La palette de Pierre

La palette de Pierre

Lexique saison 5


Lexique Saison 5 Episode 14 Clairon

 
 
 
 

 

Saison 5, Épisode 14, Clairon

 

 

 

 

 

 

Lien vers le poème " Clairon " : ICI

 

 

 

 

 

  

 

 

 -  DEUX SONNERIES POUR LE "CLAIRON DE  L'ARMISTICE", SONNERIE DU CESSEZ-LE-FEU, LE WAGON 2419D (DE L'ARMISTICE) (Clairon)

 

 

 

1/ DEUX SONNERIES POUR LE "CLAIRON DE  L'ARMISTICE". Eh oui, chacun pense au 11 novembre 1918, mais les pourparlers avec les allemands ayant duré de très, très longues heures, ce fut le 7 novembre à la Capelle (Aisne) que se fit entendre la première sonnerie.

 

 C'est le Caporal Pierre Sellier qui en eut le premier, l'honneur (il y eut d'autres sonneries relayées évidemment sur le front, ainsi que le 11 novembre). D'ailleurs, quand on évoque "l'armistice", comme son nom l'indique, ce n'est pas tant la fin de la guerre qu'une trêve des combats théorique.

 

Ainsi, quand le clairon retentit à nouveau dans la clairière de Rethondes à Compiègne (Oise)  à la 11 ème heure, du 11ème jour, du 11ème mois de 1918, il ne fut pas le premier ! N.B : l'armistice a été signée dans le fameux wagon-restaurant (voir ci-après) à 5h15 du matin, effectif à 11h00, suite aux pourparlers engagés en amont depuis le 8 novembre.

 

Pierre Sellier fut désigné pour accompagner les plénipotentiaires allemands mandatés pour négocier les conditions de l'armistice avec les français et leurs alliés car de fait, il leur fallait traverser les lignes du front sans être la cible des poilus français ! L'officier qui l'a désigné, le Capitaine Lhuillier dont l'unité se tient justement là où la délégation allemande doit passer, informé depuis le matin à 7h, doit attendre le soir à 20h30 après avoir pris les dispositions nécessaires pour préserver le convoi des tirs, puis ordonne au caporal Sellier de remplacer le trompette allemand (Arthur Zubrowski) sur le marchepied du véhicule de tête muni de drapeaux blancs.

 

Chargé de conduire cette délégation, Ô combien importante ! sur ordre du Maréchal Foch, à la Capelle, PC du 171è Régiment d'Infanterie où un officier d'État-Major prendra le relais, le Capitaine Lhuillier fait sonner du clairon l'air du cessez-le-feu pour franchir sans encombre les lignes. Arrivé à bon port, on joua la Marseillaise. Puis, les combats reprirent à minuit... Et ce ne fut que le 11 novembre qu'il put à nouveau le jouer, relayé de part et d'autre du front, par de très nombreux autres Clairons...

 

En août 1919, il obtint le titre de "Clairon de l'armistice", ayant connu son heure de gloire un certain 7 novembre 1918... Par la suite, les américains lui offrirent de participer à une tournée aux USA avec l'American Legion, prenant dès lors la forme d'un show ! Ce qu'il déclina, préférant vivre en France modestement, encore meurtri par la guerre...

 

Il fit don de son clairon, qu'il refusa également de vendre aux américains (...) au Musée des Invalides en 1925, mais la fameuse Maison Couesnon, lui en fabriqua une réplique lui permettant de participer à diverses cérémonies en France dont  la clairière de Rethondes et ce, pratiquement jusqu'à sa mort en 1949 (d'ailleurs engagé dans la Résistance en 1944). 

 

En revanche, l'ultime combat fut conduit à Vrigne-Meuse dans les Ardennes et fit le dernier mort de la Grande-Guerre, Augustin Trébuchon (40 ans) du 415è RI, le 11 novembre à... 10h50 ! Et son compagnon le soldat Delalucque qui devant jouer au clairon le cessez-le-feu à 11h, ne s'en rappelait plus  (la dernière fois qu'il avait joué cet air remontait à 1911) ! C'est son Capitaine qui le lui siffla discrètement...

 

 

L'authentique clairon de l'armistice

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2/ SONNERIE DU CESSEZ-LE-FEU

 

Cet air fait d'un sol (clé de sol - voir mon poème) répété sept fois, fut joué à quatre reprises, à chaque fois dans chaque direction des quatre points cardinaux.

 

 

 

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Le voici :  ICI 

 

 

 

 

3/ LE WAGON 2419D (DE L'ARMISTICE), toujours en place dans la clairière de l'armistice à Rethondes, près de Compiègne (Oise), est en réalité une copie de l'original de 1918, puis de 1940...

 

Il faisait partie d'une ligne de la Compagnie Internationale des wagons-lits desservant les lignes de l'Ouest. Cette voiture restaurant frappée du numéro 2419D faite traditionnellement d'un châssis d'acier et de bois, a pris du service en...1914. Elle fut par la suite réquisitionnée comme beaucoup d'autres, et transformée en voiture salon-bureau pour le général Weygand, puis incorporée au train du Grand-Quartier-Général du Maréchal Foch qui commandait le front de l'Ouest.

 

C'est dans cette voiture que fut signée le 11 novembre 1918 l'armistice, dans une clairière isolée de la forêt de Compiègne à Rethondes, choisie tout exprès pour le passage d'une voie ferrée secondaire depuis Compiègne destinée à l'artillerie lourde mobile, sa discrétion et sa relative neutralité proche du front.

 

En fait, les allemands disposèrent de leur propre train aménagé spécialement ; les français/alliés disposant également du leur, dont cette fameuse voiture.

 

Par la suite, cette voiture historique fut réaffectée au service des lignes de l'Ouest où y déjeunèrent des passagers pour un autre menu (ligne de Saint-Lazare/Évreux)... puis, sous l'impulsion de Clémenceau, elle fut exposée au Musée de l'Armée, des Invalides à  Paris. Mais ce n'est pas fini... Elle fut un peu après réaffectée au service du Président de la République Alexandre Millerand qui visita avec... Verdun en 1920, avant que d'être à nouveau placée dans la Cour d'honneur des Invalides jusqu'en 1927 où elle rejoignit la clairière (élargie) de Rethondes, en grande pompe, dès lors installée dans un bâtiment spécialement dédié.

 

On connaît la suite... 

 

1940 et sa défaite, changeant de camp, mais pas de voiture pour la signature de l'armistice dictée par les allemands aux français le 22 juin 1940. On retire les drapeaux alliés qui la décoraient pour les remplacer par la croix gammée et permettre à Hitler de la fouler de son mépris chargé de rancune. Sur son ordre, le site fut transformé, rasé (sauf la statue du Maréchal Foch) et cultivé (agriculture)... Quant à la voiture doublement historique, elle rejoignit Berlin pour y être exposée jusqu'en 1944. Elle fut détruite par les SS à l'approche des troupes alliées en 1945.

 

Le site de Rethondes fut réaménagé à l'identique en 1950 et une copie de cette voiture portant le n° 2439D y fut installée, avec une extension du musée afférent menée par la suite et notamment en 1992.

 

 

Pour visiter le Mémorial de l'armistice dans la clairière de Rethondes, c'est :  ICI

 

 

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16/10/2019
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Lexique Saison 5 Episode 13 Poteaux

 

 

 

Saison 5, Épisode 13, Poteaux

 

 

 

  

 

Lien vers le poème " Poteaux " : ICI

 

 

 

 

 

 

 - LE CHEMIN DES DAMES DEPUIS LOUIS XV, LES QUATRE CAPORAUX, LES MUTINERIES DE 1917, LA CHANSON DE CRAONNE, ESPIONNES ADULÉES OU HONNIES : Edith Cavell, Louise de Bettignies, Mata Hari (Poteaux)

 

 

1/ LE CHEMIN DES DAMES DEPUIS LOUIS XV n'était en fait à l'origine qu'un raccourci permettant à deux des filles du roi Louis XV, Adélaïde et Victoire, de se rendre plus rapidement au château de la Bôve (commune de Bouconville-Vauclair) appartenant à la Dame d'atours d'Adélaïde, titrée Duchesse Françoise de Narbonne-Lara, afin de la visiter plus aisément. Par la suite et malgré la Révolution Française, ce chemin modifié conserva son nom de " Chemin des Dames ".

 

Cela étant, le site sur lequel serpente ce chemin était connu de toute éternité, puisque dès l'antiquité, les 40.000 romains de Jules César mirent en déroute sur ce plateau du moissonnais près de 300.000 Gaulois/Belges coalisés en 57 av. J-C. 

 

Plus tard, ce fut Napoléon 1er qui, lors de la Campagne de France, avec 37.000 hommes, combattit et défit les troupes Russes et Prussiennes commandées par Blücher (déjà !) disposant de 85.000 hommes à la Bataille de Craonne, le 7 mars 1814.

 

On retrouve en 1870 la construction de deux forts sur ce plateau de Craonne, en défense de Paris.

 

Et bien sûr, ce fut lors des terribles combats espacés durant toute la Grande-Guerre, de 1914 à 1918, que ce chemin des dames laissa définitivement son nom dans l'histoire.

 

Les allemands s'y postèrent dès l'automne 1914, puis la défaite du Général Nivelle qui tentait d'obtenir en avril 1917 une victoire décisive sur les allemands malgré son million d'hommes entre Soissons et Reims, eut pour conséquence, outre les pertes épouvantables des assauts répétés en vain, une perte de confiance dans ses propres rangs, voire les mutineries qui s'ensuivirent... Il faudra attendre octobre 1917 pour conquérir le plateau, à nouveau perdu en mai 1918, pour être finalement libéré en octobre 1918...

