La palette de Pierre

La palette de Pierre

LEXIQUE Laurine


Petit Lexique

 

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Petit lexique simplifié

 

facilitant la lecture de certains poèmes

contant les aventures de

LAURINE

 

*   *  *

 

 

 

 

 

 

 

Ce petit lexique est actualisé au fur et à mesure de la mise en ligne des poèmes intégrant la " Romance de Laurine ".

Il vise simplement à donner quelques précisions historiques et, ou anecdotiques sur des sites, des mots ou des concepts mentionnés dans ces poésies, lorsque c'est utile.

 

N.B : Chaque "mot" est suivi du poème correspondant, indiqué dans l'ordre de sa parution (entre parenthèses) par saison.

 

Les informations ainsi transmises ont été relevées dans différents ouvrages encyclopédiques, dictionnaires, livres d'histoire, dépliants touristiques, journaux ainsi que sur Internet dont Wikipedia, mais rédigées sous ma plume, n'engageant aucun auteur. Les illustrations sont selon le cas miennes ou empruntées à la " BnF  Bibliothèque nationale de France ", ou reprises sur Internet, à titre de seule information à caractère non commercial.

 

 

 

 

 

 

 

Saison 1, Episode 1, BRASIER

 

 

- MARCHÉ SAINT-PIERRE (Brasier)

 

 

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Véritable "paradis des couturières" situé à Paris (18è) au pied de la Butte Montmartre, il rassemble de nombreux commerces spécialisés dans les tissus. Certains d'entre-eux comme "Reine", "Moline" ou "Dreyfus" comptent parmi les plus réputés depuis largement plus d'un siècle.

 

 

Saison 1, Episodes 2 & 3 : Pas de mots au lexique

 

 

 

 

Saison 1, Episode 4, MATELOT

 

 

- CLOS MONTMARTRE (Matelot)

 

 

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Des vignobles existaient à Montmartre depuis le Xe siècle ! Le "Clos Montmartre" est plus récent (1933) et appartient à la ville de Paris. Ses bouteilles de vin rouge rustique sont rares (un millier de flacons de 50cl pour 2000 pieds sur 0,15 ha) et le bénéfice de leur vente après la fête des vendanges va intégralement à l'association du comité des fêtes et d'action sociale du 18e arrdt.

 

 

 

 

Saison 1, Episodes 5, 6 & 7 : Pas de mots au lexique

 

 

 

 

 

Saison 2, Episode 1, COMPAGNONS

 

- LA BASILIQUE & LES COMPAGNONS DU DEVOIR (Compagnons)

 

 

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La basilique du Sacré-Coeur de Montmartre fut érigée "pour expier les crimes de la Commune" entre 1875 et 1914 (consacrée en 1919) et officiellement achevée en 1923. Le choix de la Butte Montmartre n'était pas le fruit du hasard puisque c'est de là qu'est partie l'insurrection de la Commune de Paris... Elle a été financée par une souscription nationale (le "Chantier National" dans mon poème). Sa pierre blanche provenant de Souppes-sur-Loing (77) a cette propriété incroyable d'être systématiquement blanchie au contact de la pluie, car elle secrète sous cette action du calcin. 

 

Les Compagnons du devoir et du Tour de France dont les tâcherons étaient apprentis, ont largement contribué à sa construction en tant que maçons, charpentiers, carriers et tailleurs de pierre. Leurs outils principaux se composaient du marteau muni de dents à grain d'orge, du têtu et de la polka (voir mon poème). Visiter le Musée du Compagnonnage de Tour disposant de collections exceptionnelles.

 

 

 

 

 

 Saison 2, Episode 2, PASTORALE

 

 

 

- SAINT-PIERRE DE MONTMARTRE

& SAINT-JEAN DE MONTMARTRE (Pastorale)

 

1/ Saint-Pierre :

 

 

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Construite bien avant, mais juste à côté du Sacré-Coeur, l'église Saint-Pierre de Montmartre (2 rue du Mont-Cenis) représente depuis la Révolution française, avec celle de Saint-Germain des près, la plus ancienne église paroissiale catholique de Paris, succédant à une basilique mérovingienne dédiée à Saint-Denis !

 

Quatre colonnes de marbre bien abimées demeurent encore et constituent les derniers vestiges du temple à Mercure (romain) datant donc de plus de 1800 ans !

 

 

Mais l'église a souffert à maintes reprises, menaçant à chaque fois de s'écrouler (guerre de cent ans, Révolution, XIXe siècle). La Révolution ne l'a d'ailleurs pas ménagée puisqu'elle a été profanée, pillée avec des parties vendues aux enchères, sa dernière Abbesse Louise de Laval guillotinée, son cimetière du Calvaire saccagé, puis transformée en "Temple de la raison" sous la Terreur.

Réquisitionnée par les troupes russes sous l'invasion de Paris à la chute de l'Empire pour devenir un magasin à vivres avec des fours à pain (!), elle subit une troisième profanation sous la Commune servant alors de dépôt de munitions et d'atelier de confection de vêtements.

En 1890, son choeur menace de s'effondrer et la construction de Saint-Jean de Montmartre située au pied de la Butte est décidée. 

Un pan de mur s'écroulant, elle est fermée "définitivement" par mesure de sécurité. Mais avec le soutien de nombreuses personnalités en 1897, elle n'est pas démolie, et même restaurée de 1900 à 1905 avec un nouveau curé en 1908, puis classée aux monuments historiques en 1923.

 

 

 

2/ Saint-Jean :

 

 

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Située rue des Abbesses, elle est construite en 1894 et achevée en 1904.

Sa particularité contemporaine audacieuse réside dans l'emploi pour la première fois du béton, du ciment armé et d'un revêtement de briques et de céramique. Malgré la notoriété de son architecte Anatole de Baudot, disciple de Viollet-le-Duc, sa construction influencée par le style "Art nouveau" provoqua une réprobation générale.

 

 

 

 

 

 Saison 2, Episode 3, MAUREEN

 

 

 

- WESTPORT, MURETS de la Grande Famine (Maureen)

 

 

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1/ La ville de Westport (5000 hab), située en Irlande dans le Comté du Mayo, offre un charme authentique dans l'une des plus belles régions de la côte ouest disposant de sites touristiques réputés : la Clew Bay, le Croagh Patrick (Mont Saint-Patrick), Achill Island et bien entendu le Nord du Connemara (à 60 km). Son petit port de pêche est charmant. 

Jouissant de nombreux pubs (avec la fameuse Guiness, mais pas seulement...) dans lesquels se produisent des groupes et chanteurs réputés, dont le Matt Molloy’s, Pub légendaire appartenant à Matt Molloy, l’un des membres des Chieftains.

 

 

 

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 Toile que j'ai réalisée à partir de la Côte Ouest...

 

 

 

2/ Les murets de pierre jalonnent et traversent littéralement toute cette région.

Certes, ils permettent de retirer les pierres des champs et des prés pour faciliter les pâturages et le drainage des sols comme on en voit un peu partout, mais, ils ont surtout été dressés par des malheureux mourant de faim durant et après la " Grande Famine " (1845/1848), " occupés " de la sorte comme des forçats sous le joug des troupes britanniques.

Certains murets gravissent quasiment à la verticale les pentes du Mont Saint-Patrick. On imagine la peine des pauvres hères mourant de faim, en haillons et pieds nus, femmes et enfants principalement, les hommes étant déportés... La Grande Famine survint à la suite de la prolifération du mildiou qui détruisit les tubercules et récoltes de pommes de terre (aliment essentiel à cette époque) faisant près d'un million de morts et contraignant près de deux millions d'Irlandais à émigrer aux États-Unis. Les Britanniques ont tenté de profiter de la situation en expulsant de leurs terres les familles devenues par la famine, incapables de payer l'impôt, mesures ayant particulièrement scandalisé les Irlando-Américains et fait de l'Amérique une terre d'accueil.

 

 

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Toile dans laquelle j'ai représenté ces murets...

 

 

 

 

 

- TOURNURE (Maureen)

 

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La tournure était un vêtement de "dessous" entre 1869 et 1890 très en vogue à l'époque, ayant remplacé la crinoline trop rigide, et servant à soutenir à l'arrière (uniquement) les jupons, jupe ou robe. De nombreux peintres l'ont immortalisée (voir ci-après la toile d'auguste Renoir "Danse à la ville") : 

 

 

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Saison 2, Episode 4, LA TOUR

 

 

 

- TOUR EIFFEL (La Tour & L'ascension))

 

 

1/ Sa couleur (La Tour)

 

 

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Construite théoriquement de façon provisoire comme pièce maîtresse de l'exposition universelle de Paris en 1889 (centenaire de la Révolution Française), devant être démontée après... 

Ses travaux ont débuté le 28 janvier 1887 pour s'achever en un temps record de 2 ans, 2 mois et 5 jours, le 31 mars 1889 !

 

La Tour Eiffel a connu plusieurs couleurs depuis son origine.

Il ne lui faut pas moins de 60 tonnes de peinture, sachant qu'elle a été repeinte 18 fois !

 

Elle a 3 couleurs distinctes, dans les mêmes teintes. La plus sombre est appliquée près du sol, la plus claire recouvre les parties les plus hautes. C'est fait ainsi pour limiter l'impact visuel de la tour dans le ciel parisien. Peinte tout d'abord en rouge Venise (1887/88) -laque de garance dans mon poème-  puis en brun/rouge (1889), 5 couleurs dégradées du jaune orange à la base au jaune clair au sommet (1899), jaune brun (1907 à 1947), rouge brun (1954/1961) puis "brun tour Eiffel" (1968 à aujourd'hui), elle est dégradée en trois tons, du plus foncé en bas au plus clair en haut.

 

 

 

 

 

Saison 2, Episode 5, L'ASCENSION

 

 

 

2/ Ses restaurants (L'ascension)

 

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Ses restaurants/bars se comptaient au nombre de quatre (1889) implantés au 1er étage.

Ils étaient alimentés par des cuisines situées avec leurs "caves" à environ 55 m au dessus du sol. Le tout, fonctionnant à l'électricité et la vapeur d'eau plus du gaz utilisé uniquement pour l'éclairage.

 

On disposait donc d'un restaurant russe (voir mon poème), d'un restaurant français tenu par M. Brébant avec salons particuliers, d'un bar anglo-américain et d'un bar flamand. De quoi régaler les visiteurs de l'exposition universelle de Paris 1889 !

 

 

3/ Rivets (L'ascension)

 

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Il fallait 4 hommes pour poser des rivets chauffés à blanc grâce à une forge mobile (rivets : pièces de métal forgé reliant entre-elles deux pièces ou plaques également en métal, comme c'est le cas par exemple sur les navires) : un pour les chauffer, un pour les tenir en place, un pour former leur tête, et un dernier pour achever l'écrasement à coups de masse. À noter que tous les trous devant accueillir ensuite les rivets étaient pré-percés auparavant, ce qui a réduit les bruits de perçage et d'usinage sur place.

 

Les assemblages sont d'abord réalisés sur place par des boulons provisoires, remplacés au fur et à mesure par des rivets posés à chaud.
En se refroidissant, ils se contractent, ce qui assure le serrage des pièces les unes avec les autres. La tour comptait pas moins de  2 500 000 rivets !

 

 

 

4/ Ses critiques ! ("débat" dans l'ascension)

 

Caricature de Gustave Eiffel par Luque Manuel 1854.jpg

 

 

La Tour Eiffel a fait l'objet de campagnes de dénigrement, d'affrontements voire de calomnies d'une violence inouïe, avant même sa construction.

Le Monde des Arts & Lettres n'a pas manqué à l'appel de ses détracteurs puisqu'on y compte de grands noms : Charles Gounod, Guy de Maupassant, Alexandre Dumas fils, François Coppée, Leconte de Lisle, Sully Prudhomme, William Bouguereau, Ernest Meissonier, Victorien Sardou, Charles Garnier et bien d'autres...

 

Certains n'ont pas manqué d'adjectifs :  

 

"ce lampadaire véritablement tragique" (Léon Bloy),  "ce squelette de beffroi" (Paul Verlaine),  "ce mât de fer aux durs agrès, inachevé, confus, difforme" (François Coppée), "cette haute et maigre pyramide d'échelles de fer, squelette disgracieux et géant, dont la base semble faite pour porter un formidable monument de Cyclopes, et qui avorte en un ridicule et mince profil de cheminée d'usine" (Maupassant), "un tuyau d'usine en construction, une carcasse qui attend d'être remplie par des pierres de taille ou des briques, ce grillage infundibuliforme, ce suppositoire criblé de trous" (Joris-Karl Huysmans), etc.

 

 

D'ailleurs, une "pétition" (déjà...) nommée en 1887 " Protestation contre la Tour de M. Eiffel" écrivait entre autre :

 

 

" Nous venons, écrivains, peintres, sculpteurs, architectes, amateurs passionnés de la beauté jusqu'ici intacte de Paris, protester de toutes nos forces, de toute notre indignation, au nom du goût français méconnu, au nom de l'art et de l'histoire français menacés, contre l'érection, en plein cœur de notre capitale, de l'inutile et monstrueuse tour Eiffel, que la malignité publique, souvent empreinte de bon sens et d'esprit de justice, a déjà baptisée du nom de tour de Babel. (...)  La ville de Paris va-t-elle donc s'associer plus longtemps aux baroques, aux mercantiles imaginations d'un constructeur de machines, pour s'enlaidir irréparablement et se déshonorer ? (...). Il suffit d'ailleurs, pour se rendre compte de ce que nous avançons, de se figurer un instant une tour vertigineusement ridicule, dominant Paris, ainsi qu'une noire et gigantesque cheminée d'usine, écrasant de sa masse barbare (...) tous nos monuments humiliés, toutes nos architectures rapetissées, qui disparaîtront dans ce rêve stupéfiant. Et, pendant vingt ans, nous verrons s'allonger sur la ville entière, frémissante encore du génie de tant de siècles, nous verrons s'allonger comme une tache d'encre l'ombre odieuse de l'odieuse colonne de tôle boulonnée".

 

 

" Protestation " à laquelle Gustave Eiffel ne manqua pas de répondre :

 

"Je crois, pour ma part, que la Tour aura sa beauté propre. Parce que nous sommes des ingénieurs, croit-on donc que la beauté ne nous préoccupe pas dans nos constructions et qu'en même temps que nous faisons solide et durable, nous ne nous efforçons pas de faire élégant ? Est-ce que les véritables conditions de la force ne sont pas toujours conformes aux conditions secrètes de l'harmonie ? (...) Or de quelle condition ai-je eu, avant tout, à tenir compte dans la Tour ? De la résistance au vent. Eh bien ! Je prétends que les courbes des quatre arêtes du monument, tel que le calcul les a fournies donneront une grande impression de force et de beauté ; car elles traduiront aux yeux la hardiesse de la conception dans son ensemble, de même que les nombreux vides ménagés dans les éléments mêmes de la construction accuseront fortement le constant souci de ne pas livrer inutilement aux violences des ouragans des surfaces dangereuses pour la stabilité de l'édifice. Il y a, du reste, dans le colossal une attraction, un charme propre, auxquelles les théories d'art ordinaires ne sont guère applicables".

 

 

À titre personnel, il me semble que la prudence s'impose quant à condamner trop vite ces propos.

 

 

Ne sommes-nous pas nous-mêmes souvent confrontés à des situations analogues quand le progrès ou l'Art moderne frappe à notre porte ?

Je me souviens avoir été très réticent lorsqu'en passant un matin de 1975 devant le plateau Beaubourg je découvris d'horribles tuyaux fendant l'air dans des obliques colorées affreuses. C'était du moins mon avis en passant devant ce qui devait devenir le Centre Pompidou...

 

 

 

 

 

Saison 2, Episode 6, LE MAQUIS

 

 

 

- LE MAQUIS dont la fontaine et la tour du philosophe (Le maquis)

 

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Le maquis de Montmartre par Utrillo

 


Entre le début du XIXe et du XXe siècles, se situait le maquis de Montmartre à l'emplacement des actuelles rues Lepic, Girardon et Caulaincourt.

C'était un vaste terrain vague ayant remplacé les champs et terrains vagues de la butte dont des moulins détruits, tout comme l'emplacement des canons pris par la Commune.

L'actuelle avenue Junot a recouvert cet ancien enchevêtrement de cabanes ressemblant à un bidonville misérable bien que fleuri et relativement champêtre à l'époque. La spéculation immobilière en vint à bout à partir de 1902. Et dire que les luxueuses villas d'aujourd'hui dont le prix au m2 est l'un des plus chers de Paris, n'étaient que des masures de misère hier...

 

 

Sa population misérable constituée de personnes ne pouvant payer de loyers se composait également d'anciens riches désargentés (comme ces deux gentlemen britanniques apprenant le badminton aux enfants !) ou d'originaux (comme le "philosophe" se prenant pour Diogène, ayant édifié sa "tour").

Artistes et peintres séjournant à proximité (Auguste et Jean Renoir au "Château des brouillards") s'en sont maintes fois inspirés : - Berlioz, Poulbot, Isadora Duncan (qui emmenait ses élèves répéter en petite tenue grecque à "la plage"...), le fameux baron Pigeard (qui fonda l'Union Maritime de la Butte Montmartre (!) et apprenant aux enfants à nager sur "la plage" donc sur un tabouret... et qui reçu aussi Modigliani ou Max Jacob, sans oublier Van Gogh et bien entendu Utrillo.

 

 

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La tour du philosophe

 

Quant à la fontaine miraculeuse, la légende conte que Saint-Denis décapité et sa tête sous le bras, s'y serait arrêté pour la laver. Cette fontaine (Square Suzanne Buisson, impasse Girardon) jouissait également de vertus curieuses fort courues des maris jaloux puisqu'elle rendait les femmes fidèles...

 

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La fontaine miraculeuse

 

 

 

- SAINT-PATRICK (Le maquis)

 

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Saint-Patrick devant le Mont St-Patrick

 

Saint-Patrick qui, sur ordre du pape tenta d'évangéliser les irlandais en 411, pour les délivrer de leurs errances druidiques, donna son nom au Mont Saint-Patrick qui culmine à 764m en Irlande, est le saint patron des irlandais dont la fête se tient tous les ans à la date anniversaire de sa mort, le 17 mars (461).

 

 

 

 

 

Saison 2, Episode 7, BÂTARD

 

 

 

- FOUR À BOIS OU À CHARBON (Bâtard)

 

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Avant toute chose, je vous recommande l'excellent livre d' Antoine PARMENTIER (Oui, celui de la pomme de terre ! ) sur la façon du pain, publié en 1777. 

Vous le trouverez sur la Bibliothèque Nationale de France en téléchargement sur le site de GALLICA =>    ICI

La cuisson du pain est expliquée de la page 56 à 60.

 

Si la cuisson traditionnelle du pain se faisait au feu de bois (voir mon poème Bâtard), celle au charbon rencontra très rapidement un vif succès chez les boulangers.

En effet, le bois nécessitait des brindilles ou fagots de ronces ou  des sarments de vigne pour l'allumer ainsi que de la charbonnette (bois de 5cm de diamètre) puis du bois très sec de chêne, charme, hêtre ou de frêne (brûlant lentement). Il faut compter 3 heures de chauffe et 1/4 de stère environ pour un four d'un mètre de diamètre chauffé à 300°

 

Mais le charbon, bien plus pratique et rapide que le bois, est apparu simultanément à l'essor des grandes boulangeries industrielles à la fin du 19ème siècle. Ces fabriques utilisaient des fours bien plus grands, chauffés au charbon ou au moyen de tuyaux à vapeur. En fait, afin de limiter les gaz nocifs, le pain était cuit dans un espace distinct, donc en "chauffage indirect" par l'intermédiaire d'air chaud dispensé ou d'eau chaude. La cuisson pouvait dès lors se faire sans interruption offrant un gain de temps considérable pour une plus faible utilisation de combustible.

 

Juste une anecdote pour finir. Qui inventa la baguette ? Napoléon 1er ou plutôt ses boulangers de campagne militaire ! Car plus pratique à transporter dans les poches des basques à l'arrière de l'habit des soldats plutôt que dans leur gibecière comme cela se faisait pour les galettes de pain rondes...

 

 

 

 

 

 Saison 2, Episode 8, L'EXPOSITION

 

 

 

- OMNIBUS (L'exposition)

 

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À cette époque, il existait déjà plus de dix lignes régulières d'omnibus composés de "voitures" tirées à cheval.  Mais la concurrence était sévère et sans correspondance d'une ligne à l'autre. Il fallut attendre les bouleversements opérés par le Baron Haussman soucieux de la fluidité de la circulation dans Paris (déjà...) lors de l'exposition universelle de 1855 (pas celle de mon poème datant de 1889) pour les fusionner en un monopole confié à La Compagnie Générale des Omnibus (C.G.O.). Cela représentait par exemple en 1860 : 25 lignes de 503 omnibus tractés par 6700 chevaux !

 

En 1889 (Laurine, Maureen et José dans mon poème en empruntent un) furent mis en place de lourds omnibus à impériale de 40 places avec plateforme arrière et accès supérieur par un escalier hélicoïdal, tractés par 3 chevaux.

 

 

 

 

 

 

- EXPOSITION UNIVERSELLE :  (L'Exposition)

 

 

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Se tenant à Paris du 5 mai au 3 octobre 1889 pour le centenaire de la Révolution française, cette dixième (!) exposition avait pour pièce maîtresse la Tour Eiffel. Se répartissant sur 50 hectares, elle s'enorgueillissait également du fameux bâtiment abritant la "Galerie des Machines". 

 

 

 

Extrait de l'historique de l'exposition : 

 

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- Inauguration le 5 mai par le Président Carnot
- Durée: du 6 mai au 31 octobre 1889 (180 jours) 
- Situation géographique: le Champ de Mars, l'Esplanade des Invalides, la Colline de Chaillot et les rives de la Seine 
- Superficie: 96 hectares, dont 60 réservés aux bâtiments 
- Emblèmes: la Tour Eiffel, le Hall des machines  
- Exposants: 61.722, dont 33.937 français 
- Pavillons: Trois pavillons français, 24 pavillons thématiques, 18 pavillons coloniaux, 35 pavillons nationaux, 30 pavillons privés 
- Visiteurs: 32.250.000 
- Prix d'entrée: un Franc 
- Dépenses: 41.500.000 Francs 
- Recettes: 49.500.000 Francs 
- Bénéfices: 8.000.000 Francs 
- Classification: 9 groupes et 83 catégories 
- Prix décernés: 33.889, dont 953 Grands Prix

 

 

 

1/Deux Ponts roulants à vapeur desservaient les différents niveaux de la Galerie des Machines qui mesurait plus de 400 m. Ils opéraient parallèlement, parcourant cette galerie sur une longueur de 300 mètres, et emportant chacun de 150 à 200 personnes.

 

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2/Globe terrestre (mars à saturne dans mon poème)Parmi les très nombreux bâtiments comme les attractions, se tenait le long de l'avenue de Suffren un globe terrestre de 40 mètres de circonférence représentant  la terre au millionième avec un diamètre  d'environ 12m 70, en tenant compte de l'aplatissement des pôles.

 

 

 

3/BUFFALO BILL & Annie OAKLEY Eh oui, le célèbre cowboy vint d'Amérique avec sa comparse qui tirait plus vite que son ombre... Il se rendit à cette exposition ainsi qu'à Lyon et Marseille pour présenter son fameux " Wild West Show ".  Annie Oakley s'était rendu célèbre pour ses performances incroyables au tir. à 28 mètres de distance, elle touchait 4472 des 5000 boules de verre lancées en l'air et coupait une carte à jouer en deux par son côté le plus fin ! Un de ses tirs les plus célèbres reste celui qui pouvait enlever les cendres d'une cigarette dans la bouche. Lors d'une tournée en Europe, elle proposa au kaiser guillaume 2 d'Allemagne de tirer sur sa cigarette qu'il tenait dans sa main.

 

 

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4/Chemin de fer Decauville : C'était une attraction vraiment populaire et fort pratique, s'appuyant sur une voie tracée entre le Champ-de-Mars et les Invalides sur une distance de 3 km, traversant deux tunnels (voir mon poème) : celui de la tour Eiffel et celui de l'Alma. Cette ligne provisoire transportait 6 342 446 voyageurs payants. 

 

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5/Bouchon de diamant : présenté dans une vitrine au centre du pavillon de la joaillerie,  un gros bouchon de carafe était en fait un diamant pesant 180 carats (74 de plus que le Kohinoor et 44 de plus que le Régent). 

 

 

 

 

 

 Saison 2, Episode 9, MANUEL

 

 

- MALAGA, PABLO, PABLITO, DONA MARIA... PICASSO (Manuel)

 

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Pablo, Diego, José, Francisco, de Paula, Juan, Nepomuceno, María de los Remedio,s Cipriano de la Santísima Trinidad Mártir, Patricio, Ruiz y Picasso... Tel était le nom complet de Picasso. 

"Pablito" (que j'utilise dans mon poème) était le prénom donné à son petit fils né en 1948.

 

Né en 1881 à Malaga en Andalousie (voir mon poème), il tient en fait son nom de sa mère (Dona Maria Picasso Lopez, fille de vigneron), son père s'appelant José Ruiz y Blasco (professeur de peinture ).

Dans mon poème, je le fais venir à Paris à l'âge de huit ans (sa 1ère huile sur toile), ce qui est une fiction. Mais il habitera Montmartre - avant  de s'établir dans différents ateliers parisiens -  dans la fameuse cité des crève-la-faim " le Bateau-lavoir " à partir de 1904 où il fait la connaissance de Guillaume Apollinaire, d'André Salmon, d'Amedeo Modigliani, entre autres...

 

3 de ses premières toiles...

 

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"Le Picador" 8 ans

 

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"Autoportrait" 15 ans

 

 

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Dona Maria (sa mère) 15 ans


 

 

 

 

Saison 3, Episode 1, LE PEINTRE

 

 

 - FARDS, Pierre-AUGUSTE RENOIR (Le Peintre)

 

  

 

1/ FARDS : La mode de la fin du XIXè siècle voulait que les femmes aient le teint diaphane, presque transparent, de blancheur pâle avec des yeux soulignés de noir charbon ou de bleu foncé leur donnant ainsi un air fantomatique blafard. L'idéal de la beauté féminine consistait à avoir l'air mourant.

Le théâtre (des grands boulevards) a largement relayé cette vision de son temps parfaitement bien servie par les fards gras, puis secs créés par le comédien Joseph-Albert Ponsin, présentés dans de jolies boîtes rondes colorées. Plus tard, il lance la très célèbre poudre de riz de Java pour "éclaircir le teint et velouter la peau". 

Comme c'était d'ailleurs le cas dans l'antiquité (Cléopâtre prenant des bains de lait d'ânesse pour s'éclaircir la peau), les femmes ne devaient en aucun cas avoir le teint rougeaud (synonyme de basse condition) et encore moins bronzé (indiquant un travail de paysans). Le rouge à lèvres en vogue en vogue aussi bien pour les femmes que pour les hommes aux 17è et 18è siècles, ne l'était plus vraiment, bien que Guerlain ait créé en 1880 el premier bâton de rouge à lèvres à base de cire à bougie " Ne m'oubliez pas ". 

 

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2/ Pierre-Auguste RENOIR (1841/1919)  compte parmi nos plus illustres peintres impressionnistes.

 

 

Je ne vais pas ici vous conter sa biographie disponible partout (mais attention aux nombreuses erreurs sur Internet !) mais juste donner un ou deux éléments en rapport avec mes poèmes, donc selon le cas au fur et à mesure. Naturellement, dates et personnages de ma Romance de Laurine, ne correspondent que peu avec la vérité historique, mais s'en approchent du mieux possible.

 

À l'époque de ma romance (commencée en 1889), Renoir est un peintre connu qui a maintes fois exposé, notamment au " Salon " (qui alterne accords ou refus de ses oeuvres) puis avec les impressionnistes à plusieurs reprises (1874, 76, 77, 82), mais qui traverse régulièrement des périodes difficiles, de remous d'influence et bien entendu financiers.

 

Entré en 1862 dans l'atelier de Gleyre où il fréquenta Monet, sisley, Bazille, Pissaro et Cézanne, il se cherche en permanence. C'est un optimiste inconditionnel des portraits et des nus qui peint joyeusement  et d'instinct sans craindre la monotonie répétitive et qui laisse libre court à sa liberté d'expression anti conformiste (comme l'on dirait aujourd'hui).

 

 

Il fréquente souvent Claude Monet, à Bougival (mon poème Brouillards) le rejoignant notamment sur l'île de la Grenouillère (mon poème La Grenouillère) où il s'adonne à la peinture de baigneuses nues sensuelles et voluptueuses en bord de Seine (période " nacrée ").  Son chef d'oeuvre " Le moulin de la Galette " (mon poème "Noce"), figure parmi ses grandes oeuvres de référence. 

Personnellement, j'aime beaucoup le portrait qu'il fit de Mademoiselle Irène Cahen d'Anvers peint en 1880 - en photo ci-dessous -  (qui pourrait tout autant être celui de " ma Laurine toute jeune " mais non pas dans son gourbi misérable...). Voir l'histoire incroyable du devenir de cette toile :  ICI

 

Il s'installe en 1876 dans une ancienne demeure entourée de jardins dominant le vignoble de Montmartre au 12, 14 rue Cortot, (devenant voisin de Jean, Laurine et Maureen dans mes poèmes). Cette résidence est désormais le Musée de Montmartre ayant d'ailleurs accueilli de nombreux artistes dont Émile Bernard, Raoul Dufy, Suzanne Valadon ou Maurice Utrillo. 

Il résidera aussi au château des Brouillards en 1889 au pavillon 6 du 13 rue Girardon (mon poème "Brouillards"). 

Il épousera l'une de ses modèles, Aline Charigot (Maureen dans mes poèmes...), mère d'un de ses enfants, le fameux cinéaste Jean Renoir né au Château des brouillards.

 

 

 

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 Auguste RENOIR - Mademoiselle Irène Cahen d'Anvers

 

 

 

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Auguste RENOIR - Le moulin de la galette

 

 

 

 

 

Saison 3, épisode 2, LA BOMBE

 

 

- RAVACHOL (ANARCHIE), LARIBOISIÈRE (La bombe)

 

1/ François Claudius Koënigstein dit RAVACHOL (1859/1892), surnommé le « Rocambole de l'anarchisme », a défrayé la chronique de l'époque par ses attentats, vols, crimes et assassinats perpétrés au nom de cet idéal relativement récent en France que fut l'anarchisme (Pierre Joseph PROUDHON s'était revendiqué le premier de l'anarchisme en 1840). Il convient cependant de noter que c'est l'affaire de Fourmies (fusillade tragique d'ouvriers grévistes par la troupe en 1891) et ses conséquences de brutalité policière qui accélérèrent son engagement anarchiste contre toute forme de pouvoir. Il utilisa des bombes faites de marmites emplies de mitraille, de clous et de cartouches de dynamite posées contre des représentants et détenteurs du pouvoir afin de le déstabiliser. Par la suite, d'autres anarchistes se rendirent tristement célèbres en France comme à l'étranger par des actes plus ou moins isolés : assassinats du Président de la République Sadi CARNOT à Lyon (1894), d'Élisabeth de Wittelsbach, dite SISSI, épouse de François-Joseph 1er de Habsbourg, d'Humberto 1er roi d'Italie en 1900, du Tsar Alexandre II en 1881, etc.

 

J'ai illustré dans mon poème, cette situation de terrorisme avant l'heure, afin de bien montrer la situation politique fragmentée de l'époque qui n'avait rien à envier à la nôtre, compte tenu de " l'idéal anti étatique et anti clérical " du mouvement anarchiste qui ne frappait d'ailleurs pas que des dirigeants et représentants du pouvoir, mais aussi la foule au hasard.

 

 

 

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2/ Hôpital de LARIBOISIÈRE Cet hôpital entièrement repensé en 1846 et prenant la suite de l'hôpital du Nord (1839), Louis-Philippe (1841), de la République (1848), s'est appelé Lariboisière en 1854. Il se devait selon les voeux de la princesse Élisa de LARIBOISIÈRE (fille du Comte ROY ministre des finances à la Restauration et épouse du Comte de Lariboisière fils du Maréchal d'Empire) d'être le plus beau de Paris, grâce notamment à ses legs. Sa construction avait d'ailleurs été décidée pour combler le manque d'hôpitaux rive droite et suite à l'épidémie de choléra de 1832 ; cet hôpital s'inscrivant dans une volonté de " charité où la philanthropie, où la science et l'art soient développés avec tous les progrès du temps ".

 

 

 

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Saison 3, Episode 3, BROUILLARDS

 

 

- INTOLÉRANCE, LE CHÂTEAU DES BROUILLARDS, FOLIE, FONTAINE DU BUT, BIBI LA PURÉE, (Brouillards)

 

1/ INTOLÉRANCE (vers 8 de Brouillards) permettant d'imaginer bien avant l'heure, le petit Pablo (Picasso) frappé d'indignation, meurtri et terriblement choqué par la scène de la bombe (poème précédent : La Bombe), comme il l'aura été bien plus tard lorsque l'aviation nazie bombardera et détruira la ville de Guernica durant la guerre d'Espagne (26/04/1937).

À la demande de la République Espagnole de réaliser une peinture murale pour leur pavillon lors de l'Exposition Universelle de Paris en 1937, Picasso en fit alors sa fameuse toile cubiste et monumentale " Guernica " (1937), choisissant de dénoncer le totalitarisme fasciste par toile interposée.

 

 

Durant la seconde guerre mondiale, rencontrant dans son atelier l'ambassadeur du 3ème Reich qui, regardant une photo de sa toile, lui avait dit en colère : " C'est vous qui avez fait ça ? ", Picasso lui avait alors rétorqué : " Non, c'est vous ! "

 

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2/ LE CHÂTEAU DES BROUILLARDS, ET LA "FOLIE", LA FONTAINE DU BUT est une villa qui existe toujours formée d'un vaste bâtiment de deux étages situé à l'angle de l'allée des brouillards et de la place Dalida à Montmartre.

 

C'est en 1772 qu'un avocat au Parlement de Paris, Legrand-Ducamjean, achète à Montmartre qui n'était pas encore rattaché à Paris, 7000 m2 plantés de vigne et disposant d'un moulin, d'une ferme et d'abreuvoirs, plus la fameuse fontaine miraculeuse dans laquelle Saint-Denis y aurait lavé sa tête tranchée (Voir ci-avant : Le Maquis). Ce terrain très embrumé du fait de sources avoisinantes et de vapeurs d'eau a donné nom au site des brouillards.

 

 

Faisant raser la ferme, l'avocat fait alors construire une " folie " (demeure d'aristocrates ou de bourgeois aisés servant de villégiature en périphérie des villes).

Ce "château", ou plutôt ses communs annexes, abritèrent de nombreux artistes comme Théophile Steinlen, Kees Van Dongen, Amedeo Modigliani et Pierre-Auguste Renoir avec son modèle qu'il épousa en 1890 : Aline Charigot. Leur second fils Jean Renoir y naquit en 1894. 

 

Enfin, je vous invite à lire ou relire le roman de Roland DORGELES " Le Château des brouillards " publié en 1932, dans lequel il conte avec le talent qu'on lui connaît, la Bohème qu'il fréquenta assidûment, notamment avec Apollinaire, Picasso, Modigliani, Mac Orlan, Carco ou Max Jacob, pour ne citer qu'eux... en évoquant bien entendu le fameux cabaret " Au lapin agile ".

 

Dans mon poème (Brouillards) Maureen (Aline Charigot, donc) pose pour Renoir, un peu plus tôt qu'en réalité mais en fiction romanesque...

 

 


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3/ BIBI-LA-PURÉE (André-Joseph SALIS) était une figure légendaire de la Bohème de Montmartre qui fréquenta le Château des brouillards (ou le plus souvent la cuisine de Renoir, mendiant un bocal de cornichons et un litre de rouge) et les cabarets de la Butte et de Pigalle. Ce personnage pittoresque, ancien étudiant en Droit, provocateur, artiste, poète, indicateur de police, acteur, mendiant, magouilleur, ivrogne, dépravé, cireur de chaussures, voleur, et se prétendant le secrétaire et amant de Paul Verlaine, a fait l'objet de portraits par les artistes qu'il fréquentait, dont Jacques Villon, Steinlen et Picasso.

 

 

 

 

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Saison 3, épisode 4, FESTIN

 

 

- " LE CAFÉ ANGLAIS" , PAUL-DURAND RUEL, " LE FESTIN DE BABETTE " (Festin)

 

1/ " LE CAFÉ ANGLAIS " situé à Paris au 13 boulevard des Italiens, était un restaurant fameux construit en 1802 et qui connut ses heures de gloire à la Belle Époque.

De nombreux artistes l'ont fréquenté dans la réalité :  Stendhal (qui en disait  " Trois soupers par semaine au Café Anglais et je suis au courant de ce qui se dit à Paris "), Alfred de Musset, Alexandre Dumas, Eugène Sue, etc. Dans la fiction également, ils furent nombreux à le mettre en scène : Honoré de Balzac (dans le Père Goriot), Flaubert, R. Quéneau, Karen Blixen, Marcel Proust, Guy de Maupassant, Émile Zola, etc. Des rois, princes, aristocrates, dirigeants, bourgeois de France et d'Europe en ont également fait l'une de leurs tables préférées, parmi les 22 salons et cabinets particuliers réservés. Ainsi, il servit le fameux dîner des trois empereurs réunissant le Tsar Alexandre II, le Tsarévitch, le roi de Prusse Guillaume 1er et Bismarck lors de l'Exposition universelle de Paris en 1867.

 

Disparu en 1913, il a été remplacé par un immeuble de style Art nouveau.

 

Je situe mon poème "Festin" dans son cadre en référence au " Festin de Babette " dont l'héroïne du roman de Karen Blixen (et du film) exerçait en 1871 comme Chef de cuisine mondialement réputée.

 

 

 

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2/ PAUL-DURAND RUEL (qui, dans mon poème (Festin) invite Renoir et ses amis) était un célèbre collectionneur, marchand de tableaux ayant lancé et encouragé de très nombreux peintres impressionnistes dont Pierre-Auguste Renoir. Il organisa une très grande exposition, probablement la plus célèbre du siècle, à Londres en 1905. Il acquit un nombre considérable de toiles,  soit environ 12 000 tableaux dont plus de 1 000 Monet, 1 500 Renoir, 400 Degas, 400 Sisley, 800 Pissaro, 200 Manet et 400Mary Casalt !

 

Peint par Renoir...

 

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3/ LE FESTIN DE BABETTE tiré de la nouvelle de Karen BLIXEN, est un film Danois (1987) avec Stéphane AUDRAN jouant le rôle de Babette. 

Je vous recommande ces liens qui en font un excellent résumé :  Le festin de Babette 1  et   Le festin de Babette recettes

 

J'ai pris le parti de composer le menu du souper du Nouvel an de 1890 dans mon poème (Festin) en reprenant intégralement le menu fabuleux du film dans lequel, les scènes de la préparation en cuisine et du repas valent largement le détour ! En voici le menu : menu 1 et les recettes principales :  Le festin de Babette recettes  et   festin

 

Et en cadeau, ces deux vidéos :      

 

 

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Saison 3, épisode 5, VAPEURS

 

 

- SAINT-LAZARE, MONET & RENOIR À BOUGIVAL, CARTON (Vapeurs)

 

 

1/ LA GARE SAINT-LAZARE fonctionnait déjà à plein régime, enfumée par les locomotives à vapeur à la fin du XIXè. La ligne Saint-Lazare/Saint-Germain en Laye fut inaugurée en 1837 en présence de la famille royale et de la Reine Marie-Amélie. La ligne pour Saint-Cloud et Saint-Nom-la-Bretèche (qui nous concerne) a été inaugurée en 1884, desservant depuis Paris/St-Lazare, St-Cloud, Garches Marne-la-coquette, Vaucresson, La Celle-St-Cloud, Bougival, Louveciennes, Marly-le-Roi, L'Étang-la-Ville, St Nom-la-Bretèche.

 

Claude MONET a fréquenté cette ligne pour se rendre à Louveciennes ou à Bougival (en haut de la colline distante de la Seine, mais à proximité de la forêt de Louceciennes/Versailles)  mais aussi  celle du Tramway à vapeur de Paris (Place de l'Étoile !) à Saint-Germain (Château) qui longeait la Seine, donc en passant par Le Peck et Bougival en bas, bord de Seine.

 

 

Il a peint plusieurs toiles de chemins de fer arrivant en gare (à Bougival) et de la gare Saint-Lazare (ci-après)

 

 

N.B : À titre personnel, j'adore ces toiles et, jeune élève aux Beaux-Arts, j'avais copié celle du "Train dans la neige" (ci-dessous) de Monet. J'ai habité durant toute mon adolescence en haut de Bougival, à proximité de cette gare, allant aux Beaux-Arts de Versailles à mobylette et au Lycée de Saint-Cloud par ce même train en longeant à pied la rue Claude Monet, mais à son époque, il y avait encore de nombreux vergers en bordure de forêt...

 

 

 

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2/ MONET & RENOIR À BOUGIVAL, CARTON. Ils se sont vus, mais plus tôt que dans mon poème (Vapeurs). Monet s'est installé à Bougival en 1869. Il a peint notamment l'établissement de bains/guinguette de La Grenouillère sur l'île de Croissy-sur-Seine en compagnie de Renoir (mon poème prochain : " La Grenouillère "). 

 

Ci-dessous par Monet " Glaçons sur la Seine "  puis " effets de neige sur la route de Louveciennes " 

 

Un "carton" est un carton entoilé bien moins coûteux qu'une toile de Lin (elle-même plus chère, mais sans aucune mesure de qualité avec les cadres entoilés actuels en coton).

 

 

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Saison 3, Episode 6, GLISSE

 

 

- LES PATINEURS " SKATING-RINKS " &  LE " PALAIS DE GLACE " (Glisse)

 

 

Mon amie de la plateforme " Blog4ever ", Françoise, a consacré un article sur cette mode qui fit fureur à la Belle Époque, constituée par le création de nombreuses pistes de patin à glace et, ou à roulettes (les fameux Skating-Rinks) , en rapport avec ce nouvel engouement des parisiens, mais pas seulement, y compris à l'étranger, pour la glisse. 

 

Je n'en dirai pas plus, vous laissant le soin de vous rendre sur le blog de Françoise,  ici  (https://www.monatelierdepeintre.com)

 

et plus précisément sur son article : " LE SKATING " ici  (https://www.monatelierdepeintre.com/le-skating)

 

 

Néanmoins, j'ai choisi dans mon poème ( Glisse ) de vous parler du " Palais de glace " - et je dis bien " de glace " et non " DES Glaces " (différent), qui fut créé le 23 décembre 1893 à Paris au Rond Point des Champs-Elysées dans un bâtiment circulaire. Il fonctionna jusqu'en 1980/81 se transformant dès lors en théâtre. Il disposait d'une piste circulaire glacée de 420 m2 placée au centre de la rotonde, laquelle s'entourait d'un promenoir disposant de buvettes et de miroirs, avec à l'étage une galerie complétée par un orchestre de 50 musiciens !  

 

En 1981, il devint le " Théâtre du Rond-Point " (qui fonctionne toujours maintenant) dévolu à la Compagnie Renaud-Barrault (photo ci-dessous, la dernière).

 

N.B. Je me souviens y avoir patiné dans les années 1970...

 

Ci-dessous le grand patineur Axel Paulsen qui donna son nom au fameux saut, l'Axel qui, à la différence de tous les sauts de patinage artistique s'exécutant eux en arrière, se lance en avant pour une réception arrière, soit pour un simple Axel : 1 tour 1/2 et pour un triple Axel, 3 tours 1/2, d'où sa plus grande difficulté (+ 1/2 tour).

 

 

 

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Saison 3, épisode 7, LA GRENOUILLÈRE

 

 

- " LA GRENOUILLÈRE " avec les toiles de RENOIR, MONET... LES BAINS et L'ABSINTHE... (La Grenouillère)

 

L'île de Croissy ou de la Chaussée ou bien de la Grenouillère se tient dans les Yvelines entre Rueil-Malmaison proche de Paris et Bougival un peu plus loin sur la Seine. Pour la petite histoire, les Vikings y débarquèrent avant de s'en prendre à Paris en 845 ! Plus près de nous, avec la mode du canotage sous le Second Empire, de nombreux parisiens s'y rendirent régulièrement tant cette petite île de 2,5 km de long offrait une végétation luxuriante ; on la surnommait alors " la Madagascar de la Seine ", d'autant que de nombreux hommes s'y baignaient... nus !

 

C'est une cabaretière locale qui eut l'idée d'établir sur une petite plage de l'île, un bateau/ponton servant de salle de bal, de restauration et de location de canots, sans oublier une vaste péniche également accostée proposant des cabines de bain hommes (il était interdit de se baigner nu) et femmes. Ce site eut à l'époque un tel succès que Napoléon III et l'impératrice Eugénie y firent un jour escale ! 

 

Mais cette atmosphère populaire, vulgaire aussi et même en marge de la légalité par ses fréquentations parfois peu recommandables (les fameux Apaches), ne fut pas toujours du goût de tous.

 

Il n'est qu'à lire par exemple la description qu'en fit Guy de Maupassant :

 

" On sent là, à pleines narines, toute l'écume du monde, toute la crapulerie distinguée, toute la moisissure de la société parisienne : mélange de calicots, de cabotins, d'infimes journalistes, de gentilshommes en curatelle, de boursicotiers véreux, de noceurs tarés, de vieux viveurs pourris ; cohue interlope de tous les êtres suspects, à moitié connus, à moitié perdus, à moitié salués, à moitié déshonorés, filous, fripons, procureurs de femmes, chevaliers d'industrie à l'allure digne, à l'air matamore qui semble dire : “ Le premier qui me traite de gredin, je le crève.” Ce lieu sue la bêtise, pue la canaillerie et la galanterie de bazar. Mâles et femelles s'y valent. Il y flotte une odeur d'amour, et l'on s'y bat pour un oui ou pour un non, afin de soutenir des réputations vermoulues que les coups d'épée et les balles de pistolet ne font que crever davantage. Quelques habitants des environs y passent en curieux, chaque dimanche ; quelques jeunes gens, très jeunes, y apparaissent chaque année, apprenant à vivre. Des promeneurs, flânant, s'y montrent ; quelques naïfs s'y égarent. "  (« La femme de Paul », La Maison Tellier, 1881.)

 

Claude MONET et Auguste RENOIR s'y rendirent souvent en donnant à la postérité ces toiles de canotage, de buvette et de bains légers que Renoir d'ailleurs traduisit avec la délicatesse transparente de sa " période nacrée ". 

 

Quant à l'absinthe (ou absinthe), c'était une boisson fort à la mode au XIXè mais réellement dangereuse et interdite depuis 1915  (contenant du méthanol, substance neurotoxique). Emile Zola l'évoque dans " l'Assommoir ". Plusieurs artistes en furent victime (Toulouse-Lautrec, Van-Gogh, etc.).

 

   

Claude Monet " Bain à la Grenouillère "

 

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Auguste Renoir " La Grenouillère " 

 

 

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Auguste Renoir " Les grandes baigneuses " pour illustrer mon poème (La Grenouillère) in situ car tel n'était pas le cas de cette toile

 

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Saison 3, Episode 8, LA BLANCHISSEUSE

 

 

 

- LAVANDIÈRES & BLANCHISSEUSES, HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC (La blanchisseuse)

 

1/ LAVANDIÈRES & BLANCHISSEUSES : Il n'est pas vieux ce temps où la lessive était une grande affaire qui tenaient éveillées toutes les femmes d'un village durant plusieurs jours, deux fois l'an : au printemps avant les Rameaux et à l'automne avant  la Toussaint.

 

Cependant, je ne vais pas vous conter par le menu cette grande histoire du linge lavé, mais plutôt vous convier à ouvrir ce LIEN vers un site remarquable qui raconte de façon claire et très bien documentée cette " histoire des femmes " (du nom du site)

 

site : http://dona-martin.blogg.org/histoire-des-lavandieres-et-de-la-lessive-a127710660

 

Juste pour information, il convient de distinguer les lavandières des blanchisseuses. Les premières exerçaient une corvée ou un métier aussi pénible qu'éprouvant à laver agenouillée dans l'eau glacée le gros linge et le linge très sale deux fois par an (...)  puis à s'ébouillanter au grand cuvier, sans oublier toutes les étapes du tri, du rinçage, de l'essorage et de l'étendage...

 

Les blanchisseuses quant à elles bénéficiaient d'un plus grand "confort" car elles s'occupaient du linge fin et brodé et surtout, travaillaient généralement à leur compte. D'où la " promotion " de Victorine entrant au service de Laurine dans mon poème (La blanchisseuse).

 

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2/ HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC : a peint les gens simples qu'il fréquentait à Montmartre comme sur le Boulevard : Clichy, Rochechouart, Pigalle, Place Blanche, et... à son domicile 19, rue Pierre Fontaine (voir mon poème).

 

Et pourtant, il était issu de la noblesse illustre et ancienne des Comtes de Toulouse. Handicapé, infirme et souffrant d'une maladie atteignant les os, il s'installait dans les cabarets, bars et salles de spectacle, sans oublier les maisons closes lui permettant alors non seulement d'assouvir ses besoins, mais surtout de croquer, esquisser, peindre et dessiner sur le vif non pas des modèles figés, mais des personnes bien vivantes s'animant dans leur décor. Les prostituées par exemple lui paraissaient bien plus aptes à se mouvoir naturellement nues que des modèles.

 

Il s'est rendu célèbre par ses toiles et  affiches représentant tout ce petit peuple de Montmartre et de sa vie nocturne faite notamment des danseurs et danseuses du French-cancan du Moulin-rouge. Mort très tôt, à 36 ans des suites de l'alcoolisme (il possédait une canne creuse remplie d'alcool), de sa passion pour l'absinthe et de la syphilis, il nous reste de lui ses oeuvres aussi remarquables qu'éphémères par les sujets visités.

 

Dans mon poème, il tombe amoureux de Victorine la blanchisseuse. Il aurait tout autant pu la peindre (voir ci-après) comme l'un de ses modèles préférés : Jane Avril, la chanteuse Yvette Guilbert ou Louise Weber dite " La goulue ". 

 

 

 

Personnellement, j'ai un faible pour cette toile " La blanchisseuse " 

 

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Aristide Bruant par Toulouse-Lautrec

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Saison 3, Episode 9, LA NOCE

 

 

- VENDANGES, BAL DU MOULIN DE LA GALETTE, LES " GRANDES BAIGNEUSES " (La noce)

 

 

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1/ VENDANGES à Montmartre, comme déjà mentionné dans un article précédent : voir ci-avant, presque au début de ce petit lexique, à CLOS-MONTMARTRE

 

 

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2/ BAL DU MOULIN DE LA GALETTE Cette grande toile (1m31 x 1m75) est à bien des égards, considérée comme le chef d'oeuvre d'Auguste RENOIR. Peinte en 1876, elle est actuellement exposée au musée d'Orsay, suite à un leg du collectionneur Gustave Caillebotte. J'y situe mon repas de noce dans ce restaurant qui pris la place de la fameuse guinguette où se donnaient des bals populaires au pied du   moulin.

 

Mais au fait, saviez-vous que ce moulin connut bien des déboires ? 

 

Il reste actuellement le seul moulin de la Butte Montmartre à peu près en état de marche, du moins pour l'état de ses pièces mécaniques, sur les quinze moulins qui brassaient l'air de la crête de la Butte. Ces moulins donnaient de la farine de blé, mais pas uniquement, servant également à moudre d'autres céréales, à presser les vendanges locales et à concasser les matériaux des manufactures voisines.

 

Ce moulin, constitué à l'origine de deux moulins mentionnés en 1622, fut acquis par la famille Debray (les ancêtres de Régis Debray) en 1809.

 

 

Mais en mars 1814, alors que l'armée impériale russe en prise avec Napoléon 1er était à Paris, et que suite à des pourparlers de paix Montmartre n'était plus défendue (elle était célèbre par ses canons placés en hauteur), se trouvait malgré tout un petit groupe de "résistants" français dont les Debray, meuniers en famille, décidant de contrer l'envahisseur cosaque. Faisant feu au canon contre eux, ils tuèrent de nombreux assaillants, mais l'aîné fut blessé puis finalement abattu. Son fils fut transpercé par une lance, mais il s'en tirera et on lui doit ce moulin/guinguette sous la Restauration. Las, les russes furieux, découpèrent le corps du père en quatre morceaux qu'ils fixèrent sur les ailes du moulin !

 

Par la suite donc, en 1834, le fils survivant y rajouta une guinguette doublée d'un bal portant dès lors le nom du " Moulin de la Galette " en référence aux galettes qu'on y déguste sur place accompagnées du petit vin aigrelet cultivé sur les coteaux de la Butte. Son succès quasi immédiat, ne se démentit pas par la suite.  

 

Outre Pierre-Auguste RENOIR installé à Montmartre dominant les vignobles, de nombreux peintres et impressionnistes immortalisèrent ce moulin. Parmi lesquels on trouve Vincent VAN GOGH, Henry de TOULOUSE-LAUTREC, Maurice UTRILLO, Rymond CASAS, Pablo PICASSO...

 

 

 

 

AUGUSTE RENOIR 

 

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EUGÈNE CICERI 

 

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HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC

 

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VINCENT VAN-GOGH

 

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MAURICE UTRILLO

 

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3/ LES GRANDES BAIGNEUSES de Renoir peinte entre 1884 et 1887. Cette toile fit scandale lorsqu'Auguste Renoir l'exposa à l'Exposition internationale de 1887. À son retour d'Italie, traversé par des doutes, Renoir se cherchait alors en tentant de s'écarter des impressionnistes. À part Claude MONET ou Marcel PROUST, les critiques furent dans l'ensemble fortement négatives.

 

Notons que son modèle devenu sa femme (au 2ème plan avec la serviette), Aline Charigot est Maureen dans mon poème... qu'il épouse donc !

 

 

 

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Saison 4, Episode 1, Mademoiselle 

 

 

 

- RENOIR & ALINE, ASPIRANTS COMPAGNONS, SALONS LITTÉRAIRES, MASSACRE DES ITALIENS (Mademoiselle)

 

 

 

1/ AUGUSTE RENOIR & ALINE CHARIGOT son épouse, "jouée" ici par Maureen, sont installés en 1895 à Essoyes (ville natale d'Aline), dans l'Aube. Leurs deux enfants sont Pierre (né en 1885) et Jean, le fameux cinéaste (né en 1894) en attendant le troisième fils, Claude (né en 1901).

 

 

 

 

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Portrait d'Aline Charigot par auguste Renoir

 

 

 

 

2/ ASPIRANTS COMPAGNONS Les Compagnons du devoir se déclinent en apprentis (dès 15 ans) devant réaliser une maquette d'adoption, puis une fois jugés sur leur première maquette et adoptés par la communauté des compagnons, deviennent affiliés ou aspirants devant également (comme toujours...) faire leurs preuves et partant dès lors faire leur " tour de France ". Ayant réalisé après leur travail d'adoption, leur tour de France, ils présentent alors à leurs pairs leur " Chef d'oeuvre " représentant une véritable prouesse technique mettant en évidence un savoir faire ancestral propre à leur corporation pour un travail réalisé en plusieurs centaines d'heures. 

 

Je ne puis que vous recommander de lire le remarquable roman de George Sand, adulée des Compagnons, " Le compagnon du tour de France " paru en 1840 pour un récit se déroulant vingt ans plus tôt.

 

 

 

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3/ SALONS LITTÉRAIRES Très en vogue au XVIIIè et XIXè et réunissant des écrivains, auteurs dramaturges, poètes, artistes, femmes de lettres, acteurs, musiciens, étudiants, mais aussi diverses personnalités en vue et plus ou moins courtisanes, ils étaient à la fois un espace d'échanges érudits et de créativité talentueuse sociale d'inspiration romantique ainsi que l'endroit chic où l'on se devait d'être vus. Juliette Récamier, Victor Hugo, Lamartine, Alfred de Musset, Alexandre Dumas, Balzac, Eugène Delacroix, Liszt, Marcel Proust ou bien encore Guy de Maupassant, et tant d'autres... en étaient les fidèles adeptes.

 

Dans ma saga, Laurine ouvre un Salon dans sa boulangerie " Coeur-de-pain " en y exposant de nombreuses toiles prêtées par son ami Paul Durand-Ruel (le fameux collectionneur ; voir mon poème " Festin") ou offertes par Auguste Renoir, Claude Monet, Pablo Picasso... Elle y organise des après-midis et soirées littéraires d'un style autrement posé que dans l'antre provocatrice des cabarets d'étudiants ou de la Bohème du Lapin agile... Elle ose cependant y exposer les nus de Renoir et les arlequins cubistes de Pablo !

 

L'une des toiles ouvrant le décor de son Salon, est " La liseuse " d'Auguste RENOIR.

 

Mon amie Françoise en a fait une copie remarquable qu'elle présente sur son blog ( https://aqua-reve-francoise.blog4ever.com ) 

dans cet article : " La liseuse d'Auguste Renoir " que vous trouverez :  ICI

 

 

 

 

 

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" La liseuse " d'après Renoir par Françoise M.

 

 

 

 

4/ LE MASSACRE DES ITALIENS D'AIGUES-MORTES (Gard) que j'évoque indirectement dans mon poème (Mademoiselle) en parlant de José, victime du racisme des commères du quartier...

 

 

Survenu les 16 & 17 août 1893 à la suite d'une crise économique sévère en Europe et de la difficulté de trouver du travail, la population employée par la Compagnie des Salins du midi, n'a pas accepté que leur emploi se trouve "menacé" par cette main d'oeuvre italienne immigrée.

 

À la suite d'agitations nationalistes d'extrême droite dons la Ligue de la Patrie Française, et du chômage s'amplifiant, une rixe opposa les différentes communautés présentes dont des Ardéchois, trimards (vagabonds), locaux et Piémontais. Attaqués et devant se réfugier dans une boulangerie (...) que leurs assaillants veulent incendier, les ouvriers italiens sont alors lynchés à coups de bâtons, fusil et noyade par une foule furieuse. La gendarmerie comme la troupe ne purent (ou ne voulurent) contenir leurs agresseurs, s'en prenant également aux femmes et enfants pour un bilan terrible et controversé de 150 morts ou... 8 officiellement.

 

Ce drame constitua également un immense scandale judiciaire puisque l'acquittement général de tous les assaillants poursuivis fut prononcé. Il eut aussi pour conséquence une altération des relations diplomatiques entre la France et l'Italie ainsi que des heurts contre des français en Italie, par représailles.

 

 

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Saison 4, Episode 2, Jupiter

 

 

 

 

- LE TRAIT DE JUPITER, BRETONS DE CAYENNE, 732 ANS ET 36 ANS, SAINT-JOSEPH & SAINTE-ANNE D'AURAY (Jupiter)

 

 

 

1/ LE TRAIT DE JUPITER est un assemblage complexe reliant deux grosses pièces de bois (comme des poutres) de même section entre-elles mises bout à bout afin d'en faire une seule d'un même tenant.

 

Sa réalisation, difficile et délicate, relève d'un travail expérimenté de haute précision, tant de tracé que de découpe sans nuire au fil du bois, car l'ajustement en biais des deux pièces de bois se doit d'être parfait, faute de quoi, il y aurait risque de rupture (comme dans mon poème "Jupiter"), d'où le grand respect porté par les compagnons du devoir aux charpentiers ou menuisiers de leur corporation, capables d'en réaliser.

 

Les deux pièces de bois, en général du chêne pour sa solidité, sa tenue dans le temps et sa résistance au pourrissement, doivent être de même facture. Le trait de Jupiter était (surtout dans le temps) indispensable pour réaliser de longues portées en charpente traditionnelle ainsi qu'en charpente de marine lorsqu'on ne disposait pas de suffisamment d'arbres assez longs. 

Il se compose de deux coupes biaises (coupe en oblique) à redent (en V), de deux barbes (petites pièces de bois) et de deux clés de serrage (coin en bois).

  

Jupiter " lui a donné son nom " car l'aspect des deux pièces biseautées à leur assemblage présente une découpe formant un Z comme l'éclair de foudre du dieu Jupiter.

 

 

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2/ BRETONS DE CAYENNE Il s'agit dans mon poème de compagnons ou compères (comme on les nommait) venus de Bretagne et exerçant comme charpentiers au sein d'un " Devoir " (confrérie compagnonnique) se réunissant dans leur " cayenne " (lieu de réunion). À l'origine, ce terme vient des vieux navires transformés en caserne flottante et servant de dépôt de marins dans les ports d'outre-mer, lequel aura donné son nom à la ville de Cayenne en Guyane. 

 

 

 

 

3/ 732 ANS & 36 ANS Oui, il se trouve qu'en 1895, date de mon poème (Jupiter), la cathédrale a 732 ans. Notre-Dame de Paris a vu sa première pierre posée en l'an 1163.

 

Je n'ai donc pas résisté à la tentation d'évoquer la célèbre bataille de Poitiers conduite en 732 après J.C. par Charles Martel, Duc des Francs et Maire du Palais, aidé de ses alliés Burgondes, Vascons et Eudes face à l'invasion des Omeyyades.

En effet, au XIXè le patriotisme ambiant fit de la victoire de Charles Martel sur les sarrasins un évènement fondateur de la Nation, d'autant que les anti cléricaux de l'époque le préféraient à Clovis.

La cathédrale n'existait pas encore, mais la similitude de dates avec l'évènement décrit dans mon poème laisse peut-être à penser que Notre-Dame avait déjà aidé la Francie encore bien faible au VIIIè siècle...

 

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Quant aux 36 ans, ils représentent l'âge encore jeune de la nouvelle flèche de la cathédrale (haute de 93 m depuis le sol), conçue par Eugène Viollet-le-Duc en 1859 avec l'apport de l'entreprise de charpente Auguste Bellu (500 tonnes de bois) et des ateliers Monduit pour la couverture métallique (250 tonnes de plomb).

 

La flèche domine les statues de cuivre vert-de-grisé des douze apôtres. Viollet-le-Duc s’est même fait représenter sous les traits de Saint-Thomas avec son équerre ! 

 

 

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4/ SAINT-JOSEPH, père de Jésus, est le "patron" des charpentiers (c'était son métier !).

         SAINTE-ANNE, mère de Marie (Notre-Dame), donc grand-mère de Jésus, est la "patronne" des menuisiers. "Apparue" pour l'unique fois en tant que telle en août 1623 auprès d'un jeune Breton Yvon Nicolazic, elle fait l'objet depuis, et pour les "miracles" qu'elle a multipliés, d'un pèlerinage à Sainte-Anne d'Auray (ville, basilique et coeur spirituel du diocèse de la Bretagne) auquel participent entre 600.000 et 800.000 pèlerins et visiteurs chaque année. Le Pape Jean-Paul II s'y rendit en 1996 rassemblant 150.000 personnes.

 

 

 

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Saison 4, Episode 3, La Savoyarde

 

 

 

- FRANÇOISE - MARGUERITE DITE " LA SAVOYARDE ", FARDIER, PACCARD (La Savoyarde)

 

 

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De son vrai nom : " FRANÇOISE MARGUERITE DU SACRÉ-COEUR DE JESUS " dite " LA SAVOYARDE " est la fameuse cloche offerte par les quatre diocèses de Savoie lors de la souscription nationale mise en place pour la construction du Sacré-Coeur de Montmartre, en lieu et place d'argent.

 

Fondue le 13 mai 1891 dans les célèbres ateliers " Paccard " d'Annecy-le-Vieux - ceux qui avaient retrouvé les vieux secrets des fondeurs flamands du Moyen-Age pour accorder l’harmonisation interne des cloches - cette cloche était alors la plus grosse du Monde, pesant près de 19 tonnes avec un battant de 850 kg,  pour 3,03 m de diamètre et 9,60 m de circonférence extérieure et une épaisseur à la base de 22 cm (lé de 10 mètres dans mon poème "La Savoyarde"). Elle fut livrée à Montmartre le jour de la Sainte Marguerite Marie, arrivant dans la nuit du 16 octobre 1895.

 

La Savoyarde est le sixième plus lourd bourdon d'Europe. Sa tonalité, caractéristique, est celle du contre-ut grave. Voir, ci-dessous son enregistrement :

 

 

 

 

 

Son voyage dura 5 jours. Elle fut transportée, d'abord en train d'Annecy à Paris.

À Annecy, son " équipage " est à sa démesure : trois chevaux attelés de front précédés de douze paires de bœufs symbolisant les 12 cantons savoyards. Un wagon plat à charpente renforcée a été spécialement affrété par la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée (PLM).

 

À Paris, en gare de marchandises à la Chapelle, on la hisse sur un fardier (chariot bas à roues larges transportant de fortes charges) pesant lui-même 6 tonnes, attelé à 28 chevaux (!) guidés chacun à la bride par un charretier et, à la lueur des torches et lanternes, l'on procède à la longue ascension de la Butte Montmartre en sablant les rues sous la pluie. La dernière rampe se montera même au galop, sous les hourras d'une foule de curieux et... les sueurs froides de M. Paccard lui-même accompagnant sa protégée !

 

La Savoyarde fut installée, d'abord provisoirement sur une plateforme provisoire par un accès fait d'échafaudages en plan incliné, puis bénite et baptisée le 20 novembre 1895 par Monseigneur Richard, archevêque de Paris. En revanche, ce n'est qu'en 1907 qu'elle fut définitivement installée dans son Campanile (jouxtant, accolé au Sacré-Coeur).

 

Pour la faire sonner, il ne fallait pas moins de huit hommes actionnant pédales et cordes. Aujourd'hui, son marteau est mu par l'électricité et la cloche s'actionne en rétro-lancé car la pleine volée du "lancé"  fragilisait le Campanile.

 

L'entreprise de fonderie Paccard, qui existe toujours, mais installée à Sévrier depuis 1989, jouit d'une réputation internationale. Son histoire débute en 1796. Au XIXè, outre les grosses cloches et bourdons comme La Savoyarde, l'entreprise coulait de 700 à 800 cloches par an ! 

 

 

 

 Ci-après, très intéressante vidéo du bourdon La Savoyarde qui se met en mouvement dans le Campanile du Sacré-Coeur :

 

 

 

 

 

Le Campanile 

 

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Saison 4, Episode 4, Charité

 

 

 

 

 - L'INCENDIE DU BAZAR DE LA CHARITÉ (Charité)

 

 

 

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Un terrible incendie prit dans ses flammes le 4 mai 1897 une vente de bienfaisance mise sur pied depuis 1895, à l'emplacement actuel du 15/19 rue Jean Goujon de Paris (8è).

 

Ce drame fit la une de la presse et des journaux illustrés de la Belle époque. Ainsi, " Le Petit Parisien ", " L'Intransigeant ", " Le Petit Journal ", sans oublier " l'Illustration ", se firent-ils l'écho de l'horreur enflammant à son tour le coeur meurtri de leurs lecteurs. La débauche de dessins et lavis imprimés renforcés par des légendes fortement " imagées "  laissait à chacun le soin d'imaginer les derniers instants de ces malheureux brûlés vifs... à l'instar des autres catastrophes !

Ainsi, le journaliste du Petit Journal du 10 mai 1897 écrivit-il : " Le feu a fait mourir dans des souffrances plus atroces que celles infligées aux victimes du barbare Moyen-Âge, des femmes, des jeunes filles, des enfants ; pour la plupart titrées, riches, heureuses, réunies là pour faire la charité. Le feu a pris sa proie toute vive, et, détail odieux, la mort s'est amusée à dépouiller ses victimes. On a retrouvé nues de chastes jeunes filles, et involontairement, on songeait à la Virginie de Bernardin de Saint-Pierre, qui aime mieux mourir et ne jamais revoir Paul que de se dévêtir et être sauvée. Ignoble mort qui, plus infâme que le boureau antique, insultait ainsi sa victime ! "

 

Cette tragédie fit 126 victimes, principalement des femmes (118 femmes identifiées dont plusieurs religieuses). À la différence d'autres catastrophes qui faisaient pourtant des milliers de morts dans le monde, celle-ci marqua pour longtemps les esprits. En effet, non seulement elle survint au milieu d'une kermesse philanthropique, mais de plus elle atteignit des personnalités largement titrées et fortunées, enfin, par l'accident lui-même survenu par l'utilisation toute nouvelle du cinématographe.

 

L'incendie se déclara dans la salle bondée du " cinéma " improvisé suite à une mauvaise manipulation de pellicules aux vapeurs d'éther par un projectionniste maladroit et inconscient qui gratta une allumette dans le noir... Son geste provoquant aussitôt l'inflammation des vapeurs d'éther, s'ensuivit comme une traînée de poudre un brasier s'alimentant des étoffes, tissus, toiles, cartons et papiers servant de décor un peu partout à la reconstitution d'une rue du Moyen-Âge qui avait été aménagée dans cet entrepôt. Il y avait de nombreux visiteurs et invités, principalement des femmes et des enfants. Mais comme il s'agissait d'une fête de bienfaisance, les organisateurs s'étaient entourés d'illustres personnalités largement titrées. Se comptaient donc non seulement des duchesses, marquises et même princesses, mais aussi des Dames patronnesses et autres bienfaiteurs fortunés, sans oublier non plus leurs domestiques. Du fait des matériaux extrêmement inflammables du hangar, dont une vaste toile goudronnée suspendue (...)  et de l'absence totale de mesures de sécurité, en un quart d'heure, tout était consumé !

 

Par la panique engendrée auprès des 1.500 personnes présentes en ce long hall " moyenâgeux "  du hangar en bois et l'étroitesse des issues, de nombreuses victimes furent piétinées avant que d'être rattrapées par les flammes. Comme toujours en pareil drame, des actes de lâcheté, mais aussi d'héroïsme se firent jour, servant d'ailleurs l'imagerie populaire largement relayée par la presse stigmatisant la couardise de nantis et vantant la bravoure de malheureux parmi les petites gens du peuple.

 

Cela dit, il convient de noter l'extrême héroïsme de la Duchesse d'Alençon (en photos ci-après), propre soeur d'Élisabeth " Sissi " impératrice d'Autriche, qui se sacrifia en sauvant des enfants, clients et vendeuses en les aidant à sortir par une petite porte. Mais prisonnière du comptoir du Noviciat, avec la la vicomtesse de Beauchamp, elles n'eurent pas la même chance...

 

Suite à une souscription lancée par le Cardinal Richard, Archevêque de Paris, une chapelle commémorative "Notre-Dame de consolation" (en photo ci-après), est inaugurée le 4 mai 1900 sur l'emplacement du sinistre.

 

 

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Saison 4, Episode 5, Vercingétorix

 

 

 

 

 - L'HIPPODROME DE CLICHY-MONTMARTRE & SON INAUGURATION, PABLO PICASSO EN 1900 (Vercingétorix)

 

 

1/L'HIPPODROME DE CLICHY-MONTMARTRE & SON INAUGURATION du 18 mai 1900 fut un évènement !

En ces temps, la mode était, tout comme celle des Skating-Rinks dont nous avons déjà parlé, orientée vers les hippodromes, mais non pas tant au sens que nous leur connaissons aujourd'hui de courses de chevaux. Non, mais d'espaces immenses permettant des spectacles de plein air (comme au Camp du Drap d'Or à l'hippodrome de l'Etoile ou au Champ-de-Mars) ou couverts comme ici sous un immense chapiteau métallique, et réunissant plusieurs milliers de spectateurs sur... les arts du cirque ! Il pouvait tenir sur 5 niveaux desservis par les ascenseurs Jean Combaluzier (Eh oui, Roux-Combaluzier, ça vous dit quelque chose ?), 7.000 places dont 5.000 assises. Quant à la piste, elle offrait une surface de 70 m x 35 m.

 

Ce vaste bâtiment fut tout spécialement construit pour l'exposition universelle de Paris - 1900 et se tenait entre la Place Clichy et le cimetière de Montmartre. Par la suite, il fut transformé en le plus grand cinéma du Monde, le Gaumont-Palace, en 1911 (je me souviens y avoir vu enfant, Ben-Hur...). Détruit en 1973 malgré sa façade Art-Déco, ne parlons pas de la banalité de ce qu'il est devenu...

 

Pour son inauguration, les organisateurs avaient prévu grand, très grand ! Pas moins d'une pantomime reproduisant en figure allégorique la bataille d'Alésia opposant les troupes de Jules César à celles de Vercingétorix, de son second Lucter dit Le Cadurque, et de leurs tribus alliées. La mise en scène spectaculaire offrait aux yeux ébahis des spectateurs, un "combat" déroulant les prestations acrobatiques de 850 acteurs et de 120 chevaux dont 10 chevaux Alezans présentés préalablement en liberté ! Ce clou du spectacle mis en musique avec un véritable orchestre et prenant la forme d'un ballet chorégraphique incroyable, faisait suite à des numéros de cirque plus traditionnels.

 

 

 

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2/ PABLO PICASSO EN 1900 était venu à Paris un mois avant l'exposition universelle de Paris (fermant en novembre 1900) et, avec le peintre espagnol Carlos Casagemas s'étaient installés dans l’atelier du peintre Nonell, rue Gabrielle à Montmartre, d'octobre à décembre 1900. Fortement marqué par le suicide de son ami Casagemas, en son absence le 17 février 1901, commence alors sa " période bleue ". Notons que Picasso (Pablo dans mon poème "Vercingétorix") adorait croquer le mouvement des artistes du cirque et de leurs animaux - comme en corrida, par ailleurs.

 

 

 

Picasso :Enterrement de son ami Casagemas

 

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Saison 4, Episode 6, Mariage bleu

 

 

 

 

 

- LES QUATRE SYMBOLES DE LA ROBE DE MARIÉE, LE TRAIN BLEU, SARAH BERNHARDT (Mariage bleu)

 

 

 

1/ " LES QUATRE SYMBOLES " DE LA ROBE DE MARIÉE du mariage consistant en quatre objets portés par la mariés en forme de symbolique forte était une coutume traditionnelle venant d'Angleterre à la fin du XIXè siècle.

 

On disait de la mariée lorsqu'elle s'avançait vers l'autel en s'enthousiasmant de l'élégance de sa parure : « Something old, something new, something borrowed and something blue »

 

Ces quatre objets étaient des porte bonheur ou en quelque sorte, des amulettes destinées à conjurer le mauvais sort.

 

 

Il s'agissait pour la mariée, de porter :

- du neuf, symbolisant l'avenir et la réussite du couple

- du vieux, représentant la famille et le passé de la mariée

- du bleu, pour la pureté des sentiments allés à la promesse de fidélité,

- un objet emprunté le jour de son mariage, en témoignage de chance et de bonheur.

 

Ainsi par exemple, la robe pouvait être neuve, une broche ancienne pouvait être portée, des chaussures bleues ou un bouquet également ainsi que des gants de dentelle prêtés faisant l'affaire...

 

 

 

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2/ LE TRAIN BLEU est un restaurant emblématique de l'actuelle gare de Lyon. Inauguré par le Président Emile LOUBET en 1901, il fut construit à l'occasion de l'Exposition universelle de Paris 1900. Désigné d'abord comme Buffet de la gare, il ne prit son nom de Train bleu qu'en 1963 en l'hommage à la fameuse ligne Paris/Vintimille datant de 1868 et partant vers le bleu de la Méditerranée.

 

Son décor fastueux chargé de stucs et moulures dorées, de sculptures, de lustres, de fauteuils club et de banquettes d'apparat, mais aussi et surtout de 41 peintures et fresques très larges représentant des vues et décors symboliques des principales villes et étapes desservies par la compagnie des chemins de fer P.L.M. (Paris-Lyon-Méditerranée) et d'évènements importants, a très tôt fait la réputation de ce lieu.

 

Cette décoration fut confiée à de nombreux peintres réputés ou très en vue à l'époque. Ajoutons que les vastes salles à manger comme les petits salons bénéficiaient de boiseries, de parquets polis, de meubles d'acajou et d'autres vases et accessoires argentés. La vaisselle, l'argenterie et naturellement la qualité du service de restauration n'étaient pas en reste. Les fresques de sites (Mont-blanc) et de villes de France (Paris, Lyon, Marseille, Orange), mais aussi d'Afrique du Nord (Alger, Tunis), de monuments (Pont Alexandre III), ou représentant des personnalités et artistes à la mode (Sarah Bernhardt, Edmond Rostand), contribuèrent à l'aspect magnifique, exotique et mythique du restaurant.

 

Ce restaurant reste à ce jour l'un des plus vivants souvenirs de la Belle époque et du Paris de 1900. Il n'a cessé d'être fréquenté par des artistes (Sarah Bernhardt, Réjane, Salvador Dali, Jean Gabin...), écrivains (Colette, Edmond Rostand, Jean Cocteau, Marcel Pagnol...), hommes politiques (André Malraux, François Mitterand...) et tant d'autres...

Sa table est fameuse et sa cave prestigieuse. 

 

Pour y être allé il y a peu, je vous recommande vivement ce restaurant qui vous offrira bien plus qu'un simple repas, une ambiance !

 

 

 

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3/ SARAH BERNHARDT (1844/1923) qu'il n'est guère utile de présenter sauf qu'ici, au Train Bleu et par mon poème (Mariage bleu), elle en est l'hôte prestigieuse.

 

Elle fut l'une des plus grandes de nos artistes du monde du théâtre. Appelée " la voix d'or " par Victor Hugo, " la divine " ou " l'impératrice du théâtre " par d'autres, ou bien encore par Jean Cocteau " le monstre sacré ", cette actrice célèbre fut la référence du théâtre sur cette fin du XIXè siècle puis le début du XXè.

 

 

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Affiche d'Alphonse Mucha.

Voir l'article réalisé par Françoise M. sur les peintres et leurs portraits photographiés " Un visage sur un peintre ", sur son excellent blog :  ICI

 

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Saison 4, Episode 7, Chaton rose

 

 

 

 

 

 

- FEUTRE & PEAUX DE LAPINS, RETOUR DE PABLO (PICASSO) AU BATEAU-LAVOIR (PÉRIODE ROSE) & RENCONTRE DE FERNANDE DONT LE CHATON OFFERT (Chaton rose)

 

 

 

1/ FEUTRE & PEAUX DE LAPINS sont indissociables et correspondent à la fabrication de chapeaux. En ces XIXè et début du XXè siècle, les chapeaux de feutre haut de forme et melons sont une florissante industrie.

 

Apparus au début du règne de Charles VI au XIVè siècle, les premiers chapeaux de feutre sont alors fabriqués avec des peaux d'agneaux puis de castors. Après de nombreux conflits entre les corporations de chapeliers et les régimes successifs à grand renfort de réglementations royales successives imposant le choix de peaux de castors et limitant par exemple celui de 1/2 castors faits par un assemblage de castors et de peaux de poils diverses, on songea un instant, en 1760, à se tourner vers d'autres fabrications moins couteuses mélangeant par exemple de la laine et de la soie brillante.

 

Et ce n'est qu'au XIXè siècle que la peau de lapin finit par détrôner la peau de castor. Mais cette nouvelle industrie du poil s'opposa bien vite à la concurrence étrangère allemande et britannique. Ce n'est qu'à partir de 1848, mettant fin à des contraintes de prohibition (!) que l'industrie française optimisa le ramassage des peaux de lapin en les récupérant dans toutes les provinces pour les livrer à Paris, centre des couperies de poils, en recrutant à tour de bras des colporteurs et chiffonniers. Notons que les plus efficaces furent les Auvergnats qui dominèrent largement le commerce des peaux.

 

Au début du XXè siècle, ce n'était pas moins de... 80 millions de peaux de lapins qui étaient récupérées ! Partout dans les campagnes, les restaurateurs, ménagères, paysans, cuisinières ou fermières les mettaient soigneusement de côté pour les revendre aux chiffonniers chineurs

 



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 2/ RETOUR DE PABLO (PICASSO) AU BATEAU-LAVOIR & RENCONTRE DE FERNANDE à Paris après de nombreux aller-retours entre Barcelone et Paris. La " période bleue " de Picasso commencée avec la mort de se ami Carlos Casagemas en 1901 (voir ci-avant) s'achève vers 1905.

 

Picasso laisse son ancien atelier de la rue Gabrielle et s'installe alors en 1904 au " Bateau-Lavoir ", Cité d'artistes se tenant Place Émile Goudeau (18ème). Il y vit de misère jusqu'en 1909, mais conservera son atelier jusqu'en 1912. Cette vaste demeure faite de bric et de broc comprend des " logements " d'une pièce distribués de par et d'autre d'un étroit couloir faisant penser aux coursives d'un bateau. " Ancrée " contre une falaise donc avec le 1er étage en rez-de-chaussée, la " maison du trappeur " (nom d'origine) disposait depuis des modifications faites en 1889 d'ateliers d'artistes situées à l'arrière de la bâtisse. De nombreux artistes s'y succédèrent donc des italiens et des espagnols. Entre autres : Maxime Maufra, Paul Gauguin, Paco Durrio, Juan Gris, Amedeo Modigliani, Pierre Mac Orlan, Max Jacob ou encore le Douanier Rousseau... C'est Max Jacob qui aurait donné le nom de " lavoir " au " bateau " car la maison ne comportait qu'un seul point d'eau !

 

Picasso plus heureux malgré ses finances au plus bas et cette vie de Bohème (d'où son pain qu'il ne veut quémander dans mon poème " Chaton rose "), y entame sa " période rose " avec en début de cubisme, " Les demoiselles d'Avignon " 

 

 

 

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atelier de Picasso :

 

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 3/ RENCONTRE DE FERNANDE DONT LE CHATON OFFERT. Amélie LANG est née en 1881 et après avoir vécu une enfance malheureuse élevée par sa tante (surtout) et son oncle, elle s'enfuit du domicile familial. Rencontrant un jeune sculpteur, elle s'amarre au Bateau-Lavoir...

 

En 1900, elle fait l'impasse sur son nom et ses souvenirs d'enfance sinistre et choisit de s'appeler Fernande OLIVIER. Grande et belle, elle pose pour différents artistes dont certains sont célèbres, en plus de son amant de sculpteur et grâce à ses gains " fait tourner la marmite " (elle est très sensuelle, mais non vulgaire). Avec ses revenus, on peut également se chauffer.

 

Pablo PICASSO la remarque vite et la regarde si amoureusement lorsqu'il la croise qu'elle ne manque pas de s'en rendre compte. Seulement, assez distante, il faudra à Picasso de la patience pour parvenir à la séduire. Elle a écrit dans ses souvenirs : Il y a dans la maison un peintre espagnol qui me regarde avec de grands yeux lourds, aigus et pensifs à la fois, plein d'un feu contenu et si intensément que je ne puis m'empêcher de le regarder moi aussi ".

 

N'y tenant plus, Picasso eut l'idée de lui offrir un chaton abandonné (il y en avait des dizaines) ramassé sur le trottoir du Moulin de la Galette par un soir pluvieux... Elle n'y résista pas... Par la suite, Picasso éleva une souris blanche dans un tiroir. Fernande, malgré le côté macho, dominateur et exclusif de Picasso (il lui interdisait de poser pour les autres et refusait de lui donner des cours de dessin alors qu'elle montrait de sérieuses dispositions pour la peinture) aura eu un effet fort bénéfique pour Picasso entrant dès lors dans sa période rose...

 

 Toiles de Picasso avec Fernande pour modèle :

 

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Saison 4, Episode 8, De profundis

 

 

 

 

 

- PHTISIE (TUBERCULOSE) & SANATORIUM, CIMETIÈRE DE MONTMARTRE (De profundis)

 

 

1/ PHTISIE (TUBERCULOSE) & SANATORIUM sont le mal de la fin du XIXè et du début du XXè siècle. Le terme de phtisie, amplement usité au XIXè englobait plus ou moins vaguement un état général affaibli, amaigri, frêle, toussoteux, pour une santé défaillante avec une infection pulmonaire latente ou caractérisée. Ce terme a été écarté par les autorités médicales en 1891. Il faudra attendre Robert KOKH qui mit en évidence le bacille tuberculeux par ses travaux, en 1882, pour commencer à se doter de traitements plus efficaces.

 

Mais la phtisie pulmonaire (il existait d'autres formes de maladie : laryngée, dorsale, hépatique...) connue depuis l'antiquité, a largement marqué la société, la " bonne société ", et la littérature de l'époque, donnant en quelque sorte ses " lettres de noblesse " au Romantisme. Il n'est qu'à lire par exemple " Les misérables " de Victor Hugo à propose de Fantine ou " La dame aux camélias " (d'Alexandre Dumas, paru en 1848) pour s'en convaincre. Touchant par exemple, des jeunes gens ou jeunes filles de milieux favorisés, la phtisie apparaissait alors comme un mal de vivre introspectif ressemblant à une sorte de suicide... De plus, il arrivait qu'on confondit les symptômes d'un mal pulmonaire hautement contagieux avec d'autres pathologies, du fait de la " mode phtisique " sociétale...  

 

La tuberculose faisait des ravages, principalement dans les villes, mais touchait principalement la classe ouvrière moins bien nourrie, mal logée, vivant dans la promiscuité manquant d'hygiène et peu protégée. Ainsi, en 1901, sur 50.000 décès par maladie, la tuberculeuse en revendiquait à elle seule le quart, soit 12.500, frappant aussi bien les deux sexes, enfants, jeunes ou vieux, toutes les classes sociales sans distinction, quoique... On a évalué à 10 millions de morts, les victimes de la " peste blanche " (tuberculose) au XIXè. 

 

Le fait d'aérer, de sortir au grand air et de faire bénéficier les malades du soleil et des bienfaits des rivages chauds de la Méditerranée ou de la montagne était déjà bien connu. Le premier sanatorium de France a été construit dans le Pas-de-Calais en 1861, initialement pour des enfants rachitiques. Le premier hôpital " Sainte Marie " cette fois, totalement destiné aux maladies pulmonaires et aux phtisiques fut érigé en Seine Saint-Denis à Villepinte en 1880 par " l'Oeuvres des Jeunes filles poitrinaires ". Autre exemple à BLIGNY (91) quand la " Société des sanatoriums populaires pour les tuberculeux adultes de Paris ", constituée en 1900, construisit un sanatorium en équipant son domaine pour soigner les malades atteints de la tuberculose avec le concours des religieuses de la congrégation des soeurs de Saint-Joseph de Cluny. Ouvert en 1903, l'établissement remporta un vif succès accueillant jusqu'à 600 patients !

 

 

Puis s'appuyant sur des techniques allemandes, ce furent pas moins de 250 sanatoriums qui furent construits entre 1900 et 1950, principalement à la montagne et en bord de mer.

 

 

 

 Robert KOKH :

 

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2/ CIMETIÈRE DE MONTMARTRE installé à l'emplacement des anciennes carrières de Montmartre et se situant " intra muros " dans Paris (depuis 1860) avenue Rachel dans le 18ème. C'est le 3ème cimetière en taille, après ceux du Père-Lachaise et de Montparnasse, s'étendant sur 20 hectares pour 20.000 concessions. Suite aux travaux du Baron Haussmann, un " pont " traverse le cimetière (le pont Caulaincourt que j'évoque dans mon poème : De profundis). Construit en 1888, il fit largement scandale !

 

Un grand nombre de personnages illustres et de personnalités y sont enterrés. Nommons entre autres :  Ampère (physicien),  Rose-alphonsine Plessis (la Dame aux camélias), Hector Berlioz (musicien), Dalida (chanteuse), Feydeau (auteur dramatique), Michel Galabru (acteur), Louise Weber (La Goulue), Sacha Guitry (acteur), Jeanne Moreau (actrice, chanteuse), Offenbach (musicien), Poulbot (dessinateur), la famille Sanson (boureaux officiels de Paris, de père en fils), Henri de Ségur (Maréchal de France), Stendhal (écrivain), Ludmilia Tchérina (Danseuse), François Truffaut (réalisateur), Alfred de Vigny (écrivain) et Émile Zola (en cénotaphe puisque ses cendres furent transférées au Panthéon en 1908).

 

Le pont Caulaincourt...

 

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Berlioz

 

 

 

 

 

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Dalida 

 

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Saison 4, Episode 9, Lolo

 

 

 

 

 

- L'ÂNE LOLO & LE PÈRE FRÉDÉ, LE LAPIN AGILE, LE COUP FAMEUX DE R. DORGELÈS AVEC BORONALI (Lolo)

 

 

 

1/ L'ÂNE LOLO & LE PÈRE FRÉDÉ furent des " personnages " originaux de la Butte Montmartre à la fin du XIXè et début du XXè siècles. Inséparables, Frédé (de son vrai nom Frédéric Gérard né en 1860) et son âne Lolo, connu de tout Montmartre, arpentaient les rues pour se faire quelque revenu en vendant divers objet ainsi que du poisson (comme décrit dans mon poème "Lolo"). Frédé avait aussi une petite ménagerie que n'aurait pas renié Picasso, se composant d'un corbeau, d'un chien, de souris blanches, et d'un singe !

 

Chanteur et guitariste, c'est ainsi que Frédé acquit à peu de frais " Le Zut " (voir mon poème Lolo), cabaret situé rue de Ravignan et nommé ainsi en hommage aux Autistes de Charles CROS (poète et inventeur français), puis s'y installa en modifiant la clientèle, dès lors composée d'artistes, écrivains et poètes comme Léon Paul Fargue, Max Jacob, Mac-Orlan et bien entendu Picasso qui logeait au Bateau-Lavoir juste à deux pas. Du reste Picasso lui décora deux murs.

 

Ce personnage si typique de Frédé, inspira par ailleurs, le personnage de Frédéric dans " Quai des Brumes " de Mac-Orlan porté à l'écran par Marcel Carné. Tout comme dans le film, une bagarre mémorable survenue de nuit en 1902 conduisit la police à fermer ce cabaret. Le père Frédé n'était pas parvenu à éviter les problèmes récurrents avec d'anciens anarchistes (Gilbert Lenoir l'avait fondé) et surtout des voyous venant des bas quartiers malfamés et de la Goutte d'or. 

 

 

 

 

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2/ LE LAPIN AGILE que fréquenta alors le père Frédé en 1903, laissant sa compagne Berthe Sebource s'occuper de ce cabaret, est un cabaret qui possédait déjà une longue histoire.

 

Se situant 22 rue des Saules, connu dès 1672 dans ce petit village de Montmartre pour être à l'origine aune auberge de rouliers, ce cabaret qui devait bien plus tard atteindre sa consécration mondiale comme haut lieu des artistes et de la Bohème de la Butte, s'appelait à l'origine " au rendez-vous des voleurs "... En 1869, il devint... " le cabaret des assassins " avec accrochées au mur, des affiches d'assassins notoires comme Ravaillac.

 

Plus tard, le tenancier confia à André Gill, caricaturiste fréquentant les lieux, le soin d'illustrer l'enseigne du cabaret. Ce qu'il fit avec cette fameuse illustration d'un " lapin à Gill " devenant rapidement le " Lapin agile "...

 

Racheté en 1886 par Adèle Decerf " La mère Adèle " le cabaret devint ensuite le lieu incontournable des artistes, poètes, auteurs, écrivains, comédiens, personnalités diverses et étudiants de Montmartre : Charles Cros, Alphonse Allais, Jean Rictus, Aristide Bruant, Toulouse-Lautrec, Picasso, Apollinaire, Courteline, Pierre-Mac Orlan, Max Jacob, Charles Dullin et tant d'autres sans oublier le père Frédé, qui l'ont fréquenté.

 

Le père Frédé chantait des romances sentimentales ou plus suggestives en s'accompagnant au violoncelle ou à la guitare. Véritables acteurs de la Bohème de Montmartre, ils nourrissent gratis, contre une toile ou une chanson, nombre de leurs habitués, ne se doutant alors pas de la future fortune amassée en toiles de maîtres, comme Picasso avec ses arlequins... Par la suite, c'est Aristide Bruant qui racheta ce cabaret promis à la démolition...

 

À de nombreuses reprises, ils eurent des ennuis fâcheux avec les voyous du bas Montmartre, dont parle Roland Dorgelès dans son roman " Le château des brouillards " (voir plus haut, ci-avent dans " Brouillards "). Et les choses s'aggravèrent quand Frédé voulut chasser voyous et anarchistes incontrôlables de son bar. Ainsi, l'un des fils de Frédé, Victor, dit " Totor " fut abattu d'une balle dans la tête...

 

Cette période faste pour les artistes de " la bande à Picasso " intellectuellement " opposée " à celle de Dorgelès, prit fin avec la Grande Guerre de 14/18. Actuellement, après avoir vécu bien des aventures en dent de scie, notamment sous l'occupation, le cabaret Le lapin agile, fonctionne toujours avec des chansonniers, musiciens et humoristes.

 

 

 

 

 

 

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L'Arlequin de Picasso au Lapin Agile

 

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3/ LE COUP FAMEUX DE R. DORGELÈS AVEC " BORONALI " est un canular organisé par Roland Dorgelès et ses comparses du Lapin agile, consistant à faire peindre un tableau par l'âne Lolo avec sa queue puis à le vendre en l'exposant au Salon des Indépendants afin de moquer les critiques d'Art et collectionneurs snobs.

 

C'est donc le 8 mars 1910 que R. Dorgelès fixa un pinceau à la queue de l'âne Lolo, puis le trempant dans la peinture, lui fit exécuter une toile grâce aux mouvements de sa queue renforcés par l'attrait de carottes par l'âne frétillant de plaisir (...), et ceci, en présence de ses amis réunis, mais aussi d'un huissier de Justice. Puis il s'en vint l'exposer en salle 22 du fameux Salon des Indépendants, au nom d'un de ses amis peintre dont personne n'avait jamais entendu parler (et pour cause !) Joachim-Raphaël Boronali.

 

Ce tableau est alors baptisé " Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique " renommé par la Presse " Coucher de soleil sur l'Adriatique " (voir mon poème Lolo). Il fera le bonheur de critiques d'art donnant leurs avis contrastés (...) avant que Dorgelès ne vienne déclarer au Directeur de l'Illustration, constat d'huissier à l'appui, que ce tableau n'était qu'un canular exécuté par... un âne !

 

 

 

Toile de " Boronali " (l'âne Lolo) " Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique "

 

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Saison 4, Episode 10, La crue

 

 

 

 

- LA CRUE CENTENNALE DE PARIS EN 1910, RAPPEL/LE MAQUIS DE MONTMARTRE (La crue)

 

 

1/ LA CRUE CENTENNALE DE PARIS EN 1910 porte bien son nom puisque ce fut la plus forte crue de la Seine depuis l'année 1658, avec 8,62 mètres mesurés sur l'échelle hydrométrique du Pont d'Austerlitz.

 

Due à plusieurs facteurs concomitants (comme toujours pour les accidents, les catastrophes...) dont des pluies incessantes durant l'automne 1909, un hiver trois avec neige et gel, la " cuvette du bassin parisien "  ne parvenant plus à évacuer le trop plein de sous sols saturés d'eau, et le débordement de plusieurs cours d'eau dont l'Yonne, la crue s'est formée sur une dizaine de jours en janvier 1910 pour atteindre son paroxysme le 28 janvier, puis se retirer progressivement en février/mars sur environ 35 jours.

 

Le 28 janvier, ce sont 22.000 caves qui sont inondées, la moitié du métropolitain ainsi que les égouts qui dégorgent et... débordent de rats et de maladies (voir mon poème La crue). Des dortoirs et divers lieux d'accueil provisoires s'improvisent et la solidarité se met en place. En sus des sauveteurs et des pompiers, soulignons le rôle que jouèrent des marins Bretons en maîtrisant la navigation de barques afin d'aider aux passages et transports sur la Seine. Eux qui n'étaient pas toujours bien vus des parisiens trouvèrent là l'occasion de prouver leur compétence en la matière et leur solidarité à toute épreuve, gagnant ainsi la reconnaissance de la population parisienne. On leur remit un diplôme.

 

Parmi les conséquences matérielles, notons que de nombreuses usines et dépôts durent fermer, leurs berges étant inondées. Au plan humain, il n'y eut " que " 5 morts, mais des milliers d'ouvriers se virent contraints de chômer sans compter les milliers de familles à la rue ou presque, en plein hiver ! 14.000 immeubles furent touchés pour un équivalent de dégâts portés à 380 millions d'euros actuels.

 

Ci-joint, cette vidéo de la crue réalisée à partir de films et d'images de l'époque, que mon amie Françoise M. vient de me transmettre (son blog :  https://www.monatelierdepeintre.com) :

 

 


 

 

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2/ RAPPEL/LE MAQUIS DE MONTMARTRE Voir ci-avant, au § SAISON 2, ÉPISODE 6, LE MAQUIS


 

Le Maquis de Montmartre par Utrillo

 

 

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Saison 4, Episode 11, Titanic

 

 

 

 

- ITINÉRAIRE ET CHIFFRES DU TITANIC, LE TITANIC A UN FRÈRE JUMEAU : L'OLYMPIC (Titanic)

 

 

1/ ITINÉRAIRE ET CHIFFRES DU TITANIC. Son trajet ne fut pas, contrairement aux idées reçues, un aller direct de France vers l'Amérique, mais une succession de 3 escales avant la traversée transatlantique. Il appareille d'abord de Southampton, son port d'attache britannique le mercredi 10 avril 1912 à midi pour relier Cherbourg en France le même jour à 18h30. Il repart ce même soir à 20h10 pour l'Irlande et atteindra Queenstown (Cobh aujourd'hui) le jeudi 11 avril à 11h30. Puis, à 13h30, il appareille une dernière fois de l'Europe vers les États-Unis en direction de New-York. 

 

À Southampton, il avait embarqué 953 passagers dont 31 pour la France uniquement (voir mon vers sur les premiers passagers " qui détiennent la 1ère manche " dans ce poème Titanic). Il faillit avoir un grave accident avec un autre paquebot, le "New-York" amarré à proximité car 6 haussières de ce navire furent rompues du fait de l'énorme masse d'eau du Titanic provoquée par ses hélices et son tonnage. Il embarque à Cherbourg 274 passagers, essentiellement de 1ère classe, et comme déjà dit débarque les 31 autres. À Queenstown, ce sont 120 passagers qu'il prend à son bord, essentiellement de 3ème classe, émigrant vers l'Amérique dans le double espoir de fuir la famine irlandaise et de refaire leur vie dans le pays de la liberté... 7 passagers débarquent. Il appareille enfin d'Irlande vers l'Amérique avec 1316 passagers + 885 membres d'équipage, soit 2201 âmes.

 

 

 

 

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Alors qu'il file une vitesse élevée de 22,5 noeuds (41,7 km/h) il heurte un iceberg à moins de 500 mètres pour 30 m de haut le dimanche 14 avril après 23h40 (heure de l'alerte de la vigie) et sombre le lundi 15 avril 1912 un peu après 2h20 du matin, soit 2h40 après la collision, dans une eau glacée à - 3°. Sur ses 2201 passagers et membres d'équipage, la capacité des canots de sauvetage n'était prévue que pour 1206 personnes, et seuls environ 710 rescapés s'en sortiront pour 1491 victimes. N.B : Il est difficile d'avoir un chiffre précis compte tenu de la présence de quelques passagers clandestins.  82 % des hommes sont morts, 25 % des femmes et 50 % des enfants sont également décédés. Par la suite le 17 avril, 337 corps furent retrouvés dont 128 remis à la mer compte tenu de leur état, 

 

Ce n'est qu'à 3h30 du matin que le Carpathia parvient à proximité du lieu du naufrage et procède au secours des rescapés. À 5h30, le Californian arrive à son tour sur place. Ce n'est qu'à 10h50 que le Carpathia lève l'ancre pour New-York et que Joseph Bruce Ismay, l'armateur du Titanic, télégraphie le naufrage du Titanic à la White Star Line dont il était le Président (plus exactement de l'océanic Steam Navigation Company). 

 

 

 

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2/ LE TITANIC A UN FRÈRE JUMEAU : L'OLYMPIC, qui fut d'ailleurs construit avant. Peu connu, n'ayant pas sombré... il n'en termina pas moins une fort belle carrière, de 1911 à 1934, pour être démantelé en 1937. Également construit pour le compte de la White Star Line par les chantiers Harland & Wolff, ce paquebot transatlantique britannique avait fait sa traversée inaugurale le 14 juin 1911, de Southampton à New-York avec pour Commandant, le même que celui du Titanic plus tard (1 an après), Edward Smith !

 

Ses caractéristiques étaient comparables à celles du Titanic, construit à peu près en même temps (à 4 mois d'intervalle) par les mêmes chantiers navals Harland & Wolff de Belfast (Irlande). 

 

 

 

TITANIC : 

 

 

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L'Olympic à gauche et le Titanic à droite le 6 mars 1912

 

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OLYMPIC : 

 

 

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Il est intéressant de noter que l'Olympic se trouvait en mer, à 500 miles du Titanic lorsqu'il reçut son S.O.S. grâce à leurs puissantes radios, sans pouvoir toutefois rejoindre le lieu du naufrage, étant trop éloigné. Une collecte de fonds fut organisée par ses passagers (1.400 Livres) pour les victimes du Titanic, doublée d'un deuil avec annulation des concerts du bord...

 

Après le naufrage du Titanic, l'Olympic fut utilisé comme "terrain d'expériences" grandeur nature, ne serait-ce que pour vérifier le temps de réaction entre le changement de cap par action sur la barre et la réalité de la modification de trajectoire, suivant des éléments édictés par les Commissions d'enquête américaine et britannique. Retiré de la flotte de la W.S.L. durant 10 mois, il bénéficia d'importantes modifications : changement d'hélice à 4 pales pour 3 pales, modification des ponts, de la quille avec le renforcement d'une double coque et des compartiments étanches rehaussés (dont 6 submersibles sans conséquence au lieu de 4 précédemment) et ajout de canots de sauvetage !

 

L'Olympic a joué un rôle important de transport de troupes durant la guerre de 14/18 embarquant de 6 à 7.000 hommes. Pour l'occasion, il fut repeint en camouflage de guerre ! 

 

 

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Après de nouveaux travaux de restauration en vue de reprendre une activité commerciale, il reprit la mer en 1920 avec 3.036 personnes, en faisant LE plus grand paquebot transatlantique de l'époque. L'un de ses passagers célèbres fut Charlie Chaplin. Sa carrière prit fin du fait de l'évolution de la concurrence, de la fusion de compagnies et du changement des mentalités comportant un moindre intérêt pour les croisières de luxe.

 

 

 

 

 

 



Saison 5, Épisode 1, Ruth

 

 

 

 

 

- L'EXODE IRLANDAIS, RUTH ÉLISABETH BECKER, LE NAUFRAGE PRÉCÉDENT DU " TITAN ", MESSE OUVERTE À TOUTES LES CLASSES (Ruth)

 

 

1/L'EXODE IRLANDAIS fut consécutif à la " grande famine " de 1845 survenue en Irlande du fait de l'infection de la pomme de terre par le mildiou (champignon), l'hygiène dégradée par les épidémies de choléra puis les expulsions de logis par des propriétaires peu scrupuleux profitant de la situation catastrophique pour des milliers de personnes ne pouvant plus payer leur loyer. Dès lors, l'Amérique apparaissait comme un eldorado, espoir de ce nouveau monde plein de promesse et de liberté (vers la statue de la Liberté dans mon poème : Ruth). Plus de deux millions d'irlandais vont s'y installer.

 

En 1912, la situation de l'Irlande s'est améliorée, mais les vagues d'émigration vers les États-Unis vont se poursuivre compte tenu de la misère générale et du joug britannique impitoyable.

 

Ainsi, le Titanic transporta 706 passagers de 3ème classe, irlandais pour la plupart, sur 1316, soit plus de la moitié de l'effectif du navire (hors équipage). Et ces malheureux périrent lors du naufrage au nombre de 528 d'entre-eux, soit 74,8 % des victimes de 3ème classe et pour 64,5 % des passagers toutes classes confondues (hors équipage), soit davantage que les 1ères et 2des réunies ! L'émigration massive de la population irlandaise eut pour conséquence numérique de passer de 8 millions d'habitants en 1845 à 4 millions en 1914 !

 

 

 

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2/ RUTH ELISABETH BECKER fut l'une des dernières survivantes du Titanic. Née en 1899 et décédée en 1990 donc à 91 ans, elle fit le voyage en 2de classe avec sa mère, ses soeurs et ses frères pour soigner son petit frère gravement malade âgé de 2 ans (voir mon poème Ruth). D'origine indienne, son père, missionnaire Luthérien resta à Guntur.

 

 

Afin de ne pas trop scinder les explications, je donne ci-après d'autres informations relatives au rôle de Ruth durant le naufrage dont il n'est pas encore question ici, dans mon poème "Ruth", mais dans le suivant.

 

Ruth avait donc 13 ans lors du naufrage. La famille ayant rejoint le pont des canots de sauvetage, ruth retourna cependant dans sa cabine (2ème classe) pour prendre des couvertures tant le froid était mordant. Lors de l'évacuation, la famille est alors séparée, la mère paniquée, ayant réussi à monter à bord du canot n°11, crie alors à Ruth qui les rejoint et voit leur canot descendre de monter dans une autre embarcation. Laquelle  parvient à se hisser dans le canot 13, mais doit rester debout durant sa descente tant il est chargé. C'est alors, qu'un drame faillit se produire dans la précipitation, un autre canot descendant trop vite et manquant d'écraser celui de Ruth, le 13... (voir dessin ci-dessous)

 

Ruth, malgré son jeune âge et la situation doublement dramatique du naufrage et de sa séparation d'avec sa famille, eut ensuite un comportement héroïque, exemplaire et altruiste, distribuant en les découpant  avec son couteau ses couvertures récupérées dans sa cabine et les distribuant aux femmes et hommes frigorifiés. À un passager hébété dont le doigt est gravement coupé, elle sort son mouchoir pour le panser délicatement improvisant un bandage.  Rassurant les femmes éplorées du canot, elle aide l'une d'elles qui prononce des paroles incompréhensibles en allemand. Et, après avoir cherché un traducteur dans le canot, elle se sert de cet interprète improvisé pour comprendre ce qui s'est passé quand l'un des marins avait pris et passé le bébé emmaillotté dans un autre canot avant même que sa mère puisse y monter. Elle lui promet alors de l'aider à retrouver son bébé quand ils seront secourus. 

 

Plus tard, lorsqu'elle fut récupérée avec les autres naufragés par le Carpathia, elle aida sa compagne du canot à rechercher son bébé (Mme Lea Ans l'a finalement retrouvé).  C'est seulement à ce moment qu'elle apprit que sa famille était à bord, sauvée... À l'arrivée à New-York, elle fut pressée de questions par la Presse, sa mère préférant que ce soit elle qui réponde.

 

Par la suite, demeurant aux États-Unis, elle devint institutrice et fonda une famille dans l'Ohio puis dans le Kansas. Elle a toujours refusé de parler du Titanic, même à ses enfants. Et ce n'est qu'après sa retraite qu'elle accepta d'évoquer le naufrage et de ne reprendre la mer, pour la 1ère fois, pour le Mexique qu'en... 1990. Selon ses voeux, ses cendres furent dispersées au dessus du site de l'épave en 1990.

 

 

 

 

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- LE NAUFRAGE PRÉCÉDENT DU TITAN correspond à un roman prémonitoire contant un naufrage en tous points semblable à celui du Titanic, mais survenu 14 ans plus tôt, tel que décrit par Morgan Robertson dans son ouvrage intitulé à l'origine " Futility " PUBLIÉ EN 1898 ! Certains ont vu dans ce roman une véritable "vision" inexpliquée de son auteur, d'autres ont assuré que c'était sa parfaite connaissance de la mer qui put expliquer ce roman réaliste...

 

Les dimensions du Titan, sa vitesse de 25 noeuds et son armement (comme l'on dit) dont les fameux compartiments étanches (!)  étaient semblables à ceux du Titanic. Tout comme son itinéraire et sa collision en avril dans l'Atlantique Nord avec un iceberg aperçu seulement au dernier moment, 3 secondes avant l'impact ! De la même façon, l'iceberg est heurté par tribord et le Titan n'avait pas suffisamment de canots de sauvetage.

 

Ce nom de " Titan " correspond à la mythologie Grecque dans laquelle Océan et Thétis faisaient partie des divinités primordiales, bien avant les dieux de l'Olympe. Océan était l'aîné des Titans et Thétis la benjamine des Titanides (voir mon poème Ruth).

 

Vous pouvez vous le procurer en français sous le titre " Le naufrage du Titan " (Corsaires Éditions) car, cet ouvrage relativement ordinaire de pure fiction connut un regain évident d'intérêt avec le naufrage du Titanic, puis à nouveau après la fascination exercée par le film " Titanic " de James Cameron, il bénéficia d'une réédition en 2000 obtenue avec le soutien de l'Association Française du Titanic.

 

 

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- MESSE OUVERTE À TOUTES LES CLASSES le dimanche 14 avril 1912 (naufrage dans la nuit du 14 au 15).

 

 

Le Commandant Edward John Smith, jugeant inutile un exercice d'évacuation en ce dimanche matin en décida l'annulation. Il se rendit en revanche à la célébration religieuse dont il avait autorisé que l'on utilise le grand salon/salle à manger de 1ère classe sur le pont D ce dimanche 14 avril à 10h30 afin que les passagers des 1ères, 2des et 3èmes classes puissent y participer.

 

Inutile de dire combien les passagers des ponts inférieurs et tout particulièrement ceux de 3ème classe furent sous le choc, émerveillés et intimidés devant le luxe incroyable et l'opulence des salons et espace qui leur étaient naturellement interdits !

 

La cérémonie religieuse ne devait pas durer plus de cinquante minutes. C'est en grand uniforme qu'il officia lui-même alors que des ecclésiastiques étaient présents, entonnant des chants et des hymnes interprétés par l'orchestre du bord... Pour la petite histoire, disons encore qu'un frisson parcourut l'auditoire lorsque fut dite la prière " Pour ceux qui sont en mer "...

 

 

 

 

 

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Saison 5, Épisode 2, Abysse

 

 

 

 

 

- SOIRÉE DE GALA, CANOTS DE SAUVETAGE, RUTH (RAPPEL), MUSÉE TITANIC À BELFAST (Abysse)

 

 

 

1/ SOIRÉE DE GALA organisée tout spécialement pour ce dimanche 14 avril 1912 avec un dîner prestigieux au " restaurant à la carte " distinct de la salle à manger des 1ères, par les époux Widener de Philadelphie, pour un groupe restreint d'amis avec à leur table le Commandant Smith qui devait prendre sa retraite après cette dernière traversée...

 

Cette soirée de gala, avec également la salle à manger de 1ère classe, était un évènement mondain très attendu. Hommes et femmes étaient naturellement sur leur "31". Les dames avaient revêtu pour cet évènement majeur de la traversée inaugurale leurs plus belles toilettes accompagnées de bijoux précieux et d'accessoires raffinés.  

 

De fait, devant l'importance de l'évènement mondain, plusieurs passagers préférèrent délaisser leur table habituelle de la salle à manger des 1ères pour se rendre au restaurant à la carte à proximité de la table du Commandant et des illustres personnages du bord dont l'armateur Bruce Ismay. 

 

Accompagnant le dîner de gala, l'orchestre joua des mélodies à la mode et donna un concert inoubliable dont les Contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach. Quant au menu, les cuisiniers s'étaient surpassés (le menu ci-après n'est que celui de la salle à manger, non du restaurant...) !

 

 

 

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2/ CANOTS DE SAUVETAGE largement en nombre insuffisant ! Le Titanic n'embarquait que vingt canots de sauvetage, dont seize en bois, et quatre pliables pour une capacité totale (à condition de les occuper totalement !) de 1.178 passagers seulement. Le navire avait en effet une capacité maximale de 3.500 personnes et lors du naufrage, il transportait 2.200 passagers...

 

Dans la réalité, les canots n'auraient contenu que 705 à 712 personnes (passagers et quelques membres d'équipage) sur les 2200 passagers du Titanic. Seules, 13 embarcations ont été remontées à bord du Carpathia. 

 

Si certains canots ont été chargés à plein tels les n° 11 et 15 avec 70 occupants sur 65 places, d'autres l'ont été largement moins, ce qui est un comble compte tenue de leur nombre général insuffisant, comme le n° 1 avec 12 rescapés sur 40, le n° 6 avec 28 sur 65 ou bien encore le n° 8 avec 39 sur 65 !

 

 

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3/ RUTH (RAPPEL) : Se reporter ci-avant au § " Saison 5 , Épisode 1 , Ruth " - RUTH ELISABETH BECKER

 

 

4/ MUSÉE TITANIC À BELFAST construit sur les lieux mêmes de l'ancien chantier naval Harland & Wolff qui construisit le Titanic et son frère jumeau le RMS Olympic, à l'entrée de Belfast Lough en Irlande du Nord. Il s'agit d'un bâtiment conçu en forme de proues de navires abritant un musée rendant hommage au Titanic. Il fut inauguré un siècle après son naufrage, le 31 mars 2012. 

 

 

Ce musée émerveilla littéralement James Cameron, réalisateur du fameux film, lorsqu'il le visita. Il se présente 12.000 m2 en plusieurs étages et sur 27 m de haut, soit la même hauteur que le navire de la quille au pont. L'exposition se divise en neuf galeries différentes chronologiques utilisant notamment des images de synthèse, cinéma 3D et des effets spéciaux, indépendamment des objets rassemblés et présentés. On trouve également des répliques des différentes cabines selon leur classe, de la grande salle de bal et du grand escalier. 

 

 

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Voir le site irlandais :  https://titanicbelfast.com

 

 

 

Vidéo de présentation du musée 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Saison 5, Épisode 3, Truands

 

 

 

 

 

- LA TAVERNE DES TRUANDS, LE CARPATHIA, LA COMMISSION SÉNATORIALE US, JOURNAUX (Truands)

 

 

 

1/ LA TAVERNE DES TRUANDS était un établissement situé au 100, boulevard de Clichy à Paris 18è, devenu cabaret en 1910, puis plus récemment le fameux " Théâtre des deux ânes ", dont l'histoire de ses changements de nom remonte... au Moyen-Âge !

 

À l'origine, il se nommait " Le cabaret de la truie qui file ". Laquelle truie servait d'enseigne (encore présente) aux marchands drapiers, tisserands et aubergistes. La légende de cette truie qui file disait qu'une jeune bergère filant la quenouille en surveillant son petit troupeau, fut agressée par un seigneur débauché. Elle supplia alors la Vierge de lui venir en aide et se trouva aussitôt transformée en truie, ce qui éloigna le mâle en rut...  Ce nom donné à un cabaret doublé d'un lieu de plaisirs n'est pas sans ironie...

 

Par la suite, devenu cabaret à part entière, il s'appela " Le porc-Épic ", " l'araignée " puis " Les truands ". Ce cabaret proposait un cadre médiéval très en vogue avec troubadours, jongleurs, mauvais garçons...  et gentes damoiselles peu farouches chargées de faire boire les clients en consommant les boissons les plus dispendieuses puis, selon le cas, de se rendre dans une chambre d'hôtel. En fait, il n'y a rien là de nouveau sous le soleil ! En revanche, le cabaret devint plus tard, en 1922 celui des " deux ânes " (ses deux nouveaux propriétaires s'étant demandés comment l'appeler) avant que de devenir le théâtre connu.

 

 

 

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2/ Le RMS CARPATHIA était le navire qui secourut les naufragés du Titanic au petit matin du 15 avril 1912 puis les conduisit jusqu'à New-York qu'il atteignit le 18 avril. Son rôle dans ce sauvetage de 705 passagers et membres d'équipage rescapés le rendit célèbre. C'était un paquebot britannique de 170 m.

 

Dès qu'il capta en effet, le SOS de détresse du Titanic, pourtant éloigné de 58 miles (93 km), il se dérouta à toute vapeur vers le lieu du naufrage à la vitesse de 17,5 noeuds, plus élevée qu'à l'habitude en progressant non sans risque entre plusieurs icebergs. Ayant totalement organisé les secours à son bord, ayant d'ailleurs la charge de 743 passagers (sur les 2,500 places possibles), il accueillit donc les 705 rescapés et récupéra 13 canots entre 04h00 et 08h00. Par la suite, plusieurs de ses occupants (rescapés et marins) furent entendus par la Commission d'enquête sénatoriale U.S. Son capitaine, Arthur Rostron reçut une coupe offerte par les rescapés reconnaissants, fut reçu à la Maison Blanche et se vit décerner la médaille d'or du Congrès des États-Unis.

 

Durant la guerre de 14/18, ce paquebot servit au transport de troupes, mais fut torpillé par un sous-marin allemand au large de l'Irlande le 15 juillet 1918... la coupe d'A. Rostron gisant au fond...

 

 

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3/ LA COMMISSION SÉNATORIALE US fut mise en place aux États-Unis afin de rechercher les causes du naufrage pour éviter sa reproduction dans l'avenir. Conduite sous la direction du Sénateur William Alden Smith, elle procéda à de nombreuses auditions de rescapés du Titanic dont le président de la White Star Line Joseph Bruce Ismay et de marins du Carpathia.

 

Cette commission débuta ses travaux et auditions dès le 19 avril 1912, le lendemain même de l'accostage du Carpathia ! Lesquels se déroulèrent jusqu'au 25 mai 1912. Parallèlement à cette commission américaine, se tenait de son côté, en Angleterre, le Tribunal des naufrages britanniques présidé par Lord Mersey, du 2 mai au 3 juillet 1912.

 

Ces commissions, dont l'américaine fort controversée accusée de politiser les faits notamment par la mise en cause des trusts maritimes, eurent pour conséquence la remise en cause totale des règles de sécurité maritime en vigueur à l'époque dont l'augmentation des canots de sauvetage, robustesse des navires, moyens de secours, vigilance en présence de glacesetc. Quant à Bruce Ismay, bien qu'innocenté par le tribunal britannique et seulement "chahuté" par la Commission US qui ne retint aucune charge contre lui, il fut conspué par la Presse et la population le rendant principal responsable du naufrage et dut par la suite se démettre de ses mandats.

 

 

 

 

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4/ LES JOURNAUX se sont aussitôt emparés de cette tragédie. Et si le New-York Times eut la présence d'esprit de changer sa une dès connaissance du S.O.S. du Titanic, en supposant qu'il avait coulé, the Evening Sun ou son homologue français le  Petit Journal, mal instruits du naufrage titrèrent sur le sauvetage de " tous " les passagers...

 

Le directeur de la rédaction du New-York Times, Carr Van Anda décida en effet de modifier sa Une pour la consacrer au naufrage du Titanic qu'il supposait après n'avoir reçu aucune autre nouvelle qu'une simple dépêche laconique après les premiers messages radios en provenance de navires. Ce n'est que que plus tard que les dépêches reçues des stations de radio de Cape Race (Terre-Neuve) et de Sable Island (à 120 miles d’Halifax) ont permis d’obtenir des bribes d’information en provenance du Carpathia.

 

 

 

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source BNF - Bibliothèque Nationale de France




 

 

 

 

Saison 5, Épisode 4, La Circassienne

 

 

 

 - LES COLLETTES, TOILE ENGLOUTIE " LA CIRCASSIENNE AU BAIN " (La Circassienne)

 

 

1/ LES COLLETTES sont en fait une propriété comprenant une villa au coeur d'un parc de 3 hectares à Cagnes-Sur-mer (06) en Provence qu'Auguste Renoir acheta en juin 1907, tombé sous le charme de ses oliviers centenaires (voir mon poème), de ses orangers et de sa fermette du 19è siècle. Il s'y installa en 1908 après y avoir mené des travaux comprenant la construction de deux ateliers. Il y vécut avec Aline  et leurs trois enfants jusqu'au 3 décembre 1919, année de sa mort à 78 ans.

 

Jean Renoir y tournera son film fameux " Le déjeuner sur l'herbe " en 1959, avant que la propriété rachetée par la ville de Cagnes ne devienne un musée en 1960.

 

Ci-dessous : toiles de Renoir depuis Les Collettes

 

 

 

 

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2/ TOILE ENGLOUTIE " LA CIRCASSIENNE AU BAIN " Cette grande toile (2m40 x 1m20) peinte par Merry-Joseph Blondel en 1814 représentant une baigneuse (!) transportée sur le Titanic par un suédois, Mauritz-Hakan Björnström-Steffansson, fut perdue lors du naufrage.

 

Si ce tableau de Blondel, réputé pour son style académique et habile non dénué de "romantisme mythologique", ne déclencha pas l'enthousiasme des foules à sa sortie, il rencontra plus tard un meilleur accueil du public. Blondel, surdoué et talentueux était surnommé " Monsieur cinq prix ". Il décrocha le Prix de Rome en 1803 et passa trois ans à la Villa Médicis (Rome). Il fut nommé professeur à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.

 

Mais sa " Baigneuse "  connut surtout par la suite un regain d'intérêt du fait de l'indemnité réclamée par son propriétaire à la compagnie la White star Line pour un montant astronomique à l'époque de 100.000 dollars.

 

S'il n'était la tragédie terrible du Titanic, on verrait d'un oeil amusé le destin de cette baigneuse retournant aux flots...

 

 

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Blondel peint par Ingres :

 

 

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Saison 5, Épisode 5, Marie

 

 

 

 

-  MARIE CURIE & SON LABORATOIRE AU QUARTIER LATIN (Marie)

 

Notre physicienne mondialement connue pour ses travaux remarquables traitant notamment des substances radioactives, née à Varsovie en 1867 était polonaise d'origine (voir la référence polonaise dans mon poème...).

 

Veuve trop tôt de Pierre Curie, mort accidentellement en 1906, elle le remplace comme chargée de cours de physique à la Sorbonne avant que d'être nommée professeur titulaire en 1908 et de devenir ainsi la première femme professeur des universités de France. Elle était déjà la première femme Docteur es physique de France (1903) - reçue 1ère à l'agrégation de mathématiques en 1896 - 

 

Le 25 juin 1903, elle obtient avec son mari Pierre Curie en association avec Henri Beckerel, le Prix Nobel de physique pour la découverte de la radioactivité naturelle, devenant ainsi la première femme honorée d'un prix Nobel ! Mais ce n'était pas fini... Elle décroche un deuxième Prix Nobel le 10 décembre 1911, cette fois seule et en chimie pour avoir isolé du radium métallique et déterminé sa masse atomique par ses travaux sur le polonium et le radium (voir mon poème sur les Suédois). Elle reste la seule femme à ce jour, ayant reçu deux prix Nobel et la seule personne au Monde à avoir été récompensée dans deux domaines scientifiques différents !

 

N.B : Il va de soit que le rapprochement entre ma Romance de Laurine et la vie de Marie Curie n'est que pure création romanesque sortie tout droit de mon imagination - Pierre

Nous verrons la suite de son activité durant la Grande Guerre, dans un autre poème de Laurine.

 

Son nouveau laboratoire, qu'elle inaugure en 1909, faisant suite au hangar abandonné de la rue Lhomond qui lui servait de local avec son mari, se tenait au quartier Latin sur la montagne Sainte-Geneviève (voir mon poème) entre la rue d'Ulm et la rue Saint-Jacques donnant sur une rue rebaptisée aujourd'hui (depuis 1967) rue Pierre et Marie Curie, et abritant l'Institut du radium dont le musée Curie (au n° 1 à Paris 5ème).

 

N.B : C'est donc dans son laboratoire de la montagne Sainte-Geneviève qu'en cet hiver 1914 elle reçoit Laurine, venue la visiter à son tour, après les Suédois rencontrés à Stockholm pour la remise de ses Prix Nobel.

 

 

 

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Saison 5, Épisode 6, Moissons

 

 

 

- ATTENTAT DE SARAJEVO ET ASSASSINAT DE JEAN JAURÈS, GUERRE DE MOUVEMENT & TAXIS DE LA MARNE (Moissons)

 

 

1/ L'ATTENTAT DE SARAJEVO contre le prince héritier François-Ferdinand ut en quelque sorte le détonateur de la "Grande Guerre" du fait du "jeu des alliances" tant diplomatiques que militaires avec par voie de conséquence l'entrée en guerre en cascade des États, les uns après les autres. 

 

Ainsi, l'assassinat de François-Ferdinand, Archiduc d'Autriche et héritier de l'Empire Austro-Hongrois par un nationaliste Serbe de Bosnie (Gavrilo Princip) à Sarajevo, le 28 juin 1914, ainsi que de son épouse Sophie Marie Chotek, duchesse de Hohenberg, est considéré comme l'élément déclencheur de la guerre de 14/18. Il faut bien comprendre que ce qu'on appelait alors "la poudrière des Balkans" correspondait à des luttes d'affrontements que se livraient l'Est et l'Ouest dans cette région Ô combien sulfureuse depuis au moins 3000 ans...

 

Suite à quoi, l'Autriche-Hongrie, avec le soutien de l'Allemagne, accusa la Serbie d'avoir fomenté cet assassinat. Et suite à son ultimatum déposé le 7 juillet, le gouvernement Serbe, appuyé par la Russie, refusa le 25 juillet que des policiers autrichiens enquêtent sur son territoire. L'entrée en guerre par le truchement des alliances en forme de jeu de dominos devint dès lors inévitable. Ce fut l'embrasement...

 

On se déclare donc la guerre en Europe : avec la Russie dès le 30 juillet, suivie par l'Allemagne et la France début août... D'un côté se situe la "Triple-Entente" réunissant la France, la Grande-Bretagne et la Russie, ainsi que leurs alliés Belges, roumains, Serbes, Grecs ou bien encore Japonais ; de l'autre la "Triple-alliance" réunissant l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et le royaume d'Italie.

 

Par la suite, les choses évolueront avec l'entrée en guerre d'autres pays tels les États-Unis (en casus belli suite à l'attaque de la marine marchande américaine par l'Allemagne), le Canada et des modifications d'alliances (Italie).

 

 

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2/ L'ASSASSINAT DE JEAN JAURÈS eut un retentissement considérable à peine trois jours avant l'entrée en guerre de la France contre l'Allemagne, perpétré le 31 juillet 1914 au soir, par deux coups de feu tirés contre lui lors de son dîner au café du Croissant, rue Montmartre.

 

Son assassin, Raoul Villain, étudiant en archéologie, était membre de la "Ligue des jeunes amis de l'Alsace-Lorraine", qui, avec ses amis partisans de la guerre contre l'Allemagne, étaient proches de l'Action Française. En 1919, il sera acquitté de ce crime par la Cour d'assise de la Seine, l'un des jurés ayant même déclaré qu'il avait rendu service à la Patrie en clamant :  « Si l’adversaire de la guerre, Jaurès, s’était imposé, la France n’aurait pas pu gagner la guerre » ...

 

Jean Jaurès était en effet, un éminent homme politique investi dans l'action internationale socialiste au titre de la Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO). Durant le mois qui précède l'entrée en guère, il tentera tout pour en éviter l'issue fatale, faisant d'ailleurs planer la menace de la grève générale ouvrière au plan européen, en vain...

 

Après des obsèques tenues le 1er jour de guerre, le 4 août, ses cendres reposent désormais au Panthéon depuis le 23 novembre 1924.

 

 

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 3/ GUERRE DE MOUVEMENT & TAXIS DE LA MARNE

 

Des deux côtés Français et Allemand, chacun pensait pouvoir en découdre avec l'ennemi en peu de temps, voire pour être de retour en septembre/octobre pour les vendanges...

 

La réalité fut toute autre. La guerre éclair, voulue tout autant par les allemands qui ne pouvaient pas se passer trop longtemps de ses hommes ainsi mobilisés, se transforma bien vite en guerre de mouvement puis s'embourba pour longtemps en guerre de position, avec les fameuses tranchées.

 

L'histoire des taxis de la Marne s'inscrit tout au début de la guerre de mouvement, début septembre 1914 suite au repli de l'aile gauche de l'armée française avec par voie de conséquence un risque majeur sur Paris nettement menacé. Le 6 septembre, s'ensuit la contre-offensive décidée par le général Joffre que l'on nommera "bataille de la Marne". Et c'est le général Galliéni, gouverneur de la capitale qui songea à réquisitionner des taxis parisiens pour conduire au front des unités des 103ème et 104ème régiments d'infanterie, en sus naturellement de leur convoyage parallèle par chemin de fer.

 

 

 

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Saison 5, Épisode 7, Fauchés

 

 

 

- L'ARGOT DES POILUS (extrait), LE SORT DES ÉCRIVAINS DURANT LA GRANDE GUERRE DE 14/18 (Fauchés)

 

 

 

1/ L'ARGOT DES POILUS EN 14/18 (extrait)

 

Exceptionnellement, pour faciliter aussitôt la compréhension du texte, j'ai donné directement sous mon poème "Fauchés" la « traduction » de termes et mots tirés de l’argot des poilus de 14/18 (dont nous en connaissons beaucoup, sans savoir pour autant leur origine) cités dans l’ordre des vers du poème :

 

 

-      Gourbi : abri

-      Célestin-le-miauleur : surnom donné à Célestin réputé pour reconnaître les projectiles qui « miaulent » à leur son

-      Shrapnels : obus à balles ( !) allemands

-      Bourdon : bruit d’obus 

-      Miaulements : d’obus des canons de 75

-      Abeilles : son des balles de fusil

-      Ligne : la ligne du Front des combats (être en 1èreligne, etc.)

-      Douilles bijoutières : les soldats récupéraient les douilles de cuivre pour en   sculpter des objets « souvenirs »

-      Aiguilles à tricoter : la baïonnette !

-      Pinard : du vin rouge

-      Fritz : Désignation péjorative des Allemands

-      Terrier : une tranchée

-      Ballots ou Balochard : imbécile, idiot

-      Mettre les voiles : se sauver, s’en aller

-      Terreux : paysan

-      Totos : poux

-      Tord-boyaux : eau-de-vie

-      Bibine : bière de mauvaise qualité

-      Barda : l’équipement du soldat fantassin

-      Perlot : tabac

-      Bobines : visages

-      Marmites : trous ou cratères pratiqués par des obus de gros calibre

 

 

 

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2/ LE SORT DES ÉCRIVAINS DURANT LA GRANDE GUERRE ne fut pas enviable tant ils ont donné, comme tous leurs concitoyens (ou presque...) de leur sang et bien souvent leur vie. Bien souvent, du fait de leur appartenance au corps des grandes écoles, notamment l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm, ils furent mobilisés comme officiers avec le grade d'aspirant lieutenant.

 

Mais au delà leur situation combattants au front, le naturel reprit vite le dessus et ils se mirent à écrire en noircissant tout ce qu'il pouvait trouver de papier avec autant de bouts de crayons... Dans un premier temps, "le récit immédiat" l'emporta sur des ouvrages ultérieurs prenant davantage de recul.

 

Henri Barbusse avec "Le Feu" obtint le prix Goncourt en 1916.

 

Maurice Genevois, officier d'infanterie d'à peine 23 ans affecté en 1915 au 106ème régiment d'infanterie (que commandait mon grand-oncle, Charles Barjonet) adressa régulièrement à son ami Paul Dupuy, Secrétaire général de l'E.N.S. ses feuillets rassemblés en autant de carnets qui composèrent le fameux "Ceux de 14" et notre ami (voir ma romance de Laurine).

 

Roland Dorgelès au style plus journalistique, avec "Les croix de bois", manqua d'obtenir le Goncourt en 1919 (devancé par Marcel Proust) pour son écriture de rétrospective.

 

Et parmi les écrivains morts pour la France, honorons la mémoire de :

 

 

- Le Grand Meaulnes : seul roman d’Alain Fournier (1913), mort pour la France le 22/09/1914,

 

 

- « Épis trop mûr » : du poème prémonitoire de Charles Péguy, mort pour la France le 5/09/1914 à 41 ans ! «  Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles (...) Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés" (d'où les deux derniers titres de mes poèmes "Moissons" et "Fauchés"),

 

 

- Petit-Gibus : personnage de « La guerre des boutons », roman écrit par Louis Pergaud, également auteur des « carnets de guerre », mort pour la France le 8/04/1915 (un peu plus tard que dans mon poème…).

 

Retenons encore, parmi les écrivains « fauchés » au champ d’honneur, Guillaume Apollinaire mort de la grippe Espagnole et des suites d’une blessure reçue en 1916, le 9/11/1918 (à 2 jours de l’armistice…)

 

 

Notons qu'après 1920, le public, lassé par le conflit de 14/18, abandonna cette littérature de guerre.

 

 

Maurice Genevoix :

 

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Lettre de Maurice Genevoix au fils (Georges) du Colonel Charles Barjonet (mon grand-oncle), sous les ordres duquel il servit durant la Grande Guerre, suite à une émission de télévision en 1972...

 

 

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... et lettre à sa fille, Germaine Barjonet

 

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Bulletin des "Revenants du 106ème Régiment d'Infanterie" dont Maurice Genevoix était Président d'Honneur suite au décès de mon grand-oncle, le Colonel Charles Barjonet qui avait combattu, notamment aux Éparges en 1915 avec le Lieutenant Maurice Genevoix alors sous ses ordres.

 

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Saison 5, Épisode 8, Lettres

 

 

 

 

 

- ALINE CHARIGOT (MAUREEN) MOURANTE & SES FILS BLESSÉS, LES ÉCRIVAINS BLESSÉS, LIEN VERS "MA LETTRE"   (Lettres)

 

 

1/ ALINE CHARIGOT (MAUREEN) MOURANTE & SES FILS BLESSÉS, femme d'Auguste Renoir, ressortit très éprouvée de sa visite à son fils Jean blessé. N.B. Jean fut le grand cinéaste au retentissement international célèbre (1894/1979).

 

Souffrant d'un diabète développé après la naissance de Claude (Céramiste ; 1901/1969), Aline (1859/1915) se rendit fin juin 1915 à l'hôpital de Gérardmer voir son fils Jean grièvement blessé par balle à la jambe droite. Jean, après avoir été Dragon dans la cavalerie, devint Chasseur Alpin et nommé sous-Lieutenant. Victime d'un tir dans le Mont Hohneck d'un "bon tireur Bavarois" (selon ses souvenirs), il manqua de peu l'amputation, mais boita toute sa vie.

 

Le choc fut rude pour sa mère car son autre fils, Pierre (qui fut l'acteur prodigieux qu'on sait - 1885/1952) avait également été grièvement blessé en perdant l'usage de son bras droit en septembre 1914.

 

Après ces terribles émotions et l'aggravation de son diabète, elle mourut deux mois plus tard, quatre ans avant son mari Pierre-Auguste Renoir (1841/1919).

 

 

 

Jean Renoir auprès de son père Auguste en 1914

 

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N.B : si je ne devais retenir qu'un seul film de Jean RENOIR, ce serait peut-être :

"La grande illusion"

 

 

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2/ LES ÉCRIVAINS BLESSÉS dont j'ai déjà parlé ci-avant dans le Lexique (poème "Fauchés"), ont écrit des feuillets, noirci des carnets du fond de leurs tranchées ou lits d'hôpital, qui rassemblés, deviendront les ouvrages et romans de référence sur la Grande-Guerre.

 

Citons pour mémoire, guillaume Apollinaire et ses fameuses "Lettre à Lou", mort en 1918 ; Roland Dorgelès et ses "Croix de bois", Maurice Genevoix avec "Ceux de 14", les lettres de Drieu la Rochelle, Henri Barbusse qui obtint le Prix Goncourt 1916 avec "Le feu", Georges Duhamel médecin/chirurgien qui publia ses mémoires, Blaise Cendrars et... sa "Main coupée", sans oublier les allemands dont Erich Maria Remarque et son célèbre "À l'Ouest, rien de nouveau" ni non plus Ernst Jünger dont la bataille des Éparges (de l'autre côté que Maurice Genevoix) le conduisit entre autre à écrire "Orages d'acier" dont André Gide en dit : " Le livre d'Ernst Jünger sur la guerre de 14, "Orages d'acier" est incontestablement le plus beau livre de guerre que j'ai lu, d'une bonne foi, d'une honnêteté, d'une véracité parfaites".

 

 

Guillaume Apollinaire en 1916

 

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Ernst Jünger, sous-officier allemand

 

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Mais ils ont aussi utilisé comme tous les poilus, des cartes sous franchise postale, sans enveloppe pour faciliter le rôle de la censure militaire.

 

Les officiers n'y échappaient pas et je vous offre ci-après en " devoir de mémoire " copie de cartes échangées entre mon grand-père et mon grand-oncle, tous deux officiers durant la Grande-Guerre.

 

Il n'est de souvenir que l'émotion que ces écrits, sans trop d'espoir de lendemain, suscitent encore aujourd'hui... Pierre

 

 

 

Le verso des cartes se trouve après dans le même ordre

 

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Lettre recto/verso manuscrite puis ensuite dactylographiée

 

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3/ LIEN VERS " MA LETTRE "

 

En novembre 2014, rendant hommage aux veuves de la Grande-Guerre, j'avais écrit ce poème " Lettre " (Lien ICI)

 

 

 

 

Lettre

 

 

 

L’encre à jamais te blesse pauvre amour meurtri

De toi, ma plume est sèche en ton destin brisé

J’ai fleuri les épis fanés par la patrie

Et cueilli les bleuets qui t’avaient tant grisé

 

Ma souffrance est rebelle Ô mon soldat figé

Je porte ton anneau, notre enfant, l’horizon

Je vibre du remords, sentiment mitigé 

De ne t’avoir gardé, passée ta guérison

 

Tu ne savais combler l’absence de mitraille

T’enfouissant dans la laine en chaudes voluptés

Laissant le temps fiévreux avant qu’il ne tiraille

Ces parfums de sursis que nous pensions dompter

 

Tes yeux ne me parlaient, mais pouvaient me pleurer

La détresse infinie dont tu faisais moisson

Blottis dans le passé d’un bonheur effleuré

Nous goûtions le silence aux vapeurs de boisson

 

Pour toi j’avais choisi de planter un lilas

Priant pour que la terre un jour ne te renverse

Et que par son parfum, la paix se profilât

Mais c’était compter sans la misérable averse

 

  L’encre à jamais me laisse à tes lettres froissées

Reçues deux jours après que ma porte résonne,

Que j’ai lues, que j’ai bues, j’en frissonne angoissée

Mon pauvre amour brisé, dans la boue de l’automne

 

 

 

En hommage aux veuves de 14… 

Pierre Barjonet

Novembre 2014

 

 

 

Puis, en prenant appui sur ce poème, j'avais ensuite participé à un concours organisé en 2015 par la plateforme de BLOG4EVER, sur le thème de " Ma plus belle histoire " :

 

 

 

MAI 2015 : CONCOURS DU MEILLEUR TEXTE

 

 

Il s'agissait de rédiger un texte très court (moins de 1000 à 2000 caractères) narrant une histoire émouvante survenue sur la plateforme ; en fait, "sa meilleure histoire".

 

J'avais choisi de raconter tout simplement l'émotion qui m'étreignit lorsque j'avais composé un poème rendant hommage aux veuves de 14/18 dans ma Lettre (lien ICI)

 

 

Voici mon texte (" brut " : sans présentation particulière) :

 

 

- MA PLUS BELLE HISTOIRE SUR BLOG4EVER -

En ce triste novembre mouillé de froid glissant, je m’étais agrippé à l’écran de mes songes. Pris par l’anniversaire de 14/18, me revenait l’écho des repas de famille où s’invitaient les morts. Enfant, marchant dans la glaise champenoise, je m’entendais répondre pour mes souliers crottés que ce n’était pas ma faute malgré mon sobriquet de p’tit poilu. J’imaginais que la boue me happait. C’est elle aujourd’hui que fouille mon écran quand le soir venu je renverse la boîte aux trésors. Devant les photos voilées de l’aïeul, j’ai saisi mon clavier. Ployant sous la mitraille des mots que chevauchaient mes vers engloutissant l’horreur, j’ai endossé le bleu d’une encre souillant de sang la « