La palette de Pierre

La palette de Pierre

Lexique saison 5


Lexique Saison 5 Episode 7 Fauchés

 

 

 

Saison 5, Épisode 7, Fauchés

 

Lien vers le poème Fauchés : ICI

 

 

 

 

- L'ARGOT DES POILUS (extrait), LE SORT DES ÉCRIVAINS DURANT LA GRANDE GUERRE DE 14/18 (Fauchés)

 

 

 

1/ L'ARGOT DES POILUS EN 14/18 (extrait)

 

Exceptionnellement, pour faciliter aussitôt la compréhension du texte, j'ai donné directement sous mon poème "Fauchés" la « traduction » de termes et mots tirés de l’argot des poilus de 14/18 (dont nous en connaissons beaucoup, sans savoir pour autant leur origine) cités dans l’ordre des vers du poème :

 

 

-      Gourbi : abri

-      Célestin-le-miauleur : surnom donné à Célestin réputé pour reconnaître les projectiles qui « miaulent » à leur son

-      Shrapnels : obus à balles ( !) allemands

-      Bourdon : bruit d’obus 

-      Miaulements : d’obus des canons de 75

-      Abeilles : son des balles de fusil

-      Ligne : la ligne du Front des combats (être en 1èreligne, etc.)

-      Douilles bijoutières : les soldats récupéraient les douilles de cuivre pour en   sculpter des objets « souvenirs »

-      Aiguilles à tricoter : la baïonnette !

-      Pinard : du vin rouge

-      Fritz : Désignation péjorative des Allemands

-      Terrier : une tranchée

-      Ballots ou Balochard : imbécile, idiot

-      Mettre les voiles : se sauver, s’en aller

-      Terreux : paysan

-      Totos : poux

-      Tord-boyaux : eau-de-vie

-      Bibine : bière de mauvaise qualité

-      Barda : l’équipement du soldat fantassin

-      Perlot : tabac

-      Bobines : visages

-      Marmites : trous ou cratères pratiqués par des obus de gros calibre

 

 

 

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2/ LE SORT DES ÉCRIVAINS DURANT LA GRANDE GUERRE ne fut pas enviable tant ils ont donné, comme tous leurs concitoyens (ou presque...) de leur sang et bien souvent leur vie. Bien souvent, du fait de leur appartenance au corps des grandes écoles, notamment l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm, ils furent mobilisés comme officiers avec le grade d'aspirant lieutenant.

 

Mais au delà leur situation combattants au front, le naturel reprit vite le dessus et ils se mirent à écrire en noircissant tout ce qu'il pouvait trouver de papier avec autant de bouts de crayons... Dans un premier temps, "le récit immédiat" l'emporta sur des ouvrages ultérieurs prenant davantage de recul. 

 

Henri Barbusse avec "Le Feu" obtint le prix Goncourt en 1916. 

 

Maurice Genevois, officier d'infanterie d'à peine 23 ans affecté en 1915 au 106ème régiment d'infanterie (que commandait mon grand-oncle, Charles Barjonet) adressa régulièrement à son ami Paul Dupuy, Secrétaire général de l'E.N.S. ses feuillets rassemblés en autant de carnets qui composèrent le fameux "Ceux de 14" et notre ami (voir ma romance de Laurine). 

 

Roland Dorgelès au style plus journalistique, avec "Les croix de bois", manqua d'obtenir le Goncourt en 1919 (devancé par Marcel Proust) pour son écriture de rétrospective. 

 

Et parmi les écrivains morts pour la France, honorons la mémoire de :

 

 

- Le Grand Meaulnes : seul roman d’Alain Fournier (1913), mort pour la France le 22/09/1914,

 

 

- « Épis trop mûr » : du poème prémonitoire de Charles Péguy, mort pour la France le 5/09/1914 à 41 ans ! «  Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles (...) Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés" (d'où les deux derniers titres de mes poèmes "Moissons" et "Fauchés"),

 

 

- Petit-Gibus : personnage de « La guerre des boutons », roman écrit par Louis Pergaud, également auteur des « carnets de guerre », mort pour la France le 8/04/1915 (un peu plus tard que dans mon poème…). 

