La palette de Pierre

La palette de Pierre

LAURINE


Sommaire de Laurine

 

utrillo 1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La romance de Laurine

 

 

-  Sommaire  -

 

 

 

Afin de faciliter la navigation entre les différents poèmes composant les saisons et épisodes de cette "Série TV" (...),

je vous en livre le SOMMAIRE ci-après. Lequel remplace son "prédécesseur" figurant jusqu'alors dans l'article

"Laurine devient une série TV".

 

Et, histoire d'exciter votre curiosité, peut-être en annoncerais-je par avance un ou deux épisodes... ?

 

 

Donc, ne manquez pas ce rendez-vous incontournable de votre saga préférée

en visitant régulièrement ce Sommaire.

 

 

 

N.B 1 : N'oubliez pas non plus de vérifier tout autant régulièrement

les mises à jour régulières du lexique.

Lequel, donne des informations complémentaires aux poèmes

en rapport avec les sites, la thématique et l'histoire...

(Lien ICI)

 

 

N.B 2: Et n'hésitez pas à vous reporter aux informations de dates données dans 

les repères chronologiques

(Lien ICI)

 

 

 

 

 

 

 

 N.B :  Brasier, Laurine, Abandon et Farine sont écrits en vers, mais de 9 strophes (quatrains) de 4 vers de 9 pieds (ennéasyllabe) + refrain pour Brasier, de 8 strophes de 4 vers de 6 pieds (hexasyllabe) pour Laurine, de 5 strophes de 4 vers de 8 pieds (octosyllabe) pour Abandon et de 6 strophes de 4 vers de 12 pieds (Alexandrins) pour Farine. La chanson "Abandon" est écrite avec  deux rimes pour chaque vers, dans le souci d'accentuer la litanie de la souffrance...

 

Tous les autres poèmes se constituent de 9 quatrains de 4 vers de 12 pieds (Alexandrins), systématiquement ordonnés en rimes masculines et féminines croisées.

 

 

J'ai pu commettre des erreurs... mais je me suis efforcé de respecter les canons de la versification classique, notamment pour les "e" muets... tout en privilégiant autant que faire se peut l'harmonie de la diction, car tel est l'enjeu de la poésie.

 

Merci de votre indulgence !

Pierre

 

 

 

 

 

 

 LIENS DIRECTS :

Passer la souris sur les titres pour accéder directement aux poèmes correspondants

 

 

 

 

 

 

SAISON 1 " Laurine " (7 épisodes)

 

 

 

- 1 - Brasier 

        Le marché Saint-Pierre, le froid hivernal et Zola m'ont inspiré ce poème à la gloire des soieries et cotonnades réchauffant ma frêle héroïne Laurine (Janvier 2019)

- 2 Laurine, suivie de (3 - Abandon)

        Ma belle héroïne Laurine, quittant la douceur du marché Saint-Pierre, erre dans le quartier Montmartre, blessée par son chagrin d'amour. (Janvier 2019)

- 3 - Abandon  ** 

        Le triste chant de Laurine suite à son abandon, révèle toute la souffrance de son coeur meurtri. (Janvier 2019)

- 4 - Matelot 

        Le marin dont Laurine tomba éperdument amoureuse, mais qui la brisa en l'abandonnant sur la grève de Montmartre... (Janvier 2019)

- 5 - Farine 

        Dormant à même le sol rue Gabrielle, Laurine s'éveille avant que d'être recueillie par Maître Jean, boulanger de son état. (Janvier 2019)

- 6 - Commères 

        Comme toujours lorsque le bonheur frappe à la porte d'une malheureuse, il se trouve d'infâmes commères jacassant contre Laurine afin de la perdre aux yeux de tous. (Janvier 2019)

- 7 - Accords

        6 mois après avoir été recueillie par Maître Jean le boulanger, Laurine, ivre de bonheur, excelle en parfaite harmonie avec son bienfaiteur, jusqu’à jouer du piano dans la boutique. (Janvier 2019) 

 

 

 

 **  La chanson "Abandon" est écrite avec deux rimes pour chaque vers, dans le souci d'accentuer la litanie de la souffrance...

 

 

 

 

 

 

SAISON 2 " José " (9 épisodes)

 

 

 

- 1 - Compagnons 

             Porteuse de pain, Laurine visite les compagnons tâcherons bâtisseurs du Sacré-Cœur sur le chantier de la basilique. (Janvier 2019)

- 2 - Pastorale

        Craignant la démolition de l'église Saint-Pierre de Montmartre, son curé organise une procession faisant halte devant la boulangerie d'où Laurine accompagne les cantiques au piano. (Janvier 2019) 

- 3 - Maureen  

        Laurine accueille Maureen sa cousine "jumelle" exilée d'Irlande et l'héberge en se remémorant leus souvenirs d'enfance (8 ans). (Février 2019)

- 4 - La Tour 

        José promet d’emmener un jour Laurine et Maureen sur la Tour Eiffel. (Février 2019)

- 5 - L’ascension

        Laurine, Maureen et José montent sur la Tour Eiffel  (Février 2019)

- 6 - Le maquis

        Laurine revient dans le maquis de Montmartre sur les traces de son enfance. (Février 2019)

- 7 - Bâtard

        Jean s’offre à aider José pour faire du pain et des fougasses suite à un défi de ses compagnons. (Février 2019)

- 8 - L'exposition

        José accompagne Laurine et Maureen à l'Exposition Universelle de Paris en 1889. (Février 2019)

- 9 - Manuel

        Manuel et Pablo (Picasso à 8 ans), cousins de José, arrivent et séjournent à Montmartre. (Février 2019)

 

 

 

 

 

 

 

SAISON 3 " Maureen " (9 épisodes)

 

 

 

- 1 - Le peintre

        Maureen, les yeux brillants, observe Auguste (Renoir) sur le chantier. (Février 2019)

- 2 - La bombe

        L’anarchiste Ravachol pose une bombe sur le chantier. Manuel est blessé. (Février 2019)

- 3 - Brouillards

        Maureen pose pour Auguste (Renoir) au Château des brouillards lorsque survient « Bibi la purée ». (Février 2019)

- 4 - Festin

        Paul (Durand-Ruel) invite les amis d’Auguste au réveillon du nouvel an 1890 au fameux restaurant « le Café Anglais ». (Février 2019)

- 5 - Vapeurs

        Auguste et Maureen visitent Claude Monet à Bougival tandis que Laurine et José boulangent en s’embrassant. (Février 2019)

- 6 - Glisse

        Suivant la mode des Skating-Rinks, nos amis vont patiner au Palais de Glace (Mars 2019)

- 7 - La Grenouillère

        Auguste (Renoir) et Claude (Monet) emmènent Maureen sur les bords de Seine faire un tour en barque avant de la peindre. (Mars 2019)

- 8 - La blanchisseuse

        Victorine, la malheureuse lavandière, devient la blanchisseuse de Laurine puis le modèle et maîtresse de Toulouse-Lautrec. (Mars 2019)

- 9 - La noce

        Auguste et Maureen fêtent leur mariage au Moulin de la Galette. (Février 2019)

 

 

 

 

 

 

 

SAISON 4 " Mademoiselle "  (11 épisodes)

 

 

 

-   1 - Mademoiselle

          Des années plus tard (en 1895), Laurine gère sa « maison Coeur-de-pain » en y organisant des salons artistiques (Mars 2019)

-   2  - Jupiter  en hommage à Notre-Dame de Paris

             José et les compagnons charpentiers volent au secours de la flèche de Notre-Dame de Paris suite à une rupture d’un trait de Jupiter. (Avril 2019) 

-   3 - La Savoyarde

                L’arrivée de la cloche au Sacré-Coeur de Montmartre. (Mars 2019) 

-   4 - Charité

                L’incendie du Bazar de la Charité et l’héroïque sacrifice de la Duchesse d’Alençon et de la blanchisseuse Victorine. (Mars 2019) 

-   5 - Vercingétorix  

               Sortie avec Pablo en mai 1900 à l’inauguration de l’hippodrome de Montmartre avec une pantomime historique. (Mars 2019)

-   6 - Mariage bleu   Laurine, à 35 ans, épouse José au train bleu. Ils  partent en voyage de noces en wagon lit pour Venise. (Mars 2019)

-   7 - Chaton rose  Pablo (Picasso) offre un chaton pour conquérir sa muse Fernande (Olivier) au Bateau lavoir. (Avril 2019) 

-   8 - De profundis  Jean décède de la phtisie (tuberculose). On l’enterre au cimetière de Montmartre. (Avril 2019)

-   9 - Lolo   Au Lapin agile, l’âne Lolo du Père Frédé peint une toile avec sa queue, laquelle est exposée au Salon des Indépendants. (Avril 2019)

- 10 - La crue Laurine secourt des orphelines mordues par des rats durant l’inondation de Paris en 1910

 

  Interlude : TITANIC 2 " Le retour "  Article publié en 1999 suite au film " Titanic " 

 

 - 11 - Titanic  Maureen accompagne Paul Durand-Ruel en exposition à New-York sur le Titanic pour trouver des mécènes.

 

 

 

 

 

 

 

SAISON 5 " Femmes " (13 épisodes)

 

 

 

 

-   1  - Ruth   À bord du Titanic, Maureen et Paul rencontrent Ruth Elisabeth Becker avec qui ils se prennent d’amitié. (Mai 2019)

-   2  - Abysse  Après la soirée de gala, naufrage du Titanic puis Sauvetage de Ruth et dans un autre canot, de Maureen et de Paul. (Mai 2019)

-   3  - Truands  Maureen & Paul sortent à la taverne des truands (100, bd de Clichy) puis au petit matin apprennent la tragédie du Titanic. (Mai 2019)

-   4  - La Circassienne  Un an après le naufrage du Titanic ,Maureen, Paul, Auguste, Laurine et José se retrouvent aux Collettes, évoquant le naufrage et la perte de la toile « La Circassienne au bain ». (Juin 2019)

 

-   5  - Marie

-   6  - Moissons

-   7  - Fauchés

-   8  - Lettres

-   9  - Marraines

- 10  - Rayons

- 11  - Gardiennes

- 12  - Poteaux

- 13  - Clairon

 

 

 

 

 

 

SAISON 6 " Valentine "  (11 épisodes) et dernière

17/02/2019
16 Poster un commentaire

Simplification du LEXIQUE

IMG_3874.jpeg

 

 

 

 

 

 

 

SIMPLIFICATION DU LEXIQUE

 

*    *    *

 

 

 

 

 

Afin de vous simplifier la lecture de mon " petit lexique " de la Romance de Laurine qui de fait, au fil des publications s'enfle démesurément, j'ai mis en place l'organisation suivante :

 

- Création de 6 lexiques (un par saison) reprenant par saison et épisodes chaque apport correspondant à chacun des poèmes.  

 

Pour vous y reporter, il vous suffit de cliquer soit en haut sous la bannière de tête sur  l'onglet LAURINE puis sur le lien correspondant (exemple : LEXIQUE Saison 1), soit à droite dans la barre de navigation verticale sur l'onglet LAURINE (Poèmes) - La romance de Laurine puis sur le lien correspondant (exemple : LEXIQUE Saison 2). N.B : Ces six lexiques présentent chaque épisode par ordre de dernière publication (la plus récente en tête), donc non chronologique, mais toujours avec la mention du poème correspondant.

 

 

- Maintien du " petit lexique " habituel, présenté de façon chronologique (articles les plus récents en fin, ce qui suppose de dérouler la barre de navigation vers le bas). Pour y accéder, vous bénéficiez comme d'habitude des onglets de la bannière de tête, de la barre latérale de droite, ainsi que d'un lien maintenu dans "Articles et commentaires" de la barre latérale de droite.

 

 

Je n'ai pas souhaité intégrer sous chaque poème directement la part de lexique lui revenant afin de ne pas en réduire la lecture artistique à une seule présentation historique du cadre, privant ainsi la poésie de son caractère romanesque.

 

En vous remerciant de votre fidélité et...

Avec toute mon amitié

 

Pierre


15/06/2019
0 Poster un commentaire

Petit Lexique

 

sacré coeur 1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Petit lexique simplifié

 

facilitant la lecture de certains poèmes

contant les aventures de

LAURINE

 

*   *  *

 

 

 

 

 

 

 

Ce petit lexique est actualisé au fur et à mesure de la mise en ligne des poèmes intégrant la " Romance de Laurine ".

Il vise simplement à donner quelques précisions historiques et, ou anecdotiques sur des sites, des mots ou des concepts mentionnés dans ces poésies, lorsque c'est utile.

 

N.B : Chaque "mot" est suivi du poème correspondant, indiqué dans l'ordre de sa parution (entre parenthèses) par saison.

 

Les informations ainsi transmises ont été relevées dans différents ouvrages encyclopédiques, dictionnaires, livres d'histoire, dépliants touristiques, journaux ainsi que sur Internet dont Wikipedia, mais rédigées sous ma plume, n'engageant aucun auteur. Les illustrations sont selon le cas miennes ou empruntées à la " BnF  Bibliothèque nationale de France ", ou reprises sur Internet, à titre de seule information à caractère non commercial.

 

 

 

 

 

 

 

Saison 1, Episode 1, BRASIER

 

 

- MARCHÉ SAINT-PIERRE (Brasier)

 

 

marché st pierre.jpg  tissus.jpg

 

Véritable "paradis des couturières" situé à Paris (18è) au pied de la Butte Montmartre, il rassemble de nombreux commerces spécialisés dans les tissus. Certains d'entre-eux comme "Reine", "Moline" ou "Dreyfus" comptent parmi les plus réputés depuis largement plus d'un siècle.

 

 

Saison 1, Episodes 2 & 3 : Pas de mots au lexique

 

 

 

 

Saison 1, Episode 4, MATELOT

 

 

- CLOS MONTMARTRE (Matelot)

 

 

APAS réception déc 2011 28.jpg  clos montmartre.jpg

 

Des vignobles existaient à Montmartre depuis le Xe siècle ! Le "Clos Montmartre" est plus récent (1933) et appartient à la ville de Paris. Ses bouteilles de vin rouge rustique sont rares (un millier de flacons de 50cl pour 2000 pieds sur 0,15 ha) et le bénéfice de leur vente après la fête des vendanges va intégralement à l'association du comité des fêtes et d'action sociale du 18e arrdt.

 

 

 

 

Saison 1, Episodes 5, 6 & 7 : Pas de mots au lexique

 

 

 

 

 

Saison 2, Episode 1, COMPAGNONS

 

- LA BASILIQUE & LES COMPAGNONS DU DEVOIR (Compagnons)

 

 

sacré coeur 2.jpg  polka.jpg



La basilique du Sacré-Coeur de Montmartre fut érigée "pour expier les crimes de la Commune" entre 1875 et 1914 (consacrée en 1919) et officiellement achevée en 1923. Le choix de la Butte Montmartre n'était pas le fruit du hasard puisque c'est de là qu'est partie l'insurrection de la Commune de Paris... Elle a été financée par une souscription nationale (le "Chantier National" dans mon poème). Sa pierre blanche provenant de Souppes-sur-Loing (77) a cette propriété incroyable d'être systématiquement blanchie au contact de la pluie, car elle secrète sous cette action du calcin. 

 

Les Compagnons du devoir et du Tour de France dont les tâcherons étaient apprentis, ont largement contribué à sa construction en tant que maçons, charpentiers, carriers et tailleurs de pierre. Leurs outils principaux se composaient du marteau muni de dents à grain d'orge, du têtu et de la polka (voir mon poème). Visiter le Musée du Compagnonnage de Tour disposant de collections exceptionnelles.

 

 

 

 

 

 Saison 2, Episode 2, PASTORALE

 

 

 

- SAINT-PIERRE DE MONTMARTRE

& SAINT-JEAN DE MONTMARTRE (Pastorale)

 

1/ Saint-Pierre :

 

 

APAS 18.jpg   Paris_-_Saint-Pierre-de-Montmartre_02.jpg  Paris_(75)_église_Saint-Pierre_de_Montmartre_dessin_anonyme_XIXe_s._coll._Hippolyte_Destailleur_BNF_rés._FOL-VE-53.png  colonne 1 mercure.jpg   colonne 2 mercure.jpg



Construite bien avant, mais juste à côté du Sacré-Coeur, l'église Saint-Pierre de Montmartre (2 rue du Mont-Cenis) représente depuis la Révolution française, avec celle de Saint-Germain des près, la plus ancienne église paroissiale catholique de Paris, succédant à une basilique mérovingienne dédiée à Saint-Denis !

 

Quatre colonnes de marbre bien abimées demeurent encore et constituent les derniers vestiges du temple à Mercure (romain) datant donc de plus de 1800 ans !

 

 

Mais l'église a souffert à maintes reprises, menaçant à chaque fois de s'écrouler (guerre de cent ans, Révolution, XIXe siècle). La Révolution ne l'a d'ailleurs pas ménagée puisqu'elle a été profanée, pillée avec des parties vendues aux enchères, sa dernière Abbesse Louise de Laval guillotinée, son cimetière du Calvaire saccagé, puis transformée en "Temple de la raison" sous la Terreur.

Réquisitionnée par les troupes russes sous l'invasion de Paris à la chute de l'Empire pour devenir un magasin à vivres avec des fours à pain (!), elle subit une troisième profanation sous la Commune servant alors de dépôt de munitions et d'atelier de confection de vêtements.

En 1890, son choeur menace de s'effondrer et la construction de Saint-Jean de Montmartre située au pied de la Butte est décidée. 

Un pan de mur s'écroulant, elle est fermée "définitivement" par mesure de sécurité. Mais avec le soutien de nombreuses personnalités en 1897, elle n'est pas démolie, et même restaurée de 1900 à 1905 avec un nouveau curé en 1908, puis classée aux monuments historiques en 1923.

 

 

 

2/ Saint-Jean :

 

 

560px-St_Jean_de_Montmartre.jpg   P1270462_Paris_XVIII_eglise_St-Jean_vue_laterale_rwk.jpg

 

 

Située rue des Abbesses, elle est construite en 1894 et achevée en 1904.

Sa particularité contemporaine audacieuse réside dans l'emploi pour la première fois du béton, du ciment armé et d'un revêtement de briques et de céramique. Malgré la notoriété de son architecte Anatole de Baudot, disciple de Viollet-le-Duc, sa construction influencée par le style "Art nouveau" provoqua une réprobation générale.

 

 

 

 

 

 Saison 2, Episode 3, MAUREEN

 

 

 

- WESTPORT, MURETS de la Grande Famine (Maureen)

 

 

     carte westport.jpg   westport-s-main-street.jpg

 

 

 

1/ La ville de Westport (5000 hab), située en Irlande dans le Comté du Mayo, offre un charme authentique dans l'une des plus belles régions de la côte ouest disposant de sites touristiques réputés : la Clew Bay, le Croagh Patrick (Mont Saint-Patrick), Achill Island et bien entendu le Nord du Connemara (à 60 km). Son petit port de pêche est charmant. 

Jouissant de nombreux pubs (avec la fameuse Guiness, mais pas seulement...) dans lesquels se produisent des groupes et chanteurs réputés, dont le Matt Molloy’s, Pub légendaire appartenant à Matt Molloy, l’un des membres des Chieftains.

 

 

 

https://static.blog4ever.com/2014/05/773720/artfichier_773720_4250735_201411052851531.jpg

 

 Toile que j'ai réalisée à partir de la Côte Ouest...

 

 

 

2/ Les murets de pierre jalonnent et traversent littéralement toute cette région.

Certes, ils permettent de retirer les pierres des champs et des prés pour faciliter les pâturages et le drainage des sols comme on en voit un peu partout, mais, ils ont surtout été dressés par des malheureux mourant de faim durant et après la " Grande Famine " (1845/1848), " occupés " de la sorte comme des forçats sous le joug des troupes britanniques.

Certains murets gravissent quasiment à la verticale les pentes du Mont Saint-Patrick. On imagine la peine des pauvres hères mourant de faim, en haillons et pieds nus, femmes et enfants principalement, les hommes étant déportés... La Grande Famine survint à la suite de la prolifération du mildiou qui détruisit les tubercules et récoltes de pommes de terre (aliment essentiel à cette époque) faisant près d'un million de morts et contraignant près de deux millions d'Irlandais à émigrer aux États-Unis. Les Britanniques ont tenté de profiter de la situation en expulsant de leurs terres les familles devenues par la famine, incapables de payer l'impôt, mesures ayant particulièrement scandalisé les Irlando-Américains et fait de l'Amérique une terre d'accueil.

 

 

   murets irlande.jpg   murets irlande 2.jpg

 

 

https://static.blog4ever.com/2014/05/773720/artfichier_773720_4250736_20141105285235.jpg

Toile dans laquelle j'ai représenté ces murets...

