La palette de Pierre

La palette de Pierre

SAISON 5 "Femmes"


Fauchés

assaut

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"Pour nos morts, sonnez clairons" texte en diction + sonneries

 

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Fauchés

 

 

 

 

 

 

 

Se hissant du gourbi, Célestin-le-miauleur

Devine les shrapnels, les obus, la mitraille,

Déchirant en écho leur soupir enjôleur

 Avant que leur clameur n’arrache les entrailles.

 

 

Célestin reconnaît tous les chants des bourdons,

Les miaulements d’obus, la valse des abeilles,

Dans l’orage infernal du canon sans pardon,

Des grenades féroces plombant les oreilles.

 

 

« Le Grand Meaulnes » a cessé d’échapper au bonheur.

Charles Péguy non plus, gommant en orphelines

Ses pages sur la Ligne incarnée de l’honneur

D’être un épi trop mûr couché qui dodeline.

 

 

Poètes écrivains qui se rêvaient aux nues,

Revêtus d’un linceul d’encre rouge sans plumes,

De guerre sans boutons, Petits Gibus tout nus,

Se couchent sur la tranche en ultime volume.

 

 

Célestin-le-miauleur aime bien son José,

Le comprenant sans mots, comme un chat de gouttière,

Rampant couvert de boue, s’abreuvant de rosée,

Collectionnant pour lui des douilles bijoutières.

 

 

Grattant des doigts la terre ils s’en font un abri

Quand sortant des tranchées, ils se couchent, se plaquent

Comme soles dans l’eau nageant sous les débris

Laissant planer là-haut le supplice qui claque.

 

 

Puis c’est l’affreux tricot des aiguilles fouillant

Les corps entremêlés d’espoir et d’affreux râles

S’enivrant du pinard d’un fritz encore bouillant,

Plongeant dans son terrier, se chauffant le moral.

 

 

C’est qu’ils ont mis les voiles, ces terreux ballots

Abandonnant totos, tord-boyaux et bibine

Délaissant leur barda, leur perlot au galop,

Déchirant aux séchoirs leurs bien tristes bobines.

 

 

Et quand survient la plainte enfouissant la terreur

Des marmites gorgées du sang rinçant la terre,

Toutes ces vies tranchées semblent clamer l’erreur

D’être enfin délivrées de ceux qui les enterrent.

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Mai 2019

 

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Exceptionnellement, pour faciliter aussitôt la compréhension du texte, je donne ci-après la « traduction » de termes et mots tirés de l’argot des poilus de 14/18 (dont nous en connaissons beaucoup, sans savoir pour autant leur origine) cités dans l’ordre des vers du poème ainsi que des notes sur les écrivains.

 

Mais le petit lexique comme son extrait  "Lexique saison 5 Episode 7 Fauchés" sont un atout précieux 

 

 

 

  • Gourbi : abri
  • Célestin-le-miauleur : surnom donné à Célestin réputé pour reconnaître les projectiles qui « miaulent » à leur son
  • Shrapnels : obus à balles ( !) allemands
  • Bourdon : bruit d’obus
  • Miaulements : d’obus des canons de 75
  • Abeilles : son des balles de fusil
  • Le Grand Meaulnes : seul roman d’Alain Fournier (1913), mort pour la France le 22/09/1914
  • Ligne : la ligne du Front des combats (être en 1èreligne, etc.)
  • « Épis trop mûr » : du poème prémonitoire de Charles Péguy, mort pour la France le 5/09/1914 à 41 ans ! « Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles (...) Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés"
  • Petit-Gibus : personnage de « La guerre des boutons », roman écrit par Louis Pergaud, également auteur des « carnets de guerre », mort pour la France le 8/04/1915 (un peu plus tard que dans mon poème…). Retenons encore, parmi les écrivains « fauchés » au champ d’honneur, Guillaume Apollinaire mort de la grippe Espagnole et des suites d’une blessure reçue en 1916, le 9/11/1918 (à 2 jours de l’armistice…)
  • Douilles bijoutières : les soldats récupéraient les douilles de cuivre pour en sculpter des objets « souvenirs »
  • Aiguilles à tricoter : la baïonnette !
  • Pinard : du vin rouge
  • Fritz : Désignation péjorative des Allemands
  • Terrier : une tranchée
  • Ballots ou Balochard : imbécile, idiot
  • Mettre les voiles : se sauver, s’en aller
  • Terreux : paysan
  • Totos : poux
  • Tord-boyaux : eau-de-vie
  • Bibine : bière de mauvaise qualité
  • Barda : l’équipement du soldat fantassin
  • Perlot : tabac
  • Bobines : visages
  • Marmites : trous ou cratères pratiqués par des obus de gros calibre

 

 

 

 


23/07/2019
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Moissons

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Ah, c'est la guerre ! (chanson populaire d'époque)

 

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Moissons

 

 

 

 

 

Le blé s’est affaibli d’un soleil négligent

En cet été « quatorze » enfiévré par les miasmes

De ces rumeurs de guerre en échos affligeants

À cet assassinat sans nul autre enthousiasme.