 

Retenons encore, parmi les écrivains « fauchés » au champ d’honneur, Guillaume Apollinaire mort de la grippe Espagnole et des suites d’une blessure reçue en 1916, le 9/11/1918 (à 2 jours de l’armistice…)

 

 

Notons qu'après 1920, le public, lassé par le conflit de 14/18, abandonna cette littérature de guerre.

 

 

Maurice Genevoix :

 

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Lettre de Maurice Genevoix au fils (Georges) du Colonel Charles Barjonet (mon grand-oncle), sous les ordres duquel il servit durant la Grande Guerre, suite à une émission de télévision en 1972...

 

 

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... et lettre à sa fille, Germaine Barjonet

 

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Bulletin des "Revenants du 106ème Régiment d'Infanterie" dont Maurice Genevoix était Président d'Honneur suite au décès de mon grand-oncle, le Colonel Charles Barjonet qui avait combattu, notamment aux Éparges en 1915 avec le Lieutenant Maurice Genevoix alors sous ses ordres.

 

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23/07/2019
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Lexique Saison 5 Episode 6 Moissons

 

Saison 5, Épisode 6, Moissons

 

 (LIEN vers le poème : Moissons : ICI)

 

 

 

- ATTENTAT DE SARAJEVO ET ASSASSINAT DE JEAN JAURÈS, GUERRE DE MOUVEMENT & TAXIS DE LA MARNE (Moissons)

 

 

1/ L'ATTENTAT DE SARAJEVO contre le prince héritier François-Ferdinand ut en quelque sorte le détonateur de la "Grande Guerre" du fait du "jeu des alliances" tant diplomatiques que militaires avec par voie de conséquence l'entrée en guerre en cascade des États, les uns après les autres. 

 

Ainsi, l'assassinat de François-Ferdinand, Archiduc d'Autriche et héritier de l'Empire Austro-Hongrois par un nationaliste Serbe de Bosnie (Gavrilo Princip) à Sarajevo, le 28 juin 1914, ainsi que de son épouse Sophie Marie Chotek, duchesse de Hohenberg, est considéré comme l'élément déclencheur de la guerre de 14/18. Il faut bien comprendre que ce qu'on appelait alors "la poudrière des Balkans" correspondait à des luttes d'affrontements que se livraient l'Est et l'Ouest dans cette région Ô combien sulfureuse depuis au moins 3000 ans...

 

Suite à quoi, l'Autriche-Hongrie, avec le soutien de l'Allemagne, accusa la Serbie d'avoir fomenté cet assassinat. Et suite à son ultimatum déposé le 7 juillet, le gouvernement Serbe, appuyé par la Russie, refusa le 25 juillet que des policiers autrichiens enquêtent sur son territoire. L'entrée en guerre par le truchement des alliances en forme de jeu de dominos devint dès lors inévitable. Ce fut l'embrasement...

 

On se déclare donc la guerre en Europe : avec la Russie dès le 30 juillet, suivie par l'Allemagne et la France début août... D'un côté se situe la "Triple-Entente" réunissant la France, la Grande-Bretagne et la Russie, ainsi que leurs alliés Belges, roumains, Serbes, Grecs ou bien encore Japonais ; de l'autre la "Triple-alliance" réunissant l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et le royaume d'Italie. 

 

Par la suite, les choses évolueront avec l'entrée en guerre d'autres pays tels les États-Unis (en casus belli suite à l'attaque de la marine marchande américaine par l'Allemagne), le Canada et des modifications d'alliances (Italie).

 

 

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2/ L'ASSASSINAT DE JEAN JAURÈS eut un retentissement considérable à peine trois jours avant l'entrée en guerre de la France contre l'Allemagne, perpétré le 31 juillet 1914 au soir, par deux coups de feu tirés contre lui lors de son dîner au café du Croissant, rue Montmartre.