 

En juin 1940, de nouveaux combats prirent encore pour cible ce sinistre plateau...

 

 

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Le Chemin des Dames aujourd'hui

 


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La Bataille de Craonne de Napoléon 1er peinte par Théodore Jung (1803/1865)
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Le plateau de Craonne
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Ensemble, un soldat "Marie-Louise" de 1814 et un poilu de 1914
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Le chemin des dames en 1917...

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2/ LES QUATRE CAPORAUX DE SOUAIN furent fusillés par leurs camarades du 336è Régiment d'Infanterie, pour l'exemple au titre de désobéissance devant l'ennemi avec refus " de bondir hors des tranchées ".

 

Cette affaire fit grand bruit, mettant en évidence l'injustice flagrante d'un tribunal militaire (conseil de guerre d'exception) ayant condamné à mort ces quatre militaires, dans la précipitation à peine deux heures avant que n'arrive leur recours en grâce...

 

C'est pour ainsi dire, l'ensemble de leur Compagnie qui, face à la certitude d'être aussitôt fauchée en sortant de sa tranchée devant des mitrailleuses allemandes qui continuaient de hacher les cadavres de leurs camarades accrochés aux barbelés, avait alors refusé d'en sortir, d'autant que la terre était jonchée de cadavres suite aux erreurs de tir de sa propre artillerie qui en avait pilonné le terrain ! N.B : le général Réveilhac fut soupçonné d'avoir fait volontairement bombarder ses propres unités pour les forcer à sortir des tranchées...

 

Mais le général Réveilhac qui s'était acharné à vouloir punir cette compagnie en choisissant deux hommes par escouade, n'obtint que la tête de ces quatre hommes sur les vingt-quatre inculpés. 

 

Ils ont été réhabilités dans leur honneur en 1934 seulement par une Cour spéciale de justice estimant : " que l'ordre donné était irréalisable, que le sacrifice ainsi demandé dépassait les limites des forces humaines et donc qu'un doute subsistait sur la volonté qu'ils avaient eue de commettre le refus d'obéissance pour lequel ils avaient été condamnés et dont ils ne sauraient être tenus pour pénalement responsables ".

 

 

Plusieurs téléfilms retracent ce drame, mais c'est principalement le film de Stanley Kubrick " Les sentiers de la gloire " (1957), d'ailleurs censuré sur les écrans français jusqu'en 1975... qui rend hommage aux caporaux :

- Louis Girard, 28 ans, horloger, marié, 1 enfant,

- Lucien Lechat, 23 ans, garçon de café,

- Louis Lefoulon, 30 ans, cheminot, 1 enfant,

- théophile Maupas, 40 ans, instituteur, marié, 2 enfants.

 

 

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3/ LES MUTINERIES DE 1917  

sont un épisode également tragique de ce conflit, mais fortement prévisible, tant il devenait évident que depuis le début de ce terrible conflit en 1914, la terreur, l'immensité des pertes humaines, l'horreur des conditions "de vie" des tranchées, les maladies, le refus persistant des permissions, le dégoût devant l'absurdité de cette guerre et la stupidité insensée de la plupart des ordres sans oublier l'injustice des Conseils de guerre finissait par envahir les poilus, même parmi les plus patriotes. De fait, les soldats avaient très tôt compris que cette guerre dont les causes ne les concernait pas, allait s'installer pour durer.

 

Il y eut à différents moments, des actes plus ou moins isolés d'insoumission, voire de révolte collective prenant dès lors la forme de mutineries contre le commandement et les ordres de l'Etat-Major jugés imbéciles, inutiles et "criminels". D'autres façons d'exprimer son refus de mourir inutilement, pour des nantis et politiciens qui ne se souciaient pas du sang versé par les paysans (très nombreux et venant donc de toute la France), les ouvriers et les petites gens, consistaient à se laisser faire prisonnier par les allemands, ou à s'auto-mutiler.

 

Mais c'est avec l'épuisement après trois années de guerre, l'apport d'informations laissant croire à sa fin possible du fait notamment de la Révolution Soviétique retirant la Russie du conflit, des actes de fraternisation avec des allemands s'estimant tout autant victimes de la guerre, l'épuisement des femmes à l'arrière et la révolte croissante contre les "fusillés pour l'exemple", ainsi que l'échec cuisant du Général Nivelle au printemps 1917 sur le plateau de Craonne et son sinistre Chemin des Dames, que de nombreuses troupes se mutinèrent. L'histoire a retenu que les "incidents" relevés entre avril et septembre 1917, se portaient au nombre de 117, concernant presque 80.000 hommes, représentant environ 1 soldat sur 15 à 20, malgré les risques énormes encourus. 

 

Bien entendu, on mit sur le compte de la propagande soviétique, de complots politico-syndicaux liés à l'internationale communiste, ou de tentatives de déstabilisation par l'espionnage allemand, ces mutineries. Elles furent impitoyablement réprimées, principalement par le général en chef Philippe Pétain, ayant remplacé le général Nivelle.

 

Les tribunaux militaires sous la forme de conseils de guerre expéditifs cherchant à individualiser des insoumissions collectives, prononcèrent 3.500 condamnations dont 1.381 aux travaux forcés (bagne), 554 à mort dont 49 "seulement" effectives suite au droit de grâce du Président Poincaré (il gracia de 90 à 95 % des condamnés), alors que les fusillés pour l'exemple se montaient à 200 en 1914 et 260 en 1915.

 

Récemment, après plusieurs tentatives de réhabilitation générale de tous ces "fusillés pour l'exemple", notamment à l'approche du centenaire de la Grande-Guerre, et malgré de nombreuses promesses électorales faites aussi bien par MM Lionel Jospin, Nicolas Sarkosy ou François Hollande, le projet de Loi pour leur réhabilitation  ne vit jamais le jour...

 

 

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4/ LA CHANSON DE CRAONNE dont l'auteur anonyme reprit une mélodie de la Belle-Époque (Bonsoir m'amour), fut chantée par les poilus entre 1915 et 1917 et bien souvent, seulement sifflée compte tenu de sa censure par l'autorité militaire y voyant là, matière à subversion antimilitariste et anticapitaliste inspirée des bolcheviques...
 
Elle gagna sa notoriété suite à l'attaque désastreuse du général Nivelle au Chemin des Dames et fut chantée par les mutins de 17 dans environ cinquante régiments.
 
En voici les paroles :
 
 

LA CHANSON DE CRAONNE (1915 - 1917)

 

Quand au bout d'huit jours, le r'pos terminé,
On va r'prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c'est bien fini, on en a assez,
Personn' ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s'en va là haut en baissant la tête.

 

REFRAIN

Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes.
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés !

 

C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la mêm' chose.
Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués,
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,
Nous autr's, les pauvr's purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,

 

REFRAIN


Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu'un qui s'avance,
C'est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

 

REFRAIN

Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront,
Car c'est pour eux qu'on crève.
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l'plateau 

Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau !

 

 

 

 

Le village de Soupir, au pied du Chemin des Dames et du plateau de Craonne,

totalement détruit puis reconstruit

 

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5/ ESPIONNES ADULÉES OU HONNIES : Edith Cavell, Louise de Bettignies, Mata Hari...
 
Selon leur camp, le regard porté sur elles prenait la forme de soupirs pleurant une héroïne ou de mépris laissant une traitresse (là, on employait le féminin...)
 
- Édith Cavell (1865/1915) fut une infirmière, résistante Britannique à l'oppression allemande occupant la Belgique ayant facilité l'évasion de plusieurs centaines de soldats anglais. Elle était une Agent du "Secret Intelligence Service" Britannique, mais ne s'est pas "contentée" d'effectuer ses missions secrètes, se démenant pour venir directement en aide à ses compatriotes.
 
Arrêtée en octobre 1915 avec nombre de ses camarades patriotes du réseau d'espionnage, reconnaissant les faits avec courage, elle est incarcérée à la prison de Saint-Gilles et, malgré la protestation internationale, fut passée par les armes.
 
Sa mort ignoble en fit une martyre doublée d'une héroïne populaire ayant  atteint la " superbe prussienne " par l'indignation qu'elle suscita dans le Monde. Après la guerre, le roi George V assista à ses funérailles en Grande-Bretagne lors d'un hommage national qui lui fut rendu à l'abbaye de Westminster.
 
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- Louise de Bettignies (1880/1918) était elle aussi une Agent secret français, qui, sous le pseudonyme d'Alice Dubois, espionna pour le compte de l'Angleterre, depuis Lille
 
Engagée également dans la résistance contre l'oppression et l'occupation de la Belgique par les allemands, elle oeuvra dès le début de la guerre à monter un vaste réseau d'espionnage, après une formation militaire en Angleterre.
 
Son réseau "Alice", fort d'une centaine de membres, travailla de concert avec le réseau Belge de "la dame blanche" (voir mon poème). Parmi ses informations remarquables, elle signala le train du Kaiser Guillaume II en déplacement secret sur le Front (bombardé sans succès), puis la préparation d'une attaque considérable des allemands du côté de Verdun, mais sans que les autorités françaises y croient...! (voir mon poème)
 
Arrêtée en octobre 1915, rudoyée (coup de crosse à la poitrine), elle en meurt trois années plus tard dans un bagne de Cologne en Allemagne. Sa fin de vie fut terrible, enfermée au cachot dans un dénuement total, refusant de parler, et soutenue par sa foi, d'où son appellation de " Jeanne d'Arc du Nord ".
 

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- " Mata Hari " Margaretha Geertruida Zelle (1876/1917) fut convaincue d'espionnage au service de l'Allemagne, par les autorités françaises et fusillée au polygone de tir de Vincennes le 15 octobre 1917.
 