 

 

Puis ils ont tué Jaurès, fauchant l’épi de paix

Que la colombe emporte au sombre crépuscule.

Et quand s’est mise en branle leur forge d’épées

Ne restait au pays qu’un grenier minuscule.

 

 

Mademoiselle entend pour qui sonne le glas,

Pour qui bat le tocsin de l’amour éphémère,

Pour quoi perce la peur des sens qu’on aveugla,

Pour quand tonne la mort des épouses, des mères.

 

 

José s’en est allé souriant aux aspirants

Qu’accompagne déjà cet autre tour de France

Portant de leur Devoir l’espoir en soupirant

De revenir grandis, compagnons sans souffrance.

 

 

La gare débordait de mouchoirs et vivats,

De flonflons tricolores enfouis d’embrassades

D’âcre souffle des hommes en chœur de diva

Poussant la Marseillaise en cet été maussade.

 

 

Les femmes ont rejoint leur nouvel univers

Guidées par leur instinct aux frontières des larmes

Se disant que demain ne sera plus qu’hiver

Et se voyant creuser des rides pour tout charme.

 

 

José n’a rien perdu de l’allure bon train,

Marchant de jour, de nuit, en sinueuse colonne

Ravinant les ornières d’horizon restreint,

Découvrant le saccage en canons qui pilonnent.

 

 

Et puis soudain le feu, ces premiers morts surpris,

La vie qui s’évanouit pliant sous la faucheuse,

Ces cris insupportables leur brûlant l’esprit,

Et les balles qui tondent l’herbe des rocheuses.

 

 

La ligne est derrière eux, le front s’est déplacé

La retraite s’emballe en entendant les boches

C’est un pari perdu de chevaux mal placés

Mais que Paris défend en taxis et caboches.  

 

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Mai 2019

 

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20/07/2019
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Marie

 

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Marie Skłodowska-Curie

 

 

 

 

 

 

Chopin " Polonaise opus 40 n° 1 " par Samson François

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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N.B : Il va de soit que le rapprochement entre ma Romance de Laurine et la vie de Marie Curie n'est que pure création romanesque sortie tout droit de mon imagination - Pierre

 

 

 

 

 

 

 

Marie

 

 

 

 

La neige s’est ouverte aux marchés du midi

En cet hiver « quatorze » emporté de poudreuse

Déroulant ses reflets de givre en perfidie

Scintillant en guirlandes juste filandreuses.

 

Laurine a réussi des « œufs-neige » étonnants

Vibrant d’un velouté d’atomes de banquise,

Lorsque son pas de porte s’ouvre en détonnant

Sur une frêle dame en son Salon conquise.

 

Modeste et fort discrète entourée de suédois

Qu’elle guide à Paris d’une colline à l’autre,

De Sainte-Geneviève où nul ne la soudoie

À la Butte Montmartre où nul art ne se vautre.

 

Marie qui n’est d’ici, fleurant ce « Cœur de pain »,

Se surprend comparer à son laboratoire

L’antre de ce fournil au clair Salon repeint,

L’austère précision d’un goût libératoire.

 

Elle y revient depuis, cherchant mille raisons

Qui font de la boutique un mariage homogène

Entre la science et l’art prouvant leur floraison,

Puis en souriant invente un soufflé chromogène.

 

Émerveillant Laurine en quête de vertus,

Marie l’entraîne à voir, retraversant la Seine,

Son labo, sa raison, son goût qui s’évertue

A polir les rayons d’une passion bien saine.

 

En nourrissant le corps, l’une ouvrage sa faim,

Quand explorant le cœur, l’autre atomise en fièvre

La vision que ne plombe la physique enfin,

Réussissant l’exploit de soulever des lièvres. 

 

L’alchimie des pétrins vaincus par volonté

Entre la boulangère, l’éclair bonapartiste

Se riant du génie de son Salon dompté

Et Marie la savante, éblouit les artistes.

 

Que ce Salon bouillonne en ignorant l’hiver !

Laurine est au piano jouant une Polonaise, 

Marie calcule et perce enfin son univers,

 Et rayonne du thé d’infusion japonaise…

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Mai 2019

 

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24/06/2019
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La Circassienne

 

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Toile de Merry-Joseph Blondel " La Circassienne au bain " 

 

 

 

 

Yves Montand " Bella ciao "

 

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La Circassienne

 

 

 

 

Pour cet anniversaire en deuil du Titanic

Paul a rejoint Auguste laissant flotter ses brosses

En une concoction d’essences britanniques

 Faisant poindre un reflet glacé de noir atroce.