 

Son assassin, Raoul Villain, étudiant en archéologie, était membre de la "Ligue des jeunes amis de l'Alsace-Lorraine", qui, avec ses amis partisans de la guerre contre l'Allemagne, étaient proches de l'Action Française. En 1919, il sera acquitté de ce crime par la Cour d'assise de la Seine, l'un des jurés ayant même déclaré qu'il avait rendu service à la Patrie en clamant :  « Si l’adversaire de la guerre, Jaurès, s’était imposé, la France n’aurait pas pu gagner la guerre » ...

 

Jean Jaurès était en effet, un éminent homme politique investi dans l'action internationale socialiste au titre de la Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO). Durant le mois qui précède l'entrée en guère, il tentera tout pour en éviter l'issue fatale, faisant d'ailleurs planer la menace de la grève générale ouvrière au plan européen, en vain...

 

Après des obsèques tenues le 1er jour de guerre, le 4 août, ses cendres reposent désormais au Panthéon depuis le 23 novembre 1924.

 

 

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 3/ GUERRE DE MOUVEMENT & TAXIS DE LA MARNE 

 

Des deux côtés Français et Allemand, chacun pensait pouvoir en découdre avec l'ennemi en peu de temps, voire pour être de retour en septembre/octobre pour les vendanges...

 

La réalité fut toute autre. La guerre éclair, voulue tout autant par les allemands qui ne pouvaient pas se passer trop longtemps de ses hommes ainsi mobilisés, se transforma bien vite en guerre de mouvement puis s'embourba pour longtemps en guerre de position, avec les fameuses tranchées.

 

L'histoire des taxis de la Marne s'inscrit tout au début de la guerre de mouvement, début septembre 1914 suite au repli de l'aile gauche de l'armée française avec par voie de conséquence un risque majeur sur Paris nettement menacé. Le 6 septembre, s'ensuit la contre-offensive décidée par le général Joffre que l'on nommera "bataille de la Marne". Et c'est le général Galliéni, gouverneur de la capitale qui songea à réquisitionner des taxis parisiens pour conduire au front des unités des 103ème et 104ème régiments d'infanterie, en sus naturellement de leur convoyage parallèle par chemin de fer.

 

 

 

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20/07/2019
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Lexique Saison 5 Episode 5 MARIE

 

Saison 5, Épisode 5, Marie

 

 

 

 

-  MARIE CURIE & SON LABORATOIRE AU QUARTIER LATIN (Marie)

 

Notre physicienne mondialement connue pour ses travaux remarquables traitant notamment des substances radioactives, née à Varsovie en 1867 était polonaise d'origine (voir la référence polonaise dans mon poème...). 

 

Veuve trop tôt de Pierre Curie, mort accidentellement en 1906, elle le remplace comme chargée de cours de physique à la Sorbonne avant que d'être nommée professeur titulaire en 1908 et de devenir ainsi la première femme professeur des universités de France. Elle était déjà la première femme Docteur es physique de France (1903) - reçue 1ère à l'agrégation de mathématiques en 1896 - 

 

Le 25 juin 1903, elle obtient avec son mari Pierre Curie en association avec Henri Beckerel, le Prix Nobel de physique pour la découverte de la radioactivité naturelle, devenant ainsi la première femme honorée d'un prix Nobel ! Mais ce n'était pas fini... Elle décroche un deuxième Prix Nobel le 10 décembre 1911, cette fois seule et en chimie pour avoir isolé du radium métallique et déterminé sa masse atomique par ses travaux sur le polonium et le radium (voir mon poème sur les Suédois). Elle reste la seule femme à ce jour, ayant reçu deux prix Nobel et la seule personne au Monde à avoir été récompensée dans deux domaines scientifiques différents !

 

N.B : Il va de soit que le rapprochement entre ma Romance de Laurine et la vie de Marie Curie n'est que pure création romanesque sortie tout droit de mon imagination - Pierre

Nous verrons la suite de son activité durant la Grande Guerre, dans un autre poème de Laurine.

 

Son nouveau laboratoire, qu'elle inaugure en 1909, faisant suite au hangar abandonné de la rue Lhomond qui lui servait de local avec son mari, se tenait au quartier Latin sur la montagne Sainte-Geneviève (voir mon poème) entre la rue d'Ulm et la rue Saint-Jacques donnant sur une rue rebaptisée aujourd'hui (depuis 1967) rue Pierre et Marie Curie, et abritant l'Institut du radium dont le musée Curie (au n° 1 à Paris 5ème).