Elle était ce qu'il était convenu d'appeler alors, une "cocotte" (entre courtisane et prostituée), entretenue par plusieurs hommes, s'habillant à " la Javanaise " (où elle serait née) quand elle n'était pas dénudée (masquant seulement ses seins sous des cumules ouvragées donnant part au mystère : ils lui auraient été arrachés par son mari jaloux), écuyère dans un cirque, danseuse "hindoue", fréquentant assidument pour couvrir ses dettes une Maison Close, mais triomphant auprès du tout Paris avide de spectacles affriolants dans une époque guindée, sous les traits d'une princesse hindoue habillée de sa nudité couverte de plumes et d'aigrettes, courant d'un cabaret à l'autre, d'un théâtre à l'autre, les capitales européennes.
 
Elle ne faisait que peu de cas de la nationalité de ses cavaliers servants. Elle était polyglotte, fréquentant les arcanes du pouvoir. Elle s'amouracha d'un Capitaine Russe au service de la France en 1916, mais il fut gravement blessé et, voulant le visiter hospitalisé près de Vittel, elle rencontra le Chef du service du contre-espionnage français qui lui obtint un laissez-passer pour le Front. Il la convainquit, contre la promesse d'un million de francs, d'espionner pour la France, le Haut commandement Allemand en Belgique, tout comme le lui avait proposé de son côté en 1915 le Consul d'Allemagne à La Haye lui proposant déjà de rembourses ses dettes.
 
Sous son nom de code H21, l'attaché militaire allemand à Madrid qu'elle tenta de séduire, informa ses supérieurs à Berlin des activités de cette femme. Et, fort curieusement, les allemands communiquèrent par message chiffré en utilisant un code fort connu du contre espionnage français...
 
Alors, quand elle fut "démasquée" puis accusée d'espionnage au profit de l'Allemagne, puissance ennemie en guerre avec la France, son sort en fut scellé. N'ayant livré aucun aveu durant son enfermement à la prison Saint-Lazare, et suite à un procès expéditif mené sur trois jours, non graciée par le Président Poincaré, elle fut condamnée à mort pour intelligence avec l'ennemi en temps de guerre.
 
Il est un fait qu'après les mutineries soulevées par la défaite du général Nivelle au Chemin des Dames, la France, remontée par la Presse, s'enflamma contre cette cocotte dénudée espionne allemande alors livrée à la vindicte populaire et réclamant sa mort.
 
Elle fit face avec un grand courage au peloton d'exécution (douze hommes dont un fusil chargé à blanc - tradition permettant aux tireurs de penser que leur propre tir n'était pas mortel) en refusant d'être attachée au poteau, ni le bandeau sur son visage. Elle portait une tenue élégante dont un grand canotier noir. Souriant même aux soldats, elle s'exclama juste avant de succomber : " Quelle étrange coutume des Français que d'exécuter les gens à l'aube ! "
 
Son corps non réclamé fut remis à la faculté de médecine de Paris, et plusieurs de ses organes furent volées comme reliques durant son autopsie...
 
De nombreux films ("Mata-Hari" de 1931 avec Greta Garbo, de 1964 avec Jeanne Moreau, de 1985 avec Sylvia Kristel), émissions de télévision (La caméra explore le temps), livres, pièces de théâtre, musique et même jeux vidéo (!) en ont maintenu le mythe et la mémoire.
 
Était-elle coupable ou innocente, espionne réelle ou simple aventurière ? Une demande de procès en révision demandée en 2001 fut rejetée.
 
 

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 Document INA
 

 


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21/09/2019
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Lexique Saison 5 Episode 12 Gardiennes

 

 

 

 

Saison 5, Épisode 12, Gardiennes

 

  

 

 

Lien vers le poème "Gardiennes" :  ICI

 

 

 

 

 

 

 - LES FEMMES REMPLACENT LES HOMMES, L'ASPIRINE, HÉROÏNES : Duchesse d'Uzés, Marie Marvingt, Émilienne Moreau, Nicole Girard-Mangin... (Gardiennes)

 

 

1/ LES FEMMES REMPLACENT LES HOMMES en cette guerre qui n'en finit pas... 

 

 

Et comme j'avais pu le dire en prélude à cette Saison 5, elle ne subissent pas seulement le sort de mères, de veuves, de soeurs ou de jeunes filles éplorées, mais celui de femmes ayant pris en main l'avenir de la France à travers le remplacement et la relève indispensables des hommes partis.

 

 

Elles occupent avec détermination, courage, talent et sacrifice, tous les emplois dictés par la guerre et l'urgence dans les usines d'armement, les industries, l'agriculture, les forêts, le commerce et l'artisanat, les métiers de bouche et notamment la boulangerie comme la boucherie, la restauration, la pêche, la fonction publique et l'administration, la construction et la voirie, l'énergie, la science et la recherche, la finance, le théâtre, les villes, la circulation, les transports, la santé, l'école, etc. et... tout ce qui touche à leur famille avec les enfants, comme d'habitude...

 

De plus, ne pouvant s'engager comme les hommes à moins de tricher sur leur sexe (voir ci-après Marie Marvingt), elles se font espionnes au service de la France comme Louise de Bettignies (morte en septembre 1918 dans un bagne allemand) ou... Mata-Hari au service de l'Allemagne.

 

Enfin, outre leur investissement comme munitionnettes au nombre de 420.000 à la fin du conflit, fabriquant 55.000 obus par jour et soulevant chacune environ 35 tonnes d'obus (de 7 kg) par jour, pour une manutention de 2.500 obus/jour passant entre leurs mains... relève de l'incroyable !

 

Et c'est bien comme infirmières, secouristes de la Croix Rouge et bénévoles oeuvrant près des soeurs qu'elles portent témoignage de leur dévouement le plus absolu. Quant aux marraines de guerre (voir poème "Marraines"), elles entretiennent une correspondance suivie avec leurs filleuls n'attendant qu'un geste d'humanité depuis le fond de leurs tranchées.

 

 

 

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2/ L'ASPIRINE des " Usines du Rhône " a elle aussi, mené sa bataille...

 

 

 C'est en effet, le pharmacien Félix Hoffmann qui mis au point en 1897 un procédé industriel fixant l'acide acétylsalicylique sous la forme de comprimés stable à des fins thérapeutiques avérées. Le laboratoire de recherche Bayer, brevetant le procédé, et le déposant en Allemagne en 1899 sous la marque "Aspirin" le produit alors sous forme de granulés puis rapidement de comprimés à une échelle internationale pour un succès foudroyant. 

 

La suite du feuilleton commercial est digne des thrillers actuels... L'aspirine est importée en France par un agent des laboratoires Bayer (Vicario), puis commercialisée sous le nom de Vicario avant que de son côté Bayer ne crée sa propre filiale française. Puis en 1902, la Société chimique des usines du Rhône (S.C.U.R.) rachète les droits d'exploitation des procédés de fabrication pour exploiter son médicament sous la marque "Rhodine". 

 

Survient la guerre de 1914, avec la mise sous séquestre du laboratoire Bayer suite au Décret du 27 septembre 1914 interdisant tout commerce avec l'ennemi.

 

Dès lors, le nom même d'aspirine devenant un nom générique appartenant au domaine public, la S.C.U.R. dépose en janvier 1915 la marque " Aspirine Usines du Rhône " puis obtient rapidement le monopole de la fabrication de l’acide acétylsalicylique, ce qui, avec la guerre, lui rapportera de très, très gros bénéfices...

 

Les journaux, la "réclame" et des affiches rappellent à tout va de " Ne prendre que de l'aspirine - Usines du Rhône - pure de tout mélange allemand ", " meilleure que le produit boche "... De fait, l'aspirine française devient un redoutable allié patriotique rejetant " la Bayer " outre Rhin !

 

 

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3/ HÉROÏNES : Duchesse d'Uzés, Marie Marvingt (et l'autochir) Émilienne Moreau, Nicole Girard-Mangin...

 

 

 Elles furent plus nombreuses qu'on ne le pense, ces héroïnes, savantes comme Marie et Hélène CURIE, titrées telle la Duchesse d'Uzès, sportives ainsi que Marie Marvingt le démontra, engagées comme Émilienne Moreau, victime des bourreaux telle Louise de Bettignies ou bien encore médecin à Verdun comme Nicole Girard-Mangin.

 

N.B. Je ne mentionne leur parcours que jusqu'au conflit de 1914/1918. Il est facile d'obtenir davantage d'informations sur ces femmes admirables, sur Internet ou des encyclopédies traditionnelles.

 

 

- Anne de ROCHECHOUART DE MORTEMART, Duchesse d'Uzés, au parcours atypique, artiste, sculptrice, auteur, Maître d'équipage, musicienne, élue en 1902 Présidente de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, 1ère femme Lieutenant de Louveterie (!), pionnière de l'automobile (réputée d'ailleurs pour avoir été également la 1ère verbalisée de l'histoire pour excès de vitesse au Bois de Boulogne à 15 km/h contre les 12 tolérés...), fit voter une loi pour que les femmes disposent librement de leur salaire en 1907.

 

Durant la guerre, elle présida l'association " formations chirurgicales Franco-Russes " ayant pour objectif de créer des centres de soins mobiles par des camions automobiles équipés de tables d'opération et de radiologie servis par des équipes chirurgicales. Ce sont les fameuses " autochirs ".

 

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- Marie MARVINGT surnommée " La fiancée du danger " était une sportive accomplie, polyvalente, bien connue avant guerre par ses exploits en cyclisme (!), tir, natation, alpinisme, luge et ski, athlétisme, escrime, équitation et... aéronautique en ballon libre et aéroplane ! Elle obtint la Grande médaille d'or de l'Académie des Sports en 1910, toutes disciplines confondues.

 

1ère femme à participer au Tour de France cycliste en 1908, mais partant après le départ des hommes, n'étant pas autorisée à concourir avec eux, elle termina pourtant au même titre que les 36 finalistes sur les 114 coureurs masculins... Pour ce faire, ne pouvant rouler à vélo en robe, elle créa la jupe-culotte !

 

Brevetée pilote-aviateur, ayant d'ailleurs réussi le 1er vol féminin vers l'Angleterre, en ballon, elle fut la 3ème femme au Monde a obtenir ce fameux Brevet. 

 

Un peu avant la guerre de 14/18, elle conçoit les plans d'un avion-ambulance, mais sans succès de réalisation face aux différentes tracasseries de l'époque et malgré l'intérêt du Ministre de la Guerre. Elle avait déjà à son actif 900 vols sans accident...

 

Durant le conflit, elle force le destin en parvenant à s'engager dans l'aviation française, participant à deux bombardements. Malgré ces faits d'armes (Croix de guerre obtenue), l'armée lui refuse de poursuivre plus avant. Devenant infirmière-majeur près un chirurgien de Nancy, elle choisit de rejoindre le Front et, pour y parvenir, se déguise en homme intégrant le 42è Bataillon de chasseurs à pied sous un nom d'emprunt.  

 

Elle est démasquée après 47 jours passés au feu, en 1ère ligne ! Elle doit alors quitter les combats, mais le Maréchal Foch l'autorise cependant à rejoindre le 3è Régiment de chasseurs alpins comme infirmière-correspondant de guerre. Grande skieuse, elle évacue les blessés du Front Italien à skis...

 

 

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Dans les tranchées, déguisée en homme...


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- Émilienne MOREAU : article déjà paru dans " Saison 5 , Épisode 11, Rayons ", accessible en suivant ce lien

 

 

 

- Nicole GIRARD-MANGIN fut une autre grande figure de la Grande-Guerre, et pas seulement. Médecin, ce qui pour une femme restait à l'époque l'exception, elle intégra un dispensaire anti-tuberculeux à Beaujon, après avoir repris ses études de médecine puis obtenu sa thèse sur les poisons cancéreux en 1906, suite à son divorce.

 

Durant la guerre, elle rencontra une situation administrative cocasse puisque cherchant à s'engager en tant que Docteur Girard-Mangin, elle le fut par l'État-Major qui n'imaginait pas un instant qu'il s'agissait d'une femme !

 

Cela étant, l'armée recherchant des médecins, on l'affecta à Verdun, sous les bombardements, pour soigner les victimes du typhus. Les gradés se penchèrent alors sur une question d'importance :  l'uniforme qu'il fallait lui trouver, aucune femme n'étant affectée à la médecine militaire, pour lui trouver finalement celui des doctoresses de l'armée Britannique !

 

Refusant d'évacuer les lignes malgré les ordres, elle prit la tête d'un convoi protégeant "ses blessés", sous les bombes, alors qu'elle était elle-même blessée au visage, pour continuer de prodiguer soins et secours. Elle fut ensuite affectée dans la Somme puis au Pas-de-Calais.

 

En décembre 1916, elle fut nommée Médecin-Major, malgré les fortes réticences de l'administration militaire, avant que de diriger à Paris l'hôpital Edith-Louise Cavell, puis de s'investir auprès de la Croix-Rouge.

 

Elle ne reçut aucune décoration, ni médailles, ni citations... Ce sont ses anciens frères d'armes, les poilus, qui, en reconnaissance de l'aide et des soins qu'elle leur apporta au Front, lui décernèrent une plaque commémorative...

 

 

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avec ses infirmières

 

 

 

 


13/09/2019
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Lexique Saison 5 Épisode 11 Rayons

 

 

 

 

 

Saison 5, Épisode 11, Rayons

 

 

 

 

Lien vers le poème "Rayons" : ICI

 

 

 

 

 

 

- LES "PETITES CURIE" ET LA RADIOLOGIE, LE FUSIL "LEBEL", LE TYPHUS & LA GRIPPE ESPAGNOLE, L'HÉROÏNE DE LOOS (Rayons)

 

 

1/LES "PETITES CURIE" ET LA RADIOLOGIE. Marie Curie - c'était dans sa nature - était une femme d'action, volontaire et passionnée, ne pouvant rester inactive, surtout quand éclata le conflit de 14/18.

 

Aussitôt, elle voulut se rendre utile. Elle songea aux progrès considérables que la radiologie dont elle était pionnière, pourrait apporter aux victimes de la guerre, à tous ces hommes blessés dont on ignorait, faute de pouvoir les déceler avec précision, où se nichaient dans leur corps, ces éclats d'obus, de shrapnels ou ces balles faucheuses... Elle avait pu constater que fort peu d'hôpitaux disposaient d'appareils à rayons X.

 

Elle conçut donc des grosses automobiles transformées en unités chirurgicales mobiles équipées de matériel radiologique et médical, disposant d'un chauffeur, d'un médecin et d'un manipulateur radio. Récupérant par des dons ou prêts  de généreux bienfaiteurs, environ 200 véhicules, elle entreprit de les transformer en les équipant d'appareils à rayons X Drault, avec l'appui financier de l'Union des Femmes de France et du Patronage National des blessés.

 

Mais il lui fallu faire preuve de détermination et d'opiniâtreté tant son projet ne plaisait pas aux militaires qui voyaient avec réticence cette femme, civile, interférer dans leurs affaires...

 

Puis, avec l'aide malgré tout d'Antoine Béclère, directeur du Service radiologique des armées (ils n'étaient pas tous hostiles), elle créa et développa ces fameuses "petites Curie" comme on les nomma bien vite. Aidée de sa fille Irène, elles parcoururent en s'engageant personnellement, le front, à partir de 1915/1916 s'occupant notamment de blessés intransportables, parcourant de toute part les lignes très proches de l'ennemi et des combats, ne comptant pas leur fatigue et... s'exposant aux rayons qui plus tard, leur coûtèrent la vie !

 

Mais ce n'était pas tout, elle fonda parallèlement un enseignement de radiologie théorique et pratique dans son propre Institut, formant notamment plus de 150 manipulatrices volontaires pour parcourir les zones de combat dans ces "automobiles"...

 

Au total, grâce aux "petites Curie", ce furent plus d'un million de blessés qui furent secourus !

 

Quand bien après la guerre on lui proposa tardivement la Légion d'Honneur, elle la refusa (tout comme son mari Pierre curie en 1903) en disant qu'elle l'aurait accepté si elle lui avait été donnée pour « fait de guerre » à la suite de la mise en place des "petites Curies"...

 

 

 

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2/ LE FUSIL "LEBEL" équipait les poilus de 14/18. Ce fusil " 86 modifié 93 ", tenant son nom du colonel Lebel était considéré comme LE fusil moderne à chargeur, permettant un chargement par culasse à répétition manuelle de 8 cartouches dans son magasin. Il pesait chargé 4,415 Kg et mesurait 1,307 m ou 1,820 m  (près de 2 mètres !) avec sa baïonnette, la fameuse " Rosalie "... À partir de 1916, il fut remplacé par le fusil Berthier qui équipait déjà les troupes coloniales et qui disposait d'un chargeur plus rapide.

 

 

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3/ LE TYPHUS & LA GRIPPE ESPAGNOLE. La Grande-Guerre ne s'est pas seulement illustrée par ses 18,6 millions de morts dont 8,7 millions de civils, au total des pays engagés dans ce conflit, avec les alliés de la France et de l'Allemagne, sans compter ses 21,2 millions de blessés..., mais elle a souffert également de terribles maladies dont la grippe espagnole et le typhus. 

 

- Le typhus et la fièvre typhoïde (voir mon poème "Rayons"), directement causés par le manque d'hygiène des conflits est une maladie déjà bien connue durant l'antiquité sur les champs de bataille (son rôle dans la chute d'Athènes en 430 avant J.C. fut attesté), dans les espaces confinés comme les prisons ou les navires).

 

Cette sorte de "peste historique" ne manqua pas d'endeuiller les lignes de front de la Grande-guerre. Ce sont les rats par leurs puces et les poux qui se font les sinistres vecteurs de cette bactérie, et les tranchées n'en manquaient pas ! Au total, le typhus fit au moins 3 millions de morts entre 1918 et 1922. Durant la Grande-Guerre, les troupes françaises perdirent l'équivalent d'une Division : 15.000 hommes et enregistrèrent pas moins de 14.000 nouveaux cas de typhus chaque mois, mais traités.

 

 

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- La grippe de 1918, appelée communément espagnole, de souche H1N1, amplifiée indirectement et de fait par le conflit, fit 50 millions de morts (Institut Pasteur), voire bien davantage - en intégrant les statistiques mondiales sur tous les continents !

 

Cette terrible pandémie d'origine chinoise ou américaine sans que cela soit affirmé, fit à elle seule davantage de morts que la guerre, dont 200.000 morts rien qu'en France. Comme l'Espagne en publiait des statistiques à la différence de la France qui préférait la discrétion (...), on l'appela "espagnole".

 

 

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4/ L'HÉROÏNE DE LOOS, en la personne d'Émilienne MOREAU-ÉVRARD (1898/1971) fut une jeune femme remarquable, courageuse, combattante, aidant à 17 ans les troupes britanniques contre les allemands qui occupaient sa ville de Loos-en-Gohelle, en créant un poste médical avancé dans sa maison et allant jusqu'à abattre quatre soldats allemands pour protéger les alliés !

