La palette de Pierre

La palette de Pierre

SAISON 6 "Valentine"


Madeleines

 

Madeleines-de-Commercy-04-©-French-Moments

 

 

 

Frédéric Chopin " Fantaisie-impromptu in C"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques), Lexique Saison 6 Episode 3 Madeleines

 

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Madeleines

 

 

 

 

 

Sucrée de gourmandise, enivrée d’oranger,

Valentine frissonne au goût des madeleines ;

En robes rainurées, disposées en rangées

Par Laurine ouvrageant boîtes de porcelaine.

 

 

Après tant de chagrins, Auguste étant parti,

Après trop de dégoût pour cette guerre horrible,

Après les privations, les portions imparties,

Il est temps d’oublier cette époque terrible.

 

 

La Maison Cœur-de-pain, recevant Nicolas,

S’habille du destin rapprochant Valentine

Aux promesses soufflées quand son cœur le frôla

Dans cette malouinière aux saveurs d’églantines.

 

 

Qu’il est bon de les voir naviguer amoureux

Laissant flotter au vent l’espoir en sa grand-voile

Bordée de sentiments aux parfums savoureux

Ambrés de madeleines que le four dévoile !

 

 

Et le printemps renaît d’étourdissants lilas,

Sculptant de poésie leurs rencontres galantes,

Embaumant de passion l’amour que distilla

Le philtre de Montmartre à jeunesse insolente.

 

 

Laurine est agitée, guettant son ami Proust,

Lauréat du Goncourt, dédicaçant son livre,

À l’abri du scandale en son Salon sans rouste

De ces conservateurs perclus de rancœur ivre.

 

 

Les mégères toujours, ont regagné la rue,

Postées aux jalousies, perchées dans les feuillages

Se demandant pourquoi les pucelles ont cru

Qu’à l’ombre d’un roman fleurirait l’effeuillage.

 

 

Valentine succombe à ces feuillets bavards

Déclinant en passion l’époque des délices,

Venant la renforcer de n’être point avare

En fusion des talents brassés par une hélice.

 

 

Et ce n’est point du thé que l’on sert au Salon,

Mais breuvage des dieux laissant leur part aux anges

Afin de respirer, libres comme un ballon,

La liberté d’aimer en ignorant la fange.

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Septembre 2019

 

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19/11/2019
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L'escapade

 

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Claude Debussy " La mer - jeux de vagues "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques),   Lexique Saison 6 Episode 2 L'escapade

 

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L’escapade

 

 

 

 

 

Elle revoit la mer, l’Océan sans tourments,

Ses plages de galets, de goémon, les mouettes

Chavirant sur la grève en battements gourmands,

 Et la menthe des flots qui s’élance et la fouette…

 

 

Laurine accoste enfin Paramé, Saint-Servan,

Ne regrettant la Butte en cet été frivole,

Oubliant de juillet son défilé fervent,

Puis rejoignant Alice, une Anglaise un peu folle.

 

 

Sa villa de granit a des airs de fortin

Canalisant les vents en sons de cornemuse,

Surplombant l’émeraude au doigt d’un libertin

Noyé devant sa proue, rejeté par sa muse.

 

 

Elle a laissé José, mais partage ses bains

Immergeant Valentine ivre de découvertes,

Tonifiant aux embruns leur maintien trop urbain,

Buvant avec Alice de l’absinthe verte.

 

 

Le soir, leur vie s’enflamme en ardents cinémas

Ponctués des sanglots muets, romans de jeunes filles,

Conquises par Surcouf, corsaire qui n’aima

Que l’écran des trésors fleurissant les Antilles.

 

 

Puis au matin mutin chevauchant Saint-Malo,

Les dunes prolongeant la digue-promenade,

Elles oublient l’écho des armées au galop

Ayant martyrisé l’amour, de leurs grenades.

 

 

Une famille en pleurs a perdu six enfants,

Les frères Ruellan dans le sort que reflète

Le destin de la France exsangue qui se fend

De changer d’horizon en découvrant Colette.

 

 

La mer de Debussy qui vit frémir Ravel

Emporte les récifs d’un baiser langoureux,

Changeant de partition, bordant sa caravelle

Au sillage des chats, en accords savoureux.