 

 

 

 

 

- TOURNURE (Maureen)

 

tournure.jpg   tournure verte 2.jpg

 

La tournure était un vêtement de "dessous" entre 1869 et 1890 très en vogue à l'époque, ayant remplacé la crinoline trop rigide, et servant à soutenir à l'arrière (uniquement) les jupons, jupe ou robe. De nombreux peintres l'ont immortalisée (voir ci-après la toile d'auguste Renoir "Danse à la ville") : 

 

 

renoir danse.jpg

 

 

 

 

 

 

Saison 2, Episode 4, LA TOUR

 

 

 

- TOUR EIFFEL (La Tour & L'ascension))

 

 

1/ Sa couleur (La Tour)

 

 

   tour eiffel rouge.jpg   peintres tour eiffel.jpeg



 

Construite théoriquement de façon provisoire comme pièce maîtresse de l'exposition universelle de Paris en 1889 (centenaire de la Révolution Française), devant être démontée après... 

Ses travaux ont débuté le 28 janvier 1887 pour s'achever en un temps record de 2 ans, 2 mois et 5 jours, le 31 mars 1889 !

 

La Tour Eiffel a connu plusieurs couleurs depuis son origine.

Il ne lui faut pas moins de 60 tonnes de peinture, sachant qu'elle a été repeinte 18 fois !

 

Elle a 3 couleurs distinctes, dans les mêmes teintes. La plus sombre est appliquée près du sol, la plus claire recouvre les parties les plus hautes. C'est fait ainsi pour limiter l'impact visuel de la tour dans le ciel parisien. Peinte tout d'abord en rouge Venise (1887/88) -laque de garance dans mon poème-  puis en brun/rouge (1889), 5 couleurs dégradées du jaune orange à la base au jaune clair au sommet (1899), jaune brun (1907 à 1947), rouge brun (1954/1961) puis "brun tour Eiffel" (1968 à aujourd'hui), elle est dégradée en trois tons, du plus foncé en bas au plus clair en haut.

 

 

 

 

 

Saison 2, Episode 5, L'ASCENSION

 

 

 

2/ Ses restaurants (L'ascension)

 

Capture d’écran 2019-02-17 à 12.55.58.png   escaliers.jpg

 

Ses restaurants/bars se comptaient au nombre de quatre (1889) implantés au 1er étage.

Ils étaient alimentés par des cuisines situées avec leurs "caves" à environ 55 m au dessus du sol. Le tout, fonctionnant à l'électricité et la vapeur d'eau plus du gaz utilisé uniquement pour l'éclairage.

 

On disposait donc d'un restaurant russe (voir mon poème), d'un restaurant français tenu par M. Brébant avec salons particuliers, d'un bar anglo-américain et d'un bar flamand. De quoi régaler les visiteurs de l'exposition universelle de Paris 1889 !

 

 

3/ Rivets (L'ascension)

 

rivets tour.jpg

 

Il fallait 4 hommes pour poser des rivets chauffés à blanc grâce à une forge mobile (rivets : pièces de métal forgé reliant entre-elles deux pièces ou plaques également en métal, comme c'est le cas par exemple sur les navires) : un pour les chauffer, un pour les tenir en place, un pour former leur tête, et un dernier pour achever l'écrasement à coups de masse. À noter que tous les trous devant accueillir ensuite les rivets étaient pré-percés auparavant, ce qui a réduit les bruits de perçage et d'usinage sur place.

 

Les assemblages sont d'abord réalisés sur place par des boulons provisoires, remplacés au fur et à mesure par des rivets posés à chaud.
En se refroidissant, ils se contractent, ce qui assure le serrage des pièces les unes avec les autres. La tour comptait pas moins de  2 500 000 rivets !

 

 

 

4/ Ses critiques ! ("débat" dans l'ascension)

 

Caricature de Gustave Eiffel par Luque Manuel 1854.jpg

 

 

La Tour Eiffel a fait l'objet de campagnes de dénigrement, d'affrontements voire de calomnies d'une violence inouïe, avant même sa construction.

Le Monde des Arts & Lettres n'a pas manqué à l'appel de ses détracteurs puisqu'on y compte de grands noms : Charles Gounod, Guy de Maupassant, Alexandre Dumas fils, François Coppée, Leconte de Lisle, Sully Prudhomme, William Bouguereau, Ernest Meissonier, Victorien Sardou, Charles Garnier et bien d'autres...

 

Certains n'ont pas manqué d'adjectifs :  

 

"ce lampadaire véritablement tragique" (Léon Bloy),  "ce squelette de beffroi" (Paul Verlaine),  "ce mât de fer aux durs agrès, inachevé, confus, difforme" (François Coppée), "cette haute et maigre pyramide d'échelles de fer, squelette disgracieux et géant, dont la base semble faite pour porter un formidable monument de Cyclopes, et qui avorte en un ridicule et mince profil de cheminée d'usine" (Maupassant), "un tuyau d'usine en construction, une carcasse qui attend d'être remplie par des pierres de taille ou des briques, ce grillage infundibuliforme, ce suppositoire criblé de trous" (Joris-Karl Huysmans), etc.

 

 

D'ailleurs, une "pétition" (déjà...) nommée en 1887 " Protestation contre la Tour de M. Eiffel" écrivait entre autre :

 

 

" Nous venons, écrivains, peintres, sculpteurs, architectes, amateurs passionnés de la beauté jusqu'ici intacte de Paris, protester de toutes nos forces, de toute notre indignation, au nom du goût français méconnu, au nom de l'art et de l'histoire français menacés, contre l'érection, en plein cœur de notre capitale, de l'inutile et monstrueuse tour Eiffel, que la malignité publique, souvent empreinte de bon sens et d'esprit de justice, a déjà baptisée du nom de tour de Babel. (...)  La ville de Paris va-t-elle donc s'associer plus longtemps aux baroques, aux mercantiles imaginations d'un constructeur de machines, pour s'enlaidir irréparablement et se déshonorer ? (...). Il suffit d'ailleurs, pour se rendre compte de ce que nous avançons, de se figurer un instant une tour vertigineusement ridicule, dominant Paris, ainsi qu'une noire et gigantesque cheminée d'usine, écrasant de sa masse barbare (...) tous nos monuments humiliés, toutes nos architectures rapetissées, qui disparaîtront dans ce rêve stupéfiant. Et, pendant vingt ans, nous verrons s'allonger sur la ville entière, frémissante encore du génie de tant de siècles, nous verrons s'allonger comme une tache d'encre l'ombre odieuse de l'odieuse colonne de tôle boulonnée".

 

 

" Protestation " à laquelle Gustave Eiffel ne manqua pas de répondre :

 

"Je crois, pour ma part, que la Tour aura sa beauté propre. Parce que nous sommes des ingénieurs, croit-on donc que la beauté ne nous préoccupe pas dans nos constructions et qu'en même temps que nous faisons solide et durable, nous ne nous efforçons pas de faire élégant ? Est-ce que les véritables conditions de la force ne sont pas toujours conformes aux conditions secrètes de l'harmonie ? (...) Or de quelle condition ai-je eu, avant tout, à tenir compte dans la Tour ? De la résistance au vent. Eh bien ! Je prétends que les courbes des quatre arêtes du monument, tel que le calcul les a fournies donneront une grande impression de force et de beauté ; car elles traduiront aux yeux la hardiesse de la conception dans son ensemble, de même que les nombreux vides ménagés dans les éléments mêmes de la construction accuseront fortement le constant souci de ne pas livrer inutilement aux violences des ouragans des surfaces dangereuses pour la stabilité de l'édifice. Il y a, du reste, dans le colossal une attraction, un charme propre, auxquelles les théories d'art ordinaires ne sont guère applicables".

 

 

À titre personnel, il me semble que la prudence s'impose quant à condamner trop vite ces propos.

 

 

Ne sommes-nous pas nous-mêmes souvent confrontés à des situations analogues quand le progrès ou l'Art moderne frappe à notre porte ?

Je me souviens avoir été très réticent lorsqu'en passant un matin de 1975 devant le plateau Beaubourg je découvris d'horribles tuyaux fendant l'air dans des obliques colorées affreuses. C'était du moins mon avis en passant devant ce qui devait devenir le Centre Pompidou...

 

 

 

 

 

Saison 2, Episode 6, LE MAQUIS

 

 

 

- LE MAQUIS dont la fontaine et la tour du philosophe (Le maquis)

 

maquis 1.jpg    maquis 3.jpg   

 

utrillo maquis.jpg

 

Le maquis de Montmartre par Utrillo

 


Entre le début du XIXe et du XXe siècles, se situait le maquis de Montmartre à l'emplacement des actuelles rues Lepic, Girardon et Caulaincourt.

C'était un vaste terrain vague ayant remplacé les champs et terrains vagues de la butte dont des moulins détruits, tout comme l'emplacement des canons pris par la Commune.

L'actuelle avenue Junot a recouvert cet ancien enchevêtrement de cabanes ressemblant à un bidonville misérable bien que fleuri et relativement champêtre à l'époque. La spéculation immobilière en vint à bout à partir de 1902. Et dire que les luxueuses villas d'aujourd'hui dont le prix au m2 est l'un des plus chers de Paris, n'étaient que des masures de misère hier...

 

 

Sa population misérable constituée de personnes ne pouvant payer de loyers se composait également d'anciens riches désargentés (comme ces deux gentlemen britanniques apprenant le badminton aux enfants !) ou d'originaux (comme le "philosophe" se prenant pour Diogène, ayant édifié sa "tour").

Artistes et peintres séjournant à proximité (Auguste et Jean Renoir au "Château des brouillards") s'en sont maintes fois inspirés : - Berlioz, Poulbot, Isadora Duncan (qui emmenait ses élèves répéter en petite tenue grecque à "la plage"...), le fameux baron Pigeard (qui fonda l'Union Maritime de la Butte Montmartre (!) et apprenant aux enfants à nager sur "la plage" donc sur un tabouret... et qui reçu aussi Modigliani ou Max Jacob, sans oublier Van Gogh et bien entendu Utrillo.

 

 

maquis 4.jpg

La tour du philosophe

 

Quant à la fontaine miraculeuse, la légende conte que Saint-Denis décapité et sa tête sous le bras, s'y serait arrêté pour la laver. Cette fontaine (Square Suzanne Buisson, impasse Girardon) jouissait également de vertus curieuses fort courues des maris jaloux puisqu'elle rendait les femmes fidèles...

 

square-suzanne-buisson-.jpg

La fontaine miraculeuse

 

 

 

- SAINT-PATRICK (Le maquis)

 

croagh-patrick-2-480x300.jpg

Saint-Patrick devant le Mont St-Patrick

 

Saint-Patrick qui, sur ordre du pape tenta d'évangéliser les irlandais en 411, pour les délivrer de leurs errances druidiques, donna son nom au Mont Saint-Patrick qui culmine à 764m en Irlande, est le saint patron des irlandais dont la fête se tient tous les ans à la date anniversaire de sa mort, le 17 mars (461).

 

 

 

 

 

Saison 2, Episode 7, BÂTARD

 

 

 

- FOUR À BOIS OU À CHARBON (Bâtard)

 

four pain.jpg   Capture d’écran 2019-02-22 à 10.37.07.png

 

 

Avant toute chose, je vous recommande l'excellent livre d' Antoine PARMENTIER (Oui, celui de la pomme de terre ! ) sur la façon du pain, publié en 1777. 

Vous le trouverez sur la Bibliothèque Nationale de France en téléchargement sur le site de GALLICA =>    ICI

La cuisson du pain est expliquée de la page 56 à 60.

 

Si la cuisson traditionnelle du pain se faisait au feu de bois (voir mon poème Bâtard), celle au charbon rencontra très rapidement un vif succès chez les boulangers.

En effet, le bois nécessitait des brindilles ou fagots de ronces ou  des sarments de vigne pour l'allumer ainsi que de la charbonnette (bois de 5cm de diamètre) puis du bois très sec de chêne, charme, hêtre ou de frêne (brûlant lentement). Il faut compter 3 heures de chauffe et 1/4 de stère environ pour un four d'un mètre de diamètre chauffé à 300°

 

Mais le charbon, bien plus pratique et rapide que le bois, est apparu simultanément à l'essor des grandes boulangeries industrielles à la fin du 19ème siècle. Ces fabriques utilisaient des fours bien plus grands, chauffés au charbon ou au moyen de tuyaux à vapeur. En fait, afin de limiter les gaz nocifs, le pain était cuit dans un espace distinct, donc en "chauffage indirect" par l'intermédiaire d'air chaud dispensé ou d'eau chaude. La cuisson pouvait dès lors se faire sans interruption offrant un gain de temps considérable pour une plus faible utilisation de combustible.

 

Juste une anecdote pour finir. Qui inventa la baguette ? Napoléon 1er ou plutôt ses boulangers de campagne militaire ! Car plus pratique à transporter dans les poches des basques à l'arrière de l'habit des soldats plutôt que dans leur gibecière comme cela se faisait pour les galettes de pain rondes...

 

 

 

 

 

 Saison 2, Episode 8, L'EXPOSITION

 

 

 

- OMNIBUS (L'exposition)

 

omnibus.jpg   fiacres.jpg  _DSC0424.jpg
 

 

À cette époque, il existait déjà plus de dix lignes régulières d'omnibus composés de "voitures" tirées à cheval.  Mais la concurrence était sévère et sans correspondance d'une ligne à l'autre. Il fallut attendre les bouleversements opérés par le Baron Haussman soucieux de la fluidité de la circulation dans Paris (déjà...) lors de l'exposition universelle de 1855 (pas celle de mon poème datant de 1889) pour les fusionner en un monopole confié à La Compagnie Générale des Omnibus (C.G.O.). Cela représentait par exemple en 1860 : 25 lignes de 503 omnibus tractés par 6700 chevaux !

 

En 1889 (Laurine, Maureen et José dans mon poème en empruntent un) furent mis en place de lourds omnibus à impériale de 40 places avec plateforme arrière et accès supérieur par un escalier hélicoïdal, tractés par 3 chevaux.

 

 

 

 

 

 

- EXPOSITION UNIVERSELLE :  (L'Exposition)

 

 

500px-Vue_générale_de_l'Exposition_universelle_de_1889.jpg   Paris-LOC_cph_3b40741.jpg
 

 

Se tenant à Paris du 5 mai au 3 octobre 1889 pour le centenaire de la Révolution française, cette dixième (!) exposition avait pour pièce maîtresse la Tour Eiffel. Se répartissant sur 50 hectares, elle s'enorgueillissait également du fameux bâtiment abritant la "Galerie des Machines". 

 

 

 

Extrait de l'historique de l'exposition : 

 

2560px-Médaille_Exposition_universelle_1889._Décernée_à_Gaston_TISSANDIER_(1843_1899)._Graveur_Louis-Alexandre_Bottée_(1852_1940)_(1).jpg

 


- Inauguration le 5 mai par le Président Carnot
- Durée: du 6 mai au 31 octobre 1889 (180 jours) 
- Situation géographique: le Champ de Mars, l'Esplanade des Invalides, la Colline de Chaillot et les rives de la Seine 
- Superficie: 96 hectares, dont 60 réservés aux bâtiments 
- Emblèmes: la Tour Eiffel, le Hall des machines  
- Exposants: 61.722, dont 33.937 français 
- Pavillons: Trois pavillons français, 24 pavillons thématiques, 18 pavillons coloniaux, 35 pavillons nationaux, 30 pavillons privés 
- Visiteurs: 32.250.000 
- Prix d'entrée: un Franc 
- Dépenses: 41.500.000 Francs 
- Recettes: 49.500.000 Francs 
- Bénéfices: 8.000.000 Francs 
- Classification: 9 groupes et 83 catégories 
- Prix décernés: 33.889, dont 953 Grands Prix

 

 

 

1/Deux Ponts roulants à vapeur desservaient les différents niveaux de la Galerie des Machines qui mesurait plus de 400 m. Ils opéraient parallèlement, parcourant cette galerie sur une longueur de 300 mètres, et emportant chacun de 150 à 200 personnes.

 

Galerie_des_Machines.jpg  pontsroulants.jpg

 

 

 

2/Globe terrestre (mars à saturne dans mon poème)Parmi les très nombreux bâtiments comme les attractions, se tenait le long de l'avenue de Suffren un globe terrestre de 40 mètres de circonférence représentant  la terre au millionième avec un diamètre  d'environ 12m 70, en tenant compte de l'aplatissement des pôles.

 

 

 

3/BUFFALO BILL & Annie OAKLEY Eh oui, le célèbre cowboy vint d'Amérique avec sa comparse qui tirait plus vite que son ombre... Il se rendit à cette exposition ainsi qu'à Lyon et Marseille pour présenter son fameux " Wild West Show ".  Annie Oakley s'était rendu célèbre pour ses performances incroyables au tir. à 28 mètres de distance, elle touchait 4472 des 5000 boules de verre lancées en l'air et coupait une carte à jouer en deux par son côté le plus fin ! Un de ses tirs les plus célèbres reste celui qui pouvait enlever les cendres d'une cigarette dans la bouche. Lors d'une tournée en Europe, elle proposa au kaiser guillaume 2 d'Allemagne de tirer sur sa cigarette qu'il tenait dans sa main.

 

 

Buffalo_Bill_Cody_ca1875.jpg    Miss-Annie-Oakley-peerless-wing-shot.jpg

 

 

4/Chemin de fer Decauville : C'était une attraction vraiment populaire et fort pratique, s'appuyant sur une voie tracée entre le Champ-de-Mars et les Invalides sur une distance de 3 km, traversant deux tunnels (voir mon poème) : celui de la tour Eiffel et celui de l'Alma. Cette ligne provisoire transportait 6 342 446 voyageurs payants. 

 

Le_chemin_de_fer_Decauville_devant_le_palais_de_l’Algérie_à_l’exposition_universelle_de_1889.-_Archives_nationales-_F-12-4055-F-G.jpg

 

 

5/Bouchon de diamant : présenté dans une vitrine au centre du pavillon de la joaillerie,  un gros bouchon de carafe était en fait un diamant pesant 180 carats (74 de plus que le Kohinoor et 44 de plus que le Régent). 

 

 

 

 

 

 Saison 2, Episode 9, MANUEL

 

 

- MALAGA, PABLO, PABLITO, DONA MARIA... PICASSO (Manuel)

 

pablito.jpg  pablo.jpg  

 

Pablo, Diego, José, Francisco, de Paula, Juan, Nepomuceno, María de los Remedio,s Cipriano de la Santísima Trinidad Mártir, Patricio, Ruiz y Picasso... Tel était le nom complet de Picasso. 

"Pablito" (que j'utilise dans mon poème) était le prénom donné à son petit fils né en 1948.

 

Né en 1881 à Malaga en Andalousie (voir mon poème), il tient en fait son nom de sa mère (Dona Maria Picasso Lopez, fille de vigneron), son père s'appelant José Ruiz y Blasco (professeur de peinture ).

Dans mon poème, je le fais venir à Paris à l'âge de huit ans (sa 1ère huile sur toile), ce qui est une fiction. Mais il habitera Montmartre - avant  de s'établir dans différents ateliers parisiens -  dans la fameuse cité des crève-la-faim " le Bateau-lavoir " à partir de 1904 où il fait la connaissance de Guillaume Apollinaire, d'André Salmon, d'Amedeo Modigliani, entre autres...

 

3 de ses premières toiles...

 

le_picador.jpg 

"Le Picador" 8 ans

 

 Capture d’écran 2019-02-28 à 16.29.09.png 

"Autoportrait" 15 ans

 

 

 Capture d’écran 2019-02-28 à 16.29.24.png

Dona Maria (sa mère) 15 ans


 

 

 

 

Saison 3, Episode 1, LE PEINTRE

 

 

 - FARDS, Pierre-AUGUSTE RENOIR (Le Peintre)

 

  

 

1/ FARDS : La mode de la fin du XIXè siècle voulait que les femmes aient le teint diaphane, presque transparent, de blancheur pâle avec des yeux soulignés de noir charbon ou de bleu foncé leur donnant ainsi un air fantomatique blafard. L'idéal de la beauté féminine consistait à avoir l'air mourant.

Le théâtre (des grands boulevards) a largement relayé cette vision de son temps parfaitement bien servie par les fards gras, puis secs créés par le comédien Joseph-Albert Ponsin, présentés dans de jolies boîtes rondes colorées. Plus tard, il lance la très célèbre poudre de riz de Java pour "éclaircir le teint et velouter la peau". 

Comme c'était d'ailleurs le cas dans l'antiquité (Cléopâtre prenant des bains de lait d'ânesse pour s'éclaircir la peau), les femmes ne devaient en aucun cas avoir le teint rougeaud (synonyme de basse condition) et encore moins bronzé (indiquant un travail de paysans). Le rouge à lèvres en vogue en vogue aussi bien pour les femmes que pour les hommes aux 17è et 18è siècles, ne l'était plus vraiment, bien que Guerlain ait créé en 1880 el premier bâton de rouge à lèvres à base de cire à bougie " Ne m'oubliez pas ". 

 

Capture d’écran 2019-03-04 à 15.12.24.png  Capture d’écran 2019-03-04 à 15.12.13.png  

 

 

2/ Pierre-Auguste RENOIR (1841/1919)  compte parmi nos plus illustres peintres impressionnistes.

