se mouvoir naturellement nues que des modèles.

 

Il s'est rendu célèbre par ses toiles et  affiches représentant tout ce petit peuple de Montmartre et de sa vie nocturne faite notamment des danseurs et danseuses du French-cancan du Moulin-rouge. Mort très tôt, à 36 ans des suites de l'alcoolisme (il possédait une canne creuse remplie d'alcool), de sa passion pour l'absinthe et de la syphilis, il nous reste de lui ses oeuvres aussi remarquables qu'éphémères par les sujets visités.

 

Dans mon poème, il tombe amoureux de Victorine la blanchisseuse. Il aurait tout autant pu la peindre (voir ci-après) comme l'un de ses modèles préférés : Jane Avril, la chanteuse Yvette Guilbert ou Louise Weber dite " La goulue ". 

 

 

 

Personnellement, j'ai un faible pour cette toile " La blanchisseuse " 

 

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Aristide Bruant par Toulouse-Lautrec

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Saison 3, Episode 9, LA NOCE

 

 

- VENDANGES, BAL DU MOULIN DE LA GALETTE, LES " GRANDES BAIGNEUSES " (La noce)

 

 

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1/ VENDANGES à Montmartre, comme déjà mentionné dans un article précédent : voir ci-avant, presque au début de ce petit lexique, à CLOS-MONTMARTRE

 

 

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2/ BAL DU MOULIN DE LA GALETTE Cette grande toile (1m31 x 1m75) est à bien des égards, considérée comme le chef d'oeuvre d'Auguste RENOIR. Peinte en 1876, elle est actuellement exposée au musée d'Orsay, suite à un leg du collectionneur Gustave Caillebotte. J'y situe mon repas de noce dans ce restaurant qui pris la place de la fameuse guinguette où se donnaient des bals populaires au pied du   moulin.

 

Mais au fait, saviez-vous que ce moulin connut bien des déboires ? 

 

Il reste actuellement le seul moulin de la Butte Montmartre à peu près en état de marche, du moins pour l'état de ses pièces mécaniques, sur les quinze moulins qui brassaient l'air de la crête de la Butte. Ces moulins donnaient de la farine de blé, mais pas uniquement, servant également à moudre d'autres céréales, à presser les vendanges locales et à concasser les matériaux des manufactures voisines.

 

Ce moulin, constitué à l'origine de deux moulins mentionnés en 1622, fut acquis par la famille Debray (les ancêtres de Régis Debray) en 1809.

 

 

Mais en mars 1814, alors que l'armée impériale russe en prise avec Napoléon 1er était à Paris, et que suite à des pourparlers de paix Montmartre n'était plus défendue (elle était célèbre par ses canons placés en hauteur), se trouvait malgré tout un petit groupe de "résistants" français dont les Debray, meuniers en famille, décidant de contrer l'envahisseur cosaque. Faisant feu au canon contre eux, ils tuèrent de nombreux assaillants, mais l'aîné fut blessé puis finalement abattu. Son fils fut transpercé par une lance, mais il s'en tirera et on lui doit ce moulin/guinguette sous la Restauration. Las, les russes furieux, découpèrent le corps du père en quatre morceaux qu'ils fixèrent sur les ailes du moulin !

 

Par la suite donc, en 1834, le fils survivant y rajouta une guinguette doublée d'un bal portant dès lors le nom du " Moulin de la Galette " en référence aux galettes qu'on y déguste sur place accompagnées du petit vin aigrelet cultivé sur les coteaux de la Butte. Son succès quasi immédiat, ne se démentit pas par la suite.  

 

Outre Pierre-Auguste RENOIR installé à Montmartre dominant les vignobles, de nombreux peintres et impressionnistes immortalisèrent ce moulin. Parmi lesquels on trouve Vincent VAN GOGH, Henry de TOULOUSE-LAUTREC, Maurice UTRILLO, Rymond CASAS, Pablo PICASSO...

 

 

 

 

AUGUSTE RENOIR 

 

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EUGÈNE CICERI 

 

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HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC

 

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VINCENT VAN-GOGH

 

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MAURICE UTRILLO

 

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3/ LES GRANDES BAIGNEUSES de Renoir peinte entre 1884 et 1887. Cette toile fit scandale lorsqu'Auguste Renoir l'exposa à l'Exposition internationale de 1887. À son retour d'Italie, traversé par des doutes, Renoir se cherchait alors en tentant de s'écarter des impressionnistes. À part Claude MONET ou Marcel PROUST, les critiques furent dans l'ensemble fortement négatives.

 

Notons que son modèle devenu sa femme (au 2ème plan avec la serviette), Aline Charigot est Maureen dans mon poème... qu'il épouse donc !

 

 

 

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Saison 4, Episode 1, Mademoiselle 

 

 

 

- RENOIR & ALINE, ASPIRANTS COMPAGNONS, SALONS LITTÉRAIRES, MASSACRE DES ITALIENS (Mademoiselle)

 

 

 

1/ AUGUSTE RENOIR & ALINE CHARIGOT son épouse, "jouée" ici par Maureen, sont installés en 1895 à Essoyes (ville natale d'Aline), dans l'Aube. Leurs deux enfants sont Pierre (né en 1885) et Jean, le fameux cinéaste (né en 1894) en attendant le troisième fils, Claude (né en 1901).

 

 

 

 

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Portrait d'Aline Charigot par auguste Renoir

 

 

 

 

2/ ASPIRANTS COMPAGNONS Les Compagnons du devoir se déclinent en apprentis (dès 15 ans) devant réaliser une maquette d'adoption, puis une fois jugés sur leur première maquette et adoptés par la communauté des compagnons, deviennent affiliés ou aspirants devant également (comme toujours...) faire leurs preuves et partant dès lors faire leur " tour de France ". Ayant réalisé après leur travail d'adoption, leur tour de France, ils présentent alors à leurs pairs leur " Chef d'oeuvre " représentant une véritable prouesse technique mettant en évidence un savoir faire ancestral propre à leur corporation pour un travail réalisé en plusieurs centaines d'heures. 

 

Je ne puis que vous recommander de lire le remarquable roman de George Sand, adulée des Compagnons, " Le compagnon du tour de France " paru en 1840 pour un récit se déroulant vingt ans plus tôt.

 

 

 

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3/ SALONS LITTÉRAIRES Très en vogue au XVIIIè et XIXè et réunissant des écrivains, auteurs dramaturges, poètes, artistes, femmes de lettres, acteurs, musiciens, étudiants, mais aussi diverses personnalités en vue et plus ou moins courtisanes, ils étaient à la fois un espace d'échanges érudits et de créativité talentueuse sociale d'inspiration romantique ainsi que l'endroit chic où l'on se devait d'être vus. Juliette Récamier, Victor Hugo, Lamartine, Alfred de Musset, Alexandre Dumas, Balzac, Eugène Delacroix, Liszt, Marcel Proust ou bien encore Guy de Maupassant, et tant d'autres... en étaient les fidèles adeptes.