 

N.B : C'est donc dans son laboratoire de la montagne Sainte-Geneviève qu'en cet hiver 1914 elle reçoit Laurine, venue la visiter à son tour, après les Suédois rencontrés à Stockholm pour la remise de ses Prix Nobel.

 

 

 

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24/06/2019
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Lexique Saison 5 Episode 4 LA CIRCASSIENNE

 

Saison 5, Épisode 4, La Circassienne

 

 

 

 - LES COLLETTES, TOILE ENGLOUTIE " LA CIRCASSIENNE AU BAIN " (La Circassienne)

 

 

1/ LES COLLETTES sont en fait une propriété comprenant une villa au coeur d'un parc de 3 hectares à Cagnes-Sur-mer (06) en Provence qu'Auguste Renoir acheta en juin 1907, tombé sous le charme de ses oliviers centenaires (voir mon poème), de ses orangers et de sa fermette du 19è siècle. Il s'y installa en 1908 après y avoir mené des travaux comprenant la construction de deux ateliers. Il y vécut avec Aline  et leurs trois enfants jusqu'au 3 décembre 1919, année de sa mort à 78 ans.

 

Jean Renoir y tournera son film fameux " Le déjeuner sur l'herbe " en 1959, avant que la propriété rachetée par la ville de Cagnes ne devienne un musée en 1960.

 

Ci-dessous : toiles de Renoir depuis Les Collettes

 

 

 

 

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2/ TOILE ENGLOUTIE " LA CIRCASSIENNE AU BAIN " Cette grande toile (2m40 x 1m20) peinte par Merry-Joseph Blondel en 1814 représentant une baigneuse (!) transportée sur le Titanic par un suédois, Mauritz-Hakan Björnström-Steffansson, fut perdue lors du naufrage. 

 

Si ce tableau de Blondel, réputé pour son style académique et habile non dénué de "romantisme mythologique", ne déclencha pas l'enthousiasme des foules à sa sortie, il rencontra plus tard un meilleur accueil du public. Blondel, surdoué et talentueux était surnommé " Monsieur cinq prix ". Il décrocha le Prix de Rome en 1803 et passa trois ans à la Villa Médicis (Rome). Il fut nommé professeur à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.

 

Mais sa " Baigneuse "  connut surtout par la suite un regain d'intérêt du fait de l'indemnité réclamée par son propriétaire à la compagnie la White star Line pour un montant astronomique à l'époque de 100.000 dollars.

 

S'il n'était la tragédie terrible du Titanic, on verrait d'un oeil amusé le destin de cette baigneuse retournant aux flots...

 

 

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Blondel peint par Ingres :

 

 

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18/06/2019
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Lexique Saison 5 Episode 3 TRUANDS

 

Saison 5, Épisode 3, Truands

 

 

 

 

 

- LA TAVERNE DES TRUANDS, LE CARPATHIA, LA COMMISSION SÉNATORIALE US, JOURNAUX (Truands)

 

 

 

1/ LA TAVERNE DES TRUANDS était un établissement situé au 100, boulevard de Clichy à Paris 18è, devenu cabaret en 1910, puis plus récemment le fameux " Théâtre des deux ânes ", dont l'histoire de ses changements de nom remonte... au Moyen-Âge !

 

À l'origine, il se nommait " Le cabaret de la truie qui file ". Laquelle truie servait d'enseigne (encore présente) aux marchands drapiers, tisserands et aubergistes. La légende de cette truie qui file disait qu'une jeune bergère filant la quenouille en surveillant son petit troupeau, fut agressée par un seigneur débauché. Elle supplia alors la Vierge de lui venir en aide et se trouva aussitôt transformée en truie, ce qui éloigna le mâle en rut...  Ce nom donné à un cabaret doublé d'un lieu de plaisirs n'est pas sans ironie...