 

 

Je ne vais pas ici vous conter sa biographie disponible partout (mais attention aux nombreuses erreurs sur Internet !) mais juste donner un ou deux éléments en rapport avec mes poèmes, donc selon le cas au fur et à mesure. Naturellement, dates et personnages de ma Romance de Laurine, ne correspondent que peu avec la vérité historique, mais s'en approchent du mieux possible.

 

À l'époque de ma romance (commencée en 1889), Renoir est un peintre connu qui a maintes fois exposé, notamment au " Salon " (qui alterne accords ou refus de ses oeuvres) puis avec les impressionnistes à plusieurs reprises (1874, 76, 77, 82), mais qui traverse régulièrement des périodes difficiles, de remous d'influence et bien entendu financiers.

 

Entré en 1862 dans l'atelier de Gleyre où il fréquenta Monet, sisley, Bazille, Pissaro et Cézanne, il se cherche en permanence. C'est un optimiste inconditionnel des portraits et des nus qui peint joyeusement  et d'instinct sans craindre la monotonie répétitive et qui laisse libre court à sa liberté d'expression anti conformiste (comme l'on dirait aujourd'hui).

 

 

Il fréquente souvent Claude Monet, à Bougival (mon poème Brouillards) le rejoignant notamment sur l'île de la Grenouillère (mon poème La Grenouillère) où il s'adonne à la peinture de baigneuses nues sensuelles et voluptueuses en bord de Seine (période " nacrée ").  Son chef d'oeuvre " Le moulin de la Galette " (mon poème "Noce"), figure parmi ses grandes oeuvres de référence. 

Personnellement, j'aime beaucoup le portrait qu'il fit de Mademoiselle Irène Cahen d'Anvers peint en 1880 - en photo ci-dessous -  (qui pourrait tout autant être celui de " ma Laurine toute jeune " mais non pas dans son gourbi misérable...). Voir l'histoire incroyable du devenir de cette toile :  ICI

 

Il s'installe en 1876 dans une ancienne demeure entourée de jardins dominant le vignoble de Montmartre au 12, 14 rue Cortot, (devenant voisin de Jean, Laurine et Maureen dans mes poèmes). Cette résidence est désormais le Musée de Montmartre ayant d'ailleurs accueilli de nombreux artistes dont Émile Bernard, Raoul Dufy, Suzanne Valadon ou Maurice Utrillo. 

Il résidera aussi au château des Brouillards en 1889 au pavillon 6 du 13 rue Girardon (mon poème "Brouillards"). 

Il épousera l'une de ses modèles, Aline Charigot (Maureen dans mes poèmes...), mère d'un de ses enfants, le fameux cinéaste Jean Renoir né au Château des brouillards.

 

 

 

9_pierre_auguste_renoir_portrait_de_mademoiselle_irene_cahen_d_anvers-800x0.jpg

 

 Auguste RENOIR - Mademoiselle Irène Cahen d'Anvers

 

 

 

auguste-renoir-bal-moulin-de-la-galette-1876.jpg

 

Auguste RENOIR - Le moulin de la galette

 

 

 

 

 

Saison 3, épisode 2, LA BOMBE

 

 

- RAVACHOL (ANARCHIE), LARIBOISIÈRE (La bombe)

 

1/ François Claudius Koënigstein dit RAVACHOL (1859/1892), surnommé le « Rocambole de l'anarchisme », a défrayé la chronique de l'époque par ses attentats, vols, crimes et assassinats perpétrés au nom de cet idéal relativement récent en France que fut l'anarchisme (Pierre Joseph PROUDHON s'était revendiqué le premier de l'anarchisme en 1840). Il convient cependant de noter que c'est l'affaire de Fourmies (fusillade tragique d'ouvriers grévistes par la troupe en 1891) et ses conséquences de brutalité policière qui accélérèrent son engagement anarchiste contre toute forme de pouvoir. Il utilisa des bombes faites de marmites emplies de mitraille, de clous et de cartouches de dynamite posées contre des représentants et détenteurs du pouvoir afin de le déstabiliser. Par la suite, d'autres anarchistes se rendirent tristement célèbres en France comme à l'étranger par des actes plus ou moins isolés : assassinats du Président de la République Sadi CARNOT à Lyon (1894), d'Élisabeth de Wittelsbach, dite SISSI, épouse de François-Joseph 1er de Habsbourg, d'Humberto 1er roi d'Italie en 1900, du Tsar Alexandre II en 1881, etc.

 

J'ai illustré dans mon poème, cette situation de terrorisme avant l'heure, afin de bien montrer la situation politique fragmentée de l'époque qui n'avait rien à envier à la nôtre, compte tenu de " l'idéal anti étatique et anti clérical " du mouvement anarchiste qui ne frappait d'ailleurs pas que des dirigeants et représentants du pouvoir, mais aussi la foule au hasard.

 

 

 

Attentat_Restaurant_Very.jpg     Le_Petit_Journal_-_Arrestation_de_Ravachol.jpg

 

 

 

2/ Hôpital de LARIBOISIÈRE Cet hôpital entièrement repensé en 1846 et prenant la suite de l'hôpital du Nord (1839), Louis-Philippe (1841), de la République (1848), s'est appelé Lariboisière en 1854. Il se devait selon les voeux de la princesse Élisa de LARIBOISIÈRE (fille du Comte ROY ministre des finances à la Restauration et épouse du Comte de Lariboisière fils du Maréchal d'Empire) d'être le plus beau de Paris, grâce notamment à ses legs. Sa construction avait d'ailleurs été décidée pour combler le manque d'hôpitaux rive droite et suite à l'épidémie de choléra de 1832 ; cet hôpital s'inscrivant dans une volonté de " charité où la philanthropie, où la science et l'art soient développés avec tous les progrès du temps ".

 

 

 

lariboisière 1.jpg    lariboisière 2.jpg  

 

 

Capture d’écran 2019-03-07 à 10.14.06.png


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saison 3, Episode 3, BROUILLARDS

 

 

- INTOLÉRANCE, LE CHÂTEAU DES BROUILLARDS, FOLIE, FONTAINE DU BUT, BIBI LA PURÉE, (Brouillards)

 

1/ INTOLÉRANCE (vers 8 de Brouillards) permettant d'imaginer bien avant l'heure, le petit Pablo (Picasso) frappé d'indignation, meurtri et terriblement choqué par la scène de la bombe (poème précédent : La Bombe), comme il l'aura été bien plus tard lorsque l'aviation nazie bombardera et détruira la ville de Guernica durant la guerre d'Espagne (26/04/1937).

À la demande de la République Espagnole de réaliser une peinture murale pour leur pavillon lors de l'Exposition Universelle de Paris en 1937, Picasso en fit alors sa fameuse toile cubiste et monumentale " Guernica " (1937), choisissant de dénoncer le totalitarisme fasciste par toile interposée.

 

 

Durant la seconde guerre mondiale, rencontrant dans son atelier l'ambassadeur du 3ème Reich qui, regardant une photo de sa toile, lui avait dit en colère : " C'est vous qui avez fait ça ? ", Picasso lui avait alors rétorqué : " Non, c'est vous ! "

 

Mural_del_Gernika.jpg

 

 

 

2/ LE CHÂTEAU DES BROUILLARDS, ET LA "FOLIE", LA FONTAINE DU BUT est une villa qui existe toujours formée d'un vaste bâtiment de deux étages situé à l'angle de l'allée des brouillards et de la place Dalida à Montmartre.

 

C'est en 1772 qu'un avocat au Parlement de Paris, Legrand-Ducamjean, achète à Montmartre qui n'était pas encore rattaché à Paris, 7000 m2 plantés de vigne et disposant d'un moulin, d'une ferme et d'abreuvoirs, plus la fameuse fontaine miraculeuse dans laquelle Saint-Denis y aurait lavé sa tête tranchée (Voir ci-avant : Le Maquis). Ce terrain très embrumé du fait de sources avoisinantes et de vapeurs d'eau a donné nom au site des brouillards.

 

 

Faisant raser la ferme, l'avocat fait alors construire une " folie " (demeure d'aristocrates ou de bourgeois aisés servant de villégiature en périphérie des villes).

Ce "château", ou plutôt ses communs annexes, abritèrent de nombreux artistes comme Théophile Steinlen, Kees Van Dongen, Amedeo Modigliani et Pierre-Auguste Renoir avec son modèle qu'il épousa en 1890 : Aline Charigot. Leur second fils Jean Renoir y naquit en 1894. 

 

Enfin, je vous invite à lire ou relire le roman de Roland DORGELES " Le Château des brouillards " publié en 1932, dans lequel il conte avec le talent qu'on lui connaît, la Bohème qu'il fréquenta assidûment, notamment avec Apollinaire, Picasso, Modigliani, Mac Orlan, Carco ou Max Jacob, pour ne citer qu'eux... en évoquant bien entendu le fameux cabaret " Au lapin agile ".

 

Dans mon poème (Brouillards) Maureen (Aline Charigot, donc) pose pour Renoir, un peu plus tôt qu'en réalité mais en fiction romanesque...

 

 


chateau-des-brouillards-paris-zigzag.png    Chateau-des-Brouillards.jpg   chateau-des-brouillards-rue-girardon-paris-zigzag-e1531413444776.png    Dorgeles_Le_Chateau_des_Brouillard3.jpg

 

 

 

 

 

3/ BIBI-LA-PURÉE (André-Joseph SALIS) était une figure légendaire de la Bohème de Montmartre qui fréquenta le Château des brouillards (ou le plus souvent la cuisine de Renoir, mendiant un bocal de cornichons et un litre de rouge) et les cabarets de la Butte et de Pigalle. Ce personnage pittoresque, ancien étudiant en Droit, provocateur, artiste, poète, indicateur de police, acteur, mendiant, magouilleur, ivrogne, dépravé, cireur de chaussures, voleur, et se prétendant le secrétaire et amant de Paul Verlaine, a fait l'objet de portraits par les artistes qu'il fréquentait, dont Jacques Villon, Steinlen et Picasso.

 

 

 

 

bibi la purée picasso 2.jpg      bibi-la-puree-2.jpg     Bibi-la-Puree-assis Picasso.jpg  

 

 

 

 

 

 

Saison 3, épisode 4, FESTIN

 

 

- " LE CAFÉ ANGLAIS" , PAUL-DURAND RUEL, " LE FESTIN DE BABETTE " (Festin)

 

1/ " LE CAFÉ ANGLAIS " situé à Paris au 13 boulevard des Italiens, était un restaurant fameux construit en 1802 et qui connut ses heures de gloire à la Belle Époque.

De nombreux artistes l'ont fréquenté dans la réalité :  Stendhal (qui en disait  " Trois soupers par semaine au Café Anglais et je suis au courant de ce qui se dit à Paris "), Alfred de Musset, Alexandre Dumas, Eugène Sue, etc. Dans la fiction également, ils furent nombreux à le mettre en scène : Honoré de Balzac (dans le Père Goriot), Flaubert, R. Quéneau, Karen Blixen, Marcel Proust, Guy de Maupassant, Émile Zola, etc. Des rois, princes, aristocrates, dirigeants, bourgeois de France et d'Europe en ont également fait l'une de leurs tables préférées, parmi les 22 salons et cabinets particuliers réservés. Ainsi, il servit le fameux dîner des trois empereurs réunissant le Tsar Alexandre II, le Tsarévitch, le roi de Prusse Guillaume 1er et Bismarck lors de l'Exposition universelle de Paris en 1867.

 

Disparu en 1913, il a été remplacé par un immeuble de style Art nouveau.

 

Je situe mon poème "Festin" dans son cadre en référence au " Festin de Babette " dont l'héroïne du roman de Karen Blixen (et du film) exerçait en 1871 comme Chef de cuisine mondialement réputée.

 

 

 

 café anglais.jpg   Café_anglais.jpg   Café_anglais_2009.jpg




2/ PAUL-DURAND RUEL (qui, dans mon poème (Festin) invite Renoir et ses amis) était un célèbre collectionneur, marchand de tableaux ayant lancé et encouragé de très nombreux peintres impressionnistes dont Pierre-Auguste Renoir. Il organisa une très grande exposition, probablement la plus célèbre du siècle, à Londres en 1905. Il acquit un nombre considérable de toiles,  soit environ 12 000 tableaux dont plus de 1 000 Monet, 1 500 Renoir, 400 Degas, 400 Sisley, 800 Pissaro, 200 Manet et 400Mary Casalt !

 

Peint par Renoir...

 

Pierre-Auguste_Renoir_113.jpg    Dornac_Paul_Durand-Ruel_en_1910.jpg  

 



3/ LE FESTIN DE BABETTE tiré de la nouvelle de Karen BLIXEN, est un film Danois (1987) avec Stéphane AUDRAN jouant le rôle de Babette. 

Je vous recommande ces liens qui en font un excellent résumé :  Le festin de Babette 1  et   Le festin de Babette recettes

 

J'ai pris le parti de composer le menu du souper du Nouvel an de 1890 dans mon poème (Festin) en reprenant intégralement le menu fabuleux du film dans lequel, les scènes de la préparation en cuisine et du repas valent largement le détour ! En voici le menu : menu 1 et les recettes principales :  Le festin de Babette recettes  et   festin

 

Et en cadeau, ces deux vidéos :      

 

 

image.jpg  ill_1807476_c198_festin-babette.jpg  Capture d’écran 2019-03-13 à 13.05.51.png
  

 





Saison 3, épisode 5, VAPEURS

 

 

- SAINT-LAZARE, MONET & RENOIR À BOUGIVAL, CARTON (Vapeurs)

 

 

1/ LA GARE SAINT-LAZARE fonctionnait déjà à plein régime, enfumée par les locomotives à vapeur à la fin du XIXè. La ligne Saint-Lazare/Saint-Germain en Laye fut inaugurée en 1837 en présence de la famille royale et de la Reine Marie-Amélie. La ligne pour Saint-Cloud et Saint-Nom-la-Bretèche (qui nous concerne) a été inaugurée en 1884, desservant depuis Paris/St-Lazare, St-Cloud, Garches Marne-la-coquette, Vaucresson, La Celle-St-Cloud, Bougival, Louveciennes, Marly-le-Roi, L'Étang-la-Ville, St Nom-la-Bretèche.

 

Claude MONET a fréquenté cette ligne pour se rendre à Louveciennes ou à Bougival (en haut de la colline distante de la Seine, mais à proximité de la forêt de Louceciennes/Versailles)  mais aussi  celle du Tramway à vapeur de Paris (Place de l'Étoile !) à Saint-Germain (Château) qui longeait la Seine, donc en passant par Le Peck et Bougival en bas, bord de Seine.

 

 

Il a peint plusieurs toiles de chemins de fer arrivant en gare (à Bougival) et de la gare Saint-Lazare (ci-après)

 

 

N.B : À titre personnel, j'adore ces toiles et, jeune élève aux Beaux-Arts, j'avais copié celle du "Train dans la neige" (ci-dessous) de Monet. J'ai habité durant toute mon adolescence en haut de Bougival, à proximité de cette gare, allant aux Beaux-Arts de Versailles à mobylette et au Lycée de Saint-Cloud par ce même train en longeant à pied la rue Claude Monet, mais à son époque, il y avait encore de nombreux vergers en bordure de forêt...

 

 

 

monet train dans la neige 1.jpg    Claude_Monet_-_The_Gare_Saint-Lazare_Arrival_of_a_Train.jpg
  Claude_Monet_-_Train_Tracks_at_the_Saint-Lazare_Station.jpg  

 

Unknown.jpg



 

2/ MONET & RENOIR À BOUGIVAL, CARTON. Ils se sont vus, mais plus tôt que dans mon poème (Vapeurs). Monet s'est installé à Bougival en 1869. Il a peint notamment l'établissement de bains/guinguette de La Grenouillère sur l'île de Croissy-sur-Seine en compagnie de Renoir (mon poème prochain : " La Grenouillère "). 

 

Ci-dessous par Monet " Glaçons sur la Seine "  puis " effets de neige sur la route de Louveciennes " 

 

Un "carton" est un carton entoilé bien moins coûteux qu'une toile de Lin (elle-même plus chère, mais sans aucune mesure de qualité avec les cadres entoilés actuels en coton).

 

 

Claude-Monet-glacons-sur-la-seine.jpgSnow-effect-the-road-to-louveciennes.jpg

 

 

 

 

 

 

Saison 3, Episode 6, GLISSE

 

 

- LES PATINEURS " SKATING-RINKS " &  LE " PALAIS DE GLACE " (Glisse)

 

 

Mon amie de la plateforme " Blog4ever ", Françoise, a consacré un article sur cette mode qui fit fureur à la Belle Époque, constituée par le création de nombreuses pistes de patin à glace et, ou à roulettes (les fameux Skating-Rinks) , en rapport avec ce nouvel engouement des parisiens, mais pas seulement, y compris à l'étranger, pour la glisse. 

 

Je n'en dirai pas plus, vous laissant le soin de vous rendre sur le blog de Françoise,  ici  (https://www.monatelierdepeintre.com)

 

et plus précisément sur son article : " LE SKATING " ici  (https://www.monatelierdepeintre.com/le-skating)

 

 

Néanmoins, j'ai choisi dans mon poème ( Glisse ) de vous parler du " Palais de glace " - et je dis bien " de glace " et non " DES Glaces " (différent), qui fut créé le 23 décembre 1893 à Paris au Rond Point des Champs-Elysées dans un bâtiment circulaire. Il fonctionna jusqu'en 1980/81 se transformant dès lors en théâtre. Il disposait d'une piste circulaire glacée de 420 m2 placée au centre de la rotonde, laquelle s'entourait d'un promenoir disposant de buvettes et de miroirs, avec à l'étage une galerie complétée par un orchestre de 50 musiciens !  

 

En 1981, il devint le " Théâtre du Rond-Point " (qui fonctionne toujours maintenant) dévolu à la Compagnie Renaud-Barrault (photo ci-dessous, la dernière).

 

N.B. Je me souviens y avoir patiné dans les années 1970...

 

Ci-dessous le grand patineur Axel Paulsen qui donna son nom au fameux saut, l'Axel qui, à la différence de tous les sauts de patinage artistique s'exécutant eux en arrière, se lance en avant pour une réception arrière, soit pour un simple Axel : 1 tour 1/2 et pour un triple Axel, 3 tours 1/2, d'où sa plus grande difficulté (+ 1/2 tour).

 

 

 

Axel_Paulsen.jpg   1pal_glaces.jpg

 

27_3_27_M_et_Mme_Barbey_[...]Agence_Rol_btv1b531752864.jpg   theat_rond-point7.jpg



 

 

 

Saison 3, épisode 7, LA GRENOUILLÈRE

 

 

- " LA GRENOUILLÈRE " avec les toiles de RENOIR, MONET... LES BAINS et L'ABSINTHE... (La Grenouillère)

 

L'île de Croissy ou de la Chaussée ou bien de la Grenouillère se tient dans les Yvelines entre Rueil-Malmaison proche de Paris et Bougival un peu plus loin sur la Seine. Pour la petite histoire, les Vikings y débarquèrent avant de s'en prendre à Paris en 845 ! Plus près de nous, avec la mode du canotage sous le Second Empire, de nombreux parisiens s'y rendirent régulièrement tant cette petite île de 2,5 km de long offrait une végétation luxuriante ; on la surnommait alors " la Madagascar de la Seine ", d'autant que de nombreux hommes s'y baignaient... nus !

 

C'est une cabaretière locale qui eut l'idée d'établir sur une petite plage de l'île, un bateau/ponton servant de salle de bal, de restauration et de location de canots, sans oublier une vaste péniche également accostée proposant des cabines de bain hommes (il était interdit de se baigner nu) et femmes. Ce site eut à l'époque un tel succès que Napoléon III et l'impératrice Eugénie y firent un jour escale ! 

 

Mais cette atmosphère populaire, vulgaire aussi et même en marge de la légalité par ses fréquentations parfois peu recommandables (les fameux Apaches), ne fut pas toujours du goût de tous.

 

Il n'est qu'à lire par exemple la description qu'en fit Guy de Maupassant :

 

" On sent là, à pleines narines, toute l'écume du monde, toute la crapulerie distinguée, toute la moisissure de la société parisienne : mélange de calicots, de cabotins, d'infimes journalistes, de gentilshommes en curatelle, de boursicotiers véreux, de noceurs tarés, de vieux viveurs pourris ; cohue interlope de tous les êtres suspects, à moitié connus, à moitié perdus, à moitié salués, à moitié déshonorés, filous, fripons, procureurs de femmes, chevaliers d'industrie à l'allure digne, à l'air matamore qui semble dire : “ Le premier qui me traite de gredin, je le crève.” Ce lieu sue la bêtise, pue la canaillerie et la galanterie de bazar. Mâles et femelles s'y valent. Il y flotte une odeur d'amour, et l'on s'y bat pour un oui ou pour un non, afin de soutenir des réputations vermoulues que les coups d'épée et les balles de pistolet ne font que crever davantage. Quelques habitants des environs y passent en curieux, chaque dimanche ; quelques jeunes gens, très jeunes, y apparaissent chaque année, apprenant à vivre. Des promeneurs, flânant, s'y montrent ; quelques naïfs s'y égarent. "  (« La femme de Paul », La Maison Tellier, 1881.)