 

Dans ma saga, Laurine ouvre un Salon dans sa boulangerie " Coeur-de-pain " en y exposant de nombreuses toiles prêtées par son ami Paul Durand-Ruel (le fameux collectionneur ; voir mon poème " Festin") ou offertes par Auguste Renoir, Claude Monet, Pablo Picasso... Elle y organise des après-midis et soirées littéraires d'un style autrement posé que dans l'antre provocatrice des cabarets d'étudiants ou de la Bohème du Lapin agile... Elle ose cependant y exposer les nus de Renoir et les arlequins cubistes de Pablo !

 

L'une des toiles ouvrant le décor de son Salon, est " La liseuse " d'Auguste RENOIR.

 

Mon amie Françoise en a fait une copie remarquable qu'elle présente sur son blog ( https://aqua-reve-francoise.blog4ever.com ) 

dans cet article : " La liseuse d'Auguste Renoir " que vous trouverez :  ICI

 

 

 

 

 

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" La liseuse " d'après Renoir par Françoise M.

 

 

 

 

4/ LE MASSACRE DES ITALIENS D'AIGUES-MORTES (Gard) que j'évoque indirectement dans mon poème (Mademoiselle) en parlant de José, victime du racisme des commères du quartier...

 

 

Survenu les 16 & 17 août 1893 à la suite d'une crise économique sévère en Europe et de la difficulté de trouver du travail, la population employée par la Compagnie des Salins du midi, n'a pas accepté que leur emploi se trouve "menacé" par cette main d'oeuvre italienne immigrée.

 

À la suite d'agitations nationalistes d'extrême droite dons la Ligue de la Patrie Française, et du chômage s'amplifiant, une rixe opposa les différentes communautés présentes dont des Ardéchois, trimards (vagabonds), locaux et Piémontais. Attaqués et devant se réfugier dans une boulangerie (...) que leurs assaillants veulent incendier, les ouvriers italiens sont alors lynchés à coups de bâtons, fusil et noyade par une foule furieuse. La gendarmerie comme la troupe ne purent (ou ne voulurent) contenir leurs agresseurs, s'en prenant également aux femmes et enfants pour un bilan terrible et controversé de 150 morts ou... 8 officiellement.

 

Ce drame constitua également un immense scandale judiciaire puisque l'acquittement général de tous les assaillants poursuivis fut prononcé. Il eut aussi pour conséquence une altération des relations diplomatiques entre la France et l'Italie ainsi que des heurts contre des français en Italie, par représailles.

 

 

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Saison 4, Episode 2, Jupiter

 

 

 

 

- LE TRAIT DE JUPITER, BRETONS DE CAYENNE, 732 ANS ET 36 ANS, SAINT-JOSEPH & SAINTE-ANNE D'AURAY (Jupiter)

 

 

 

1/ LE TRAIT DE JUPITER est un assemblage complexe reliant deux grosses pièces de bois (comme des poutres) de même section entre-elles mises bout à bout afin d'en faire une seule d'un même tenant.

 

Sa réalisation, difficile et délicate, relève d'un travail expérimenté de haute précision, tant de tracé que de découpe sans nuire au fil du bois, car l'ajustement en biais des deux pièces de bois se doit d'être parfait, faute de quoi, il y aurait risque de rupture (comme dans mon poème "Jupiter"), d'où le grand respect porté par les compagnons du devoir aux charpentiers ou menuisiers de leur corporation, capables d'en réaliser.

 

Les deux pièces de bois, en général du chêne pour sa solidité, sa tenue dans le temps et sa résistance au pourrissement, doivent être de même facture. Le trait de Jupiter était (surtout dans le temps) indispensable pour réaliser de longues portées en charpente traditionnelle ainsi qu'en charpente de marine lorsqu'on ne disposait pas de suffisamment d'arbres assez longs. 

Il se compose de deux coupes biaises (coupe en oblique) à redent (en V), de deux barbes (petites pièces de bois) et de deux clés de serrage (coin en bois).

  

Jupiter " lui a donné son nom " car l'aspect des deux pièces biseautées à leur assemblage présente une découpe formant un Z comme l'éclair de foudre du dieu Jupiter.

 

 

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2/ BRETONS DE CAYENNE Il s'agit dans mon poème de compagnons ou compères (comme on les nommait) venus de Bretagne et exerçant comme charpentiers au sein d'un " Devoir " (confrérie compagnonnique) se réunissant dans leur " cayenne " (lieu de réunion). À l'origine, ce terme vient des vieux navires transformés en caserne flottante et servant de dépôt de marins dans les ports d'outre-mer, lequel aura donné son nom à la ville de Cayenne en Guyane. 

 

 

 

 

3/ 732 ANS & 36 ANS Oui, il se trouve qu'en 1895, date de mon poème (Jupiter), la cathédrale a 732 ans. Notre-Dame de Paris a vu sa première pierre posée en l'an 1163.

 

Je n'ai donc pas résisté à la tentation d'évoquer la célèbre bataille de Poitiers conduite en 732 après J.C. par Charles Martel, Duc des Francs et Maire du Palais, aidé de ses alliés Burgondes, Vascons et Eudes face à l'invasion des Omeyyades.

En effet, au XIXè le patriotisme ambiant fit de la victoire de Charles Martel sur les sarrasins un évènement fondateur de la Nation, d'autant que les anti cléricaux de l'époque le préféraient à Clovis.

La cathédrale n'existait pas encore, mais la similitude de dates avec l'évènement décrit dans mon poème laisse peut-être à penser que Notre-Dame avait déjà aidé la Francie encore bien faible au VIIIè siècle...

 

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Quant aux 36 ans, ils représentent l'âge encore jeune de la nouvelle flèche de la cathédrale (haute de 93 m depuis le sol), conçue par Eugène Viollet-le-Duc en 1859 avec l'apport de l'entreprise de charpente Auguste Bellu (500 tonnes de bois) et des ateliers Monduit pour la couverture métallique (250 tonnes de plomb).

 

La flèche domine les statues de cuivre vert-de-grisé des douze apôtres. Viollet-le-Duc s’est même fait représenter sous les traits de Saint-Thomas avec son équerre ! 

 

 

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4/ SAINT-JOSEPH, père de Jésus, est le "patron" des charpentiers (c'était son métier !).