 

Mademoiselle est là près de son cher José,

Maureen et des amis, tous rendus aux « Collettes ».

La Méditerranée, que berce reposé

Le chevalet d’Auguste a des airs de follette.

 

L’air est léger si frais, de citrons parfumés,

Bougainvilliers grimpants, grenadiers et glycines.

Le printemps qui s’en vient a chassé les fumées

Du navire englouti par viles officines.

 

Le cauchemar toujours, qui s’invite en regain

Assombrit l’illusion des merveilleux parterres

Du domaine couvert d’oliviers au béguin

Des passants égarés s’étant trompés d’artère.

 

Ruth n’a pas déserté sa terre en liberté,

Trop jeune pour venir, fragile en sa mémoire,

Que le drame a menée, blessant sa puberté

Sur le chemin furtif des larmes qui s’y moirent.

 

Mais elle écrit souvent des messages d’espoir

À Maureen désormais, son amie destinée.

Son frère est bien soigné, n’est plus au désespoir,

C’est elle qui répond à la Presse obstinée. 

 

Paul ne s’est pas remis du naufrage de l’art,

Du tableau contemplé dans l’antre du navire

Qu’un survivant suédois, son voisin sur le tard,

Lui avait présenté en nymphe qui chavire.

 

« La Circassienne au bain » séduit Poséidon,

Excitant Aphrodite, affolant les sirènes.

Dans l’abysse s’expose en piégeant Cupidon,

Innocente noyée d’esclaves et de reines.

 

Fallait-il que Blondel imaginant ce bain

N’encourage un instant sa belle Circassienne

À plonger sa passion dans un gouffre thébain

Pour tromper son destin en odes horatiennes.

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Juin 2019

 

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18/06/2019
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Truands

 

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" Le bal des truands " par sonia Gary

 

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Truands

 

 

 

 

Astiquant son Salon, Laurine se morfond.

Maureen est sur les flots reflétant sa vitrine.

Mais José la surprend lui prenant ses chiffons,

La sort au boulevard ignorer la feutrine.

 

La nuit s’est invitée découvrant un endroit

Dont le titre offensant invite en sa taverne

Truands et malandrins, fieffés voleurs adroits.

Intriguant nos chéris, s’entrouvre la caverne…

 

L’espace est maniéré de stupre en l’air vicié,

D’entraîneuses grivoises, coquettes fatales

Troussant leurs jupons noirs que vous n’asservissiez

Dans l’antique décor votre blason natal.

 

L’effroi du Carpathia sauvant des naufragés

Tremblant, frigorifiés, abattus et lugubres

Vient encrer les journaux de récits ouvragés

Mouillant matin l’écho d’un climat insalubre.

 

Les témoins des canots errants si peu nombreux

Gardent pour eux l’enclume enfouissant leur supplice,

Quand demain le Sénat, les juges ténébreux

Blanchiront le reflux des écumeurs complices.

 

L’insubmersible sort des forbans armateurs

Prolonge l’espérance en la mer des sarcasmes

Bernant les tribunaux de propos amateurs

Et noyant à nouveau le Monde de leurs miasmes.

 

Quittant l’antre aux truands du boulevard joyeux

Déçus, mais éméchés, Laurine et José flânent 

Se mirant au reflet de leur amour soyeux

En cette aube transie d’un froid soleil qui plane.

 

 Un crieur de journaux cingle en croisant leurs pas

Bouscule leur quiétude, amarrant son vacarme

Au titre naufrageur imprimant le trépas

Du colosse englouti dans l’océan des larmes.

 

Laurine s’évanouit, grelottant de stupeur.

José blême la tient, la réchauffe et transporte,

Craignant qu’elle ne sombre en soudaines vapeurs

Si la nécrologie sur sa raison l’emporte.

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Mai 2019

 

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source BNF - Bibliothèque Nationale de France

 

 

 

 

 

 


14/06/2019
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Abysse

 

 

 

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" Plus près de toi mon Dieu "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Abysse

 

 

 

 

Le dîner de gala scintillant de bijoux

 Donne au menu mondain le luxe de vestiges

Bombant décolletés en rosissant les joues,

Triomphant des messieurs rutilant de prestige.

 

L’orchestre se fait fort de réchauffer la nuit

Dont le concert se prend à dérouler le rêve,

Quand soudain les violons miaulant après minuit

 Se figent sidérés des secousses qui crèvent.

 

Le colosse se pose en silence de pause,

Et tandis que la soif mordille ses chaudières 

La fin se glisse et joue le sort qu’elle indispose,

Puis un frisson glacé presse les incendiaires.