 

 

C’est une malouinière enfouissant un secret

Qui livre à Valentine un émoi qui la trouble

Apercevant un homme aux gestes fort discrets

Retaillant un balustre en art qui se dédouble.

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Septembre 2019

 

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09/11/2019
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Valentine

 

Capture d’écran 2019-10-25 à 15

 

 

Chopin - valse en B minor - opus 69 / 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques),    Lexique Saison 6 Episode 1 Valentine

 

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La nouvelle saison 6

 

va s'engouffrer avec une soif de vivre inégalée vers  

le Paris des " années folles "...

 

 

... celui du soulagement, de la libéralisation des moeurs, des grands cafés et cabarets de  Montparnasse, de la Commune libre de Montmartre, de Marcel Proust, d'André Gide, des surréalistes, de la radio Tour Eiffel Radiola, du jazz américain, de l'aviation, de Coco Chanel, de la mode avec ses fume-cigarette féminins et chapeaux cloches, des suffragettes, de Maurice Chevalier, de Misstinguett, de kiki de Montparnasse, du Luna-Park, des bals, des grèves ouvrières, des bains de mer à la mode, de l'art déco, du cinéma, de l'égyptomanie, de l'Orient-Express, de Greta Garbo, d'Hemingway, de Dali, d'Isadora Duncan, de Marlène Dietricht, d'Utrillo, de sa mère et de Picasso toujours.. De Charlot, de Man Ray et de son "violon d'Ingres", des enfants terribles de Cocteau, de la Cochinchine et des vases de chine, de Scott Fitzgerald, de Joséphine Baker, de Louis Jouvet, de la fascination  populaire pour l'Union soviétique naissante, des reportages d'Albert Londres, des Jeux olympiques de Paris et de Chamonix, du sport, du tour de France, du vélo, des courses automobiles, des premiers sports d'hiver, du charleston, et tout cela...

 

...jusqu'au krach boursier de 1929, à la montée des nationalismes européens, puis à l'écrasement de la République espagnole par l'Espagne franquiste et l'aviation nazie à Guernica...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Valentine

 

 

 

 

 

Dégoulinant de plâtre elle épouse du front

Ces perles du labeur qu’elle essuie sur sa blouse,

Tandis que par ses mains s’en reviennent du Front

Ces ombres déterrées tirées de mort jalouse.

 

 

À Montmartre elle a pied dans l’atelier bruyant,

Sous-traitant jour et nuit des monceaux de sculptures,

Ébarbant les poilus moulés en rangs luisants,

Prêts pour le grand départ en dignes sépultures.

 

 

 Valentine est coquette, accompagnant ses yeux

D’un noir charbon fumé consumant ses prunelles

D’une passion rouquine embrasant les envieux

En sertissant ses lèvres d’un rubis charnel.

 

 

Elle chante en sculptant ces corps en monuments,

Ne voyant en chacun que soupirants dociles

Frémissant à l’envi sans autre dénuement

Que d’offrir au ciseau leur jeunesse fossile.

 

 

D’autres fois elle pose offrant son grain de peau

Au moulage éternel d’une vierge Victoire

Tenant son glaive en bronze adorant le drapeau,

Découvrant à dessein des lauriers méritoires.

 

 

 Retaillant ses cheveux, dominant son miroir,

Valentine se fond dans la France de Jeanne.

Sa jeunesse lui tend tout l’espoir du terroir

Raccompagnant la mort en chérissant ses mânes.

 

 

José la voit souvent, lui prodiguant conseils

Que son cœur d’artisan, réveillant ses racines,

Rythme de son maillet ciselant des merveilles,

Accompagnant la main d’un talent qui fascine.

 

 

La gaieté s’est fondue dans l’antre du mouleur

Ressuscitant le rire enfoui sous les fossettes

De ces dix-huit printemps refoulant la douleur

Du marbre des gisants secoués par sa massette.

 

 

Laurine a retrouvé dans la joyeuse enfant

L’Irlande de Maureen aux pierres serpentines.

Elle ouvre son désir en l’espoir triomphant

De guider le talent de jolie Valentine.

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Septembre 2019

 

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25/10/2019
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