         SAINTE-ANNE, mère de Marie (Notre-Dame), donc grand-mère de Jésus, est la "patronne" des menuisiers. "Apparue" pour l'unique fois en tant que telle en août 1623 auprès d'un jeune Breton Yvon Nicolazic, elle fait l'objet depuis, et pour les "miracles" qu'elle a multipliés, d'un pèlerinage à Sainte-Anne d'Auray (ville, basilique et coeur spirituel du diocèse de la Bretagne) auquel participent entre 600.000 et 800.000 pèlerins et visiteurs chaque année. Le Pape Jean-Paul II s'y rendit en 1996 rassemblant 150.000 personnes.

 

 

 

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Saison 4, Episode 3, La Savoyarde

 

 

 

- FRANÇOISE - MARGUERITE DITE " LA SAVOYARDE ", FARDIER, PACCARD (La Savoyarde)

 

 

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De son vrai nom : " FRANÇOISE MARGUERITE DU SACRÉ-COEUR DE JESUS " dite " LA SAVOYARDE " est la fameuse cloche offerte par les quatre diocèses de Savoie lors de la souscription nationale mise en place pour la construction du Sacré-Coeur de Montmartre, en lieu et place d'argent.

 

Fondue le 13 mai 1891 dans les célèbres ateliers " Paccard " d'Annecy-le-Vieux - ceux qui avaient retrouvé les vieux secrets des fondeurs flamands du Moyen-Age pour accorder l’harmonisation interne des cloches - cette cloche était alors la plus grosse du Monde, pesant près de 19 tonnes avec un battant de 850 kg,  pour 3,03 m de diamètre et 9,60 m de circonférence extérieure et une épaisseur à la base de 22 cm (lé de 10 mètres dans mon poème "La Savoyarde"). Elle fut livrée à Montmartre le jour de la Sainte Marguerite Marie, arrivant dans la nuit du 16 octobre 1895.

 

La Savoyarde est le sixième plus lourd bourdon d'Europe. Sa tonalité, caractéristique, est celle du contre-ut grave. Voir, ci-dessous son enregistrement :

 

 

 

 

 

Son voyage dura 5 jours. Elle fut transportée, d'abord en train d'Annecy à Paris.

À Annecy, son " équipage " est à sa démesure : trois chevaux attelés de front précédés de douze paires de bœufs symbolisant les 12 cantons savoyards. Un wagon plat à charpente renforcée a été spécialement affrété par la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée (PLM).

 

À Paris, en gare de marchandises à la Chapelle, on la hisse sur un fardier (chariot bas à roues larges transportant de fortes charges) pesant lui-même 6 tonnes, attelé à 28 chevaux (!) guidés chacun à la bride par un charretier et, à la lueur des torches et lanternes, l'on procède à la longue ascension de la Butte Montmartre en sablant les rues sous la pluie. La dernière rampe se montera même au galop, sous les hourras d'une foule de curieux et... les sueurs froides de M. Paccard lui-même accompagnant sa protégée !

 

La Savoyarde fut installée, d'abord provisoirement sur une plateforme provisoire par un accès fait d'échafaudages en plan incliné, puis bénite et baptisée le 20 novembre 1895 par Monseigneur Richard, archevêque de Paris. En revanche, ce n'est qu'en 1907 qu'elle fut définitivement installée dans son Campanile (jouxtant, accolé au Sacré-Coeur).

 

Pour la faire sonner, il ne fallait pas moins de huit hommes actionnant pédales et cordes. Aujourd'hui, son marteau est mu par l'électricité et la cloche s'actionne en rétro-lancé car la pleine volée du "lancé"  fragilisait le Campanile.

 

L'entreprise de fonderie Paccard, qui existe toujours, mais installée à Sévrier depuis 1989, jouit d'une réputation internationale. Son histoire débute en 1796. Au XIXè, outre les grosses cloches et bourdons comme La Savoyarde, l'entreprise coulait de 700 à 800 cloches par an ! 

 

 

 

 Ci-après, très intéressante vidéo du bourdon La Savoyarde qui se met en mouvement dans le Campanile du Sacré-Coeur :

 

 

 

 

 

Le Campanile 

 

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Saison 4, Episode 4, Charité

 

 

 

 

 - L'INCENDIE DU BAZAR DE LA CHARITÉ (Charité)

 

 

 

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Un terrible incendie prit dans ses flammes le 4 mai 1897 une vente de bienfaisance mise sur pied depuis 1895, à l'emplacement actuel du 15/19 rue Jean Goujon de Paris (8è).

 

Ce drame fit la une de la presse et des journaux illustrés de la Belle époque. Ainsi, " Le Petit Parisien ", " L'Intransigeant ", " Le Petit Journal ", sans oublier " l'Illustration ", se firent-ils l'écho de l'horreur enflammant à son tour le coeur meurtri de leurs lecteurs. La débauche de dessins et lavis imprimés renforcés par des légendes fortement " imagées "  laissait à chacun le soin d'imaginer les derniers instants de ces malheureux brûlés vifs... à l'instar des autres catastrophes !

Ainsi, le journaliste du Petit Journal du 10 mai 1897 écrivit-il : " Le feu a fait mourir dans des souffrances plus atroces que celles infligées aux victimes du barbare Moyen-Âge, des femmes, des jeunes filles, des enfants ; pour la plupart titrées, riches, heureuses, réunies là pour faire la charité. Le feu a pris sa proie toute vive, et, détail odieux, la mort s'est amusée à dépouiller ses victimes. On a retrouvé nues de chastes jeunes filles, et involontairement, on songeait à la Virginie de Bernardin de Saint-Pierre, qui aime mieux mourir et ne jamais revoir Paul que de se dévêtir et être sauvée. Ignoble mort qui, plus infâme que le boureau antique, insultait ainsi sa victime ! "

 

Cette tragédie fit 126 victimes, principalement des femmes (118 femmes identifiées dont plusieurs religieuses). À la différence d'autres catastrophes qui faisaient pourtant des milliers de morts dans le monde, celle-ci marqua pour longtemps les esprits. En effet, non seulement elle survint au milieu d'une kermesse philanthropique, mais de plus elle atteignit des personnalités largement titrées et fortunées, enfin, par l'accident lui-même survenu par l'utilisation toute nouvelle du cinématographe.