 

Elle fut prise en exemple pour la Nation et décorée par le Général Foch, citée à l'ordre de l'armée, puis reçue par le Président de la République française, Raymond Poincaré ainsi que par le roi d'Angleterre, George V.

 

Mais cette patriote engagée, n'en resta pas là. On la retrouve entre les deux guerres comme militante de la S.F.I.O.

 

Puis, durant la seconde guerre mondiale, alors que les autorités allemandes la firent mettre en résidence surveillée à Lillers, elle prit dès 1940 la fuite, traquée par les allemands, pour rejoindre Londres et la Résistance, avant que de revenir en France en 1944. Elle fut l'une des 6 femmes à être faite " Compagnon de la Libération " par le Général De Gaule.

 

 

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07/09/2019
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Lexique Saison 5 Episode 10 Marraines

 

 

 

Saison 5, Épisode 10, Marraines

 

 

 

 

Lien vers le poème "Marraines" :  ICI

 

 

 

 

 

 

 

- MORT D'ALINE CHARIGOT (MAUREEN) & RENOIR AUX COLLETTES, LES MARRAINES DE GUERRE, LES  SECOURISTES, LE THÉÂTRE AUX ARMÉES & SARAH BERNHARDT (AMPUTÉE) RENDANT HOMMAGE AUX CATHÉDRALES MEURTRIES (Marraines)

 

 

1/ MORT D'ALINE CHARIGOT (MAUREEN) & RENOIR AUX COLLETTES. En ce mois de juin 1915 (le 27), s'en allait celle qui fut le modèle, la maîtresse, la muse, l'épouse puis la mère des trois enfants qu'elle éleva avec Pierre Auguste RENOIR (Pierre, Jean et Claude).

 

Morte des suites d'un vilain diabète contracté à la naissance de Claude, mais surtout des terribles soucis engrangés par les graves blessures de ses fils Pierre et Paul, ainsi que de la fatigue due à ses voyages à l'hôpital de Gérardmer, elle quitte son mari le peintre à l'immense talent, âgé et handicapé quatre ans avant lui.

 

Auguste Renoir, installé aux Collettes (voir le lexique ci-avant au poème "La Circassienne") mourra en 1919, sera enterré auprès d'elle au cimetière du château à Nice, avant que leurs dépouilles ne soient transférées à Essoyes, sa ville natale. 

 

 

Renoir - Portrait d'Aline en 1885

 

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Renoir : Portrait d'Aline en 1910

 

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2/ LES MARRAINES DE GUERRE. Il s'agit là d'une institution créée en janvier 1915, dont l'objectif était de soutenir le moral des soldats des régions occupées (dans le Nord et l'Est). Des femmes et des jeunes filles s'étant porté candidates à cette fonction bénévole, se dévouaient pour soutenir psychologiquement et parfois affectivement les soldats, par leur correspondance régulière et suivie.

 

Elle connut un tel retentissement, bien que les hauts gradés s'en méfiaient, craignant qu'elle ne serve l'espionnage (...) qu'elle réapparut en 1939...

 

C'es donc une association "La famille du soldat", soutenue par le Ministre de la Guerre, Alexandre Millerand, qui se monte en 1915, avec le plein soutien moral de la presse. Très rapidement, cette initiative remporta un succès fait d'un grand nombre de demandes de marraines comme de soldats.

 

Plus tard, on remarqua le glissement qui s'opéra entre la nature des correspondances du début entre les marraines et leurs "filleuls", puis ce qu'elle devint par le relais d'une certaine presse à scandale (Fantasio et La vie parisienne) comme prétexte à séduction, scandalisant la bonne société, même quand des mariages s'en conclurent...

 

Ces marraines écrivaient, tricotaient des écharpes, des gants et passe-montagne (voir mon poème) et envoyaient des colis à leurs filleuls dont nombre d'entre-eux étaient orphelins ou sans famille capable de leur écrire. Imaginer ce que pouvait ressentir un soldat sans courrier partageant son quotidien au front parmi ses camarades plus chanceux  était l'une des causes à la création de cette institution.

 

Il est certain qu'à ses débuts, cette institution originelle dont plusieurs associations virent le jour, était soutenue par des Dames patronnesses hautement moralisatrices et d'obédience catholique comme le terme de "marraine" l'indique. Prenons l'exemple d'une mère en deuil écrivant : "Je n'ai plus de fils, je l'ai donné à la France. Rendez-m'en un autre dans la personne d'un soldat séparé des siens".

 

Ces marraines demeurèrent très populaire malgré les très nombreuses critiques mettant en doute leur patriotisme et désintéressement du début pour d'autres raisons de flirt épistolaire, de séduction traitée même de pornographique (!) ou de "vieilles filles cherchant à profiter de l'occasion" comme certains l'écrivaient, sans parler des militaires du Quartier Général qui craignaient une tentative d'espionnage allemand se servant dans les journaux d'annonces codées...

 

 

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La Vicomtesse Benoits d'azu, marraine du Fort de Douaumont

 

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3/ LES SECOURISTES. Très vite également, se développèrent des formations de secourisme sous forme de stages à l'hôpital. De nombreuses femmes, déjà infirmières de leur état, se dévouèrent pour former des religieuses ou des civiles bénévoles aux gestes et soins de secours. 

 

Comme l'on pensait que la guerre serait promptement menée, rien n'avait été prévu en termes de soins hospitaliers. De fait, de nombreux "hôpitaux de campagne" furent vite montés et la formation accélérée d'infirmières fut mise en place avec le soutien de la Croix Rouge Française, mais aussi d'infirmières des pays alliés. 1.000 religieuses furent formées parmi les premières volontaires, puis 7.000 civiles bénévoles (dont Laurine dans mon poème)...

 

L'immense dévouement de ces femmes confrontées soudain à la souffrance terrible des poilus, des jeunes hommes massacrés, mutilés, gazés, grièvement blessés, à l'odeur permanente du sang, de la vermine, aux sanglots et aux cris inhumains lors d'opérations menées la plupart du temps sans anesthésie, mérite respect, reconnaissance et humilité de la Nation !

 

 

Charlotte Maitre, infirmière militaire principale de première classe, reçoit la croix de la Légion d’honneur en 1919 dans la cour des Invalides à Paris,

 

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4/ LE THÉÂTRE AUX ARMÉES & SARAH BERNHARDT (AMPUTÉE) RENDANT HOMMAGE AUX CATHÉDRALES MEURTRIES.

 

Femme et Comédienne d'exception, la "Divine" avait déjà reçu la Légion d'Honneur en 1914 pour "avoir répandu la langue française dans le Monde entier" et pour ses faits de service durant la guerre contre la Prusse en 1870/71. 

 

Amputée de la jambe droite en 1815 suite à une tuberculose osseuse, elle a alors 70 ans, mais cela ne l'empêche nullement  d'exprimer son patriotisme en participant à une manifestation de soutien aux poilus durant l'été 1915. Puis elle se rendra à Reims à l'automne 1916, la ville "où il faut être vue", se portant au chevet de la cathédrale qui a terriblement souffert des bombardements par l'artillerie, y jouant un rôle d'infirmière pour le cinéma.

 

Elle se porte alors au Front pour animer le théâtre aux armées. C'est ainsi, que ce "théâtre aux armées de la République" constitué à l'initiative de la Comédie Française en 1916, s'adjoint auprès de comédiens de talent, d'autres acteurs plus modestes dont des hommes de troupe eux-mêmes pour 234 hommes et 222 femmes ayant assuré gracieusement 1172 représentations devant 1,5 millions de soldats et spectateurs de 1916 à 1919. Chaque représentation se terminait par La Marseillaise.

 

Sarah Bernhardt ne tarissait pas d'éloges pour cette belle et généreuse initiative créée par l'Administrateur de la Comédie Française. Bien qu'amputée, elle se rendit auprès des poilus à chaque fois qu'elle le put, jouant son répertoire, à peine à quelques km des premières lignes du Front. Les acteurs avaient d'ailleurs dû signer une décharge stipulant qu'ils jouaient la Comédie à leurs risques et périls (!)

 

Elle y joua notamment un poème dramatique d'Eugène Morand "Les cathédrales" (voir mon poème), en une pièce "donnant la parole" aux cathédrales meurtries par la guerre ; elle-même y jouant la cathédrale de Strasbourg.

 

Morte en 1923, elle sera honorée par des funérailles (presque) nationales à Paris.

 

 

Sarah Bernhardt jouant devant la Cathédrale de Reims

 

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09/08/2019
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Lexique Saison 5 Episode 9 Faust

 

 

Saison 5, Épisode 9, Faust

 

  

 

 

Lien vers le poème Faust : ICI

 

 

 

 

 

 

 

- TIRAILLEURS & ZOUAVES À QUENNEVIÈRES, FAUST DE GOETHE  (Faust)

 

 

1/ TIRAILLEURS & ZOUAVES À QUENNEVIÈRES furent engagés dès le début du conflit tout comme les autres troupes coloniales rapatriées en Europe. Les tirailleurs Sénégalais ou Algériens comme ici à Quennevières étaient en 1ère ligne. L'État-Major ne s'en souciait guère et l'histoire montra combien ces hommes furent bien souvent considérés comme de "la chair à canons", bien que leur encadrement direct, sous-officiers et officiers, admiraient leur bravoure au combat et leur grande solidarité.

 

Mal chaussés, souvent pieds nus faute de ravitaillement, montant au feu parfois sans préparation d'artillerie, ils versèrent largement - et inutilement trop souvent - leur sang pour la France.

 

Ces hommes avaient été recrutés à l'origine en Afrique parmi les Zouaves. On considérait alors, en 1830 lors de la conquête coloniale de l'Algérie, qu'il était judicieux de s'entourer "d'indigènes" (appellation qui leur resta après). En revanche, fut créé un corps militaire de zouaves (1830 à 1962), composé uniquement de français, redevenant mixte après 1942.