 

Par la suite, devenu cabaret à part entière, il s'appela " Le porc-Épic ", " l'araignée " puis " Les truands ". Ce cabaret proposait un cadre médiéval très en vogue avec troubadours, jongleurs, mauvais garçons...  et gentes damoiselles peu farouches chargées de faire boire les clients en consommant les boissons les plus dispendieuses puis, selon le cas, de se rendre dans une chambre d'hôtel. En fait, il n'y a rien là de nouveau sous le soleil ! En revanche, le cabaret devint plus tard, en 1922 celui des " deux ânes " (ses deux nouveaux propriétaires s'étant demandés comment l'appeler) avant que de devenir le théâtre connu.

 

 

 

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2/ Le RMS CARPATHIA était le navire qui secourut les naufragés du Titanic au petit matin du 15 avril 1912 puis les conduisit jusqu'à New-York qu'il atteignit le 18 avril. Son rôle dans ce sauvetage de 705 passagers et membres d'équipage rescapés le rendit célèbre. C'était un paquebot britannique de 170 m.

 

Dès qu'il capta en effet, le SOS de détresse du Titanic, pourtant éloigné de 58 miles (93 km), il se dérouta à toute vapeur vers le lieu du naufrage à la vitesse de 17,5 noeuds, plus élevée qu'à l'habitude en progressant non sans risque entre plusieurs icebergs. Ayant totalement organisé les secours à son bord, ayant d'ailleurs la charge de 743 passagers (sur les 2,500 places possibles), il accueillit donc les 705 rescapés et récupéra 13 canots entre 04h00 et 08h00. Par la suite, plusieurs de ses occupants (rescapés et marins) furent entendus par la Commission d'enquête sénatoriale U.S. Son capitaine, Arthur Rostron reçut une coupe offerte par les rescapés reconnaissants, fut reçu à la Maison Blanche et se vit décerner la médaille d'or du Congrès des États-Unis.

 

Durant la guerre de 14/18, ce paquebot servit au transport de troupes, mais fut torpillé par un sous-marin allemand au large de l'Irlande le 15 juillet 1918... la coupe d'A. Rostron gisant au fond...

 

 

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3/ LA COMMISSION SÉNATORIALE US fut mise en place aux États-Unis afin de rechercher les causes du naufrage pour éviter sa reproduction dans l'avenir. Conduite sous la direction du Sénateur William Alden Smith, elle procéda à de nombreuses auditions de rescapés du Titanic dont le président de la White Star Line Joseph Bruce Ismay et de marins du Carpathia.

 

Cette commission débuta ses travaux et auditions dès le 19 avril 1912, le lendemain même de l'accostage du Carpathia ! Lesquels se déroulèrent jusqu'au 25 mai 1912. Parallèlement à cette commission américaine, se tenait de son côté, en Angleterre, le Tribunal des naufrages britanniques présidé par Lord Mersey, du 2 mai au 3 juillet 1912.

 

Ces commissions, dont l'américaine fort controversée accusée de politiser les faits notamment par la mise en cause des trusts maritimes, eurent pour conséquence la remise en cause totale des règles de sécurité maritime en vigueur à l'époque dont l'augmentation des canots de sauvetage, robustesse des navires, moyens de secours, vigilance en présence de glacesetc. Quant à Bruce Ismay, bien qu'innocenté par le tribunal britannique et seulement "chahuté" par la Commission US qui ne retint aucune charge contre lui, il fut conspué par la Presse et la population le rendant principal responsable du naufrage et dut par la suite se démettre de ses mandats.

 

 

 

 

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4/ LES JOURNAUX se sont aussitôt emparés de cette tragédie. Et si le New-York Times eut la présence d'esprit de changer sa une dès connaissance du S.O.S. du Titanic, en supposant qu'il avait coulé, the Evening Sun ou son homologue français le  Petit Journal, mal instruits du naufrage titrèrent sur le sauvetage de " tous " les passagers...