 

L'incendie se déclara dans la salle bondée du " cinéma " improvisé suite à une mauvaise manipulation de pellicules aux vapeurs d'éther par un projectionniste maladroit et inconscient qui gratta une allumette dans le noir... Son geste provoquant aussitôt l'inflammation des vapeurs d'éther, s'ensuivit comme une traînée de poudre un brasier s'alimentant des étoffes, tissus, toiles, cartons et papiers servant de décor un peu partout à la reconstitution d'une rue du Moyen-Âge qui avait été aménagée dans cet entrepôt. Il y avait de nombreux visiteurs et invités, principalement des femmes et des enfants. Mais comme il s'agissait d'une fête de bienfaisance, les organisateurs s'étaient entourés d'illustres personnalités largement titrées. Se comptaient donc non seulement des duchesses, marquises et même princesses, mais aussi des Dames patronnesses et autres bienfaiteurs fortunés, sans oublier non plus leurs domestiques. Du fait des matériaux extrêmement inflammables du hangar, dont une vaste toile goudronnée suspendue (...)  et de l'absence totale de mesures de sécurité, en un quart d'heure, tout était consumé !

 

Par la panique engendrée auprès des 1.500 personnes présentes en ce long hall " moyenâgeux "  du hangar en bois et l'étroitesse des issues, de nombreuses victimes furent piétinées avant que d'être rattrapées par les flammes. Comme toujours en pareil drame, des actes de lâcheté, mais aussi d'héroïsme se firent jour, servant d'ailleurs l'imagerie populaire largement relayée par la presse stigmatisant la couardise de nantis et vantant la bravoure de malheureux parmi les petites gens du peuple.

 

Cela dit, il convient de noter l'extrême héroïsme de la Duchesse d'Alençon (en photos ci-après), propre soeur d'Élisabeth " Sissi " impératrice d'Autriche, qui se sacrifia en sauvant des enfants, clients et vendeuses en les aidant à sortir par une petite porte. Mais prisonnière du comptoir du Noviciat, avec la la vicomtesse de Beauchamp, elles n'eurent pas la même chance...

 

Suite à une souscription lancée par le Cardinal Richard, Archevêque de Paris, une chapelle commémorative "Notre-Dame de consolation" (en photo ci-après), est inaugurée le 4 mai 1900 sur l'emplacement du sinistre.

 

 

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Saison 4, Episode 5, Vercingétorix

 

 

 

 

 - L'HIPPODROME DE CLICHY-MONTMARTRE & SON INAUGURATION, PABLO PICASSO EN 1900 (Vercingétorix)

 

 

1/L'HIPPODROME DE CLICHY-MONTMARTRE & SON INAUGURATION du 18 mai 1900 fut un évènement !

En ces temps, la mode était, tout comme celle des Skating-Rinks dont nous avons déjà parlé, orientée vers les hippodromes, mais non pas tant au sens que nous leur connaissons aujourd'hui de courses de chevaux. Non, mais d'espaces immenses permettant des spectacles de plein air (comme au Camp du Drap d'Or à l'hippodrome de l'Etoile ou au Champ-de-Mars) ou couverts comme ici sous un immense chapiteau métallique, et réunissant plusieurs milliers de spectateurs sur... les arts du cirque ! Il pouvait tenir sur 5 niveaux desservis par les ascenseurs Jean Combaluzier (Eh oui, Roux-Combaluzier, ça vous dit quelque chose ?), 7.000 places dont 5.000 assises. Quant à la piste, elle offrait une surface de 70 m x 35 m.

 

Ce vaste bâtiment fut tout spécialement construit pour l'exposition universelle de Paris - 1900 et se tenait entre la Place Clichy et le cimetière de Montmartre. Par la suite, il fut transformé en le plus grand cinéma du Monde, le Gaumont-Palace, en 1911 (je me souviens y avoir vu enfant, Ben-Hur...). Détruit en 1973 malgré sa façade Art-Déco, ne parlons pas de la banalité de ce qu'il est devenu...

 

Pour son inauguration, les organisateurs avaient prévu grand, très grand ! Pas moins d'une pantomime reproduisant en figure allégorique la bataille d'Alésia opposant les troupes de Jules César à celles de Vercingétorix, de son second Lucter dit Le Cadurque, et de leurs tribus alliées. La mise en scène spectaculaire offrait aux yeux ébahis des spectateurs, un "combat" déroulant les prestations acrobatiques de 850 acteurs et de 120 chevaux dont 10 chevaux Alezans présentés préalablement en liberté ! Ce clou du spectacle mis en musique avec un véritable orchestre et prenant la forme d'un ballet chorégraphique incroyable, faisait suite à des numéros de cirque plus traditionnels.

 

 

 

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2/ PABLO PICASSO EN 1900 était venu à Paris un mois avant l'exposition universelle de Paris (fermant en novembre 1900) et, avec le peintre espagnol Carlos Casagemas s'étaient installés dans l’atelier du peintre Nonell, rue Gabrielle à Montmartre, d'octobre à décembre 1900. Fortement marqué par le suicide de son ami Casagemas, en son absence le 17 février 1901, commence alors sa " période bleue ". Notons que Picasso (Pablo dans mon poème "Vercingétorix") adorait croquer le mouvement des artistes du cirque et de leurs animaux - comme en corrida, par ailleurs.

 

 

 

Picasso :Enterrement de son ami Casagemas

 

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Saison 4, Episode 6, Mariage bleu

 

 

 

 

 

- LES QUATRE SYMBOLES DE LA ROBE DE MARIÉE, LE TRAIN BLEU, SARAH BERNHARDT (Mariage bleu)

 

 

 

1/ " LES QUATRE SYMBOLES " DE LA ROBE DE MARIÉE du mariage consistant en quatre objets portés par la mariés en forme de symbolique forte était une coutume traditionnelle venant d'Angleterre à la fin du XIXè siècle.

 

On disait de la mariée lorsqu'elle s'avançait vers l'autel en s'enthousiasmant de l'élégance de sa parure : « Something old, something new, something borrowed and something blue »

 

Ces quatre objets étaient des porte bonheur ou en quelque sorte, des amulettes destinées à conjurer le mauvais sort.

 

 

Il s'agissait pour la mariée, de porter :

- du neuf, symbolisant l'avenir et la réussite du couple

- du vieux, représentant la famille et le passé de la mariée

- du bleu, pour la pureté des sentiments allés à la promesse de fidélité,

- un objet emprunté le jour de son mariage, en témoignage de chance et de bonheur.

 

Ainsi par exemple, la robe pouvait être neuve, une broche ancienne pouvait être portée, des chaussures bleues ou un bouquet également ainsi que des gants de dentelle prêtés faisant l'affaire...

 

 

 

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2/ LE TRAIN BLEU est un restaurant emblématique de l'actuelle gare de Lyon. Inauguré par le Président Emile LOUBET en 1901, il fut construit à l'occasion de l'Exposition universelle de Paris 1900. Désigné d'abord comme Buffet de la gare, il ne prit son nom de Train bleu qu'en 1963 en l'hommage à la fameuse ligne Paris/Vintimille datant de 1868 et partant vers le bleu de la Méditerranée.

 

Son décor fastueux chargé de stucs et moulures dorées, de sculptures, de lustres, de fauteuils club et de banquettes d'apparat, mais aussi et surtout de 41 peintures et fresques très larges représentant des vues et décors symboliques des principales villes et étapes desservies par la compagnie des chemins de fer P.L.M. (Paris-Lyon-Méditerranée) et d'évènements importants, a très tôt fait la réputation de ce lieu.

 

Cette décoration fut confiée à de nombreux peintres réputés ou très en vue à l'époque. Ajoutons que les vastes salles à manger comme les petits salons bénéficiaient de boiseries, de parquets polis, de meubles d'acajou et d'autres vases et accessoires argentés. La vaisselle, l'argenterie et naturellement la qualité du service de restauration n'étaient pas en reste. Les fresques de sites (Mont-blanc) et de villes de France (Paris, Lyon, Marseille, Orange), mais aussi d'Afrique du Nord (Alger, Tunis), de monuments (Pont Alexandre III), ou représentant des personnalités et artistes à la mode (Sarah Bernhardt, Edmond Rostand), contribuèrent à l'aspect magnifique, exotique et mythique du restaurant.

 

Ce restaurant reste à ce jour l'un des plus vivants souvenirs de la Belle époque et du Paris de 1900. Il n'a cessé d'être fréquenté par des artistes (Sarah Bernhardt, Réjane, Salvador Dali, Jean Gabin...), écrivains (Colette, Edmond Rostand, Jean Cocteau, Marcel Pagnol...), hommes politiques (André Malraux, François Mitterand...) et tant d'autres...

Sa table est fameuse et sa cave prestigieuse. 

 

Pour y être allé il y a peu, je vous recommande vivement ce restaurant qui vous offrira bien plus qu'un simple repas, une ambiance !

 

 

 

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3/ SARAH BERNHARDT (1844/1923) qu'il n'est guère utile de présenter sauf qu'ici, au Train Bleu et par mon poème (Mariage bleu), elle en est l'hôte prestigieuse.

 

Elle fut l'une des plus grandes de nos artistes du monde du théâtre. Appelée " la voix d'or " par Victor Hugo, " la divine " ou " l'impératrice du théâtre " par d'autres, ou bien encore par Jean Cocteau " le monstre sacré ", cette actrice célèbre fut la référence du théâtre sur cette fin du XIXè siècle puis le début du XXè.

 

 

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Affiche d'Alphonse Mucha.

Voir l'article réalisé par Françoise M. sur les peintres et leurs portraits photographiés " Un visage sur un peintre ", sur son excellent blog :  ICI

 

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Saison 4, Episode 7, Chaton rose

 

 

 

 

 

 

- FEUTRE & PEAUX DE LAPINS, RETOUR DE PABLO (PICASSO) AU BATEAU-LAVOIR (PÉRIODE ROSE) & RENCONTRE DE FERNANDE DONT LE CHATON OFFERT (Chaton rose)

 

 

 

1/ FEUTRE & PEAUX DE LAPINS sont indissociables et correspondent à la fabrication de chapeaux. En ces XIXè et début du XXè siècle, les chapeaux de feutre haut de forme et melons sont une florissante industrie.

 

Apparus au début du règne de Charles VI au XIVè siècle, les premiers chapeaux de feutre sont alors fabriqués avec des peaux d'agneaux puis de castors. Après de nombreux conflits entre les corporations de chapeliers et les régimes successifs à grand renfort de réglementations royales successives imposant le choix de peaux de castors et limitant par exemple celui de 1/2 castors faits par un assemblage de castors et de peaux de poils diverses, on songea un instant, en 1760, à se tourner vers d'autres fabrications moins couteuses mélangeant par exemple de la laine et de la soie brillante.

 

Et ce n'est qu'au XIXè siècle que la peau de lapin finit par détrôner la peau de castor. Mais cette nouvelle industrie du poil s'opposa bien vite à la concurrence étrangère allemande et britannique. Ce n'est qu'à partir de 1848, mettant fin à des contraintes de prohibition (!) que l'industrie française optimisa le ramassage des peaux de lapin en les récupérant dans toutes les provinces pour les livrer à Paris, centre des couperies de poils, en recrutant à tour de bras des colporteurs et chiffonniers. Notons que les plus efficaces furent les Auvergnats qui dominèrent largement le commerce des peaux.

 

Au début du XXè siècle, ce n'était pas moins de... 80 millions de peaux de lapins qui étaient récupérées ! Partout dans les campagnes, les restaurateurs, ménagères, paysans, cuisinières ou fermières les mettaient soigneusement de côté pour les revendre aux chiffonniers chineurs

 



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 2/ RETOUR DE PABLO (PICASSO) AU BATEAU-LAVOIR & RENCONTRE DE FERNANDE à Paris après de nombreux aller-retours entre Barcelone et Paris. La " période bleue " de Picasso commencée avec la mort de se ami Carlos Casagemas en 1901 (voir ci-avant) s'achève vers 1905.

 

Picasso laisse son ancien atelier de la rue Gabrielle et s'installe alors en 1904 au " Bateau-Lavoir ", Cité d'artistes se tenant Place Émile Goudeau (18ème). Il y vit de misère jusqu'en 1909, mais conservera son atelier jusqu'en 1912. Cette vaste demeure faite de bric et de broc comprend des " logements " d'une pièce distribués de par et d'autre d'un étroit couloir faisant penser aux coursives d'un bateau. " Ancrée " contre une falaise donc avec le 1er étage en rez-de-chaussée, la " maison du trappeur " (nom d'origine) disposait depuis des modifications faites en 1889 d'ateliers d'artistes situées à l'arrière de la bâtisse. De nombreux artistes s'y succédèrent donc des italiens et des espagnols. Entre autres : Maxime Maufra, Paul Gauguin, Paco Durrio, Juan Gris, Amedeo Modigliani, Pierre Mac Orlan, Max Jacob ou encore le Douanier Rousseau... C'est Max Jacob qui aurait donné le nom de " lavoir " au " bateau " car la maison ne comportait qu'un seul point d'eau !

 

Picasso plus heureux malgré ses finances au plus bas et cette vie de Bohème (d'où son pain qu'il ne veut quémander dans mon poème " Chaton rose "), y entame sa " période rose " avec en début de cubisme, " Les demoiselles d'Avignon " 

 

 

 

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atelier de Picasso :

 

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 3/ RENCONTRE DE FERNANDE DONT LE CHATON OFFERT. Amélie LANG est née en 1881 et après avoir vécu une enfance malheureuse élevée par sa tante (surtout) et son oncle, elle s'enfuit du domicile familial. Rencontrant un jeune sculpteur, elle s'amarre au Bateau-Lavoir...

 

En 1900, elle fait l'impasse sur son nom et ses souvenirs d'enfance sinistre et choisit de s'appeler Fernande OLIVIER. Grande et belle, elle pose pour différents artistes dont certains sont célèbres, en plus de son amant de sculpteur et grâce à ses gains " fait tourner la marmite " (elle est très sensuelle, mais non vulgaire). Avec ses revenus, on peut également se chauffer.

 

Pablo PICASSO la remarque vite et la regarde si amoureusement lorsqu'il la croise qu'elle ne manque pas de s'en rendre compte. Seulement, assez distante, il faudra à Picasso de la patience pour parvenir à la séduire. Elle a écrit dans ses souvenirs : Il y a dans la maison un peintre espagnol qui me regarde avec de grands yeux lourds, aigus et pensifs à la fois, plein d'un feu contenu et si intensément que je ne puis m'empêcher de le regarder moi aussi ".

 

N'y tenant plus, Picasso eut l'idée de lui offrir un chaton abandonné (il y en avait des dizaines) ramassé sur le trottoir du Moulin de la Galette par un soir pluvieux... Elle n'y résista pas... Par la suite, Picasso éleva une souris blanche dans un tiroir. Fernande, malgré le côté macho, dominateur et exclusif de Picasso (il lui interdisait de poser pour les autres et refusait de lui donner des cours de dessin alors qu'elle montrait de sérieuses dispositions pour la peinture) aura eu un effet fort bénéfique pour Picasso entrant dès lors dans sa période rose...

 

 Toiles de Picasso avec Fernande pour modèle :

 

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Saison 4, Episode 8, De profundis

 

 

 

 

 

- PHTISIE (TUBERCULOSE) & SANATORIUM, CIMETIÈRE DE MONTMARTRE

 

 

1/ PHTISIE (TUBERCULOSE) & SANATORIUM sont le mal de la fin du XIXè et du début du XXè siècle. Le terme de phtisie, amplement usité au XIXè englobait plus ou moins vaguement un état général affaibli, amaigri, frêle, toussoteux, pour une santé défaillante avec une infection pulmonaire latente ou caractérisée. Ce terme a été écarté par les autorités médicales en 1891. Il faudra attendre Robert KOKH qui mit en évidence le bacille tuberculeux par ses travaux, en 1882, pour commencer à se doter de traitements plus efficaces.

 

Mais la phtisie pulmonaire (il existait d'autres formes de maladie : laryngée, dorsale, hépatique...) connue depuis l'antiquité, a largement marqué la société, la " bonne société ", et la littérature de l'époque, donnant en quelque sorte ses " lettres de noblesse " au Romantisme. Il n'est qu'à lire par exemple " Les misérables " de Victor Hugo à propose de Fantine ou " La dame aux camélias " (d'Alexandre Dumas, paru en 1848) pour s'en convaincre. Touchant par exemple, des jeunes gens ou jeunes filles de milieux favorisés, la phtisie apparaissait alors comme un mal de vivre introspectif ressemblant à une sorte de suicide... De plus, il arrivait qu'on confondit les symptômes d'un mal pulmonaire hautement contagieux avec d'autres pathologies, du fait de la " mode phtisique " sociétale...  

 

La tuberculose faisait des ravages, principalement dans les villes, mais touchait principalement la classe ouvrière moins bien nourrie, mal logée, vivant dans la promiscuité manquant d'hygiène et peu protégée. Ainsi, en 1901, sur 50.000 décès par maladie, la tuberculeuse en revendiquait à elle seule le quart, soit 12.500, frappant aussi bien les deux sexes, enfants, jeunes ou vieux, toutes les classes sociales sans distinction, quoique... On a évalué à 10 millions de morts, les victimes de la " peste blanche " (tuberculose) au XIXè. 

 

Le fait d'aérer, de sortir au grand air et de faire bénéficier les malades du soleil et des bienfaits des rivages chauds de la Méditerranée ou de la montagne était déjà bien connu. Le premier sanatorium de France a été construit dans le Pas-de-Calais en 1861, initialement pour des enfants rachitiques. Le premier hôpital " Sainte Marie " cette fois, totalement destiné aux maladies pulmonaires et aux phtisiques fut érigé en Seine Saint-Denis à Villepinte en 1880 par " l'Oeuvres des Jeunes filles poitrinaires ". Autre exemple à BLIGNY (91) quand la " Société des sanatoriums populaires pour les tuberculeux adultes de Paris ", constituée en 1900, construisit un sanatorium en équipant son domaine pour soigner les malades atteints de la tuberculose avec le concours des religieuses de la congrégation des soeurs de Saint-Joseph de Cluny. Ouvert en 1903, l'établissement remporta un vif succès accueillant jusqu'à 600 patients !

 

 

Puis s'appuyant sur des techniques allemandes, ce furent pas moins de 250 sanatoriums qui furent construits entre 1900 et 1950, principalement à la montagne et en bord de mer.

 

 

 

 Robert KOKH :

 

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2/ CIMETIÈRE DE MONTMARTRE installé à l'emplacement des anciennes carrières de Montmartre et se situant " intra muros " dans Paris (depuis 1860) avenue Rachel dans le 18ème. C'est le 3ème cimetière en taille, après ceux du Père-Lachaise et de Montparnasse, s'étendant sur 20 hectares pour 20.000 concessions. Suite aux travaux du Baron Haussmann, un " pont " traverse le cimetière (le pont Caulaincourt que j'évoque dans mon poème : De profundis). Construit en 1888, il fit largement scandale !

 

Un grand nombre de personnages illustres et de personnalités y sont enterrés. Nommons entre autres :  Ampère (physicien),  Rose-alphonsine Plessis (la Dame aux camélias), Hector Berlioz (musicien), Dalida (chanteuse), Feydeau (auteur dramatique), Michel Galabru (acteur), Louise Weber (La Goulue), Sacha Guitry (acteur), Jeanne Moreau (actrice, chanteuse), Offenbach (musicien), Poulbot (dessinateur), la famille Sanson (boureaux officiels de Paris, de père en fils), Henri de Ségur (Maréchal de France), Stendhal (écrivain), Ludmilia Tchérina (Danseuse), François Truffaut (réalisateur), Alfred de Vigny (écrivain) et Émile Zola (en cénotaphe puisque ses cendres furent transférées au Panthéon en 1908).

 

Le pont Caulaincourt...