 

Mon grand-père, alors Capitaine, en commanda une compagnie lors de la bataille de Quennevières.

 

Cette bataille, surnommée "l'enfer de Quennevières" (près de la ferme du même nom) se déroula du 6 au 16 juin 1915 en Picardie à l'initiative du général Nivelle. Il voulait marquer un coup d'éclat pour contrecarrer l'enlisement de la guerre dans les tranchées en allumant un contre-feu sur un nouveau front qu'en Artois.

 

Le 6 juin 1915, une large attaque des tranchées allemandes est ordonnée avec un dispositif composé de Tirailleurs et d'un Bataillon du 2ème Zouave complétant un bataillon de soutien d'infanterie, chargé de réduire le saillant ennemi de Quennevières. Malgré les succès du début avec de lourdes pertes humaines, ayant repris deux lignes de tranchées allemandes, ces dix jours de combat jusqu'au 16 juin furent un échec, ou plutôt une victoire à la Pyrrhus, chacun restant sur ses positions initiales ou presque... mais avec 10.300 soldats français tués ou disparus pour quelques mètres de terrain ! Le 2ème tirailleurs perdit 14 officiers et 1.800 hommes.

 

Lorsque des troupes renforcèrent leur position quatre mois plus tard en creusant des boyaux entre les tranchées, elles tombèrent sur un enchevêtrement de cadavres français et allemands indescriptible (voir mon poème " Faust").

 

 

 

Tirailleurs algériens montant à l'assaut

 

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Carte militaire des tranchées de Quennevrières 

(provenant de mon grand-père, le Colonel Jules Pierre Barjonet) 

N.B : La ferme de Quennevrières tout en haut. Tranchées françaises en rouge, allemandes en bleu.

 

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Voici quelques lignes extraites des "Impressions de guerre - 1914/1915" de mon grand-père, suite aux contre-attaques allemandes après l'assaut français du 6 juin :

 

" C'est à une attaque "funéraire" qu'on vit un bataillon de tirailleurs partir à la sonnerie de la charge ! - les réseaux n'ayant même pas été entamés - et l'Historique est obligée d'avouer que "notre artillerie, manquant de munitions, ne put donner à l'infanterie tout l'appui nécessaire " ! Traduisez : aucun appui - et voilà, n'était-ce pas criminel ? Puis, rentrant, décimés, éreintés aux tranchées, il fallait s'atteler à la besogne écrasante des travaux intérieurs, réparer les démolitions des projectiles, les éboulements par les pluies, consolider les abris, en faire de plus solides, de plus profonds, édifier des traverses, multiplier les boyaux de communication, les approfondir aussi, creuser des puisards..."

 

" Leurs ordres (de l'État-Major), nous nous efforçons d'y satisfaire, mais nos demandes, nos réclamations restent trop souvent lettre morte. Par exemple, c'est seulement le 6 décembre que nous recevons des chaussures pour nos malheureux tirailleurs, qui pataugent lamentablement en "sandales", certains même pieds nus, dans les fonds boueux de nos trous ! Et il n'y avait que 80 paires pour tout le Bataillon ; d'ailleurs à cette époque, quelques-uns portaient encore des pantalons de toile !"

 

" La réaction ennemie ne tarde pas à se faire sentir, tout de suite violente, principalement par un marmitage incessant et qui nous prend - formant nous-mêmes un saillant dans leurs lignes - de l'Est, du Nord et du Sud ; - il s'intensifie chaque jour, et l'existence devient infernale dans nos tranchées bouleversées, pleines de cadavres à peine recouverts de chaux vive, et sur lesquels - effroyables "tremplins" élastiques - il nous faut constamment passer... et dans les abris bien peu solides encore, nous devons nous défendre contre deux nouveaux ennemis : les rats et les immondes grosses mouches, vermine redoutable qui commence à pulluler partout ! Aussi les relèves sont-elles fréquentes. Là encore, le Commandement eût dû se faire rendre compte des conditions d'existence de la pauvre piétaille fourbue, abrutie, attendant durant de longues heures, parfois en vain, le manger et le boire, dans le sang, la boue et la pourriture ". 

 

Et pour qu'on se fasse également une idée de ce que rencontraient comme problèmes les gradés en 1ères lignes, en sus du combat, des travaux intérieurs et du quotidien fait de mort, d'angoisse et de vermine, voici un autre paragraphe incroyable, quoique... :

 

" Mais d'autres soucis, d'autres ennuis viennent nous assaillir le jour (après des nuits d'effroi et de vigilance marquée d'échos de tirs NDLR). Même lorsque l'Allemand se tient tranquille, que la pluie - l'horrible pluie "aux doigts verts" - ne nous importune plus après avoir transformé nos terriers en bouges infects, et astreints à des travaux de reconstruction difficiles, longs et éreintants, voici qu'un nouvel ennemi s'insinue peu à peu, insidieusement, sous des apparences bonasses d'abord et limitées, puis chaque jour un peu plus "rinforzando" - telle la calomnie d'illustre mémoire - dans les gîtes des pauvres "exécutants" : la terrible, odieuse et affolante paperasserie, la sacro-sainte Paperasserie que ne pourront faire reculer attaques ni combats, car l'on n'en a jamais autant fait que dans cette triste guerre, et mon frère (Charles Barjonet NDLR) à la tête d'un Régiment, là-bas, aux Éparges, "en sait quelque chose"...

Que de "papelards" à fournir, que de rapports à pondre, grands dieux ! Même et surtout dans les terriers de 1ère ligne, - en lesquels nous n'avons pas le temps de songer... Topos de toute sorte, compte-rendus sur la "progressivité" des travaux ! Des demandes, des explications sur le port du rouleau individuel du fil de fer, sur les braseros, les marmites norvégiennes (de nourriture NDLR) - tandis que les "marmites" allemandes nous sonnent - sur la confection du charbon dans les bois par des équipes spéciales, sur les séchoirs ! J'en passe, évidemment ; mais si nous demandons des grenades pour répondre à celles d'en face, vite on nous en promet, et en les attendant, on nous envoie six fois de suite, un papier nous expliquant la manière de nous en servir... Le 7 janvier, la Brigade renvoie à mon frère un compte-rendu quelconque de patrouille, parce qu'il n'était pas établi sur papier "de format règlementaire" !!! Ah ! Les Jean-F... ! Mais il faut bien, n'est-ce pas, que ces Messieurs des "secondes lignes" s'occupent et passent leur temps - s'ils ne peuvent venir nous voir - entre deux ordres d'opérations. Et en ce qui me concerne, je les vois si bien dans ce beau et splendide château d'Offémont, où il y a tant de belles chambres, tant de commodités... Je les y ai vus... "

 

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2/ FAUST DE GOETHE. Comme je l'indique dans mon poème sous les traits de José (...), mon grand-père, alors Capitaine et commandant une Compagnie de Tirailleurs, trouva sur le corps d'un officier allemand, "pris au combat", ce petit livre du Faust de Goethe (édité en 1912 à Leipzig) ainsi que sa Croix de Fer.

 

Ces "souvenirs", pour terribles qu'ils sont, constituent un témoignage bouleversant - m'ayant d'ailleurs inspiré ce poème "Faust" - montrant que même chez l'adversaire pourtant décrit comme une bête féroce, et à l'instar de l'officier allemand le Capitaine capitaine von Rauffenstein (joué par Érich von Stroheim) du film de Paul Renoir "La grande illusion" , existaient des hommes empreints de philosophie et de poésie sur le sens dramatique à donner à la vie, à l'amour et... à la mort.

 

 

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Est-il utile de parler de Johan Wolfgang von Goethe, né en 1749 et mort en 1832, dont voilà ici la plaque commémorative que j'ai photographiée sur les bord du Rhin à Rüdesheim...

 

Poète de renom, écrivain célèbre, illustre créateur du Faust figurant comme l'une des grandes oeuvres de la littérature allemande, il fut même sollicité par Napoléon 1er lors de l'entrevue d'Erfurt !

 

Son Faust qui passa un accord avec le diable, Méphistophélès lui faisant rencontrer Marguerite... donna lieu au fameux opéra de Charles Gounod en 1859 (en musique d'accompagnement de mon poème Faust), comme d'ailleurs à plusieurs oeuvres lyriques, orchestrales dont "La damnation de Faust" d'Hector Berlioz (1846), mais aussi de Schumann, Wagner, Liszt,  Mahler, Stravinski, ainsi qu'au cinéma : Georges Méliès, René clair avec "La beauté du diable" où jouèrent Gérard Philipe et Michel Simon, ou plus récemment Brian de Palma, et en littérature bien sûr (Heinrich Heine, Pouchkine, Balzac, Tourgueniev, Oscar Wilde, Mac Orlan, Paul Valéry, Marcel Pagnol, Alfred Jarry, Jean Giono, Thomas Mann, Michel Butor, etc.

 

 

 

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03/08/2019
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Lexique Saison 5 Episode 8 Lettres

 

 

 

Saison 5, Épisode 8, Lettres

 

 

 

Lien vers le poème " Lettres " : ICI

 

 

 

 

 

- ALINE CHARIGOT (MAUREEN) MOURANTE & SES FILS BLESSÉS, LES ÉCRIVAINS BLESSÉS, LIEN VERS "MA LETTRE" 

 

 

1/ ALINE CHARIGOT (MAUREEN) MOURANTE & SES FILS BLESSÉS, femme d'Auguste Renoir, ressortit très éprouvée de sa visite à son fils Jean blessé. N.B. Jean fut le grand cinéaste au retentissement international célèbre (1894/1979).