 

Le directeur de la rédaction du New-York Times, Carr Van Anda décida en effet de modifier sa Une pour la consacrer au naufrage du Titanic qu'il supposait après n'avoir reçu aucune autre nouvelle qu'une simple dépêche laconique après les premiers messages radios en provenance de navires. Ce n'est que que plus tard que les dépêches reçues des stations de radio de Cape Race (Terre-Neuve) et de Sable Island (à 120 miles d’Halifax) ont permis d’obtenir des bribes d’information en provenance du Carpathia.

 

 

 

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source BNF - Bibliothèque Nationale de France




 

 

 


15/06/2019
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Lexique Saison 5 Episode 2 ABYSSE

 

 

Saison 5, Épisode 2, Abysse

 

 

 

 

 

- SOIRÉE DE GALA, CANOTS DE SAUVETAGE, RUTH (RAPPEL), MUSÉE TITANIC À BELFAST (Abysse)

 

 

 

1/ SOIRÉE DE GALA organisée tout spécialement pour ce dimanche 14 avril 1912 avec un dîner prestigieux au " restaurant à la carte " distinct de la salle à manger des 1ères, par les époux Widener de Philadelphie, pour un groupe restreint d'amis avec à leur table le Commandant Smith qui devait prendre sa retraite après cette dernière traversée...

 

Cette soirée de gala, avec également la salle à manger de 1ère classe, était un évènement mondain très attendu. Hommes et femmes étaient naturellement sur leur "31". Les dames avaient revêtu pour cet évènement majeur de la traversée inaugurale leurs plus belles toilettes accompagnées de bijoux précieux et d'accessoires raffinés.  

 

De fait, devant l'importance de l'évènement mondain, plusieurs passagers préférèrent délaisser leur table habituelle de la salle à manger des 1ères pour se rendre au restaurant à la carte à proximité de la table du Commandant et des illustres personnages du bord dont l'armateur Bruce Ismay. 

 

Accompagnant le dîner de gala, l'orchestre joua des mélodies à la mode et donna un concert inoubliable dont les Contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach. Quant au menu, les cuisiniers s'étaient surpassés (le menu ci-après n'est que celui de la salle à manger, non du restaurant...) !

 

 

 

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2/ CANOTS DE SAUVETAGE largement en nombre insuffisant ! Le Titanic n'embarquait que vingt canots de sauvetage, dont seize en bois, et quatre pliables pour une capacité totale (à condition de les occuper totalement !) de 1.178 passagers seulement. Le navire avait en effet une capacité maximale de 3.500 personnes et lors du naufrage, il transportait 2.200 passagers... 

 

Dans la réalité, les canots n'auraient contenu que 705 à 712 personnes (passagers et quelques membres d'équipage) sur les 2200 passagers du Titanic. Seules, 13 embarcations ont été remontées à bord du Carpathia. 

 

Si certains canots ont été chargés à plein tels les n° 11 et 15 avec 70 occupants sur 65 places, d'autres l'ont été largement moins, ce qui est un comble compte tenue de leur nombre général insuffisant, comme le n° 1 avec 12 rescapés sur 40, le n° 6 avec 28 sur 65 ou bien encore le n° 8 avec 39 sur 65 !

 

 

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3/ RUTH (RAPPEL) : Se reporter ci-avant au § " Saison 5 , Épisode 1 , Ruth " - RUTH ELISABETH BECKER

 

 

4/ MUSÉE TITANIC À BELFAST construit sur les lieux mêmes de l'ancien chantier naval Harland & Wolff qui construisit le Titanic et son frère jumeau le RMS Olympic, à l'entrée de Belfast Lough en Irlande du Nord. Il s'agit d'un bâtiment conçu en forme de proues de navires abritant un musée rendant hommage au Titanic. Il fut inauguré un siècle après son naufrage, le 31 mars 2012. 

 

 

Ce musée émerveilla littéralement James Cameron, réalisateur du fameux film, lorsqu'il le visita. Il se présente 12.000 m2 en plusieurs étages et sur 27 m de haut, soit la même hauteur que le navire de la quille au pont. L'exposition se divise en neuf galeries différentes chronologiques utilisant notamment des images de synthèse, cinéma 3D et des effets spéciaux, indépendamment des objets rassemblés et présentés. On trouve également des répliques des différentes cabines selon leur classe, de la grande salle de bal et du grand escalier. 