 

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Berlioz

 

 

 

 

 

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Dalida 

 

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08/02/2019
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De profundis

 

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Emile FRIANT " La Toussaint "

 

 

 

Ce magnifique tableau d'Émile FRIANT, qui reçut une médaille d'or à l'Exposition universelle de Paris de 1889

(donc bien en rapport avec Laurine qui a visité cette exposition...)

a fait l'objet d'un article très intéressant rédigé par mon amie Françoise M.

que je vous invite à consulter sur son blog =>  ICI

 

 

 

 

 

 

Mozart " Requiem " 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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De profundis

 

 

 

 

 

Il a laissé sa vie, doucement et sans bruit,

Prenant le grand voyage au levain de l’aurore.

D’avoir trop courtisé la farine en ses fruits

La phtisie l’emporta pour la fête des Morts.

 

Laurine avait tenté toutes sortes de soins,

Le sortant sur la Butte en gerbes de lumière,

Lui donnant du soleil, devançant son besoin

De souffler au grand air à l’aube coutumière.

 

Et puis lui refusant la fuite en désespoir,

Elle l’avait conduit vers d’autres médecines,

Lui ouvrant l’appétit des douceurs et des poires

D’un grand sanatorium, de son parc et piscine.

 

Mais c’était compter sans le destin contagieux

Des enfants miséreux qu’il revivait en fièvre,

Leur portant trop souvent de ses pains prodigieux,

Pour leur faim pulmonaire en souffrance de plèvre.

 

Après l’extrême-onction, Saint-Pierre ouvrit le glas.

On arrêta l’horloge empêchant que l’on souille

 L’âme du boulanger, puis enfin l’on régla

Le chapelet nacré veillant sur sa dépouille.

 

La Maison « Cœur de pain »  s’est voilée de Grand Deuil.

Le fournil s’est éteint tandis que l’on encrêpe

Les salons, le comptoir et le piano du seuil.

Jean n’est plus, mais sa maie n’a pas voulu du crêpe.

 

Ils se sont rassemblés, ses compagnons perdus,

Ne pouvant approcher l’autel sans confidences,

Sans partager le pain du vieux chantier ardu,

Puis ils se sont blottis, priant la providence.

 

Sous le pont Caulaincourt, le cortège stoppa

Face aux stèles illustres chevauchant l’histoire,

Fleurissant le chagrin qu’un voile enveloppa,

Le convoi se figea dans l’hommage oratoire.

 

Montmartre a recouvert sa mémoire de pleurs

Embrassant son défunt de camélias funèbres.

Meurtrie près du tombeau succombant sous les fleurs,

« Sa Demoiselle » offrit son cœur hors des ténèbres.

 

 

 

 

 

 

 

Épitaphe

 

À Jean le Compagnon de la Butte orpheline

Que nous accompagnons par l’amour de Laurine

 

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Avril 2019

 

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18/05/2019
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Chaton rose

 

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Charles Aznavour " La Bohème " 

Cliquer pour écouter cette musique, mais avant ou après lecture du poème afin de ne pas brouiller les paroles...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Chaton rose

 

 

 

 

 

« Peau d’lapin, peau d’lapin ! » Crie-t-il troublant les chats !

Agitant sa clochette en guise de démarche,

Le chineur a fourré sous ses soyeux achats

Une montre brisée, débris d’un patriarche.

 

 

Traquerait bien des chats, mais ce sont des lapins

À défaut de castors que l’on ouvrage en feutre.

Et pourtant sur la Butte un fou mit son grappin

Sur un tendre chaton, se sauvant comme un pleutre.

 

 

Essoufflé, transpirant, Pablo se croit un loup

Emmaillotant sa proie pour un vil sacrifice,

Mais c’est comme un agneau s’écartant des marlous

Que sa belle il séduit, par ce riche artifice.

 

 

Laurine avait prédit qu’à jouer les conquérants,

Pablo n’aurait de toit ni d’ici, ni d’Espagne.

De fait, le revoilà comme un fantôme errant

Entre ses toiles bleues grimaçant sans compagne.

 

 

S’arrimant au Lavoir échoué dans ce Bateau,

Trop fier pour quémander le pain de sa famille,

Il se noie le Pablo, se croit dans un château

N’entend que sa sirène en poses qu’il habille.

 

 

Bien que seul en son art, il peint tel un sculpteur

Modelant son modèle en baisers teints de glaise.

Il en veut à Laurine au regard occulteur

Des cubes disgracieux soulignant son malaise.  

 

 

Mais un jour, il s’arma d’un saisissant chaton,

Le fourrant tout de go dans les bras de Fernande.

Et la voici qui pleure en miaulant à tâtons

La bouche de Pablo, félin de contrebande.

 

 

Lors, il se prit de rire offrant une souris,

Élevant ses petits tel un dieu sur son arche,

Donnant à son esquif l’aube qui lui sourit

Par la rose des vents lui soufflant sa démarche.

 

 

La bohème avait fait du misérable abri

Un logis bien exquis des amis, de sa muse,

Inspirés par le chat sautant comme un cabri

Sur des toiles joyeuses de rose et de ruse. 

 

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Avril 2019

 

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14/05/2019
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Mariage bleu

 



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Cantique : All Glory - Laud and Honor 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mariage bleu

 

 

 

 

Lorsqu’elle s’avança longeant l’éclat précieux

Que les vitraux au sol décoraient de lavande,

Laurine au bras de Jean songea qu’enfin les cieux

Éclairaient son bonheur, prolongeant sa demande.

 

José lui avait dit oui, murmurant au chevet,

Glissant en long baiser aussi doux qu’angélique.

Enfouissant désormais ses fantômes mauvais

Elle saurait l’aimer sans les regards obliques.

 

Enveloppée du voile enrobé des couleurs

Qui filtraient sous la nef comme des fleurs d’ogives

Son âme vint croiser l’amour sans la douleur

Et son cœur s’adossa dans la foi sans dérives. 

 

Sa Chantilly de soie couvrit les vœux du temps

 Dans l’échange d’anneaux glissés comme corolle,

S’offrant brodée d’espoir aux rives du printemps

Décorant les travées de larmes sans paroles.

 

Puis l’éblouissement des cloches et vantaux

S’ouvrant dans le soleil en couronne de roses,

Pétales de lumière aux parfums orientaux,

Mira sa frange d’or aux peintres sous hypnose.

 

La mode d’Angleterre avait guidé son choix 

Des quatre objets secrets versés comme une obole :

Robe neuve et vieux gants, mantille en plumes d’oie

Que lui prêta Maureen et fleurs bleues du symbole.

 

L’horizon prit l’azur au banquet du « Train bleu »,

Du ballet des garçons chargés de plats en vogue

 À la chorégraphie d’un décor fabuleux

Révélant l’apparat des fastes du prologue.

 

Soudain Sarah Bernhardt se fit la promotion

Sous les fresques dorées de quelques vers de Phèdre

Envoûtant les convives tremblant d’émotion

Dans cette antre de stuc, d’orient en bois de cèdre.

 

Quand la pièce montée, complice du repli

Vers la Sérénissime, invita nos idoles

 Se berçant au ballast bordé du wagon-lit,

Tous deux dans le train bleu révèrent des gondoles.

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Mars 2019

 

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11/05/2019
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Vercingétorix

 

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Ben-Hur : Parade of the Charioteers

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Vercingétorix

 

 

 

 

Galopant tels des lions reprenant leur essor,

Les cavaliers gaulois prolongent l’artifice

D’enfoncer les Romains en priant que leur sort

Soit de mourir vaillants sans un vain sacrifice.

 

Le frisson partagé par ces mâles tribus

Résonne et fait trembler la foule palpitante

Quand soudain se déploient sans leurs vils attributs

Des amazones d’or, félines, excitantes.

 

La pantomime illustre opposant à César, 

Lucter dit le Cadurque en cours de fiançailles

Et Vercingétorix aussi vif qu’un lézard

Soulève des vivats dont la piste tressaille.

 

Ah, comme on s’y croirait, tant l’ultime tableau

Incendiant les vestiges d’Alésia soumise

Emporte les clameurs de Laurine et Pablo ;

Le cirque triomphant vient de doubler sa mise !

 

 L’hippodrome nouveau de Montmartre et Clichy

Inaugure en fanfare le Siècle en son arène !

Pablo seul est venu, mais sans s’être enrichi

Loge rue Gabrielle ayant rompu ses rênes.

 

 L’immense bâtiment vaut bien le Colisée

S’ouvrant aux arts du cirque en colonnes de plâtre

S’élevant dans Paris en soufflant l’alizé

Epris du vent nouveau de cet amphithéâtre.

 

Sept mille spectateurs n’ont pas vu que la main

De Pablo chevauchait la danse des prouesses

Des lutteurs en guerriers, des jongleurs de demain,

Des chevaux alezans et des fauves sans laisses. 

 

Son carnet de croquis se noircit du fusain

Foulant sous les sabots des vaincus en sanguine,

Et se lance en changeant le gui pour du raisin 

Enivrant les druidesses à grands coups de mine.

 

Jamais le Boulevard n’avait autant vibré

D’un tel ravissement quand sortent les mondaines

Comme autant de vestales qu’on exhiberait

Illustrant la réclame du vainqueur des Ardennes

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Mars 2019

 

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08/05/2019
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Charité

 

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Mozart " Requiem - Lacrimosa " 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Charité

 

 

 

 

Dans un dernier sursaut, Victorine enlaça

Ce pauvre enfant ployant dans le brasier horrible,

L’étreignant dans la mort par la peur qui glaça

La foule condamnée hurlant d’un cri terrible.

 

 Pourtant la charité célébrait au Bazar

Une fête joyeuse en tant que bienfaisance

Offerte aux miséreux sans le moindre hasard

Dans l’attrait d’un décor en présence d’aisance.

 

Était reconstituée la rue d’un vieux faubourg

 Au pavé médiéval de tours et d’échauguettes

Et de mâchicoulis en carton qu’on rembourre

D’étoffes et papiers entre stands et guinguette…

 

Des comptoirs surprenants déversaient leur butin 

De draps et de brocarts, de linge ou de dentelle

Et de colifichets gargouillant de lutins

Soutenant leur enseigne happant la clientèle.

 

Victorine était là, maternant les tissus,

Nettoyant au besoin les taches aux tentures,

Louée pour l’après-midi, comptée sans être issue

De la noble assistance offrant les devantures.

 

Ainsi se trouva-t-elle sans aucun souci

Dans ce Bazar béni du Nonce apostolique,

Fleuri par Son Altesse en la sœur de Sissi,

Partageant les bienfaits des pieuses catholiques.

 

Le cinématographe était en projection

Quand soudain s’enflamma l’éther des pellicules

  Brûlant dans sa clameur toutes les directions,

Piégeant les malheureux, soudant les particules. 

 

Prisonniers des tourments, leur sort est un enfer.

Et quand d’horribles gens piétinent le Carmel

D’autres se sacrifient laissant leur corps offert

Aux dames de leur suite, au peuple qu’elles mêlent.

 

Le cœur avait voulu fusionner dans l’honneur

L’héroïque Duchesse et notre blanchisseuse

Sauvant bien des enfants, leur soufflant le bonheur

De prier délivrés de la mort ravisseuse.

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Mars 2019

 

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04/05/2019
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La Savoyarde

 

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La Savoyarde

 

 

 

 

Martelant du contre-ut, elle forgea sa voix

Au creuset d’Annecy fondant l’âme d’alliage

Du côté des massifs et des lacs de Savoie,

Offrant au Sacré-Cœur l’amour de son sillage.

 

Octobre avait plombé l’âpre chemin de croix

Menant vingt-huit chevaux tirant « la Savoyarde »,

Escaladant Montmartre en souffrance qu’accroît

L’embonpoint du bourdon loin de ses Chamoniardes.

 

Ce travail de titan n’est rien devant l’airain

Dont le secret Flamand, de ceux qu’on ne décroche,

A moulé dans les Alpes le son du terrain

Résonnant à Paris en colossale cloche.

 

« Occitan valeureux » en surnom de José

Caresse de ses yeux l’incroyable cortège.

Le Maître compagnon s’imagine doser

La masse du fardier en connaisseur stratège.

 

Le vacarme est partout, dégoulinant de nuit

Des cantons savoyards aux vapeurs de la gare,

Du sable que l’on jette aux pavés sous la pluie,

Des charretiers bridant les chevaux sans égards.

 

Mon Dieu qu’elle en impose la Dame « Paccard »,

Pesant dans les vingt tonnes en lé de dix mètres !

Elle atteindra bientôt, par ce puissant drakkar,

Les rives de la Butte en offrande à son Maître.

 

On la hisse en cortège en priant Saint-Denis

De protéger le bronze d’excès de la houle

En l’arrimant au mas supportant son génie,

Baptisée sans berceau puis bénie par la foule.

 

La Savoyarde aura l’horizon pour clocher

Sonnant loin des alpages, de son campanile

Faisant valser sa robe sans effilocher

Sa rivale d’Eiffel déjà presque sénile.

 

Laurine prévoyante, imagine demain

Fondre de chocolat la cloche brune opaque,

« Françoise-Marguerite » avec un parchemin

Déroulant la splendeur des délices de Pâques.

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Mars 2019

 

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30/04/2019
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