 

Souffrant d'un diabète développé après la naissance de Claude (Céramiste ; 1901/1969), Aline (1859/1915) se rendit fin juin 1915 à l'hôpital de Gérardmer voir son fils Jean grièvement blessé par balle à la jambe droite. Jean, après avoir été Dragon dans la cavalerie, devint Chasseur Alpin et nommé sous-Lieutenant. Victime d'un tir dans le Mont Hohneck d'un "bon tireur Bavarois" (selon ses souvenirs), il manqua de peu l'amputation, mais boita toute sa vie.

 

Le choc fut rude pour sa mère car son autre fils, Pierre (qui fut l'acteur prodigieux qu'on sait - 1885/1952) avait également été grièvement blessé en perdant l'usage de son bras droit en septembre 1914.

 

Après ces terribles émotions et l'aggravation de son diabète, elle mourut deux mois plus tard, quatre ans avant son mari Pierre-Auguste Renoir (1841/1919).

 

 

 

Jean Renoir auprès de son père Auguste en 1914

 

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N.B : si je ne devais retenir qu'un seul film de Jean RENOIR, ce serait peut-être :

"La grande illusion"

 

 

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2/ LES ÉCRIVAINS BLESSÉS dont j'ai déjà parlé ci-avant dans le Lexique (poème "Fauchés"), ont écrit des feuillets, noirci des carnets du fond de leurs tranchées ou lits d'hôpital, qui rassemblés, deviendront les ouvrages et romans de référence sur la Grande-Guerre.

 

Citons pour mémoire, guillaume Apollinaire et ses fameuses "Lettre à Lou", mort en 1918 ; Roland Dorgelès et ses "Croix de bois", Maurice Genevoix avec "Ceux de 14", les lettres de Drieu la Rochelle, Henri Barbusse qui obtint le Prix Goncourt 1916 avec "Le feu", Georges Duhamel médecin/chirurgien qui publia ses mémoires, Blaise Cendrars et... sa "Main coupée", sans oublier les allemands dont Erich Maria Remarque et son célèbre "À l'Ouest, rien de nouveau" ni non plus Ernst Jünger dont la bataille des Éparges (de l'autre côté que Maurice Genevoix) le conduisit entre autre à écrire "Orages d'acier" dont André Gide en dit : " Le livre d'Ernst Jünger sur la guerre de 14, "Orages d'acier" est incontestablement le plus beau livre de guerre que j'ai lu, d'une bonne foi, d'une honnêteté, d'une véracité parfaites".

 

 

Guillaume Apollinaire en 1916

 

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Ernst Jünger, sous-officier allemand

 

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Mais ils ont aussi utilisé comme tous les poilus, des cartes sous franchise postale, sans enveloppe pour faciliter le rôle de la censure militaire.

 

Les officiers n'y échappaient pas et je vous offre ci-après en " devoir de mémoire " copie de cartes échangées entre mon grand-père et mon grand-oncle, tous deux officiers durant la Grande-Guerre.

 

Il n'est de souvenir que l'émotion que ces écrits, sans trop d'espoir de lendemain, suscitent encore aujourd'hui... Pierre

 

 

 

Le verso des cartes se trouve après dans le même ordre

 

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Lettre recto/verso manuscrite puis ensuite dactylographiée

 

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3/ LIEN VERS " MA LETTRE "

 

En novembre 2014, rendant hommage aux veuves de la Grande-Guerre, j'avais écrit ce poème " Lettre " (Lien ICI)

 

 

 

 

Lettre

 

 

 

L’encre à jamais te blesse pauvre amour meurtri

De toi, ma plume est sèche en ton destin brisé

J’ai fleuri les épis fanés par la patrie

Et cueilli les bleuets qui t’avaient tant grisé

 

Ma souffrance est rebelle Ô mon soldat figé

Je porte ton anneau, notre enfant, l’horizon

Je vibre du remords, sentiment mitigé 

De ne t’avoir gardé, passée ta guérison

 

Tu ne savais combler l’absence de mitraille

T’enfouissant dans la laine en chaudes voluptés

Laissant le temps fiévreux avant qu’il ne tiraille

Ces parfums de sursis que nous pensions dompter

 

Tes yeux ne me parlaient, mais pouvaient me pleurer

La détresse infinie dont tu faisais moisson

Blottis dans le passé d’un bonheur effleuré

Nous goûtions le silence aux vapeurs de boisson

 

Pour toi j’avais choisi de planter un lilas

Priant pour que la terre un jour ne te renverse

Et que par son parfum, la paix se profilât

Mais c’était compter sans la misérable averse

 

  L’encre à jamais me laisse à tes lettres froissées

Reçues deux jours après que ma porte résonne,

Que j’ai lues, que j’ai bues, j’en frissonne angoissée

Mon pauvre amour brisé, dans la boue de l’automne

 

 

 

En hommage aux veuves de 14… 

Pierre Barjonet

Novembre 2014

 

 

 

Puis, en prenant appui sur ce poème, j'avais ensuite participé à un concours organisé en 2015 par la plateforme de BLOG4EVER, sur le thème de " Ma plus belle histoire " :

 

 

 

MAI 2015 : CONCOURS DU MEILLEUR TEXTE

 

 

Il s'agissait de rédiger un texte très court (moins de 1000 à 2000 caractères) narrant une histoire émouvante survenue sur la plateforme ; en fait, "sa meilleure histoire".

 

J'avais choisi de raconter tout simplement l'émotion qui m'étreignit lorsque j'avais composé un poème rendant hommage aux veuves de 14/18 dans ma Lettre (lien ICI)

 

 

Voici mon texte (" brut " : sans présentation particulière) :

 

 

- MA PLUS BELLE HISTOIRE SUR BLOG4EVER -

En ce triste novembre mouillé de froid glissant, je m’étais agrippé à l’écran de mes songes. Pris par l’anniversaire de 14/18, me revenait l’écho des repas de famille où s’invitaient les morts. Enfant, marchant dans la glaise champenoise, je m’entendais répondre pour mes souliers crottés que ce n’était pas ma faute malgré mon sobriquet de p’tit poilu. J’imaginais que la boue me happait. C’est elle aujourd’hui que fouille mon écran quand le soir venu je renverse la boîte aux trésors. Devant les photos voilées de l’aïeul, j’ai saisi mon clavier. Ployant sous la mitraille des mots que chevauchaient mes vers engloutissant l’horreur, j’ai endossé le bleu d’une encre souillant de sang la « Lettre » à mon aimée. Puis quand je l’ai postée aux lignes de l’écran, le silence se fit. Pris dans le tourbillon d’une écriture glacée, je devins la victime de l’émotion virtuelle. Mais quand le clairon des messages en rompit la torpeur, découvrant l’empathie du blog, alors tout doucement, j’ai pleuré. 

 

 

J'en avais remporté le 1er prix.

 

 

 

 

 

 


28/07/2019
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Lexique Saison 5 Episode 7 Fauchés

 

 

 

Saison 5, Épisode 7, Fauchés

 

Lien vers le poème Fauchés : ICI

 

 

 

 

- L'ARGOT DES POILUS (extrait), LE SORT DES ÉCRIVAINS DURANT LA GRANDE GUERRE DE 14/18 (Fauchés)

 

 

 

1/ L'ARGOT DES POILUS EN 14/18 (extrait)

 

Exceptionnellement, pour faciliter aussitôt la compréhension du texte, j'ai donné directement sous mon poème "Fauchés" la « traduction » de termes et mots tirés de l’argot des poilus de 14/18 (dont nous en connaissons beaucoup, sans savoir pour autant leur origine) cités dans l’ordre des vers du poème :

 

 

-      Gourbi : abri

-      Célestin-le-miauleur : surnom donné à Célestin réputé pour reconnaître les projectiles qui « miaulent » à leur son

-      Shrapnels : obus à balles ( !) allemands

-      Bourdon : bruit d’obus 

-      Miaulements : d’obus des canons de 75

-      Abeilles : son des balles de fusil

-      Ligne : la ligne du Front des combats (être en 1èreligne, etc.)

-      Douilles bijoutières : les soldats récupéraient les douilles de cuivre pour en   sculpter des objets « souvenirs »

-      Aiguilles à tricoter : la baïonnette !

-      Pinard : du vin rouge

-      Fritz : Désignation péjorative des Allemands

-      Terrier : une tranchée

-      Ballots ou Balochard : imbécile, idiot

-      Mettre les voiles : se sauver, s’en aller

-      Terreux : paysan

-      Totos : poux

-      Tord-boyaux : eau-de-vie

-      Bibine : bière de mauvaise qualité

-      Barda : l’équipement du soldat fantassin

-      Perlot : tabac

-      Bobines : visages

-      Marmites : trous ou cratères pratiqués par des obus de gros calibre

 

 

 

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2/ LE SORT DES ÉCRIVAINS DURANT LA GRANDE GUERRE ne fut pas enviable tant ils ont donné, comme tous leurs concitoyens (ou presque...) de leur sang et bien souvent leur vie. Bien souvent, du fait de leur appartenance au corps des grandes écoles, notamment l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm, ils furent mobilisés comme officiers avec le grade d'aspirant lieutenant.

 

Mais au delà leur situation combattants au front, le naturel reprit vite le dessus et ils se mirent à écrire en noircissant tout ce qu'il pouvait trouver de papier avec autant de bouts de crayons... Dans un premier temps, "le récit immédiat" l'emporta sur des ouvrages ultérieurs prenant davantage de recul. 

 

Henri Barbusse avec "Le Feu" obtint le prix Goncourt en 1916. 