 

 

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Voir le site irlandais :  https://titanicbelfast.com

 

 

 

Vidéo de présentation du musée 

 


 

 

 

 

 

 

 


15/06/2019
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Lexique Saison 5 Episode 1 RUTH



Saison 5, Épisode 1, Ruth

 

 

 

 

 

- L'EXODE IRLANDAIS, RUTH ÉLISABETH BECKER, LE NAUFRAGE PRÉCÉDENT DU " TITAN ", MESSE OUVERTE À TOUTES LES CLASSES (Ruth)

 

 

1/L'EXODE IRLANDAIS fut consécutif à la " grande famine " de 1845 survenue en Irlande du fait de l'infection de la pomme de terre par le mildiou (champignon), l'hygiène dégradée par les épidémies de choléra puis les expulsions de logis par des propriétaires peu scrupuleux profitant de la situation catastrophique pour des milliers de personnes ne pouvant plus payer leur loyer. Dès lors, l'Amérique apparaissait comme un eldorado, espoir de ce nouveau monde plein de promesse et de liberté (vers la statue de la Liberté dans mon poème : Ruth). Plus de deux millions d'irlandais vont s'y installer.

 

En 1912, la situation de l'Irlande s'est améliorée, mais les vagues d'émigration vers les États-Unis vont se poursuivre compte tenu de la misère générale et du joug britannique impitoyable. 

 

Ainsi, le Titanic transporta 706 passagers de 3ème classe, irlandais pour la plupart, sur 1316, soit plus de la moitié de l'effectif du navire (hors équipage). Et ces malheureux périrent lors du naufrage au nombre de 528 d'entre-eux, soit 74,8 % des victimes de 3ème classe et pour 64,5 % des passagers toutes classes confondues (hors équipage), soit davantage que les 1ères et 2des réunies ! L'émigration massive de la population irlandaise eut pour conséquence numérique de passer de 8 millions d'habitants en 1845 à 4 millions en 1914 !

 

 

 

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2/ RUTH ELISABETH BECKER fut l'une des dernières survivantes du Titanic. Née en 1899 et décédée en 1990 donc à 91 ans, elle fit le voyage en 2de classe avec sa mère, ses soeurs et ses frères pour soigner son petit frère gravement malade âgé de 2 ans (voir mon poème Ruth). D'origine indienne, son père, missionnaire Luthérien resta à Guntur.

 

 

Afin de ne pas trop scinder les explications, je donne ci-après d'autres informations relatives au rôle de Ruth durant le naufrage dont il n'est pas encore question ici, dans mon poème "Ruth", mais dans le suivant.

 

Ruth avait donc 13 ans lors du naufrage. La famille ayant rejoint le pont des canots de sauvetage, ruth retourna cependant dans sa cabine (2ème classe) pour prendre des couvertures tant le froid était mordant. Lors de l'évacuation, la famille est alors séparée, la mère paniquée, ayant réussi à monter à bord du canot n°11, crie alors à Ruth qui les rejoint et voit leur canot descendre de monter dans une autre embarcation. Laquelle  parvient à se hisser dans le canot 13, mais doit rester debout durant sa descente tant il est chargé. C'est alors, qu'un drame faillit se produire dans la précipitation, un autre canot descendant trop vite et manquant d'écraser celui de Ruth, le 13... (voir dessin ci-dessous)

 

Ruth, malgré son jeune âge et la situation doublement dramatique du naufrage et de sa séparation d'avec sa famille, eut ensuite un comportement héroïque, exemplaire et altruiste, distribuant en les découpant  avec son couteau ses couvertures récupérées dans sa cabine et les distribuant aux femmes et hommes frigorifiés. À un passager hébété dont le doigt est gravement coupé, elle sort son mouchoir pour le panser délicatement improvisant un bandage.  Rassurant les femmes éplorées du canot, elle aide l'une d'elles qui prononce des paroles incompréhensibles en allemand. Et, après avoir cherché un traducteur dans le canot, elle se sert de cet interprète improvisé pour comprendre ce qui s'est passé quand l'un des marins avait pris et passé le bébé emmaillotté dans un autre canot avant même que sa mère puisse y monter. Elle lui promet alors de l'aider à retrouver son bébé quand ils seront secourus. 

 

Plus tard, lorsqu'elle fut récupérée avec les autres naufragés par le Carpathia, elle aida sa compagne du canot à rechercher son bébé (Mme Lea Ans l'a finalement retrouvé).  C'est seulement à ce moment qu'elle apprit que sa famille était à bord, sauvée... À l'arrivée à New-York, elle fut pressée de questions par la Presse, sa mère préférant que ce soit elle qui réponde.

 

Par la suite, demeurant aux États-Unis, elle devint institutrice et fonda une famille dans l'Ohio puis dans le Kansas. Elle a toujours refusé de parler du Titanic, même à ses enfants. Et ce n'est qu'après sa retraite qu'elle accepta d'évoquer le naufrage et de ne reprendre la mer, pour la 1ère fois, pour le Mexique qu'en... 1990. Selon ses voeux, ses cendres furent dispersées au dessus du site de l'épave en 1990.

 

 

 

 

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- LE NAUFRAGE PRÉCÉDENT DU TITAN correspond à un roman prémonitoire contant un naufrage en tous points semblable à celui du Titanic, mais survenu 14 ans plus tôt, tel que décrit par Morgan Robertson dans son ouvrage intitulé à l'origine " Futility " PUBLIÉ EN 1898 ! Certains ont vu dans ce roman une véritable "vision" inexpliquée de son auteur, d'autres ont assuré que c'était sa parfaite connaissance de la mer qui put expliquer ce roman réaliste...

 

Les dimensions du Titan, sa vitesse de 25 noeuds et son armement (comme l'on dit) dont les fameux compartiments étanches (!)  étaient semblables à ceux du Titanic. Tout comme son itinéraire et sa collision en avril dans l'Atlantique Nord avec un iceberg aperçu seulement au dernier moment, 3 secondes avant l'impact ! De la même façon, l'iceberg est heurté par tribord et le Titan n'avait pas suffisamment de canots de sauvetage. 

 

Ce nom de " Titan " correspond à la mythologie Grecque dans laquelle Océan et Thétis faisaient partie des divinités primordiales, bien avant les dieux de l'Olympe. Océan était l'aîné des Titans et Thétis la benjamine des Titanides (voir mon poème Ruth).

 

Vous pouvez vous le procurer en français sous le titre " Le naufrage du Titan " (Corsaires Éditions) car, cet ouvrage relativement ordinaire de pure fiction connut un regain évident d'intérêt avec le naufrage du Titanic, puis à nouveau après la fascination exercée par le film " Titanic " de James Cameron, il bénéficia d'une réédition en 2000 obtenue avec le soutien de l'Association Française du Titanic.

 

 

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- MESSE OUVERTE À TOUTES LES CLASSES le dimanche 14 avril 1912 (naufrage dans la nuit du 14 au 15).

 

 

Le Commandant Edward John Smith, jugeant inutile un exercice d'évacuation en ce dimanche matin en décida l'annulation. Il se rendit en revanche à la célébration religieuse dont il avait autorisé que l'on utilise le grand salon/salle à manger de 1ère classe sur le pont D ce dimanche 14 avril à 10h30 afin que les passagers des 1ères, 2des et 3èmes classes puissent y participer. 

 

Inutile de dire combien les passagers des ponts inférieurs et tout particulièrement ceux de 3ème classe furent sous le choc, émerveillés et intimidés devant le luxe incroyable et l'opulence des salons et espace qui leur étaient naturellement interdits !

 

La cérémonie religieuse ne devait pas durer plus de cinquante minutes. C'est en grand uniforme qu'il officia lui-même alors que des ecclésiastiques étaient présents, entonnant des chants et des hymnes interprétés par l'orchestre du bord... Pour la petite histoire, disons encore qu'un frisson parcourut l'auditoire lorsque fut dite la prière " Pour ceux qui sont en mer "...

 

 

 

 

 

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15/06/2019
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