La palette de Pierre

La palette de Pierre

SAISON 6 "Valentine"


Jeux

 

1924WOlympicPoster

Affiche_des_jeux_olympiques_de_Paris_de_1924

 

 

 

Musique du film "Les Chariots de feu" Vangelis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques) :  Lexique Saison 6 Episode 10 Jeux

 

 INFORMATIONS & DOCUMENTS ORIGINAUX UNIQUES
"SOMMAIRE"  et  "REPÈRES CHRONOLOGIQUES"    Il suffit de cliquer dans les liens de ce bandeau ou dans l'onglet LA ROMANCE DE LAURINE du bandeau vertical droite, puis dans le sous-onglet correspondant.

 

 

 

 

 

Compte tenu de la double programmation des Jeux Olympiques de 1924 en France, ce poème porte à dix ses strophes contre neuf habituellement

 

 

 

 

 

 

Jeux

 

 

 

 

 « Petits gredins, fripons ! » tance-t-elle aux enfants.

Laurine a bien failli briser leur trajectoire

Croisant rue Foyatier ces garnements piaffants

Avant que d’enfourcher leur luge de victoire…

 

 

La neige a verglacé la Butte aux escaliers

Leur donnant l’illusion d’être aux Jeux Olympiques

En cette année vingt-quatre ouvrant comme un palier

Les premiers Jeux d’Hiver déteignant rue Lepic.

 

 

Le tremplin de leurs jeux vient réveiller les cris

Des passants affolés par ces poulbots des neiges,

Multipliant les sauts des candidats inscrits

À risquer leur honneur en ce furieux manège.

 

 

La craie des tableaux noirs a pointé Chamonix

Accompagnant les yeux d’écoliers qui n’écartent

Les Alpes de Nathan, Maître en cérémonie

Racontant son Mont-Blanc, le soir sur sa pancarte.

 

 

Puis glissant au printemps vers les Jeux de Paris

Les petits de Montmartre, embobinant Colombes,

S’amusent aux gradins de l’audacieux pari

Visant à resquiller avant qu’il soit six plombes.

 

 

Incroyables moments couvrant leurs rêves fous

D’aller « plus vite » encore au « plus haut », toujours svelte,

Imitant leur héros, ce nageur dans le coup,

Que l’on dirait singeant les dauphins des baies Celtes.  

 

 

Et la piste cendrée rougit encore au feu

D’Abrahams et Liddell couvrant leur foi fidèle

 De leur ferveur d’athlète au « plus fort » de ces Jeux,

Accomplissant l’exploit de courir en modèle.

 

 

Laurine a pressenti les besoins d’un levain

S’enthousiasmant du sport en vagues populaires.

José lui a construit en compagnon devin

Un chalet réservé presque protocolaire.

 

 

À « l’Olympic-City » repoussant les forains,

Laurine et Valentine emballent des galettes

Et des gâteaux glacés ou des biscuits lorrains,

Des berlingots lustrés et des pains en palette.

 

 

En ce soir de juillet, Coubertin le Baron,

L’admirable inventeur des Jeux du sport moderne,

Enflamme le public croquant des macarons

Aux couleurs des anneaux d’une gloire non terne.

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Janvier 2020

 

à suivre.jpg

 

 

 

 

 


27/01/2020
0 Poster un commentaire

Violon

 

courtesy-fondation-Marconi-milan-©-Man-Ray-Trust-Proliterris-Zurich

 

 

 

"April in Paris" Black Jazz

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques) : Lexique Saison 6 Episode 9 Violon

 

 INFORMATIONS & DOCUMENTS ORIGINAUX UNIQUES
"SOMMAIRE"  et  "REPÈRES CHRONOLOGIQUES"    Il suffit de cliquer dans les liens de ce bandeau ou dans l'onglet LA ROMANCE DE LAURINE du bandeau vertical droite, puis dans le sous-onglet correspondant.

 

 

 

 

 

 

 

 

Violon

 

 

 

 

 

L’archet de Valentine aime les vibrations

Portant l’écho mongol des crinières des steppes

Crissant au vent cinglant ses élucubrations

Couvrant le récital des bourdons et des guêpes.

 

 

Rejoignant les soirées d’un cabaret de jazz,

Elle arme son violon bravant les clarinettes,

Trombones et saxos s’accordant tant qu’on jase

Sur son amie « Kiki », la reine des minettes.

 

 

« La sculpture est un art qui se joue de concert

Avec celui des corps déhanchant la biguine »,  

Souligne Valentine aux danseurs qu’annoncèrent

Trompettes et clameurs en fanfare sanguine !

 

 

Soudain la piste laisse à kiki les tiroirs

Des nuits de Montparnasse en livrée de bravades

Terrassant en œillades le tain des miroirs,

 De l’anse coloniale aux allures de rade.

 

 

S’ouvrant d’un paravent bruissant d’inclinaison

Pour ces fleurs de pavot, de liqueur ou d’absinthe,

L’actrice sort du bois, goûtant aux fenaisons

Des herbes élancées parfumées de jacinthes.

 

 

La Reine du « Bal nègre » envoûte son public

Enivré du parfum des photos à scandale

Déshabillant sans pause et pudeur bien obliques

Sa cambrure qui pose en nudité vandale.

 

 

Man Ray l’a transformée, celle qui but d’instinct

La vie d’un grand amour dans le carmin bohème

Des lèvres du plaisir faisant fi du destin ;

Surréaliste enfant, s’offrant comme un poème !

 

 

Libre était sa raison de chanter ou poser

En turban, toute nue, de compter sur son ouïe

Sondant la folle époque où son dos transposé

Se berça d’un violon fendu de noires ouïes.

 

 

Valentine n’a d’yeux que pour le chevalet

De son violon raccord à la photo céleste

Révélée par le bain d’un peintre sans valet

Plongeant dans l’harmonie des courbures bien lestes.

 

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Décembre 2019

 

à suivre.jpg

 

 

 

 


21/01/2020
11 Poster un commentaire

Merveilles

IMG_4150

 

 

"Sarcophagus" par l'orchestre philharmonique de Prague

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques), Lexique Saison 6 Episode 8 Merveilles

 

 INFORMATIONS & DOCUMENTS ORIGINAUX UNIQUES
"SOMMAIRE"  et  "REPÈRES CHRONOLOGIQUES"    Il suffit de cliquer dans les liens de ce bandeau ou dans l'onglet LA ROMANCE DE LAURINE du bandeau vertical droite, puis dans le sous-onglet correspondant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Merveilles

 

 

 

 

 

Déployant le refrain de ses rêves friands

Laurine songe encore au murmure du poste

Imprégnant son fournil de ses accords brillants

Que mène à la baguette un orchestre en riposte.

 

 

 Elle avait fort longtemps attendu sa radio,

Puis avait dépensé huit cents francs bien frivoles

Pour l’incroyable objet « Radiola », c’est idiot,

Coiffé de ses trois lampes au son qui s’envole.

 

 

La Maison Cœur-de-pain rallie des musiciens

Dans son Salon douillet le soir, non sans fanfare,

Tant la critique est belle aux jaloux stoïciens

Moquant ce « Radiolo » causant d’un ton blafard.

 

 

Mais Laurine est aux anges, portée par les cieux

Accompagnant les ondes que l’esprit calibre

De musique ou d’histoire en des trésors précieux

Contant Toutankhamon de sa tombe enfin libre.

 

 

Il paraît que ce roi paré d’un masque d’or

A chevauché les temps sur son char de parade,

Troquant son sarcophage en momie que le sort

A livrée sans pudeur aux chercheurs de charades.

 

 

Il paraît que sa tombe emportait des présents

Veillés par Anubis et ses gardiens d’ébène

Auréolés d’ivoire et des dieux, ne lésant

Ni Horus ni Hathor adulée des Thébaines.

 

 

Il paraît qu’un cartouche annonçant Pharaon

Menace les pilleurs de Grande-Dévoreuse

Et que dans son éclat de merveilles se fond

Sous la voûte étoilée la magie vaporeuse.

 

 

Il paraît que déjà, bien des extravagants

Attirés par l’exploit d’un Carter en fortune

Se mettent à creuser au soleil divaguant,

Sombrant dans l’illusion de leur piètre infortune.

 

 

Quand le studio s’endort, Laurine songe au Nil

Fertilisant le sable en moisson d’arabesques

Livrant ses hiéroglyphes au profit sénile

 De collections privées d’avidité dantesque.

 

 

  

 

 

 

Pierre Barjonet

Décembre 2019

 

à suivre.jpg

 

 

 

 

Masque-mortuaire-de-Toutankhamon

 

 

 


12/01/2020
12 Poster un commentaire

Folies

 

Sem_Luna_park.jpg

 

 

 

 

"Luna Park" par Yves Montand (1958)

 

 

N.B : Éviter d'écouter la chanson en même temps que la lecture du poème pour ne pas en perturber le sens...

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques),  Lexique Saison 6 Episode 7 Folies

INFORMATIONS & DOCUMENTS ORIGINAUX UNIQUES

"SOMMAIRE"  et  "REPÈRES CHRONOLOGIQUES"    Il suffit de cliquer dans les liens de ce bandeau ou dans l'onglet LA ROMANCE DE LAURINE du bandeau vertical droite, puis dans le sous-onglet correspondant.

 

 

 

 

 

 

 

 

Folies

 

 

 

 

Elle en pleure de joie glissant sur ses vingt ans,

S’éclaboussant d’amour en torrent si rapide

Qu’elle en vibre déjà sur le tapis roulant

Bordé de ces badauds aux désirs trop limpides.

 

 

Valentine est en fête au bras de Nicolas,

Débusquant les plaisirs des manèges frivoles,

Plongeant de « Water Chute » en frisson que frôla

« Rivière souterraine » en barque qui s’envole.

 

 

Et « la Tour aux avions » qui vrombit sous les cris

Vient gonfler ses jupons qui se bercent de honte

Quand Laurine épatée songe qu’il est écrit

Que la jeunesse tourne et jamais ne remonte.

 

 

Luna-Park est fameux en la Porte-Maillot

Où se mêlent les peurs, où frissonnent les dames,

Où s’affrontent les cœurs des braves en maillot,

 Dans une farandole enflammée de quidams.

 

 

 Et voici que Manuel, téméraire gaillard,

Se poste en bonne place au « Vaisseau de la lune »

Tentant d’apercevoir des dessous, le paillard,

Soufflés par un jet d’air visant leur infortune.

 

 

Mais Nicolas retient Valentine en portant

À sa bouche cerise un baiser de cannelle,

Croquant pomme d’amour, tous les deux, escortant

José serrant Laurine en veste de flanelle.

 

 

Leur cœur bat la chamade aux plaintes de ce « Train »

Qui ne freine jamais l’étreinte du vertige

Faisant trembler les rails et crisser leur entrain

À se tordre les mains en fébriles voltiges.

 

 

Adieu « Roue diabolique » et bonjour Charleston,

Croisant bras et genoux Valentine découvre

Ses mollets agités, ses cheveux qui détonnent,

Sa robe de jersey trop fendue qui s’entrouvre.

 

 

Puis les lampions du bal allongent un tango

Palpitant en garçonne en longues cigarettes,

Chavirant des gitanes sur du fandango,

Donnant aux amoureux des volutes secrètes.

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Novembre 2019

 

à suivre.jpg

 

 

 


03/01/2020
13 Poster un commentaire

Crèche

 

IMG_6220

 

 

Tino Rossi : " Douce nuit "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques), Lexique Saison 6 Episode 6 Crèche

 

INFORMATIONS & DOCUMENTS ORIGINAUX UNIQUES

"SOMMAIRE"  et  "REPÈRES CHRONOLOGIQUES"    Il suffit de cliquer dans les liens de ce bandeau ou dans l'onglet LA ROMANCE DE LAURINE du bandeau vertical droite, puis dans le sous-onglet correspondant.

 

 

 

 

 

En cette veillée de Noël, Laurine a invité les malheureux de la Butte au souper faisant suite à la messe de minuit

(poème "Crèche" ci-dessous).

 

 

 

 

Mais dans un poème annexé à celui-ci en forme de cadeau

(Sonnet "Amour" publié parallèlement)

Nathan lui fait la surprise d'y convier

des petits ramoneurs venus avec lui de Savoie...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Crèche

 

 

 

 

 

La bourrasque de neige engloutit le regard

De l’œil en soupirail perché sur la ruelle

En la nuit de Noël où la joie sans égards

Déborde de bonté remplissant les écuelles.

 

 

Laurine a fort à faire en distribuant le pain

Aux mendiants regroupés près d’un antique poêle.

Aidée par Valentine en repoussant la faim

Elles donnent l’espoir à ceux privés d’étoile.

 

 

Leur logis décoré de branches de sapin,

Respire avec le four de ces pommes qu’étonne

Le pin comme les houx tressés sur des grappins

Tandis que des bougies percent la rue piétonne.

 

 

La table a revêtu parure de Jacquard

Perlant d’argenterie les bougeoirs de cristal

Dressant la porcelaine en fugue du placard

Et chauffant le nectar posé sur piédestal.

 

 

La dinde est parfumée de châtaignes des bois,

Le velouté détient la tiédeur des morilles,

Les pâtés de gibier s’affolent aux abois

Quand truites et boudins s’amendent qu’on les grille.

 

 

Laurine a décidé d’inviter à Noël

Des pauvres de la Butte et leurs enfants d’errance

Mais avant la veillée ses voisins qui la hèlent,

La serrent d’affection soudant leur espérance.

 

 

S’en venant du Queyras, cousin de Nicolas,

Nathan le menuisier a mis dans les chaussettes

Des jouets de bois sculptés, carrés de chocolat,

Pain d’épices divin colorant les fossettes.

 

 

Puis les voilà montant en prière de nuit

Sur la Butte enlacée dans l’amour qu’une crèche

A serti d’un enfant qui n’attend que minuit

Pour bénir l’amitié des braves gens sans brèche.

 

 

Jamais la basilique n’a chanté si fort

Quand l’orgue a déployé sa fastueuse chorale

Mêlant de même voix le chœur des sans-confort

À celui des nantis pardonnés en morale.

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Décembre 2019

 

à suivre.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


24/12/2019
12 Poster un commentaire

Amour (sonnet)

 

large

 

Musique traditionnelle " Le rigaudon du petit ramoneur "

 

 

 

 

 

 

 

 

Sonnet offert en supplément de " Crèche "

pour la veillée de Noël 1920

 

 

 

 

 

 

 

Amour

 

 

 

 

Comme des compagnons de chaîne

Ils ont rejoint le Cœur-de-pain,

Leurs joues s’offrant d'un noir poupin

À la joie que Laurine enchaîne.

 

 

Se réchauffant de son bonheur,

Lui ont offert en gratitude

L’abandon de leur solitude

Chantant en petits ramoneurs.

 

 

Jolie surprise de Nathan

Que ces enfants qui, se hâtant,

Ont rapporté de leurs montagnes

 

 

Santons de bois et figurines

Comblant la crèche de Laurine

En la veillée que l’amour gagne.

 

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Décembre 2019

 

 


24/12/2019
10 Poster un commentaire

Étrennes

 

Eugène_Grasset00

7add7a055c0a4f96b8253184a07ad14b

 

 

 

 

" Little Drummer Boy "  by The Cranberry singers

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques),  Lexique Saison 6 Episode 5 Étrennes

 

INFORMATIONS & DOCUMENTS ORIGINAUX UNIQUES

"SOMMAIRE"  et  "REPÈRES CHRONOLOGIQUES"    Il suffit de cliquer dans les liens de ce bandeau ou dans l'onglet LA ROMANCE DE LAURINE du bandeau vertical droite, puis dans le sous-onglet correspondant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Étrennes

 

 

 

 

Approchant de Noël, la Place de Clichy

S’est mise au diapason d’allumer des étoiles

Dans les yeux des enfants dégustant de Vichy

Pastilles et bonbons, réglisses dans leur toile.

 

 

Le fameux magasin dominant cet endroit

Présente en ses rayons des soieries orientales

Pour les mamans comblées suivies d’enfants adroits

Les détournant d’instinct, supplice de Tantale.

 

 

Les vitrines de jouets luisent comme un miroir

Où les gamins envieux des joutes barbaresques

S’attaquent aux croisés rangés dans des tiroirs

Entre deux cimeterres de contrées mauresques.

 

 

Laurine s’en amuse éprise de la joie

Couvrant les Boulevards ceinturés de guirlandes

Et de somptueux sapins suggérant aux bourgeois

De troquer leur manteau contre rouge houppelande.

 

 

Elle chine en songeant aux cadeaux de l’an neuf

Casquette à Nicolas, pour Manuel, plus fouineuse,

Coffret pour Valentine en savons fins à l’œuf,

Une montre à José d’inspiration ruineuse.

 

 

Soudain son attention lui porte un coup fatal :

Une robe incroyable imprimée d’élégance

Trône auprès d’un berceau comme un signe natal

De Poiret et Dufy, géniteurs qui se lancent.

 

 

Se ravisant bien sage elle songe aux tissus

De ce Marché Saint-Pierre où sa vie de misère

Bascula de l’hiver au printemps pour issue

Quand alors des flocons voltigeant l’irisèrent.

 

 

Et dans leur atelier, « ses enfants » les sculpteurs

S’échinent à graver dans la pierre bougresse

Les traits de leur tutrice à l’amour enchanteur

Coiffant l’âme du buste en de douces caresses.

 

 

Fascinante gestuelle aux maillets crépitant

Donnant à leur affaire une frénésie folle

Entamant leur besogne en baisers palpitants,

Enfiévrant leur présent de gestes qui s’affolent.

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Novembre 2019

 

à suivre.jpg

 

 

 

 


10/12/2019
12 Poster un commentaire

Commune

 

876429a4df6d69a6e8754c8ee22cdb23ob_b5fce9_mere-catherine-carte-6

 

 

 

Hymne officiel de la Commune libre du vieux Montmartre :

"Monte là-dessus, tu verras Montmartre"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques), Lexique Saison 6 Episode 4 Commune

 

INFORMATIONS & DOCUMENTS ORIGINAUX UNIQUES

"SOMMAIRE"  et  "REPÈRES CHRONOLOGIQUES"    Il suffit de cliquer dans les liens de ce bandeau ou dans l'onglet LA ROMANCE DE LAURINE du bandeau vertical droite, puis dans le sous-onglet correspondant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commune

 

 

 

 

Laurine n’en peut mais ! Depuis qu’il est rentré,

Manuel est l’abonné de ces bistrots en fête

Des filles suspendues à leur boa centré,

Tétant de son vermouth en lui tournant la tête.

 

 

C’est qu’il a retrouvé ses ignobles fêtards,

Les anars malappris, cubistes peu fragiles,

Dadaïstes de Tzara , Frédé sans ses têtards,

Jacob et Picasso, Suzanne trop agile…

 

 

La bande est réunie, peuplant d’estaminets

Les toiles d’Utrillo, Cocteau sans ambulance,

Compères chansonniers, Poulbot sans ses minets,

Et Jules Depaquit, brillant de pétulance !

 

 

Les dames à leur bras, c’est un autre chemin,

Pavé de liberté, libérant la Commune

De la Butte surprise en son fier parchemin,

Que ces messieurs arpentent trinquant à la lune.

 

 

Et le pire voyez, c’est qu’il vient d’entraîner

Valentine au balcon de la docte bâtisse

Qui se prête officielle au succès étrenné

De cette République à la mairie factice.

 

 

On la porte en triomphe aux vignes de Bacchus

On s’enivre des rires sculptant le vignoble

De la Butte mettant en perce le blocus

Des festins ravivés privés d’eau trop ignoble.

 

 

Et le bal des Quat’z’Arts déboule au son du jazz

Sur la place du Tertre en grisant Valentine

Embrassant Nicolas, se moquant que l’on jase,

Goûtant à pleine peau son suc de clémentines.

 

 

Ah ces affreux païens mimant les carabins

 Escaladant la vigne en quête d’effeuillage,

Bousculant les lampions du mobilier urbain,

Chassant les bien-pensants dans l’ombre des feuillages !

 

 

Il s’en fallut d’un rien que la Butte en décor

Vibre d’élans grivois restant dans les annales,

Soufflant au son du cor en culbutant les corps,

Mais le Massier stoppa l’appel des bacchanales.

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Octobre 2019

 

à suivre.jpg

 

 

 

 

 


28/11/2019
14 Poster un commentaire

Madeleines

 

Madeleines-de-Commercy-04-©-French-Moments

 

 

 

Frédéric Chopin " Fantaisie-impromptu in C"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques), Lexique Saison 6 Episode 3 Madeleines

 

INFORMATIONS & DOCUMENTS ORIGINAUX UNIQUES

"SOMMAIRE"  et  "REPÈRES CHRONOLOGIQUES"    Il suffit de cliquer dans les liens de ce bandeau ou dans l'onglet LA ROMANCE DE LAURINE du bandeau vertical droite, puis dans le sous-onglet correspondant.

 

 

 

 

 

 

 

 

Madeleines

 

 

 

 

 

Sucrée de gourmandise, enivrée d’oranger,

Valentine frissonne au goût des madeleines ;

En robes rainurées, disposées en rangées

Par Laurine ouvrageant boîtes de porcelaine.

 

 

Après tant de chagrins, Auguste étant parti,

Après trop de dégoût pour cette guerre horrible,

Après les privations, les portions imparties,

Il est temps d’oublier cette époque terrible.

 

 

La Maison Cœur-de-pain, recevant Nicolas,

S’habille du destin rapprochant Valentine

Aux promesses soufflées quand son cœur le frôla

Dans cette malouinière aux saveurs d’églantines.

 

 

Qu’il est bon de les voir naviguer amoureux

Laissant flotter au vent l’espoir en sa grand-voile

Bordée de sentiments aux parfums savoureux

Ambrés de madeleines que le four dévoile !

 

 

Et le printemps renaît d’étourdissants lilas,

Sculptant de poésie leurs rencontres galantes,

Embaumant de passion l’amour que distilla

Le philtre de Montmartre à jeunesse insolente.

 

 

Laurine est agitée, guettant son ami Proust,

Lauréat du Goncourt, dédicaçant son livre,

À l’abri du scandale en son Salon sans rouste

De ces conservateurs perclus de rancœur ivre.

 

 

Les mégères toujours, ont regagné la rue,

Postées aux jalousies, perchées dans les feuillages

Se demandant pourquoi les pucelles ont cru

Qu’à l’ombre d’un roman fleurirait l’effeuillage.

 

 

Valentine succombe à ces feuillets bavards

Déclinant en passion l’époque des délices,

Venant la renforcer de n’être point avare

En fusion des talents brassés par une hélice.

 

 

Et ce n’est point du thé que l’on sert au Salon,

Mais breuvage des dieux laissant leur part aux anges

Afin de respirer, libres comme un ballon,

La liberté d’aimer en ignorant la fange.

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Septembre 2019

 

à suivre.jpg

 


19/11/2019
16 Poster un commentaire

L'escapade

 

_DSC0592

 

 

 

Claude Debussy " La mer - jeux de vagues "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rappel, n'oubliez-pas de visiter les rubriques :  "LEXIQUE" (qui donne des précisions indispensables de vocabulaire, sites et dates historiques),   Lexique Saison 6 Episode 2 L'escapade

 

INFORMATIONS & DOCUMENTS ORIGINAUX UNIQUES

"SOMMAIRE"  et  "REPÈRES CHRONOLOGIQUES"    Il suffit de cliquer dans les liens de ce bandeau ou dans l'onglet LA ROMANCE DE LAURINE du bandeau vertical droite, puis dans le sous-onglet correspondant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’escapade

 

 

 

 

 

Elle revoit la mer, l’Océan sans tourments,

Ses plages de galets, de goémon, les mouettes

Chavirant sur la grève en battements gourmands,

 Et la menthe des flots qui s’élance et la fouette…

 

 

Laurine accoste enfin Paramé, Saint-Servan,

Ne regrettant la Butte en cet été frivole,

Oubliant de juillet son défilé fervent,

Puis rejoignant Alice, une Anglaise un peu folle.

 

 

Sa villa de granit a des airs de fortin

Canalisant les vents en sons de cornemuse,

Surplombant l’émeraude au doigt d’un libertin

Noyé devant sa proue, rejeté par sa muse.

 

 

Elle a laissé José, mais partage ses bains

Immergeant Valentine ivre de découvertes,

Tonifiant aux embruns leur maintien trop urbain,

Buvant avec Alice de l’absinthe verte.

 

 

Le soir, leur vie s’enflamme en ardents cinémas

Ponctués des sanglots muets, romans de jeunes filles,

Conquises par Surcouf, corsaire qui n’aima

Que l’écran des trésors fleurissant les Antilles.

 

 

Puis au matin mutin chevauchant Saint-Malo,

Les dunes prolongeant la digue-promenade,

Elles oublient l’écho des armées au galop

Ayant martyrisé l’amour, de leurs grenades.

 

 

Une famille en pleurs a perdu six enfants,

Les frères Ruellan dans le sort que reflète

Le destin de la France exsangue qui se fend

De changer d’horizon en découvrant Colette.

 

 

La mer de Debussy qui vit frémir Ravel

Emporte les récifs d’un baiser langoureux,

Changeant de partition, bordant sa caravelle

Au sillage des chats, en accords savoureux.

 

 

C’est une malouinière enfouissant un secret

Qui livre à Valentine un émoi qui la trouble

Apercevant un homme aux gestes fort discrets

Retaillant un balustre en art qui se dédouble.

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Septembre 2019

 

à suivre.jpg

 

 


09/11/2019
13 Poster un commentaire