 

Maurice Genevois, officier d'infanterie d'à peine 23 ans affecté en 1915 au 106ème régiment d'infanterie (que commandait mon grand-oncle, Charles Barjonet) adressa régulièrement à son ami Paul Dupuy, Secrétaire général de l'E.N.S. ses feuillets rassemblés en autant de carnets qui composèrent le fameux "Ceux de 14" et notre ami (voir ma romance de Laurine). 

 

Roland Dorgelès au style plus journalistique, avec "Les croix de bois", manqua d'obtenir le Goncourt en 1919 (devancé par Marcel Proust) pour son écriture de rétrospective. 

 

Et parmi les écrivains morts pour la France, honorons la mémoire de :

 

 

- Le Grand Meaulnes : seul roman d’Alain Fournier (1913), mort pour la France le 22/09/1914,

 

 

- « Épis trop mûr » : du poème prémonitoire de Charles Péguy, mort pour la France le 5/09/1914 à 41 ans ! «  Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles (...) Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés" (d'où les deux derniers titres de mes poèmes "Moissons" et "Fauchés"),

 

 

- Petit-Gibus : personnage de « La guerre des boutons », roman écrit par Louis Pergaud, également auteur des « carnets de guerre », mort pour la France le 8/04/1915 (un peu plus tard que dans mon poème…). 

 

Retenons encore, parmi les écrivains « fauchés » au champ d’honneur, Guillaume Apollinaire mort de la grippe Espagnole et des suites d’une blessure reçue en 1916, le 9/11/1918 (à 2 jours de l’armistice…)

 

 

Notons qu'après 1920, le public, lassé par le conflit de 14/18, abandonna cette littérature de guerre.

 

 

Maurice Genevoix :

 

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Lettre de Maurice Genevoix au fils (Georges) du Colonel Charles Barjonet (mon grand-oncle), sous les ordres duquel il servit durant la Grande Guerre, suite à une émission de télévision en 1972...

 

 

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... et lettre à sa fille, Germaine Barjonet

 

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Bulletin des "Revenants du 106ème Régiment d'Infanterie" dont Maurice Genevoix était Président d'Honneur suite au décès de mon grand-oncle, le Colonel Charles Barjonet qui avait combattu, notamment aux Éparges en 1915 avec le Lieutenant Maurice Genevoix alors sous ses ordres.

 

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23/07/2019
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Lexique Saison 5 Episode 6 Moissons

 

Saison 5, Épisode 6, Moissons

 

 (LIEN vers le poème : Moissons : ICI)

 

 

 

- ATTENTAT DE SARAJEVO ET ASSASSINAT DE JEAN JAURÈS, GUERRE DE MOUVEMENT & TAXIS DE LA MARNE (Moissons)

 

 

1/ L'ATTENTAT DE SARAJEVO contre le prince héritier François-Ferdinand ut en quelque sorte le détonateur de la "Grande Guerre" du fait du "jeu des alliances" tant diplomatiques que militaires avec par voie de conséquence l'entrée en guerre en cascade des États, les uns après les autres. 

 

Ainsi, l'assassinat de François-Ferdinand, Archiduc d'Autriche et héritier de l'Empire Austro-Hongrois par un nationaliste Serbe de Bosnie (Gavrilo Princip) à Sarajevo, le 28 juin 1914, ainsi que de son épouse Sophie Marie Chotek, duchesse de Hohenberg, est considéré comme l'élément déclencheur de la guerre de 14/18. Il faut bien comprendre que ce qu'on appelait alors "la poudrière des Balkans" correspondait à des luttes d'affrontements que se livraient l'Est et l'Ouest dans cette région Ô combien sulfureuse depuis au moins 3000 ans...

 

Suite à quoi, l'Autriche-Hongrie, avec le soutien de l'Allemagne, accusa la Serbie d'avoir fomenté cet assassinat. Et suite à son ultimatum déposé le 7 juillet, le gouvernement Serbe, appuyé par la Russie, refusa le 25 juillet que des policiers autrichiens enquêtent sur son territoire. L'entrée en guerre par le truchement des alliances en forme de jeu de dominos devint dès lors inévitable. Ce fut l'embrasement...

 

On se déclare donc la guerre en Europe : avec la Russie dès le 30 juillet, suivie par l'Allemagne et la France début août... D'un côté se situe la "Triple-Entente" réunissant la France, la Grande-Bretagne et la Russie, ainsi que leurs alliés Belges, roumains, Serbes, Grecs ou bien encore Japonais ; de l'autre la "Triple-alliance" réunissant l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et le royaume d'Italie. 

 

Par la suite, les choses évolueront avec l'entrée en guerre d'autres pays tels les États-Unis (en casus belli suite à l'attaque de la marine marchande américaine par l'Allemagne), le Canada et des modifications d'alliances (Italie).

 

 

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2/ L'ASSASSINAT DE JEAN JAURÈS eut un retentissement considérable à peine trois jours avant l'entrée en guerre de la France contre l'Allemagne, perpétré le 31 juillet 1914 au soir, par deux coups de feu tirés contre lui lors de son dîner au café du Croissant, rue Montmartre.

 

Son assassin, Raoul Villain, étudiant en archéologie, était membre de la "Ligue des jeunes amis de l'Alsace-Lorraine", qui, avec ses amis partisans de la guerre contre l'Allemagne, étaient proches de l'Action Française. En 1919, il sera acquitté de ce crime par la Cour d'assise de la Seine, l'un des jurés ayant même déclaré qu'il avait rendu service à la Patrie en clamant :  « Si l’adversaire de la guerre, Jaurès, s’était imposé, la France n’aurait pas pu gagner la guerre » ...

 

Jean Jaurès était en effet, un éminent homme politique investi dans l'action internationale socialiste au titre de la Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO). Durant le mois qui précède l'entrée en guère, il tentera tout pour en éviter l'issue fatale, faisant d'ailleurs planer la menace de la grève générale ouvrière au plan européen, en vain...

 

Après des obsèques tenues le 1er jour de guerre, le 4 août, ses cendres reposent désormais au Panthéon depuis le 23 novembre 1924.

 

 

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 3/ GUERRE DE MOUVEMENT & TAXIS DE LA MARNE 

 

Des deux côtés Français et Allemand, chacun pensait pouvoir en découdre avec l'ennemi en peu de temps, voire pour être de retour en septembre/octobre pour les vendanges...

 

La réalité fut toute autre. La guerre éclair, voulue tout autant par les allemands qui ne pouvaient pas se passer trop longtemps de ses hommes ainsi mobilisés, se transforma bien vite en guerre de mouvement puis s'embourba pour longtemps en guerre de position, avec les fameuses tranchées.

 

L'histoire des taxis de la Marne s'inscrit tout au début de la guerre de mouvement, début septembre 1914 suite au repli de l'aile gauche de l'armée française avec par voie de conséquence un risque majeur sur Paris nettement menacé. Le 6 septembre, s'ensuit la contre-offensive décidée par le général Joffre que l'on nommera "bataille de la Marne". Et c'est le général Galliéni, gouverneur de la capitale qui songea à réquisitionner des taxis parisiens pour conduire au front des unités des 103ème et 104ème régiments d'infanterie, en sus naturellement de leur convoyage parallèle par chemin de fer.

 

 

 

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20/07/2019
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Lexique Saison 5 Episode 5 MARIE

 

Saison 5, Épisode 5, Marie

 

 

 

 

-  MARIE CURIE & SON LABORATOIRE AU QUARTIER LATIN (Marie)

 

Notre physicienne mondialement connue pour ses travaux remarquables traitant notamment des substances radioactives, née à Varsovie en 1867 était polonaise d'origine (voir la référence polonaise dans mon poème...). 

 

Veuve trop tôt de Pierre Curie, mort accidentellement en 1906, elle le remplace comme chargée de cours de physique à la Sorbonne avant que d'être nommée professeur titulaire en 1908 et de devenir ainsi la première femme professeur des universités de France. Elle était déjà la première femme Docteur es physique de France (1903) - reçue 1ère à l'agrégation de mathématiques en 1896 - 

 

Le 25 juin 1903, elle obtient avec son mari Pierre Curie en association avec Henri Beckerel, le Prix Nobel de physique pour la découverte de la radioactivité naturelle, devenant ainsi la première femme honorée d'un prix Nobel ! Mais ce n'était pas fini... Elle décroche un deuxième Prix Nobel le 10 décembre 1911, cette fois seule et en chimie pour avoir isolé du radium métallique et déterminé sa masse atomique par ses travaux sur le polonium et le radium (voir mon poème sur les Suédois). Elle reste la seule femme à ce jour, ayant reçu deux prix Nobel et la seule personne au Monde à avoir été récompensée dans deux domaines scientifiques différents !

 

N.B : Il va de soit que le rapprochement entre ma Romance de Laurine et la vie de Marie Curie n'est que pure création romanesque sortie tout droit de mon imagination - Pierre

Nous verrons la suite de son activité durant la Grande Guerre, dans un autre poème de Laurine.

 

Son nouveau laboratoire, qu'elle inaugure en 1909, faisant suite au hangar abandonné de la rue Lhomond qui lui servait de local avec son mari, se tenait au quartier Latin sur la montagne Sainte-Geneviève (voir mon poème) entre la rue d'Ulm et la rue Saint-Jacques donnant sur une rue rebaptisée aujourd'hui (depuis 1967) rue Pierre et Marie Curie, et abritant l'Institut du radium dont le musée Curie (au n° 1 à Paris 5ème).

 

N.B : C'est donc dans son laboratoire de la montagne Sainte-Geneviève qu'en cet hiver 1914 elle reçoit Laurine, venue la visiter à son tour, après les Suédois rencontrés à Stockholm pour la remise de ses Prix Nobel.

 

 

 

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24/06/2019
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