 

Claude MONET et Auguste RENOIR s'y rendirent souvent en donnant à la postérité ces toiles de canotage, de buvette et de bains légers que Renoir d'ailleurs traduisit avec la délicatesse transparente de sa " période nacrée ". 

 

Quant à l'absinthe (ou absinthe), c'était une boisson fort à la mode au XIXè mais réellement dangereuse et interdite depuis 1915  (contenant du méthanol, substance neurotoxique). Emile Zola l'évoque dans " l'Assommoir ". Plusieurs artistes en furent victime (Toulouse-Lautrec, Van-Gogh, etc.).

 

   

Claude Monet " Bain à la Grenouillère "

 

Claude_Monet_La_Grenouillére.jpg

 

 

 

Auguste Renoir " La Grenouillère " 

 

 

Renoir11.jpg      Pierre-Auguste_Renoir_060.jpg

 

 

Auguste Renoir " Les grandes baigneuses " pour illustrer mon poème (La Grenouillère) in situ car tel n'était pas le cas de cette toile

 

Pierre-Auguste_Renoir_French_-_The_Large_Bathers_-_Google_Art_Project.jpg   



 

 

Saison 3, Episode 8, LA BLANCHISSEUSE

 

 

 

- LAVANDIÈRES & BLANCHISSEUSES, HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC (La blanchisseuse)

 

1/ LAVANDIÈRES & BLANCHISSEUSES : Il n'est pas vieux ce temps où la lessive était une grande affaire qui tenaient éveillées toutes les femmes d'un village durant plusieurs jours, deux fois l'an : au printemps avant les Rameaux et à l'automne avant  la Toussaint.

 

Cependant, je ne vais pas vous conter par le menu cette grande histoire du linge lavé, mais plutôt vous convier à ouvrir ce LIEN vers un site remarquable qui raconte de façon claire et très bien documentée cette " histoire des femmes " (du nom du site)

 

site : http://dona-martin.blogg.org/histoire-des-lavandieres-et-de-la-lessive-a127710660

 

Juste pour information, il convient de distinguer les lavandières des blanchisseuses. Les premières exerçaient une corvée ou un métier aussi pénible qu'éprouvant à laver agenouillée dans l'eau glacée le gros linge et le linge très sale deux fois par an (...)  puis à s'ébouillanter au grand cuvier, sans oublier toutes les étapes du tri, du rinçage, de l'essorage et de l'étendage...

 

Les blanchisseuses quant à elles bénéficiaient d'un plus grand "confort" car elles s'occupaient du linge fin et brodé et surtout, travaillaient généralement à leur compte. D'où la " promotion " de Victorine entrant au service de Laurine dans mon poème (La blanchisseuse).

 

    blanchisseuses.jpg   Capture d’écran 2019-03-07 à 17.30.32.png   blanchisserie.png

 

 

 

2/ HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC : a peint les gens simples qu'il fréquentait à Montmartre comme sur le Boulevard : Clichy, Rochechouart, Pigalle, Place Blanche, et... à son domicile 19, rue Pierre Fontaine (voir mon poème).

 

Et pourtant, il était issu de la noblesse illustre et ancienne des Comtes de Toulouse. Handicapé, infirme et souffrant d'une maladie atteignant les os, il s'installait dans les cabarets, bars et salles de spectacle, sans oublier les maisons closes lui permettant alors non seulement d'assouvir ses besoins, mais surtout de croquer, esquisser, peindre et dessiner sur le vif non pas des modèles figés, mais des personnes bien vivantes s'animant dans leur décor. Les prostituées par exemple lui paraissaient bien plus aptes à se mouvoir naturellement nues que des modèles.

 

Il s'est rendu célèbre par ses toiles et  affiches représentant tout ce petit peuple de Montmartre et de sa vie nocturne faite notamment des danseurs et danseuses du French-cancan du Moulin-rouge. Mort très tôt, à 36 ans des suites de l'alcoolisme (il possédait une canne creuse remplie d'alcool), de sa passion pour l'absinthe et de la syphilis, il nous reste de lui ses oeuvres aussi remarquables qu'éphémères par les sujets visités.

 

Dans mon poème, il tombe amoureux de Victorine la blanchisseuse. Il aurait tout autant pu la peindre (voir ci-après) comme l'un de ses modèles préférés : Jane Avril, la chanteuse Yvette Guilbert ou Louise Weber dite " La goulue ". 

 

 

 

Personnellement, j'ai un faible pour cette toile " La blanchisseuse " 

 

Get_lautrec_1889_the_laundress.jpg

 

 

 

 

Aristide Bruant par Toulouse-Lautrec

Henri_de_Toulouse-Lautrec_003.jpg   Lautrec_moulin_rouge_la_goulue_(poster)_1891.jpg

 

 

 

 

 

 

Saison 3, Episode 9, LA NOCE

 

 

- VENDANGES, BAL DU MOULIN DE LA GALETTE, LES " GRANDES BAIGNEUSES " (La noce)

 

 

Moulin_de_la_Galette_foto.jpg

 

 

 

1/ VENDANGES à Montmartre, comme déjà mentionné dans un article précédent : voir ci-avant, presque au début de ce petit lexique, à CLOS-MONTMARTRE

 

 

clos montmartre.jpg

 

 

 

 

2/ BAL DU MOULIN DE LA GALETTE Cette grande toile (1m31 x 1m75) est à bien des égards, considérée comme le chef d'oeuvre d'Auguste RENOIR. Peinte en 1876, elle est actuellement exposée au musée d'Orsay, suite à un leg du collectionneur Gustave Caillebotte. J'y situe mon repas de noce dans ce restaurant qui pris la place de la fameuse guinguette où se donnaient des bals populaires au pied du   moulin.

 

Mais au fait, saviez-vous que ce moulin connut bien des déboires ? 

 

Il reste actuellement le seul moulin de la Butte Montmartre à peu près en état de marche, du moins pour l'état de ses pièces mécaniques, sur les quinze moulins qui brassaient l'air de la crête de la Butte. Ces moulins donnaient de la farine de blé, mais pas uniquement, servant également à moudre d'autres céréales, à presser les vendanges locales et à concasser les matériaux des manufactures voisines.

 

Ce moulin, constitué à l'origine de deux moulins mentionnés en 1622, fut acquis par la famille Debray (les ancêtres de Régis Debray) en 1809.

 

 

Mais en mars 1814, alors que l'armée impériale russe en prise avec Napoléon 1er était à Paris, et que suite à des pourparlers de paix Montmartre n'était plus défendue (elle était célèbre par ses canons placés en hauteur), se trouvait malgré tout un petit groupe de "résistants" français dont les Debray, meuniers en famille, décidant de contrer l'envahisseur cosaque. Faisant feu au canon contre eux, ils tuèrent de nombreux assaillants, mais l'aîné fut blessé puis finalement abattu. Son fils fut transpercé par une lance, mais il s'en tirera et on lui doit ce moulin/guinguette sous la Restauration. Las, les russes furieux, découpèrent le corps du père en quatre morceaux qu'ils fixèrent sur les ailes du moulin !

 

Par la suite donc, en 1834, le fils survivant y rajouta une guinguette doublée d'un bal portant dès lors le nom du " Moulin de la Galette " en référence aux galettes qu'on y déguste sur place accompagnées du petit vin aigrelet cultivé sur les coteaux de la Butte. Son succès quasi immédiat, ne se démentit pas par la suite.  

 

Outre Pierre-Auguste RENOIR installé à Montmartre dominant les vignobles, de nombreux peintres et impressionnistes immortalisèrent ce moulin. Parmi lesquels on trouve Vincent VAN GOGH, Henry de TOULOUSE-LAUTREC, Maurice UTRILLO, Rymond CASAS, Pablo PICASSO...

 

 

 

 

AUGUSTE RENOIR 

 

auguste-renoir-bal-moulin-de-la-galette-1876.jpg

 

 

 

 

EUGÈNE CICERI 

 

EugeneCiceriLeMoulinDeLaGalette.jpg



 

HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC

 

Henri_de_Toulouse-Lautrec_025.jpg

 

 

 

 

VINCENT VAN-GOGH

 

Vincent_Willem_van_Gogh_066.jpg

 

 

 

MAURICE UTRILLO

 

utrillo moulin.jpg

 

 

 

 

 

3/ LES GRANDES BAIGNEUSES de Renoir peinte entre 1884 et 1887. Cette toile fit scandale lorsqu'Auguste Renoir l'exposa à l'Exposition internationale de 1887. À son retour d'Italie, traversé par des doutes, Renoir se cherchait alors en tentant de s'écarter des impressionnistes. À part Claude MONET ou Marcel PROUST, les critiques furent dans l'ensemble fortement négatives.

 

Notons que son modèle devenu sa femme (au 2ème plan avec la serviette), Aline Charigot est Maureen dans mon poème... qu'il épouse donc !

 

 

 

Pierre-Auguste_Renoir_French_-_The_Large_Bathers_-_Google_Art_Project copie.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Saison 4, Episode 1, Mademoiselle 

 

 

 

- RENOIR & ALINE, ASPIRANTS COMPAGNONS, SALONS LITTÉRAIRES, MASSACRE DES ITALIENS (Mademoiselle)

 

 

 

1/ AUGUSTE RENOIR & ALINE CHARIGOT son épouse, "jouée" ici par Maureen, sont installés en 1895 à Essoyes (ville natale d'Aline), dans l'Aube. Leurs deux enfants sont Pierre (né en 1885) et Jean, le fameux cinéaste (né en 1894) en attendant le troisième fils, Claude (né en 1901).

 

 

 

 

Pierre-Auguste_Renoir_Portrait_of_Madame_Renoir_(c._1885_small).jpg

 

Portrait d'Aline Charigot par auguste Renoir

 

 

 

 

2/ ASPIRANTS COMPAGNONS Les Compagnons du devoir se déclinent en apprentis (dès 15 ans) devant réaliser une maquette d'adoption, puis une fois jugés sur leur première maquette et adoptés par la communauté des compagnons, deviennent affiliés ou aspirants devant également (comme toujours...) faire leurs preuves et partant dès lors faire leur " tour de France ". Ayant réalisé après leur travail d'adoption, leur tour de France, ils présentent alors à leurs pairs leur " Chef d'oeuvre " représentant une véritable prouesse technique mettant en évidence un savoir faire ancestral propre à leur corporation pour un travail réalisé en plusieurs centaines d'heures. 

 

Je ne puis que vous recommander de lire le remarquable roman de George Sand, adulée des Compagnons, " Le compagnon du tour de France " paru en 1840 pour un récit se déroulant vingt ans plus tôt.

 

 

 

Compagnons-du-devoir-du-tour-de-france.jpg                 9782253081050-001-T.jpg

 

 

 

3/ SALONS LITTÉRAIRES Très en vogue au XVIIIè et XIXè et réunissant des écrivains, auteurs dramaturges, poètes, artistes, femmes de lettres, acteurs, musiciens, étudiants, mais aussi diverses personnalités en vue et plus ou moins courtisanes, ils étaient à la fois un espace d'échanges érudits et de créativité talentueuse sociale d'inspiration romantique ainsi que l'endroit chic où l'on se devait d'être vus. Juliette Récamier, Victor Hugo, Lamartine, Alfred de Musset, Alexandre Dumas, Balzac, Eugène Delacroix, Liszt, Marcel Proust ou bien encore Guy de Maupassant, et tant d'autres... en étaient les fidèles adeptes.

 

Dans ma saga, Laurine ouvre un Salon dans sa boulangerie " Coeur-de-pain " en y exposant de nombreuses toiles prêtées par son ami Paul Durand-Ruel (le fameux collectionneur ; voir mon poème " Festin") ou offertes par Auguste Renoir, Claude Monet, Pablo Picasso... Elle y organise des après-midis et soirées littéraires d'un style autrement posé que dans l'antre provocatrice des cabarets d'étudiants ou de la Bohème du Lapin agile... Elle ose cependant y exposer les nus de Renoir et les arlequins cubistes de Pablo !

 

L'une des toiles ouvrant le décor de son Salon, est " La liseuse " d'Auguste RENOIR.

 

Mon amie Françoise en a fait une copie remarquable qu'elle présente sur son blog ( https://aqua-reve-francoise.blog4ever.com ) 

dans cet article : " La liseuse d'Auguste Renoir " que vous trouverez :  ICI

 

 

 

 

 

Copie-de-Renoir-La-liseuse-5-F.jpg

 

" La liseuse " d'après Renoir par Françoise M.

 

 

 

 

4/ LE MASSACRE DES ITALIENS D'AIGUES-MORTES (Gard) que j'évoque indirectement dans mon poème (Mademoiselle) en parlant de José, victime du racisme des commères du quartier...

 

 

Survenu les 16 & 17 août 1893 à la suite d'une crise économique sévère en Europe et de la difficulté de trouver du travail, la population employée par la Compagnie des Salins du midi, n'a pas accepté que leur emploi se trouve "menacé" par cette main d'oeuvre italienne immigrée.

 

À la suite d'agitations nationalistes d'extrême droite dons la Ligue de la Patrie Française, et du chômage s'amplifiant, une rixe opposa les différentes communautés présentes dont des Ardéchois, trimards (vagabonds), locaux et Piémontais. Attaqués et devant se réfugier dans une boulangerie (...) que leurs assaillants veulent incendier, les ouvriers italiens sont alors lynchés à coups de bâtons, fusil et noyade par une foule furieuse. La gendarmerie comme la troupe ne purent (ou ne voulurent) contenir leurs agresseurs, s'en prenant également aux femmes et enfants pour un bilan terrible et controversé de 150 morts ou... 8 officiellement.

 

Ce drame constitua également un immense scandale judiciaire puisque l'acquittement général de tous les assaillants poursuivis fut prononcé. Il eut aussi pour conséquence une altération des relations diplomatiques entre la France et l'Italie ainsi que des heurts contre des français en Italie, par représailles.

 

 

Tuerie_d'Aigues-Mortes_en_1893.jpg   Aigues-Mortes_massacre_des_italiens_1893.jpg

 

 

 

 

 

 

Saison 4, Episode 2, Jupiter

 

 

 

 

- LE TRAIT DE JUPITER, BRETONS DE CAYENNE, 732 ANS ET 36 ANS, SAINT-JOSEPH & SAINTE-ANNE D'AURAY (Jupiter)

 

 

 

1/ LE TRAIT DE JUPITER est un assemblage complexe reliant deux grosses pièces de bois (comme des poutres) de même section entre-elles mises bout à bout afin d'en faire une seule d'un même tenant.

 

Sa réalisation, difficile et délicate, relève d'un travail expérimenté de haute précision, tant de tracé que de découpe sans nuire au fil du bois, car l'ajustement en biais des deux pièces de bois se doit d'être parfait, faute de quoi, il y aurait risque de rupture (comme dans mon poème "Jupiter"), d'où le grand respect porté par les compagnons du devoir aux charpentiers ou menuisiers de leur corporation, capables d'en réaliser.

 

Les deux pièces de bois, en général du chêne pour sa solidité, sa tenue dans le temps et sa résistance au pourrissement, doivent être de même facture. Le trait de Jupiter était (surtout dans le temps) indispensable pour réaliser de longues portées en charpente traditionnelle ainsi qu'en charpente de marine lorsqu'on ne disposait pas de suffisamment d'arbres assez longs. 

Il se compose de deux coupes biaises (coupe en oblique) à redent (en V), de deux barbes (petites pièces de bois) et de deux clés de serrage (coin en bois).

  

Jupiter " lui a donné son nom " car l'aspect des deux pièces biseautées à leur assemblage présente une découpe formant un Z comme l'éclair de foudre du dieu Jupiter.

 

 

trait de jupiter 1.jpg  trait de jupiter 2.jpg  trait de jupiter 3.jpg

 

 

2/ BRETONS DE CAYENNE Il s'agit dans mon poème de compagnons ou compères (comme on les nommait) venus de Bretagne et exerçant comme charpentiers au sein d'un " Devoir " (confrérie compagnonnique) se réunissant dans leur " cayenne " (lieu de réunion). À l'origine, ce terme vient des vieux navires transformés en caserne flottante et servant de dépôt de marins dans les ports d'outre-mer, lequel aura donné son nom à la ville de Cayenne en Guyane. 

 

 

 

 

3/ 732 ANS & 36 ANS Oui, il se trouve qu'en 1895, date de mon poème (Jupiter), la cathédrale a 732 ans. Notre-Dame de Paris a vu sa première pierre posée en l'an 1163.

 

Je n'ai donc pas résisté à la tentation d'évoquer la célèbre bataille de Poitiers conduite en 732 après J.C. par Charles Martel, Duc des Francs et Maire du Palais, aidé de ses alliés Burgondes, Vascons et Eudes face à l'invasion des Omeyyades.

En effet, au XIXè le patriotisme ambiant fit de la victoire de Charles Martel sur les sarrasins un évènement fondateur de la Nation, d'autant que les anti cléricaux de l'époque le préféraient à Clovis.

La cathédrale n'existait pas encore, mais la similitude de dates avec l'évènement décrit dans mon poème laisse peut-être à penser que Notre-Dame avait déjà aidé la Francie encore bien faible au VIIIè siècle...

 

Charles-Martel.jpg

 

 

 

Quant aux 36 ans, ils représentent l'âge encore jeune de la nouvelle flèche de la cathédrale (haute de 93 m depuis le sol), conçue par Eugène Viollet-le-Duc en 1859 avec l'apport de l'entreprise de charpente Auguste Bellu (500 tonnes de bois) et des ateliers Monduit pour la couverture métallique (250 tonnes de plomb).

 

La flèche domine les statues de cuivre vert-de-grisé des douze apôtres. Viollet-le-Duc s’est même fait représenter sous les traits de Saint-Thomas avec son équerre ! 

 

 

Échafaudages_de_la_construction_de_la_flèche_de_Notre-Dame_de_Paris.jpg  Fleche.Notre.Dame.Paris.png  cda_actu_2019_fleche_nd-paris_violletleduc_repro.jpg  Flèche_Notre-Dame_de_Paris.jpg  Apôtres_au_pied_de_la_flèche.jpg  Notre-Dame_de_Paris_086.jpg


 

 


4/ SAINT-JOSEPH, père de Jésus, est le "patron" des charpentiers (c'était son métier !).

         SAINTE-ANNE, mère de Marie (Notre-Dame), donc grand-mère de Jésus, est la "patronne" des menuisiers. "Apparue" pour l'unique fois en tant que telle en août 1623 auprès d'un jeune Breton Yvon Nicolazic, elle fait l'objet depuis, et pour les "miracles" qu'elle a multipliés, d'un pèlerinage à Sainte-Anne d'Auray (ville, basilique et coeur spirituel du diocèse de la Bretagne) auquel participent entre 600.000 et 800.000 pèlerins et visiteurs chaque année. Le Pape Jean-Paul II s'y rendit en 1996 rassemblant 150.000 personnes.

 

 

 

Unknown.jpg  esc1.jpg



 

 

 

 

 

Saison 4, Episode 3, La Savoyarde

 

 

 

- FRANÇOISE - MARGUERITE DITE " LA SAVOYARDE ", FARDIER, PACCARD (La Savoyarde)

 

 

attelage-en-ligne-03-la-savoyarde.jpg

 

 

De son vrai nom : " FRANÇOISE MARGUERITE DU SACRÉ-COEUR DE JESUS " dite " LA SAVOYARDE " est la fameuse cloche offerte par les quatre diocèses de Savoie lors de la souscription nationale mise en place pour la construction du Sacré-Coeur de Montmartre, en lieu et place d'argent.

 

Fondue le 13 mai 1891 dans les célèbres ateliers " Paccard " d'Annecy-le-Vieux - ceux qui avaient retrouvé les vieux secrets des fondeurs flamands du Moyen-Age pour accorder l’harmonisation interne des cloches - cette cloche était alors la plus grosse du Monde, pesant près de 19 tonnes avec un battant de 850 kg,  pour 3,03 m de diamètre et 9,60 m de circonférence extérieure et une épaisseur à la base de 22 cm (lé de 10 mètres dans mon poème "La Savoyarde"). Elle fut livrée à Montmartre le jour de la Sainte Marguerite Marie, arrivant dans la nuit du 16 octobre 1895.

 

La Savoyarde est le sixième plus lourd bourdon d'Europe. Sa tonalité, caractéristique, est celle du contre-ut grave. Voir, ci-dessous son enregistrement :

 

 

 

 

 

Son voyage dura 5 jours. Elle fut transportée, d'abord en train d'Annecy à Paris.

À Annecy, son " équipage " est à sa démesure : trois chevaux attelés de front précédés de douze paires de bœufs symbolisant les 12 cantons savoyards. Un wagon plat à charpente renforcée a été spécialement affrété par la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée (PLM).

 

À Paris, en gare de marchandises à la Chapelle, on la hisse sur un fardier (chariot bas à roues larges transportant de fortes charges) pesant lui-même 6 tonnes, attelé à 28 chevaux (!) guidés chacun à la bride par un charretier et, à la lueur des torches et lanternes, l'on procède à la longue ascension de la Butte Montmartre en sablant les rues sous la pluie. La dernière rampe se montera même au galop, sous les hourras d'une foule de curieux et... les sueurs froides de M. Paccard lui-même accompagnant sa protégée !

 

La Savoyarde fut installée, d'abord provisoirement sur une plateforme provisoire par un accès fait d'échafaudages en plan incliné, puis bénite et baptisée le 20 novembre 1895 par Monseigneur Richard, archevêque de Paris. En revanche, ce n'est qu'en 1907 qu'elle fut définitivement installée dans son Campanile (jouxtant, accolé au Sacré-Coeur).

 

Pour la faire sonner, il ne fallait pas moins de huit hommes actionnant pédales et cordes. Aujourd'hui, son marteau est mu par l'électricité et la cloche s'actionne en rétro-lancé car la pleine volée du "lancé"  fragilisait le Campanile.

 

L'entreprise de fonderie Paccard, qui existe toujours, mais installée à Sévrier depuis 1989, jouit d'une réputation internationale. Son histoire débute en 1796. Au XIXè, outre les grosses cloches et bourdons comme La Savoyarde, l'entreprise coulait de 700 à 800 cloches par an ! 

 

 

 

 Ci-après, très intéressante vidéo du bourdon La Savoyarde qui se met en mouvement dans le Campanile du Sacré-Coeur :

 

 

 

 

 

Le Campanile 

 

campanile2.jpg

 

 

  savoyarde 1.jpg  savoyarde 2.jpg  savoyarde 3.png



 

 

 

 

 

Saison 4, Episode 4, Charité

 

 

 

 

 - L'INCENDIE DU BAZAR DE LA CHARITÉ (Charité)

 

 

 

640_gettyimages-535818541.jpg

 

 

 

 

Un terrible incendie prit dans ses flammes le 4 mai 1897 une vente de bienfaisance mise sur pied depuis 1895, à l'emplacement actuel du 15/19 rue Jean Goujon de Paris (8è).

 

Ce drame fit la une de la presse et des journaux illustrés de la Belle époque. Ainsi, " Le Petit Parisien ", " L'Intransigeant ", " Le Petit Journal ", sans oublier " l'Illustration ", se firent-ils l'écho de l'horreur enflammant à son tour le coeur meurtri de leurs lecteurs. La débauche de dessins et lavis imprimés renforcés par des légendes fortement " imagées "  laissait à chacun le soin d'imaginer les derniers instants de ces malheureux brûlés vifs... à l'instar des autres catastrophes !

Ainsi, le journaliste du Petit Journal du 10 mai 1897 écrivit-il : " Le feu a fait mourir dans des souffrances plus atroces que celles infligées aux victimes du barbare Moyen-Âge, des femmes, des jeunes filles, des enfants ; pour la plupart titrées, riches, heureuses, réunies là pour faire la charité. Le feu a pris sa proie toute vive, et, détail odieux, la mort s'est amusée à dépouiller ses victimes. On a retrouvé nues de chastes jeunes filles, et involontairement, on songeait à la Virginie de Bernardin de Saint-Pierre, qui aime mieux mourir et ne jamais revoir Paul que de se dévêtir et être sauvée. Ignoble mort qui, plus infâme que le boureau antique, insultait ainsi sa victime ! "

 

Cette tragédie fit 126 victimes, principalement des femmes (118 femmes identifiées dont plusieurs religieuses). À la différence d'autres catastrophes qui faisaient pourtant des milliers de morts dans le monde, celle-ci marqua pour longtemps les esprits. En effet, non seulement elle survint au milieu d'une kermesse philanthropique, mais de plus elle atteignit des personnalités largement titrées et fortunées, enfin, par l'accident lui-même survenu par l'utilisation toute nouvelle du cinématographe.

 

L'incendie se déclara dans la salle bondée du " cinéma " improvisé suite à une mauvaise manipulation de pellicules aux vapeurs d'éther par un projectionniste maladroit et inconscient qui gratta une allumette dans le noir... Son geste provoquant aussitôt l'inflammation des vapeurs d'éther, s'ensuivit comme une traînée de poudre un brasier s'alimentant des étoffes, tissus, toiles, cartons et papiers servant de décor un peu partout à la reconstitution d'une rue du Moyen-Âge qui avait été aménagée dans cet entrepôt. Il y avait de nombreux visiteurs et invités, principalement des femmes et des enfants. Mais comme il s'agissait d'une fête de bienfaisance, les organisateurs s'étaient entourés d'illustres personnalités largement titrées. Se comptaient donc non seulement des duchesses, marquises et même princesses, mais aussi des Dames patronnesses et autres bienfaiteurs fortunés, sans oublier non plus leurs domestiques. Du fait des matériaux extrêmement inflammables du hangar, dont une vaste toile goudronnée suspendue (...)  et de l'absence totale de mesures de sécurité, en un quart d'heure, tout était consumé !

 

Par la panique engendrée auprès des 1.500 personnes présentes en ce long hall " moyenâgeux "  du hangar en bois et l'étroitesse des issues, de nombreuses victimes furent piétinées avant que d'être rattrapées par les flammes. Comme toujours en pareil drame, des actes de lâcheté, mais aussi d'héroïsme se firent jour, servant d'ailleurs l'imagerie populaire largement relayée par la presse stigmatisant la couardise de nantis et vantant la bravoure de malheureux parmi les petites gens du peuple.

 

Cela dit, il convient de noter l'extrême héroïsme de la Duchesse d'Alençon (en photos ci-après), propre soeur d'Élisabeth " Sissi " impératrice d'Autriche, qui se sacrifia en sauvant des enfants, clients et vendeuses en les aidant à sortir par une petite porte. Mais prisonnière du comptoir du Noviciat, avec la la vicomtesse de Beauchamp, elles n'eurent pas la même chance...

 

Suite à une souscription lancée par le Cardinal Richard, Archevêque de Paris, une chapelle commémorative "Notre-Dame de consolation" (en photo ci-après), est inaugurée le 4 mai 1900 sur l'emplacement du sinistre.

 

 

Bazar_de_la_Charité_avant_l'incendie.jpg  Bazar_de_la_Charité_avant_l'installation_des_comptoirs_et_l'incendie.jpg  Fuite_par_la_lucarne_de_l'Hôtel-du-Palais.jpg    Sofia_Carlota_da_Baviera.JPG   Chapelle_Notre-Dame-de-Consolation_Paris.jpg  




 

 

 

Saison 4, Episode 5, Vercingétorix

 

 

 

 

 - L'HIPPODROME DE CLICHY-MONTMARTRE & SON INAUGURATION, PABLO PICASSO EN 1900 (Vercingétorix)

 

 

1/L'HIPPODROME DE CLICHY-MONTMARTRE & SON INAUGURATION du 18 mai 1900 fut un évènement !

En ces temps, la mode était, tout comme celle des Skating-Rinks dont nous avons déjà parlé, orientée vers les hippodromes, mais non pas tant au sens que nous leur connaissons aujourd'hui de courses de chevaux. Non, mais d'espaces immenses permettant des spectacles de plein air (comme au Camp du Drap d'Or à l'hippodrome de l'Etoile ou au Champ-de-Mars) ou couverts comme ici sous un immense chapiteau métallique, et réunissant plusieurs milliers de spectateurs sur... les arts du cirque ! Il pouvait tenir sur 5 niveaux desservis par les ascenseurs Jean Combaluzier (Eh oui, Roux-Combaluzier, ça vous dit quelque chose ?), 7.000 places dont 5.000 assises. Quant à la piste, elle offrait une surface de 70 m x 35 m.

 

Ce vaste bâtiment fut tout spécialement construit pour l'exposition universelle de Paris - 1900 et se tenait entre la Place Clichy et le cimetière de Montmartre. Par la suite, il fut transformé en le plus grand cinéma du Monde, le Gaumont-Palace, en 1911 (je me souviens y avoir vu enfant, Ben-Hur...). Détruit en 1973 malgré sa façade Art-Déco, ne parlons pas de la banalité de ce qu'il est devenu...

 

Pour son inauguration, les organisateurs avaient prévu grand, très grand ! Pas moins d'une pantomime reproduisant en figure allégorique la bataille d'Alésia opposant les troupes de Jules César à celles de Vercingétorix, de son second Lucter dit Le Cadurque, et de leurs tribus alliées. La mise en scène spectaculaire offrait aux yeux ébahis des spectateurs, un "combat" déroulant les prestations acrobatiques de 850 acteurs et de 120 chevaux dont 10 chevaux Alezans présentés préalablement en liberté ! Ce clou du spectacle mis en musique avec un véritable orchestre et prenant la forme d'un ballet chorégraphique incroyable, faisait suite à des numéros de cirque plus traditionnels.

 

 

 

Hippodrome_de_Montmartre_8_-_Hippo-Palace.jpg   ob_63c61e_hippodrome-clichy.jpg

 

 

 

2/ PABLO PICASSO EN 1900 était venu à Paris un mois avant l'exposition universelle de Paris (fermant en novembre 1900) et, avec le peintre espagnol Carlos Casagemas s'étaient installés dans l’atelier du peintre Nonell, rue Gabrielle à Montmartre, d'octobre à décembre 1900. Fortement marqué par le suicide de son ami Casagemas, en son absence le 17 février 1901, commence alors sa " période bleue ". Notons que Picasso (Pablo dans mon poème "Vercingétorix") adorait croquer le mouvement des artistes du cirque et de leurs animaux - comme en corrida, par ailleurs.

 

 

 

Picasso :Enterrement de son ami Casagemas

 

picasso-enterrement-casagemas.jpg

 

 

 

 

 

 

Saison 4, Episode 6, Mariage bleu

 

 

 

 

 

- LES QUATRE SYMBOLES DE LA ROBE DE MARIÉE, LE TRAIN BLEU, SARAH BERNHARDT (Mariage bleu)

 

 

 

1/ " LES QUATRE SYMBOLES " DE LA ROBE DE MARIÉE du mariage consistant en quatre objets portés par la mariés en forme de symbolique forte était une coutume traditionnelle venant d'Angleterre à la fin du XIXè siècle.

 

On disait de la mariée lorsqu'elle s'avançait vers l'autel en s'enthousiasmant de l'élégance de sa parure : « Something old, something new, something borrowed and something blue »

 

Ces quatre objets étaient des porte bonheur ou en quelque sorte, des amulettes destinées à conjurer le mauvais sort.

 

 

Il s'agissait pour la mariée, de porter :

- du neuf, symbolisant l'avenir et la réussite du couple

- du vieux, représentant la famille et le passé de la mariée

- du bleu, pour la pureté des sentiments allés à la promesse de fidélité,

- un objet emprunté le jour de son mariage, en témoignage de chance et de bonheur.

 

Ainsi par exemple, la robe pouvait être neuve, une broche ancienne pouvait être portée, des chaussures bleues ou un bouquet également ainsi que des gants de dentelle prêtés faisant l'affaire...

 

 

 

100-ans-de-robes-annee-1900.jpg   bouquet.jpg

 

 

 

 

2/ LE TRAIN BLEU est un restaurant emblématique de l'actuelle gare de Lyon. Inauguré par le Président Emile LOUBET en 1901, il fut construit à l'occasion de l'Exposition universelle de Paris 1900. Désigné d'abord comme Buffet de la gare, il ne prit son nom de Train bleu qu'en 1963 en l'hommage à la fameuse ligne Paris/Vintimille datant de 1868 et partant vers le bleu de la Méditerranée.

 

Son décor fastueux chargé de stucs et moulures dorées, de sculptures, de lustres, de fauteuils club et de banquettes d'apparat, mais aussi et surtout de 41 peintures et fresques très larges représentant des vues et décors symboliques des principales villes et étapes desservies par la compagnie des chemins de fer P.L.M. (Paris-Lyon-Méditerranée) et d'évènements importants, a très tôt fait la réputation de ce lieu.

 

Cette décoration fut confiée à de nombreux peintres réputés ou très en vue à l'époque. Ajoutons que les vastes salles à manger comme les petits salons bénéficiaient de boiseries, de parquets polis, de meubles d'acajou et d'autres vases et accessoires argentés. La vaisselle, l'argenterie et naturellement la qualité du service de restauration n'étaient pas en reste. Les fresques de sites (Mont-blanc) et de villes de France (Paris, Lyon, Marseille, Orange), mais aussi d'Afrique du Nord (Alger, Tunis), de monuments (Pont Alexandre III), ou représentant des personnalités et artistes à la mode (Sarah Bernhardt, Edmond Rostand), contribuèrent à l'aspect magnifique, exotique et mythique du restaurant.

 

Ce restaurant reste à ce jour l'un des plus vivants souvenirs de la Belle époque et du Paris de 1900. Il n'a cessé d'être fréquenté par des artistes (Sarah Bernhardt, Réjane, Salvador Dali, Jean Gabin...), écrivains (Colette, Edmond Rostand, Jean Cocteau, Marcel Pagnol...), hommes politiques (André Malraux, François Mitterand...) et tant d'autres...

Sa table est fameuse et sa cave prestigieuse. 

 

Pour y être allé il y a peu, je vous recommande vivement ce restaurant qui vous offrira bien plus qu'un simple repas, une ambiance !

 

 

 

le-train-bleu-019_2800x2100.jpg   IMG_3535.jpeg  

 

 

IMG_3540.jpeg




 

3/ SARAH BERNHARDT (1844/1923) qu'il n'est guère utile de présenter sauf qu'ici, au Train Bleu et par mon poème (Mariage bleu), elle en est l'hôte prestigieuse.

 

Elle fut l'une des plus grandes de nos artistes du monde du théâtre. Appelée " la voix d'or " par Victor Hugo, " la divine " ou " l'impératrice du théâtre " par d'autres, ou bien encore par Jean Cocteau " le monstre sacré ", cette actrice célèbre fut la référence du théâtre sur cette fin du XIXè siècle puis le début du XXè.

 

 

SarahBernhardt1880.jpg  Plaque_Sarah_Bernhardt.jpg 

 

 

 

 

Affiche d'Alphonse Mucha.

Voir l'article réalisé par Françoise M. sur les peintres et leurs portraits photographiés " Un visage sur un peintre ", sur son excellent blog :  ICI

 

 Journee-Sarah-Bernhardt.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Saison 4, Episode 7, Chaton rose

 

 

 

 

 

 

- FEUTRE & PEAUX DE LAPINS, RETOUR DE PABLO (PICASSO) AU BATEAU-LAVOIR (PÉRIODE ROSE) & RENCONTRE DE FERNANDE DONT LE CHATON OFFERT (Chaton rose)

 

 

 

1/ FEUTRE & PEAUX DE LAPINS sont indissociables et correspondent à la fabrication de chapeaux. En ces XIXè et début du XXè siècle, les chapeaux de feutre haut de forme et melons sont une florissante industrie.

 

Apparus au début du règne de Charles VI au XIVè siècle, les premiers chapeaux de feutre sont alors fabriqués avec des peaux d'agneaux puis de castors. Après de nombreux conflits entre les corporations de chapeliers et les régimes successifs à grand renfort de réglementations royales successives imposant le choix de peaux de castors et limitant par exemple celui de 1/2 castors faits par un assemblage de castors et de peaux de poils diverses, on songea un instant, en 1760, à se tourner vers d'autres fabrications moins couteuses mélangeant par exemple de la laine et de la soie brillante.

 

Et ce n'est qu'au XIXè siècle que la peau de lapin finit par détrôner la peau de castor. Mais cette nouvelle industrie du poil s'opposa bien vite à la concurrence étrangère allemande et britannique. Ce n'est qu'à partir de 1848, mettant fin à des contraintes de prohibition (!) que l'industrie française optimisa le ramassage des peaux de lapin en les récupérant dans toutes les provinces pour les livrer à Paris, centre des couperies de poils, en recrutant à tour de bras des colporteurs et chiffonniers. Notons que les plus efficaces furent les Auvergnats qui dominèrent largement le commerce des peaux.

 

Au début du XXè siècle, ce n'était pas moins de... 80 millions de peaux de lapins qui étaient récupérées ! Partout dans les campagnes, les restaurateurs, ménagères, paysans, cuisinières ou fermières les mettaient soigneusement de côté pour les revendre aux chiffonniers chineurs

 



870x489_peaux-lapin-4.jpg

 

 

 

 

 2/ RETOUR DE PABLO (PICASSO) AU BATEAU-LAVOIR & RENCONTRE DE FERNANDE à Paris après de nombreux aller-retours entre Barcelone et Paris. La " période bleue " de Picasso commencée avec la mort de se ami Carlos Casagemas en 1901 (voir ci-avant) s'achève vers 1905.

 

Picasso laisse son ancien atelier de la rue Gabrielle et s'installe alors en 1904 au " Bateau-Lavoir ", Cité d'artistes se tenant Place Émile Goudeau (18ème). Il y vit de misère jusqu'en 1909, mais conservera son atelier jusqu'en 1912. Cette vaste demeure faite de bric et de broc comprend des " logements " d'une pièce distribués de par et d'autre d'un étroit couloir faisant penser aux coursives d'un bateau. " Ancrée " contre une falaise donc avec le 1er étage en rez-de-chaussée, la " maison du trappeur " (nom d'origine) disposait depuis des modifications faites en 1889 d'ateliers d'artistes situées à l'arrière de la bâtisse. De nombreux artistes s'y succédèrent donc des italiens et des espagnols. Entre autres : Maxime Maufra, Paul Gauguin, Paco Durrio, Juan Gris, Amedeo Modigliani, Pierre Mac Orlan, Max Jacob ou encore le Douanier Rousseau... C'est Max Jacob qui aurait donné le nom de " lavoir " au " bateau " car la maison ne comportait qu'un seul point d'eau !

 

Picasso plus heureux malgré ses finances au plus bas et cette vie de Bohème (d'où son pain qu'il ne veut quémander dans mon poème " Chaton rose "), y entame sa " période rose " avec en début de cubisme, " Les demoiselles d'Avignon " 

 

 

 

bateau lavoir.jpg   bateau lavoir 2.jpg   Bateau-lavoir_32_max-2.jpg

 

 

 

atelier de Picasso :

 

  atelier picasso.jpg

 

 

 

 3/ RENCONTRE DE FERNANDE DONT LE CHATON OFFERT. Amélie LANG est née en 1881 et après avoir vécu une enfance malheureuse élevée par sa tante (surtout) et son oncle, elle s'enfuit du domicile familial. Rencontrant un jeune sculpteur, elle s'amarre au Bateau-Lavoir...

 

En 1900, elle fait l'impasse sur son nom et ses souvenirs d'enfance sinistre et choisit de s'appeler Fernande OLIVIER. Grande et belle, elle pose pour différents artistes dont certains sont célèbres, en plus de son amant de sculpteur et grâce à ses gains " fait tourner la marmite " (elle est très sensuelle, mais non vulgaire). Avec ses revenus, on peut également se chauffer.

 

Pablo PICASSO la remarque vite et la regarde si amoureusement lorsqu'il la croise qu'elle ne manque pas de s'en rendre compte. Seulement, assez distante, il faudra à Picasso de la patience pour parvenir à la séduire. Elle a écrit dans ses souvenirs : Il y a dans la maison un peintre espagnol qui me regarde avec de grands yeux lourds, aigus et pensifs à la fois, plein d'un feu contenu et si intensément que je ne puis m'empêcher de le regarder moi aussi ".

 

N'y tenant plus, Picasso eut l'idée de lui offrir un chaton abandonné (il y en avait des dizaines) ramassé sur le trottoir du Moulin de la Galette par un soir pluvieux... Elle n'y résista pas... Par la suite, Picasso éleva une souris blanche dans un tiroir. Fernande, malgré le côté macho, dominateur et exclusif de Picasso (il lui interdisait de poser pour les autres et refusait de lui donner des cours de dessin alors qu'elle montrait de sérieuses dispositions pour la peinture) aura eu un effet fort bénéfique pour Picasso entrant dès lors dans sa période rose...

 

 Toiles de Picasso avec Fernande pour modèle :

 

fernande olivier 2.jpg  fernande olivier 1.jpg


fernande olivier 7.jpg  
fernande olivier 5.jpg  fernande olivier 4.jpg

 

 

fernande olivier 3.jpg



 

 

 

 

 

Saison 4, Episode 8, De profundis

 

 

 

 

 

- PHTISIE (TUBERCULOSE) & SANATORIUM, CIMETIÈRE DE MONTMARTRE (De profundis)

 

 

1/ PHTISIE (TUBERCULOSE) & SANATORIUM sont le mal de la fin du XIXè et du début du XXè siècle. Le terme de phtisie, amplement usité au XIXè englobait plus ou moins vaguement un état général affaibli, amaigri, frêle, toussoteux, pour une santé défaillante avec une infection pulmonaire latente ou caractérisée. Ce terme a été écarté par les autorités médicales en 1891. Il faudra attendre Robert KOKH qui mit en évidence le bacille tuberculeux par ses travaux, en 1882, pour commencer à se doter de traitements plus efficaces.

 

Mais la phtisie pulmonaire (il existait d'autres formes de maladie : laryngée, dorsale, hépatique...) connue depuis l'antiquité, a largement marqué la société, la " bonne société ", et la littérature de l'époque, donnant en quelque sorte ses " lettres de noblesse " au Romantisme. Il n'est qu'à lire par exemple " Les misérables " de Victor Hugo à propose de Fantine ou " La dame aux camélias " (d'Alexandre Dumas, paru en 1848) pour s'en convaincre. Touchant par exemple, des jeunes gens ou jeunes filles de milieux favorisés, la phtisie apparaissait alors comme un mal de vivre introspectif ressemblant à une sorte de suicide... De plus, il arrivait qu'on confondit les symptômes d'un mal pulmonaire hautement contagieux avec d'autres pathologies, du fait de la " mode phtisique " sociétale...  

 

La tuberculose faisait des ravages, principalement dans les villes, mais touchait principalement la classe ouvrière moins bien nourrie, mal logée, vivant dans la promiscuité manquant d'hygiène et peu protégée. Ainsi, en 1901, sur 50.000 décès par maladie, la tuberculeuse en revendiquait à elle seule le quart, soit 12.500, frappant aussi bien les deux sexes, enfants, jeunes ou vieux, toutes les classes sociales sans distinction, quoique... On a évalué à 10 millions de morts, les victimes de la " peste blanche " (tuberculose) au XIXè. 

 

Le fait d'aérer, de sortir au grand air et de faire bénéficier les malades du soleil et des bienfaits des rivages chauds de la Méditerranée ou de la montagne était déjà bien connu. Le premier sanatorium de France a été construit dans le Pas-de-Calais en 1861, initialement pour des enfants rachitiques. Le premier hôpital " Sainte Marie " cette fois, totalement destiné aux maladies pulmonaires et aux phtisiques fut érigé en Seine Saint-Denis à Villepinte en 1880 par " l'Oeuvres des Jeunes filles poitrinaires ". Autre exemple à BLIGNY (91) quand la " Société des sanatoriums populaires pour les tuberculeux adultes de Paris ", constituée en 1900, construisit un sanatorium en équipant son domaine pour soigner les malades atteints de la tuberculose avec le concours des religieuses de la congrégation des soeurs de Saint-Joseph de Cluny. Ouvert en 1903, l'établissement remporta un vif succès accueillant jusqu'à 600 patients !

 

 

Puis s'appuyant sur des techniques allemandes, ce furent pas moins de 250 sanatoriums qui furent construits entre 1900 et 1950, principalement à la montagne et en bord de mer.

 

 

 

 Robert KOKH :

 

RobertKoch.jpg        Fléau_de_la_tuberculose.jpg




 

 

 

2/ CIMETIÈRE DE MONTMARTRE installé à l'emplacement des anciennes carrières de Montmartre et se situant " intra muros " dans Paris (depuis 1860) avenue Rachel dans le 18ème. C'est le 3ème cimetière en taille, après ceux du Père-Lachaise et de Montparnasse, s'étendant sur 20 hectares pour 20.000 concessions. Suite aux travaux du Baron Haussmann, un " pont " traverse le cimetière (le pont Caulaincourt que j'évoque dans mon poème : De profundis). Construit en 1888, il fit largement scandale !

 

Un grand nombre de personnages illustres et de personnalités y sont enterrés. Nommons entre autres :  Ampère (physicien),  Rose-alphonsine Plessis (la Dame aux camélias), Hector Berlioz (musicien), Dalida (chanteuse), Feydeau (auteur dramatique), Michel Galabru (acteur), Louise Weber (La Goulue), Sacha Guitry (acteur), Jeanne Moreau (actrice, chanteuse), Offenbach (musicien), Poulbot (dessinateur), la famille Sanson (boureaux officiels de Paris, de père en fils), Henri de Ségur (Maréchal de France), Stendhal (écrivain), Ludmilia Tchérina (Danseuse), François Truffaut (réalisateur), Alfred de Vigny (écrivain) et Émile Zola (en cénotaphe puisque ses cendres furent transférées au Panthéon en 1908).

 

Le pont Caulaincourt...

 

Cimetière_de_Montmartre_002.JPG 

 

 

Berlioz

 

 

 

 

 

Tombe_Berlioz.jpg   

 

 

Dalida 

 

Grave_of_Dalida_08042017.jpg


 

 

 

 

 

Saison 4, Episode 9, Lolo

 

 

 

 

 

- L'ÂNE LOLO & LE PÈRE FRÉDÉ, LE LAPIN AGILE, LE COUP FAMEUX DE R. DORGELÈS AVEC BORONALI (Lolo)

 

 

 

1/ L'ÂNE LOLO & LE PÈRE FRÉDÉ furent des " personnages " originaux de la Butte Montmartre à la fin du XIXè et début du XXè siècles. Inséparables, Frédé (de son vrai nom Frédéric Gérard né en 1860) et son âne Lolo, connu de tout Montmartre, arpentaient les rues pour se faire quelque revenu en vendant divers objet ainsi que du poisson (comme décrit dans mon poème "Lolo"). Frédé avait aussi une petite ménagerie que n'aurait pas renié Picasso, se composant d'un corbeau, d'un chien, de souris blanches, et d'un singe !

 

Chanteur et guitariste, c'est ainsi que Frédé acquit à peu de frais " Le Zut " (voir mon poème Lolo), cabaret situé rue de Ravignan et nommé ainsi en hommage aux Autistes de Charles CROS (poète et inventeur français), puis s'y installa en modifiant la clientèle, dès lors composée d'artistes, écrivains et poètes comme Léon Paul Fargue, Max Jacob, Mac-Orlan et bien entendu Picasso qui logeait au Bateau-Lavoir juste à deux pas. Du reste Picasso lui décora deux murs.

 

Ce personnage si typique de Frédé, inspira par ailleurs, le personnage de Frédéric dans " Quai des Brumes " de Mac-Orlan porté à l'écran par Marcel Carné. Tout comme dans le film, une bagarre mémorable survenue de nuit en 1902 conduisit la police à fermer ce cabaret. Le père Frédé n'était pas parvenu à éviter les problèmes récurrents avec d'anciens anarchistes (Gilbert Lenoir l'avait fondé) et surtout des voyous venant des bas quartiers malfamés et de la Goutte d'or. 

 

 

 

 

Frédé_et_Boronali.jpg  frede-4.jpg  

 

 

 

 

2/ LE LAPIN AGILE que fréquenta alors le père Frédé en 1903, laissant sa compagne Berthe Sebource s'occuper de ce cabaret, est un cabaret qui possédait déjà une longue histoire.

 

Se situant 22 rue des Saules, connu dès 1672 dans ce petit village de Montmartre pour être à l'origine aune auberge de rouliers, ce cabaret qui devait bien plus tard atteindre sa consécration mondiale comme haut lieu des artistes et de la Bohème de la Butte, s'appelait à l'origine " au rendez-vous des voleurs "... En 1869, il devint... " le cabaret des assassins " avec accrochées au mur, des affiches d'assassins notoires comme Ravaillac.

 

Plus tard, le tenancier confia à André Gill, caricaturiste fréquentant les lieux, le soin d'illustrer l'enseigne du cabaret. Ce qu'il fit avec cette fameuse illustration d'un " lapin à Gill " devenant rapidement le " Lapin agile "...

 

Racheté en 1886 par Adèle Decerf " La mère Adèle " le cabaret devint ensuite le lieu incontournable des artistes, poètes, auteurs, écrivains, comédiens, personnalités diverses et étudiants de Montmartre : Charles Cros, Alphonse Allais, Jean Rictus, Aristide Bruant, Toulouse-Lautrec, Picasso, Apollinaire, Courteline, Pierre-Mac Orlan, Max Jacob, Charles Dullin et tant d'autres sans oublier le père Frédé, qui l'ont fréquenté.

 

Le père Frédé chantait des romances sentimentales ou plus suggestives en s'accompagnant au violoncelle ou à la guitare. Véritables acteurs de la Bohème de Montmartre, ils nourrissent gratis, contre une toile ou une chanson, nombre de leurs habitués, ne se doutant alors pas de la future fortune amassée en toiles de maîtres, comme Picasso avec ses arlequins... Par la suite, c'est Aristide Bruant qui racheta ce cabaret promis à la démolition...

 

À de nombreuses reprises, ils eurent des ennuis fâcheux avec les voyous du bas Montmartre, dont parle Roland Dorgelès dans son roman " Le château des brouillards " (voir plus haut, ci-avent dans " Brouillards "). Et les choses s'aggravèrent quand Frédé voulut chasser voyous et anarchistes incontrôlables de son bar. Ainsi, l'un des fils de Frédé, Victor, dit " Totor " fut abattu d'une balle dans la tête...

 

Cette période faste pour les artistes de " la bande à Picasso " intellectuellement " opposée " à celle de Dorgelès, prit fin avec la Grande Guerre de 14/18. Actuellement, après avoir vécu bien des aventures en dent de scie, notamment sous l'occupation, le cabaret Le lapin agile, fonctionne toujours avec des chansonniers, musiciens et humoristes.

 

 

 

 

 

 

   images.jpg  quai des brumes.jpg

 

 frede-lapin.jpg  Le-lapin-agile-paris-montmartre-1913.jpg  LapinagileSerge.jpg  

 

P1260946_Paris_XVIII_Au_Lapin_Agile_rwk.jpg 

 

 

 

L'Arlequin de Picasso au Lapin Agile

 

arlequin.jpg

 

 

 

 




3/ LE COUP FAMEUX DE R. DORGELÈS AVEC " BORONALI " est un canular organisé par Roland Dorgelès et ses comparses du Lapin agile, consistant à faire peindre un tableau par l'âne Lolo avec sa queue puis à le vendre en l'exposant au Salon des Indépendants afin de moquer les critiques d'Art et collectionneurs snobs.

 

C'est donc le 8 mars 1910 que R. Dorgelès fixa un pinceau à la queue de l'âne Lolo, puis le trempant dans la peinture, lui fit exécuter une toile grâce aux mouvements de sa queue renforcés par l'attrait de carottes par l'âne frétillant de plaisir (...), et ceci, en présence de ses amis réunis, mais aussi d'un huissier de Justice. Puis il s'en vint l'exposer en salle 22 du fameux Salon des Indépendants, au nom d'un de ses amis peintre dont personne n'avait jamais entendu parler (et pour cause !) Joachim-Raphaël Boronali.

 

Ce tableau est alors baptisé " Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique " renommé par la Presse " Coucher de soleil sur l'Adriatique " (voir mon poème Lolo). Il fera le bonheur de critiques d'art donnant leurs avis contrastés (...) avant que Dorgelès ne vienne déclarer au Directeur de l'Illustration, constat d'huissier à l'appui, que ce tableau n'était qu'un canular exécuté par... un âne !

 

 

 

Toile de " Boronali " (l'âne Lolo) " Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique "

 

Boronali_Impression.jpg  

 

 

 

 

 

 

 

 

Saison 4, Episode 10, La crue

 

 

 

 

- LA CRUE CENTENNALE DE PARIS EN 1910, RAPPEL/LE MAQUIS DE MONTMARTRE (La crue)

 

 

1/ LA CRUE CENTENNALE DE PARIS EN 1910 porte bien son nom puisque ce fut la plus forte crue de la Seine depuis l'année 1658, avec 8,62 mètres mesurés sur l'échelle hydrométrique du Pont d'Austerlitz.

 

Due à plusieurs facteurs concomitants (comme toujours pour les accidents, les catastrophes...) dont des pluies incessantes durant l'automne 1909, un hiver trois avec neige et gel, la " cuvette du bassin parisien "  ne parvenant plus à évacuer le trop plein de sous sols saturés d'eau, et le débordement de plusieurs cours d'eau dont l'Yonne, la crue s'est formée sur une dizaine de jours en janvier 1910 pour atteindre son paroxysme le 28 janvier, puis se retirer progressivement en février/mars sur environ 35 jours.

 

Le 28 janvier, ce sont 22.000 caves qui sont inondées, la moitié du métropolitain ainsi que les égouts qui dégorgent et... débordent de rats et de maladies (voir mon poème La crue). Des dortoirs et divers lieux d'accueil provisoires s'improvisent et la solidarité se met en place. En sus des sauveteurs et des pompiers, soulignons le rôle que jouèrent des marins Bretons en maîtrisant la navigation de barques afin d'aider aux passages et transports sur la Seine. Eux qui n'étaient pas toujours bien vus des parisiens trouvèrent là l'occasion de prouver leur compétence en la matière et leur solidarité à toute épreuve, gagnant ainsi la reconnaissance de la population parisienne. On leur remit un diplôme.

 

Parmi les conséquences matérielles, notons que de nombreuses usines et dépôts durent fermer, leurs berges étant inondées. Au plan humain, il n'y eut " que " 5 morts, mais des milliers d'ouvriers se virent contraints de chômer sans compter les milliers de familles à la rue ou presque, en plein hiver ! 14.000 immeubles furent touchés pour un équivalent de dégâts portés à 380 millions d'euros actuels.

 

Ci-joint, cette vidéo de la crue réalisée à partir de films et d'images de l'époque, que mon amie Françoise M. vient de me transmettre (son blog :  https://www.monatelierdepeintre.com) :

 

 


 

 

Vue_sur_Paris_inondé_en_1910.jpg  Les_inondations_à_Paris_1910.jpg  

 

crue-de-la-Seine-de-1910-Pont-des-Saints-Pères.jpg  rue gros.jpg  pont-notre-dame-carte-postale-8fi-11._img.jpg


Janvier_1910_La_grande_crue_arrive_sur_le_Parvis_Notre-Dame.jpg  
Capture d’écran 2019-05-25 à 15.53.14.png


 Le_gymnase_de_la_rue_Saint_Lambert_en_janvier_1910.jpg




2/ RAPPEL/LE MAQUIS DE MONTMARTRE Voir ci-avant, au § SAISON 2, ÉPISODE 6, LE MAQUIS


 

Le Maquis de Montmartre par Utrillo

 

 

utrillo maquis.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Saison 4, Episode 11, Titanic

 

 

 

 

- ITINÉRAIRE ET CHIFFRES DU TITANIC, LE TITANIC A UN FRÈRE JUMEAU : L'OLYMPIC (Titanic)

 

 

1/ ITINÉRAIRE ET CHIFFRES DU TITANIC. Son trajet ne fut pas, contrairement aux idées reçues, un aller direct de France vers l'Amérique, mais une succession de 3 escales avant la traversée transatlantique. Il appareille d'abord de Southampton, son port d'attache britannique le mercredi 10 avril 1912 à midi pour relier Cherbourg en France le même jour à 18h30. Il repart ce même soir à 20h10 pour l'Irlande et atteindra Queenstown (Cobh aujourd'hui) le jeudi 11 avril à 11h30. Puis, à 13h30, il appareille une dernière fois de l'Europe vers les États-Unis en direction de New-York. 

 

À Southampton, il avait embarqué 953 passagers dont 31 pour la France uniquement (voir mon vers sur les premiers passagers " qui détiennent la 1ère manche " dans ce poème Titanic). Il faillit avoir un grave accident avec un autre paquebot, le "New-York" amarré à proximité car 6 haussières de ce navire furent rompues du fait de l'énorme masse d'eau du Titanic provoquée par ses hélices et son tonnage. Il embarque à Cherbourg 274 passagers, essentiellement de 1ère classe, et comme déjà dit débarque les 31 autres. À Queenstown, ce sont 120 passagers qu'il prend à son bord, essentiellement de 3ème classe, émigrant vers l'Amérique dans le double espoir de fuir la famine irlandaise et de refaire leur vie dans le pays de la liberté... 7 passagers débarquent. Il appareille enfin d'Irlande vers l'Amérique avec 1316 passagers + 885 membres d'équipage, soit 2201 âmes.

 

 

 

 

 RMS_Titanic_3.jpg   

 

 

TTNYLB.jpg

 

 

 

 

Unknown.png

 

 

 

 

Alors qu'il file une vitesse élevée de 22,5 noeuds (41,7 km/h) il heurte un iceberg à moins de 500 mètres pour 30 m de haut le dimanche 14 avril après 23h40 (heure de l'alerte de la vigie) et sombre le lundi 15 avril 1912 un peu après 2h20 du matin, soit 2h40 après la collision, dans une eau glacée à - 3°. Sur ses 2201 passagers et membres d'équipage, la capacité des canots de sauvetage n'était prévue que pour 1206 personnes, et seuls environ 710 rescapés s'en sortiront pour 1491 victimes. N.B : Il est difficile d'avoir un chiffre précis compte tenu de la présence de quelques passagers clandestins.  82 % des hommes sont morts, 25 % des femmes et 50 % des enfants sont également décédés. Par la suite le 17 avril, 337 corps furent retrouvés dont 128 remis à la mer compte tenu de leur état, 

 

Ce n'est qu'à 3h30 du matin que le Carpathia parvient à proximité du lieu du naufrage et procède au secours des rescapés. À 5h30, le Californian arrive à son tour sur place. Ce n'est qu'à 10h50 que le Carpathia lève l'ancre pour New-York et que Joseph Bruce Ismay, l'armateur du Titanic, télégraphie le naufrage du Titanic à la White Star Line dont il était le Président (plus exactement de l'océanic Steam Navigation Company). 

 

 

 

Capture d’écran 2019-05-29 à 11.01.24.png  

 

 

 

 

2/ LE TITANIC A UN FRÈRE JUMEAU : L'OLYMPIC, qui fut d'ailleurs construit avant. Peu connu, n'ayant pas sombré... il n'en termina pas moins une fort belle carrière, de 1911 à 1934, pour être démantelé en 1937. Également construit pour le compte de la White Star Line par les chantiers Harland & Wolff, ce paquebot transatlantique britannique avait fait sa traversée inaugurale le 14 juin 1911, de Southampton à New-York avec pour Commandant, le même que celui du Titanic plus tard (1 an après), Edward Smith !

 

Ses caractéristiques étaient comparables à celles du Titanic, construit à peu près en même temps (à 4 mois d'intervalle) par les mêmes chantiers navals Harland & Wolff de Belfast (Irlande). 

 

 

 

TITANIC : 

 

 

Capture d’écran 2019-05-29 à 12.18.36.png

 

 

 

 

L'Olympic à gauche et le Titanic à droite le 6 mars 1912

 

Olympic_and_Titanic_crop.jpg
 

 

 

OLYMPIC : 

 

 

Capture d’écran 2019-05-29 à 12.17.43.png

 

 

 

 

Olympic_postcard.jpg

 

 

 

 

Il est intéressant de noter que l'Olympic se trouvait en mer, à 500 miles du Titanic lorsqu'il reçut son S.O.S. grâce à leurs puissantes radios, sans pouvoir toutefois rejoindre le lieu du naufrage, étant trop éloigné. Une collecte de fonds fut organisée par ses passagers (1.400 Livres) pour les victimes du Titanic, doublée d'un deuil avec annulation des concerts du bord...

 

Après le naufrage du Titanic, l'Olympic fut utilisé comme "terrain d'expériences" grandeur nature, ne serait-ce que pour vérifier le temps de réaction entre le changement de cap par action sur la barre et la réalité de la modification de trajectoire, suivant des éléments édictés par les Commissions d'enquête américaine et britannique. Retiré de la flotte de la W.S.L. durant 10 mois, il bénéficia d'importantes modifications : changement d'hélice à 4 pales pour 3 pales, modification des ponts, de la quille avec le renforcement d'une double coque et des compartiments étanches rehaussés (dont 6 submersibles sans conséquence au lieu de 4 précédemment) et ajout de canots de sauvetage !

 

L'Olympic a joué un rôle important de transport de troupes durant la guerre de 14/18 embarquant de 6 à 7.000 hommes. Pour l'occasion, il fut repeint en camouflage de guerre ! 

 

 

  RMTOlympic.jpg  

 

 

Après de nouveaux travaux de restauration en vue de reprendre une activité commerciale, il reprit la mer en 1920 avec 3.036 personnes, en faisant LE plus grand paquebot transatlantique de l'époque. L'un de ses passagers célèbres fut Charlie Chaplin. Sa carrière prit fin du fait de l'évolution de la concurrence, de la fusion de compagnies et du changement des mentalités comportant un moindre intérêt pour les croisières de luxe.

 

 

 

 

 

 



Saison 5, Épisode 1, Ruth

 

 

 

 

 

- L'EXODE IRLANDAIS, RUTH ÉLISABETH BECKER, LE NAUFRAGE PRÉCÉDENT DU " TITAN ", MESSE OUVERTE À TOUTES LES CLASSES (Ruth)

 

 

1/L'EXODE IRLANDAIS fut consécutif à la " grande famine " de 1845 survenue en Irlande du fait de l'infection de la pomme de terre par le mildiou (champignon), l'hygiène dégradée par les épidémies de choléra puis les expulsions de logis par des propriétaires peu scrupuleux profitant de la situation catastrophique pour des milliers de personnes ne pouvant plus payer leur loyer. Dès lors, l'Amérique apparaissait comme un eldorado, espoir de ce nouveau monde plein de promesse et de liberté (vers la statue de la Liberté dans mon poème : Ruth). Plus de deux millions d'irlandais vont s'y installer.

 

En 1912, la situation de l'Irlande s'est améliorée, mais les vagues d'émigration vers les États-Unis vont se poursuivre compte tenu de la misère générale et du joug britannique impitoyable.

 

Ainsi, le Titanic transporta 706 passagers de 3ème classe, irlandais pour la plupart, sur 1316, soit plus de la moitié de l'effectif du navire (hors équipage). Et ces malheureux périrent lors du naufrage au nombre de 528 d'entre-eux, soit 74,8 % des victimes de 3ème classe et pour 64,5 % des passagers toutes classes confondues (hors équipage), soit davantage que les 1ères et 2des réunies ! L'émigration massive de la population irlandaise eut pour conséquence numérique de passer de 8 millions d'habitants en 1845 à 4 millions en 1914 !

 

 

 

 émigrants irlandais 1.jpg  Emigrants-et-leurs-bagages-1913-à-bord-du-S.S.Imperator.jpg



 

 

 

 

2/ RUTH ELISABETH BECKER fut l'une des dernières survivantes du Titanic. Née en 1899 et décédée en 1990 donc à 91 ans, elle fit le voyage en 2de classe avec sa mère, ses soeurs et ses frères pour soigner son petit frère gravement malade âgé de 2 ans (voir mon poème Ruth). D'origine indienne, son père, missionnaire Luthérien resta à Guntur.

 

 

Afin de ne pas trop scinder les explications, je donne ci-après d'autres informations relatives au rôle de Ruth durant le naufrage dont il n'est pas encore question ici, dans mon poème "Ruth", mais dans le suivant.

 

Ruth avait donc 13 ans lors du naufrage. La famille ayant rejoint le pont des canots de sauvetage, ruth retourna cependant dans sa cabine (2ème classe) pour prendre des couvertures tant le froid était mordant. Lors de l'évacuation, la famille est alors séparée, la mère paniquée, ayant réussi à monter à bord du canot n°11, crie alors à Ruth qui les rejoint et voit leur canot descendre de monter dans une autre embarcation. Laquelle  parvient à se hisser dans le canot 13, mais doit rester debout durant sa descente tant il est chargé. C'est alors, qu'un drame faillit se produire dans la précipitation, un autre canot descendant trop vite et manquant d'écraser celui de Ruth, le 13... (voir dessin ci-dessous)

 

Ruth, malgré son jeune âge et la situation doublement dramatique du naufrage et de sa séparation d'avec sa famille, eut ensuite un comportement héroïque, exemplaire et altruiste, distribuant en les découpant  avec son couteau ses couvertures récupérées dans sa cabine et les distribuant aux femmes et hommes frigorifiés. À un passager hébété dont le doigt est gravement coupé, elle sort son mouchoir pour le panser délicatement improvisant un bandage.  Rassurant les femmes éplorées du canot, elle aide l'une d'elles qui prononce des paroles incompréhensibles en allemand. Et, après avoir cherché un traducteur dans le canot, elle se sert de cet interprète improvisé pour comprendre ce qui s'est passé quand l'un des marins avait pris et passé le bébé emmaillotté dans un autre canot avant même que sa mère puisse y monter. Elle lui promet alors de l'aider à retrouver son bébé quand ils seront secourus. 

 

Plus tard, lorsqu'elle fut récupérée avec les autres naufragés par le Carpathia, elle aida sa compagne du canot à rechercher son bébé (Mme Lea Ans l'a finalement retrouvé).  C'est seulement à ce moment qu'elle apprit que sa famille était à bord, sauvée... À l'arrivée à New-York, elle fut pressée de questions par la Presse, sa mère préférant que ce soit elle qui réponde.

 

Par la suite, demeurant aux États-Unis, elle devint institutrice et fonda une famille dans l'Ohio puis dans le Kansas. Elle a toujours refusé de parler du Titanic, même à ses enfants. Et ce n'est qu'après sa retraite qu'elle accepta d'évoquer le naufrage et de ne reprendre la mer, pour la 1ère fois, pour le Mexique qu'en... 1990. Selon ses voeux, ses cendres furent dispersées au dessus du site de l'épave en 1990.

 

 

 

 

Ruth_Becker.jpg

 

 

 

 Leaving_the_sinking_liner.jpg

 

 

 

 

 

 

- LE NAUFRAGE PRÉCÉDENT DU TITAN correspond à un roman prémonitoire contant un naufrage en tous points semblable à celui du Titanic, mais survenu 14 ans plus tôt, tel que décrit par Morgan Robertson dans son ouvrage intitulé à l'origine " Futility " PUBLIÉ EN 1898 ! Certains ont vu dans ce roman une véritable "vision" inexpliquée de son auteur, d'autres ont assuré que c'était sa parfaite connaissance de la mer qui put expliquer ce roman réaliste...

 

Les dimensions du Titan, sa vitesse de 25 noeuds et son armement (comme l'on dit) dont les fameux compartiments étanches (!)  étaient semblables à ceux du Titanic. Tout comme son itinéraire et sa collision en avril dans l'Atlantique Nord avec un iceberg aperçu seulement au dernier moment, 3 secondes avant l'impact ! De la même façon, l'iceberg est heurté par tribord et le Titan n'avait pas suffisamment de canots de sauvetage.

 

Ce nom de " Titan " correspond à la mythologie Grecque dans laquelle Océan et Thétis faisaient partie des divinités primordiales, bien avant les dieux de l'Olympe. Océan était l'aîné des Titans et Thétis la benjamine des Titanides (voir mon poème Ruth).

 

Vous pouvez vous le procurer en français sous le titre " Le naufrage du Titan " (Corsaires Éditions) car, cet ouvrage relativement ordinaire de pure fiction connut un regain évident d'intérêt avec le naufrage du Titanic, puis à nouveau après la fascination exercée par le film " Titanic " de James Cameron, il bénéficia d'une réédition en 2000 obtenue avec le soutien de l'Association Française du Titanic.

 

 

_couv_Titan_2012Avenir18_avril_2012-.jpg

 

 

 

 

 

 

- MESSE OUVERTE À TOUTES LES CLASSES le dimanche 14 avril 1912 (naufrage dans la nuit du 14 au 15).

 

 

Le Commandant Edward John Smith, jugeant inutile un exercice d'évacuation en ce dimanche matin en décida l'annulation. Il se rendit en revanche à la célébration religieuse dont il avait autorisé que l'on utilise le grand salon/salle à manger de 1ère classe sur le pont D ce dimanche 14 avril à 10h30 afin que les passagers des 1ères, 2des et 3èmes classes puissent y participer.

 

Inutile de dire combien les passagers des ponts inférieurs et tout particulièrement ceux de 3ème classe furent sous le choc, émerveillés et intimidés devant le luxe incroyable et l'opulence des salons et espace qui leur étaient naturellement interdits !

 

La cérémonie religieuse ne devait pas durer plus de cinquante minutes. C'est en grand uniforme qu'il officia lui-même alors que des ecclésiastiques étaient présents, entonnant des chants et des hymnes interprétés par l'orchestre du bord... Pour la petite histoire, disons encore qu'un frisson parcourut l'auditoire lorsque fut dite la prière " Pour ceux qui sont en mer "...

 

 

 

 

 

3253211638_1_3_xwGRzxYs.jpg  beverid-restaurant.stbd_.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Saison 5, Épisode 2, Abysse

 

 

 

 

 

- SOIRÉE DE GALA, CANOTS DE SAUVETAGE, RUTH (RAPPEL), MUSÉE TITANIC À BELFAST (Abysse)

 

 

 

1/ SOIRÉE DE GALA organisée tout spécialement pour ce dimanche 14 avril 1912 avec un dîner prestigieux au " restaurant à la carte " distinct de la salle à manger des 1ères, par les époux Widener de Philadelphie, pour un groupe restreint d'amis avec à leur table le Commandant Smith qui devait prendre sa retraite après cette dernière traversée...

 

Cette soirée de gala, avec également la salle à manger de 1ère classe, était un évènement mondain très attendu. Hommes et femmes étaient naturellement sur leur "31". Les dames avaient revêtu pour cet évènement majeur de la traversée inaugurale leurs plus belles toilettes accompagnées de bijoux précieux et d'accessoires raffinés.  

 

De fait, devant l'importance de l'évènement mondain, plusieurs passagers préférèrent délaisser leur table habituelle de la salle à manger des 1ères pour se rendre au restaurant à la carte à proximité de la table du Commandant et des illustres personnages du bord dont l'armateur Bruce Ismay. 

 

Accompagnant le dîner de gala, l'orchestre joua des mélodies à la mode et donna un concert inoubliable dont les Contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach. Quant au menu, les cuisiniers s'étaient surpassés (le menu ci-après n'est que celui de la salle à manger, non du restaurant...) !

 

 

 

 rst_alc2.jpg     IMG_4290.jpeg

 

 

Capture d’écran 2019-06-10 à 12.46.01.png   olympic-dining-l.jpg


 

 

 

2/ CANOTS DE SAUVETAGE largement en nombre insuffisant ! Le Titanic n'embarquait que vingt canots de sauvetage, dont seize en bois, et quatre pliables pour une capacité totale (à condition de les occuper totalement !) de 1.178 passagers seulement. Le navire avait en effet une capacité maximale de 3.500 personnes et lors du naufrage, il transportait 2.200 passagers...

 

Dans la réalité, les canots n'auraient contenu que 705 à 712 personnes (passagers et quelques membres d'équipage) sur les 2200 passagers du Titanic. Seules, 13 embarcations ont été remontées à bord du Carpathia. 

 

Si certains canots ont été chargés à plein tels les n° 11 et 15 avec 70 occupants sur 65 places, d'autres l'ont été largement moins, ce qui est un comble compte tenue de leur nombre général insuffisant, comme le n° 1 avec 12 rescapés sur 40, le n° 6 avec 28 sur 65 ou bien encore le n° 8 avec 39 sur 65 !

 

 

Titanic-lifeboat.gif   Capture d’écran 2019-06-10 à 13.32.22.png



  Capture d’écran 2019-06-10 à 13.42.04.pngTitanicboat6.gif  Titanicboat_12.jpg




 

 

3/ RUTH (RAPPEL) : Se reporter ci-avant au § " Saison 5 , Épisode 1 , Ruth " - RUTH ELISABETH BECKER

 

 

4/ MUSÉE TITANIC À BELFAST construit sur les lieux mêmes de l'ancien chantier naval Harland & Wolff qui construisit le Titanic et son frère jumeau le RMS Olympic, à l'entrée de Belfast Lough en Irlande du Nord. Il s'agit d'un bâtiment conçu en forme de proues de navires abritant un musée rendant hommage au Titanic. Il fut inauguré un siècle après son naufrage, le 31 mars 2012. 

 

 

Ce musée émerveilla littéralement James Cameron, réalisateur du fameux film, lorsqu'il le visita. Il se présente 12.000 m2 en plusieurs étages et sur 27 m de haut, soit la même hauteur que le navire de la quille au pont. L'exposition se divise en neuf galeries différentes chronologiques utilisant notamment des images de synthèse, cinéma 3D et des effets spéciaux, indépendamment des objets rassemblés et présentés. On trouve également des répliques des différentes cabines selon leur classe, de la grande salle de bal et du grand escalier. 

 

 

Titanic_Belfast_side_view.jpg

 

 

 

salle-de-bal-titanic-1024x768.jpg

 

titanic-belfast-37-1024x678.jpg  titanic-belfast-381-1024x678.jpg  titanic-belfast-57-1024x678.jpg

 

 

 

 

Voir le site irlandais :  https://titanicbelfast.com

 

 

 

Vidéo de présentation du musée 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Saison 5, Épisode 3, Truands

 

 

 

 

 

- LA TAVERNE DES TRUANDS, LE CARPATHIA, LA COMMISSION SÉNATORIALE US, JOURNAUX (Truands)

 

 

 

1/ LA TAVERNE DES TRUANDS était un établissement situé au 100, boulevard de Clichy à Paris 18è, devenu cabaret en 1910, puis plus récemment le fameux " Théâtre des deux ânes ", dont l'histoire de ses changements de nom remonte... au Moyen-Âge !

 

À l'origine, il se nommait " Le cabaret de la truie qui file ". Laquelle truie servait d'enseigne (encore présente) aux marchands drapiers, tisserands et aubergistes. La légende de cette truie qui file disait qu'une jeune bergère filant la quenouille en surveillant son petit troupeau, fut agressée par un seigneur débauché. Elle supplia alors la Vierge de lui venir en aide et se trouva aussitôt transformée en truie, ce qui éloigna le mâle en rut...  Ce nom donné à un cabaret doublé d'un lieu de plaisirs n'est pas sans ironie...

 

Par la suite, devenu cabaret à part entière, il s'appela " Le porc-Épic ", " l'araignée " puis " Les truands ". Ce cabaret proposait un cadre médiéval très en vogue avec troubadours, jongleurs, mauvais garçons...  et gentes damoiselles peu farouches chargées de faire boire les clients en consommant les boissons les plus dispendieuses puis, selon le cas, de se rendre dans une chambre d'hôtel. En fait, il n'y a rien là de nouveau sous le soleil ! En revanche, le cabaret devint plus tard, en 1922 celui des " deux ânes " (ses deux nouveaux propriétaires s'étant demandés comment l'appeler) avant que de devenir le théâtre connu.

 

 

 

CpumgJf.jpg   taverne-des-truands.jpg  deux-anes-005.jpg





2/ Le RMS CARPATHIA était le navire qui secourut les naufragés du Titanic au petit matin du 15 avril 1912 puis les conduisit jusqu'à New-York qu'il atteignit le 18 avril. Son rôle dans ce sauvetage de 705 passagers et membres d'équipage rescapés le rendit célèbre. C'était un paquebot britannique de 170 m.

 

Dès qu'il capta en effet, le SOS de détresse du Titanic, pourtant éloigné de 58 miles (93 km), il se dérouta à toute vapeur vers le lieu du naufrage à la vitesse de 17,5 noeuds, plus élevée qu'à l'habitude en progressant non sans risque entre plusieurs icebergs. Ayant totalement organisé les secours à son bord, ayant d'ailleurs la charge de 743 passagers (sur les 2,500 places possibles), il accueillit donc les 705 rescapés et récupéra 13 canots entre 04h00 et 08h00. Par la suite, plusieurs de ses occupants (rescapés et marins) furent entendus par la Commission d'enquête sénatoriale U.S. Son capitaine, Arthur Rostron reçut une coupe offerte par les rescapés reconnaissants, fut reçu à la Maison Blanche et se vit décerner la médaille d'or du Congrès des États-Unis.

 

Durant la guerre de 14/18, ce paquebot servit au transport de troupes, mais fut torpillé par un sous-marin allemand au large de l'Irlande le 15 juillet 1918... la coupe d'A. Rostron gisant au fond...

 

 

9959756715_d4672a5161_b.jpg  

 

RMS_Carpathia.jpg

 

Molly_brown_rescue_award_titanic.jpg

 

 

 

 


3/ LA COMMISSION SÉNATORIALE US fut mise en place aux États-Unis afin de rechercher les causes du naufrage pour éviter sa reproduction dans l'avenir. Conduite sous la direction du Sénateur William Alden Smith, elle procéda à de nombreuses auditions de rescapés du Titanic dont le président de la White Star Line Joseph Bruce Ismay et de marins du Carpathia.

 

Cette commission débuta ses travaux et auditions dès le 19 avril 1912, le lendemain même de l'accostage du Carpathia ! Lesquels se déroulèrent jusqu'au 25 mai 1912. Parallèlement à cette commission américaine, se tenait de son côté, en Angleterre, le Tribunal des naufrages britanniques présidé par Lord Mersey, du 2 mai au 3 juillet 1912.

 

Ces commissions, dont l'américaine fort controversée accusée de politiser les faits notamment par la mise en cause des trusts maritimes, eurent pour conséquence la remise en cause totale des règles de sécurité maritime en vigueur à l'époque dont l'augmentation des canots de sauvetage, robustesse des navires, moyens de secours, vigilance en présence de glacesetc. Quant à Bruce Ismay, bien qu'innocenté par le tribunal britannique et seulement "chahuté" par la Commission US qui ne retint aucune charge contre lui, il fut conspué par la Presse et la population le rendant principal responsable du naufrage et dut par la suite se démettre de ses mandats.

 

 

 

 

Enquete_ismay.jpg   

 

 

 

4/ LES JOURNAUX se sont aussitôt emparés de cette tragédie. Et si le New-York Times eut la présence d'esprit de changer sa une dès connaissance du S.O.S. du Titanic, en supposant qu'il avait coulé, the Evening Sun ou son homologue français le  Petit Journal, mal instruits du naufrage titrèrent sur le sauvetage de " tous " les passagers...

 

Le directeur de la rédaction du New-York Times, Carr Van Anda décida en effet de modifier sa Une pour la consacrer au naufrage du Titanic qu'il supposait après n'avoir reçu aucune autre nouvelle qu'une simple dépêche laconique après les premiers messages radios en provenance de navires. Ce n'est que que plus tard que les dépêches reçues des stations de radio de Cape Race (Terre-Neuve) et de Sable Island (à 120 miles d’Halifax) ont permis d’obtenir des bribes d’information en provenance du Carpathia.

 

 

 

1912-04-16 the new york times.jpg

 


   Evening_sun_15_04.jpg       

 

 

Le_Petit_journal_Parti_social_bpt6k619692n_1.jpeg  

 

1912-04-17 la presse.jpg

 


new_york_tribune_15_04.jpg

 


the_globe_16_04.jpg

source BNF - Bibliothèque Nationale de France




 

 

 

 

Saison 5, Épisode 4, La Circassienne

 

 

 

 - LES COLLETTES, TOILE ENGLOUTIE " LA CIRCASSIENNE AU BAIN " (La Circassienne)

 

 

1/ LES COLLETTES sont en fait une propriété comprenant une villa au coeur d'un parc de 3 hectares à Cagnes-Sur-mer (06) en Provence qu'Auguste Renoir acheta en juin 1907, tombé sous le charme de ses oliviers centenaires (voir mon poème), de ses orangers et de sa fermette du 19è siècle. Il s'y installa en 1908 après y avoir mené des travaux comprenant la construction de deux ateliers. Il y vécut avec Aline  et leurs trois enfants jusqu'au 3 décembre 1919, année de sa mort à 78 ans.

 

Jean Renoir y tournera son film fameux " Le déjeuner sur l'herbe " en 1959, avant que la propriété rachetée par la ville de Cagnes ne devienne un musée en 1960.

 

Ci-dessous : toiles de Renoir depuis Les Collettes

 

 

 

 

Musée Renoir reouverture facade.jpg  

 

47640215062_e11f5fcd0f_b.jpg  114303072_o.jpg  

 

1873241_Haut_de_Cagnes_sur_mer_vu_des_Collettes_Renoir_N__2.jpg

 

 

 

 

2/ TOILE ENGLOUTIE " LA CIRCASSIENNE AU BAIN " Cette grande toile (2m40 x 1m20) peinte par Merry-Joseph Blondel en 1814 représentant une baigneuse (!) transportée sur le Titanic par un suédois, Mauritz-Hakan Björnström-Steffansson, fut perdue lors du naufrage.

Si ce tableau de Blondel, réputé pour son style académique et habile non dénué de "romantisme mythologique", ne déclencha pas l'enthousiasme des foules à sa sortie, il rencontra plus tard un meilleur accueil du public. Blondel, surdoué et talentueux était surnommé " Monsieur cinq prix ". Il décrocha le Prix de Rome en 1803 et passa trois ans à la Villa Médicis (Rome). Il fut nommé professeur à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.

 

Mais sa " Baigneuse "  connut surtout par la suite un regain d'intérêt du fait de l'indemnité réclamée par son propriétaire à la compagnie la White star Line pour un montant astronomique à l'époque de 100.000 dollars.

 

S'il n'était la tragédie terrible du Titanic, on verrait d'un oeil amusé le destin de cette baigneuse retournant aux flots...

 

 

La_Circassienne_au_Bain_After_Blondel.JPG

 

 

 

 

Blondel peint par Ingres :

 

Portrait_of_Merry-Joseph_Blondel.jpg  Napoleon_visiting_the_Tribunat_(Palais_Royal)_in_1807.jpg  Merry-Joseph_Blondel_-_Felicite-Louise-Julie-Constance_de_Durfort.jpg


 

 


 

 


08/02/2019
38 Poster un commentaire

La Circassienne

 

La_Circassienne_au_Bain_After_Blondel.JPG

 

 

Toile de Merry-Joseph Blondel " La Circassienne au bain " 

 

 

 

 

Yves Montand " Bella ciao "

 

Cliquer pour écouter cette musique, mais avant ou après lecture du poème afin de ne pas brouiller les paroles...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques), "LEXIQUE SAISON 5" (Nouveau),  "SOMMAIRE"  et  "REPÈRES CHRONOLOGIQUES"    Il suffit de cliquer dans les liens de ce bandeau ou dans l'onglet LA ROMANCE DE LAURINE du bandeau vertical droite, puis dans le sous-onglet correspondant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Circassienne

 

 

 

 

Pour cet anniversaire en deuil du Titanic

Paul a rejoint Auguste laissant flotter ses brosses

En une concoction d’essences britanniques

 Faisant poindre un reflet glacé de noir atroce.

 

Mademoiselle est là près de son cher José,

Maureen et des amis, tous rendus aux « Collettes ».

La Méditerranée, que berce reposé

Le chevalet d’Auguste a des airs de follette.

 

L’air est léger si frais, de citrons parfumés,

Bougainvilliers grimpants, grenadiers et glycines.

Le printemps qui s’en vient a chassé les fumées

Du navire englouti par viles officines.

 

Le cauchemar toujours, qui s’invite en regain

Assombrit l’illusion des merveilleux parterres

Du domaine couvert d’oliviers au béguin

Des passants égarés s’étant trompés d’artère.

 

Ruth n’a pas déserté sa terre en liberté,

Trop jeune pour venir, fragile en sa mémoire,

Que le drame a menée, blessant sa puberté

Sur le chemin furtif des larmes qui s’y moirent.

 

Mais elle écrit souvent des messages d’espoir

À Maureen désormais, son amie destinée.

Son frère est bien soigné, n’est plus au désespoir,

C’est elle qui répond à la Presse obstinée. 

 

Paul ne s’est pas remis du naufrage de l’art,

Du tableau contemplé dans l’antre du navire

Qu’un survivant suédois, son voisin sur le tard,

Lui avait présenté en nymphe qui chavire.

 

« La Circassienne au bain » séduit Poséidon,

Excitant Aphrodite, affolant les sirènes.

Dans l’abysse s’expose en piégeant Cupidon,

Innocente noyée d’esclaves et de reines.

 

Fallait-il que Blondel imaginant ce bain

N’encourage un instant sa belle Circassienne

À plonger sa passion dans un gouffre thébain

Pour tromper son destin en odes horatiennes.

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Juin 2019

 

à suivre.jpg

 

 

 

 

 

 


18/06/2019
8 Poster un commentaire

Truands

 

680d3669feae2e8eeb042c917bc5e2ce.png

c2ab-l_enfer-c2bb-53-boulevard-de-clichy-1898.jpg

 

 

 

 

" Le bal des truands " par sonia Gary

 

Cliquer pour écouter cette musique, mais avant ou après lecture du poème afin de ne pas brouiller les paroles...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques),  "SOMMAIRE"  et  "REPÈRES CHRONOLOGIQUES"    Il suffit de cliquer dans les liens de ce bandeau ou dans l'onglet LA ROMANCE DE LAURINE du bandeau vertical droite, puis dans le sous-onglet correspondant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Truands

 

 

 

 

Astiquant son Salon, Laurine se morfond.

Maureen est sur les flots reflétant sa vitrine.

Mais José la surprend lui prenant ses chiffons,

La sort au boulevard ignorer la feutrine.

 

La nuit s’est invitée découvrant un endroit

Dont le titre offensant invite en sa taverne

Truands et malandrins, fieffés voleurs adroits.

Intriguant nos chéris, s’entrouvre la caverne…

 

L’espace est maniéré de stupre en l’air vicié,

D’entraîneuses grivoises, coquettes fatales

Troussant leurs jupons noirs que vous n’asservissiez

Dans l’antique décor votre blason natal.

 

L’effroi du Carpathia sauvant des naufragés

Tremblant, frigorifiés, abattus et lugubres

Vient encrer les journaux de récits ouvragés

Mouillant matin l’écho d’un climat insalubre.

 

Les témoins des canots errants si peu nombreux

Gardent pour eux l’enclume enfouissant leur supplice,

Quand demain le Sénat, les juges ténébreux

Blanchiront le reflux des écumeurs complices.

 

L’insubmersible sort des forbans armateurs

Prolonge l’espérance en la mer des sarcasmes

Bernant les tribunaux de propos amateurs

Et noyant à nouveau le Monde de leurs miasmes.

 

Quittant l’antre aux truands du boulevard joyeux

Déçus, mais éméchés, Laurine et José flânent 

Se mirant au reflet de leur amour soyeux

En cette aube transie d’un froid soleil qui plane.

 

 Un crieur de journaux cingle en croisant leurs pas

Bouscule leur quiétude, amarrant son vacarme

Au titre naufrageur imprimant le trépas

Du colosse englouti dans l’océan des larmes.

 

Laurine s’évanouit, grelottant de stupeur.

José blême la tient, la réchauffe et transporte,

Craignant qu’elle ne sombre en soudaines vapeurs

Si la nécrologie sur sa raison l’emporte.

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Mai 2019

 

à suivre.jpg

 

 

 

 

 

Le_Petit_journal_Parti_social_bpt6k6196931_1.jpeg

source BNF - Bibliothèque Nationale de France

 

 

 

 

 

 


14/06/2019
10 Poster un commentaire

Abysse

 

 

 

IMG_4291.jpeg

 

 

 

 

Stöwer_Titanic.jpg

 

 

 

 

" Plus près de toi mon Dieu "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques),  "SOMMAIRE"  et  "REPÈRES CHRONOLOGIQUES"    Il suffit de cliquer dans les liens de ce bandeau ou dans l'onglet LA ROMANCE DE LAURINE du bandeau vertical droite, puis dans le sous-onglet correspondant.

 

 

 

 

 

 

 

 

Abysse

 

 

 

 

Le dîner de gala scintillant de bijoux

 Donne au menu mondain le luxe de vestiges

Bombant décolletés en rosissant les joues,

Triomphant des messieurs rutilant de prestige.

 

L’orchestre se fait fort de réchauffer la nuit

Dont le concert se prend à dérouler le rêve,

Quand soudain les violons miaulant après minuit

 Se figent sidérés des secousses qui crèvent.

 

Le colosse se pose en silence de pause,

Et tandis que la soif mordille ses chaudières 

La fin se glisse et joue le sort qu’elle indispose,

Puis un frisson glacé presse les incendiaires.

 

Les gilets sont gelés et les canots absents,

La panique est partout, l’honneur plus bas que terre,

Les 3èmes bloquées, des gredins s’éclipsant,

 Des enfants séparés quand leur vision s’altère.

 

Le vertige bouillonne en dominant le flot

De la détresse noire en notes de musique

Que rythment les fusées accrochant les hublots,

Décrochant l’artifice d’un espoir basique.

 

Maureen en titubant chute dans un canot,

La foule a noyé Paul sur le pont promenade,

La terreur plonge Ruth frappée par un panneau ;

Elle a perdu les siens happés par la tornade.

 

Affalant son canot, l’homme contemple Ruth.

Courageuse héroïne à l’ardeur qui sidère,

Donnant ses couvertures que mord le gel brut,

Elle console et soigne en élans solidaires.

 

Une autre embarcation vient de recueillir Paul,

Renaissant de l’abîme en un sursaut farouche.

La famille de Ruth fuyant la nécropole

Le tient avec Maureen comme un arbre sans souche.

 

Soudain les cris se taisent quand du paquebot

La plainte de sa poupe en onde gigantesque

Hurle d’un son lugubre en cabrant son tombeau

Que brise enfin l’appel de l’abysse dantesque.

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Mai 2019

 

à suivre.jpg

 

 

 

 

 

 

 


10/06/2019
12 Poster un commentaire

Ruth

 

 

Ruth_Becker.jpg

 

Ruth Élisabeth BECKER (1899 - 1990)

l'une des dernières survivantes du Titanic

 

 

 

 

 

Alexander's Ragtime band - musique du film

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec la Saison 5 " Femmes " que débute cet épisode n° 1 "Ruth " s'ouvre une période de troubles, de drames comme le naufrage de l'emblématique TITANIC et surtout... de guerre. De la Grande Guerre, de 14/18, de "la der des ders".

 

Mais si des générations d'hommes verront leur destin brisé, les FEMMES y tiendront un rôle de premier plan.

 

Pas seulement celui de mères, veuves, soeurs, filles éplorées, celui de femmes ayant pris en main l'avenir de la France à travers le remplacement et la relève indispensables des hommes partis.

 

Elles occuperont avec détermination, courage, talent et sacrifice, tous les emplois dictés par la guerre et l'urgence dans les usines d'armement, les industries, l'agriculture, les forêts, le commerce et l'artisanat, les métiers de bouche et notamment la boulangerie comme la boucherie, la restauration, la pêche, la fonction publique et l'administration, la construction et la voirie, l'énergie, la science et la recherche, la finance, le théâtre, les villes, la circulation, les transports, la santé, l'école, etc.

et... tout ce qui touche à leur famille avec les enfants, comme d'habitude...

 

 

Cette saison qui en mettra plusieurs en valeur leur est dédiée

 

Pierre

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques),  "SOMMAIRE"  et  "REPÈRES CHRONOLOGIQUES"    Il suffit de cliquer dans les liens de ce bandeau ou dans l'onglet LA ROMANCE DE LAURINE du bandeau vertical droite, puis dans le sous-onglet correspondant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ruth

 

 

 

 

En voyant embarquer ses cousins gaéliques,

Maureen, au bastingage entend pleurer l’exode.

Laissant à Dieu Queenstown, elle songe angélique

Au flambeau d’Amérique en son libre épisode.

 

Que les ponts sont déserts surplombant l’Océan,

Chacun s’étant rendu fébrile en sa cabine !

Les cheminées fumant le charbon du géant

Noircissent les regrets de Maureen qui lambine.

 

Voici qu’une fillette au visage attristé

S’approche en lui souriant au-delà du grillage

Laissant percer la classe d’un cœur assisté

Par l’horizon de Ruth qui s’ouvre en son sillage.

 

Paul invite l’enfant qui n’est pas clandestin

Dont la famille part soigner son petit frère.

Ruth, que treize ans déjà sillonnent son destin,

Ne croit guère aux exploits des docteurs et confrères.

 

Maureen lui a montré des fusains et dessins,

Prophétisant qu’Auguste aimerait la finesse

De son portrait moiré qu’il peindrait à dessein

Tant Ruth est si troublante irradiant de jeunesse.

 

Bientôt la promenade emmêle les niveaux

Des premières secondes enchantant les mouettes

Quand on jette à la mer reliefs en caniveau

Et que la traînée file en embruns qui se fouettent.

 

Flânant en bibliothèque en quête de récits

Petite demoiselle ajuste la romance

D’un grand bateau sombrant d’un naufrage précis

Baptisé le Titan : « l’Océan » recommence ?

 

Dimanche, la prière en l’élégant décor

De la salle à manger des 1res ouvertes

A tous les passagers, semble battre un record

D’opulente piété qu’orchestrent les couverts.

 

Et les regards du soir qu’impressionnent les feux

De l’astre se baignant vermillonnant sa couche

Clignent comme Monet quand le vague des yeux

Porte à badigeonner la voûte qui découche.

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Mai 2019

 

à suivre.jpg

 

 

 

 


04/06/2019
11 Poster un commentaire

Titanic

 

Titanic.jpg

 

 

 

 

 

 

Ainsi, avec TITANIC, se termine la Saison 4

de La romance de Laurine,

sachant que la Saison 5

reprendra bientôt

en mer...

 

 

 

 

 

RMS_Titanic_3.jpg

 

 

 

 

Southampton (musique du film)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques),  "SOMMAIRE"  et  "REPÈRES CHRONOLOGIQUES"    Il suffit de cliquer dans les liens de ce bandeau ou dans l'onglet LA ROMANCE DE LAURINE du bandeau vertical droite, puis dans le sous-onglet correspondant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Titanic

 

 

 

 

 

Six ans déjà sans Jean qu’en triste inclinaison

À naufrager sa vie de mauvaise déprime,

Laurine dont José refleurit la raison

De sa femme abattue, vit d’un cœur qui s’opprime.

 

Sans enfants désormais, ni Maureen au lointain,

Mademoiselle est là, bercée de vagues froides,

Alternant les torrents d’un regain qui déteint

Sur son Salon bondé par sa fidèle escouade.

 

Son succès bien réel a débordé Paris,

Le testament de Jean lui a donné l’aisance,

Et pour son dévouement aux « Enfants de Marie »

On lui remit la croix, l’honneur en bienfaisance.

 

Au printemps, c’est Maureen accompagnée de Paul

Qui s’arrêtent gaiement l’embrasser faisant route

Pour Cherbourg et New York, la folle mégapole,

Investissant l’espoir d’exposer sans déroute. 

 

Laurine se surprend à rire de leur sort

Tant leurs projets sont grands par ce somptueux voyage

Qui les voit sans Auguste en voie du réassort

De mécènes dévoués, sans l’art du louvoyage.

 

À l’heure des adieux elle tremble soudain

D’une prémonition qui la surprend songeuse…

Retrouvant son Salon, son port se fait mondain.

À Cherbourg, la cohue s’annonce tapageuse.

 

C’est l’heure des cancans attendant d’embarquer,

Croisant ceux qui détiennent la première manche,

L’inaugurant ravis, avant de débarquer.

Puis c’est bientôt leur tour de traverser la Manche.

 

Quand le canon tonna soulevant des vivats,

Jetant les transbordeurs en file de navettes

Se portant sous l’étrave adorant la diva,

Laurine était chagrin, goûtant des olivettes.

 

La nuit bleue s’adoucit sous les feux du titan

Qui vient d’appareiller vers l’Irlande et ses brumes,

Accompagné du chant des sirènes quittant

La rade merveilleuse en adieux qui s’embrument.

 

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Avril 2019

 

à suivre.jpg

 

 

 


29/05/2019
10 Poster un commentaire

Interlude... TITANIC 2 " Le retour "

 

 titanic peinture de Ken Marschall.jpg

 

Toile de Ken Marschall

 

 

 

 

 

 

My heart will go on (au piano, du film Titanic)

 

 

 

 

 

 

INTERLUDE ENTRE 2 POÈMES

 

J'avais rédigé en 1999 ce papier en forme d'ode au Titanic,

ou plutôt à Jack, l'irlandais qui  aimait sa Rose dans le film, en 97,

et qui noya ses fusains dans sa quête de beauté intemporelle.

 

Il me semble aujourd'hui que l'évocation de son dessin

a toute sa place ici,

annonçant le prochain poème de " La romance de Laurine " : TITANIC

puis les débuts de la Saison 5 "Femmes".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TITANIC 2  

« LE RETOUR »

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux fois, non quatre, encore quatre, sept fois, neuf même !

 

Ils ont tous vu « Le Film », pardon : « elles », forcément éperdues du si craquant Léonardo Di Caprio... Dur, dur pour nous, simples mortels terriens n’ayant jamais goûté aux charmes de l’ange séducteur ; ça se saurait... Tous réunis, enfants, « zadolescents », jeunes et vieux, ont sombré leur mélancolie dans un océan d’amour et de nostalgie. Même les « contre », adeptes du « zart-zé-essais » ont craqué, discrètement craqué... 

 

 

Mais qu’est-ce qui nous fait courir ainsi à la recherche du temps, éperdus de se mesurer pendant 3 h 20 à peine, en quête du Graal, pardon du « Cœur de l’Océan », bijou mystique qui déroule le film entre deux eaux ? Sûrement pas la passion hollywoodienne, ni les suspects fantasmes qui agitent les films catastrophe (ce qu’il n’est pas), ni le voyeurisme historique version « Tempête du désert ».  Alors quoi ?  À chacun de lire les très nombreuses critiques cinématographiques qui n’ont pas manqué de barrer la route à ce titan dont la partie immergée se heurte aux flots de dollars U.S. 

 

Fonde la glace devant l’évidence !

 

 

Finalement, TITANIC est un mythe.

 

Comme tel, il figure dans le panthéon imaginaire occidental des « grands mythes ». Ceux de Tristan et Iseut, de Roméo et Juliette ou de Faust qui pactise avec le Diable. Triste sort jeté en pâture à ceux qui guettent encore la voile d’une Nef blanche dans la lointaine patrie des ombres.  À une différence près : nous pleurons des larmes de diamant, la mort glacée de Jack en faisant semblant de croire que nous les dédions aux victimes irlandaises de 3e classe. Las, Rose ne meurt pas, mais revit pour nous sa survie. Nous le savions dès le début. Nous connaissions la légende que conte une Rose fanée, mais pas sa fin intemporelle si proche de nous par l’intimité que dégage notre foi dans ces deux héros wagnériens (la musique en moins).

 

Dans notre inconscient collectif, nous avons besoin de croire à l’amour impossible, celui des Dieux qui se voile toujours d’une issue tragique en guise d’expiation de nos envies secrètes socialement refoulées. Avec Titanic, le 7e art est céleste. Il gomme l’injustice du destin en lui substituant l’impertinence de l’amour aveugle et un rôle de premier plan à la jolie naïade qui voulut quitter les 1ères. La greffe prend, et sous la voûte étoilée que berce à peine l’Onde froide et calme, fonce vers l’au-delà la vie qui s’abîme dans le mugissement des Sirènes.

 

J’ai adoré Titanic, alors qu’en attendant de franchir le parcours du parent-combattant dans la panique des places restant vacantes, je me réchauffais de prétextes justificatifs à une démarche honteuse si facilement transgressée.

 

Quand Jack et Rose, dominant le monde, se juchent si haut, tout à l’avant du navire en sorte de figure de proue emblématique, forts de leur jeunesse insouciante des préjugés dans leur différence de classes, insubmersibles dans leur amour passionnel et si frêles à la fois devant l’avenir qu’on sait fini, j’ai ressenti le vent du large. Des larmes salées ont perlé aux rives de mes yeux habituellement fermés aux histoires d’amour outre-Atlantique.

 

Quand le fusain de Jack s’empare de la nudité d’une Rose éblouissante d’émotion s’offrant à l’artiste au regard troublé, mais au geste sûr, il ne saurait y avoir de naufrage à la beauté qui ondoie. Les Roses ont l’éclat de leur pudeur.

 

Mais quand vient la lumière, et que baignent brutalement nos parkings routiniers dans des flots de bitume, l’on se sent coupable d’être encore terriens et si loin de la White Star qui luit en nous...

 

Pour ne point sombrer dans l’amertume, «TITANIC 2 LE RETOUR» s’arrachera probablement à nos songes. Il n’y a guère d’illusion sous nos latitudes, il nous renverra brutalement sur terre, là où les icebergs n’existent pas.

 

Quand il sortira, n’allez pas le voir !

 

                                                                                                                        

 

Pierre BARJONET (1999)

 

* Et finalement, il n'est jamais sorti...


27/05/2019
12 Poster un commentaire

La crue

 

Paris_flood_of_1910_-_01.jpg

 

 

 

Wagner - La chevauchée des Walkyries

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques),  "SOMMAIRE"  et  "REPÈRES CHRONOLOGIQUES"    Il suffit de cliquer dans les liens de ce bandeau ou dans l'onglet LA ROMANCE DE LAURINE du bandeau vertical droite, puis dans le sous-onglet correspondant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La crue

 

 

 

 

Le bruit se fit plus net chevauchant le faubourg

En cette nuit d’hiver sous la lune d’opale,

Ressemblant aux graviers que fouette le labour

Mordorant les ténèbres de visions trop pâles.

 

Escaladant la Butte en vagues d’assaillants

Les rats se libérèrent des égouts en fièvre,

Du clapotis visqueux, des passants toussaillant,

Fuyant la ville en crue de la Seine à la Bièvre.

 

Le pain vint à manquer, chacun barricada

Sa porte des cloportes si fourbes et glauques.

Pourtant Mademoiselle en aumône brada

Du pain de sarrasin pour mendiants à voix rauque.

 

Tout Paris se surpris à endiguer les flots

Des résidus bloqués, de l’écume diffuse,

Des boues de pandémie jusqu’à la rue Soufflot,

Séchant les naufragés sauvés de leur Méduse…

 

On était loin d’Iéna, d’Austerlitz ou d’Eylau

Grelottant du vacarme éclaboussant la scène

De la Bérézina de ces pontons sous l’eau

Et du Zouave englouti par la vase de Seine.

 

On hissa des dortoirs hébergeant ceux d’en bas

Dégoulinant de peur, mais frissonnant d’estime

Envers leurs sauveteurs au farouche combat

Contre les éléments des prédictions ultimes…

 

Laurine submergée quand le timbre tinta,

Recueillit en pitié de jeunes orphelines

Blessées par des Gaspards, dont la file teinta

De rubis chaud sa blouse en fil de popeline.

 

Leurs nonnes avaient cru qu’en longeant le Maquis

Leur trajet serait court, mais ce fut la vermine

Qui vint les débusquer de ses derniers acquis

Colonisant la Butte avant qu’on l’extermine.

 

Quand le torrent gronda ses miasmes dans les rues,

Que les hommes s’armèrent d’espoir et de rames,

Le déluge cessa raccompagnant la crue

Bannie du Sacré-Cœur et de Paris en drame.

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Avril 2019

 

à suivre.jpg

 


25/05/2019
13 Poster un commentaire