 

Les gilets sont gelés et les canots absents,

La panique est partout, l’honneur plus bas que terre,

Les 3èmes bloquées, des gredins s’éclipsant,

 Des enfants séparés quand leur vision s’altère.

 

Le vertige bouillonne en dominant le flot

De la détresse noire en notes de musique

Que rythment les fusées accrochant les hublots,

Décrochant l’artifice d’un espoir basique.

 

Maureen en titubant chute dans un canot,

La foule a noyé Paul sur le pont promenade,

La terreur plonge Ruth frappée par un panneau ;

Elle a perdu les siens happés par la tornade.

 

Affalant son canot, l’homme contemple Ruth.

Courageuse héroïne à l’ardeur qui sidère,

Donnant ses couvertures que mord le gel brut,

Elle console et soigne en élans solidaires.

 

Une autre embarcation vient de recueillir Paul,

Renaissant de l’abîme en un sursaut farouche.

La famille de Ruth fuyant la nécropole

Le tient avec Maureen comme un arbre sans souche.

 

Soudain les cris se taisent quand du paquebot

La plainte de sa poupe en onde gigantesque

Hurle d’un son lugubre en cabrant son tombeau

Que brise enfin l’appel de l’abysse dantesque.

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Mai 2019

 

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10/06/2019
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Ruth

 

 

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Ruth Élisabeth BECKER (1899 - 1990)

l'une des dernières survivantes du Titanic

 

 

 

 

 

Alexander's Ragtime band - musique du film

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec la Saison 5 " Femmes " que débute cet épisode n° 1 "Ruth " s'ouvre une période de troubles, de drames comme le naufrage de l'emblématique TITANIC et surtout... de guerre. De la Grande Guerre, de 14/18, de "la der des ders".

 

Mais si des générations d'hommes verront leur destin brisé, les FEMMES y tiendront un rôle de premier plan.

 

Pas seulement celui de mères, veuves, soeurs, filles éplorées, celui de femmes ayant pris en main l'avenir de la France à travers le remplacement et la relève indispensables des hommes partis.

 

Elles occuperont avec détermination, courage, talent et sacrifice, tous les emplois dictés par la guerre et l'urgence dans les usines d'armement, les industries, l'agriculture, les forêts, le commerce et l'artisanat, les métiers de bouche et notamment la boulangerie comme la boucherie, la restauration, la pêche, la fonction publique et l'administration, la construction et la voirie, l'énergie, la science et la recherche, la finance, le théâtre, les villes, la circulation, les transports, la santé, l'école, etc.

et... tout ce qui touche à leur famille avec les enfants, comme d'habitude...

 

 

Cette saison qui en mettra plusieurs en valeur leur est dédiée

 

Pierre

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ruth

 

 

 

 

En voyant embarquer ses cousins gaéliques,

Maureen, au bastingage entend pleurer l’exode.

Laissant à Dieu Queenstown, elle songe angélique

Au flambeau d’Amérique en son libre épisode.

 

Que les ponts sont déserts surplombant l’Océan,

Chacun s’étant rendu fébrile en sa cabine !

Les cheminées fumant le charbon du géant

Noircissent les regrets de Maureen qui lambine.

 

Voici qu’une fillette au visage attristé

S’approche en lui souriant au-delà du grillage

Laissant percer la classe d’un cœur assisté

Par l’horizon de Ruth qui s’ouvre en son sillage.

 

Paul invite l’enfant qui n’est pas clandestin

Dont la famille part soigner son petit frère.

Ruth, que treize ans déjà sillonnent son destin,

Ne croit guère aux exploits des docteurs et confrères.

 

Maureen lui a montré des fusains et dessins,

Prophétisant qu’Auguste aimerait la finesse

De son portrait moiré qu’il peindrait à dessein

Tant Ruth est si troublante irradiant de jeunesse.

 

Bientôt la promenade emmêle les niveaux

Des premières secondes enchantant les mouettes

Quand on jette à la mer reliefs en caniveau

Et que la traînée file en embruns qui se fouettent.

 

Flânant en bibliothèque en quête de récits

Petite demoiselle ajuste la romance

D’un grand bateau sombrant d’un naufrage précis

Baptisé le Titan : « l’Océan » recommence ?

 

Dimanche, la prière en l’élégant décor

De la salle à manger des 1res ouvertes

A tous les passagers, semble battre un record

D’opulente piété qu’orchestrent les couverts.

 

Et les regards du soir qu’impressionnent les feux

De l’astre se baignant vermillonnant sa couche

Clignent comme Monet quand le vague des yeux

Porte à badigeonner la voûte qui découche.

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Mai 2019

 

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04/06/2019
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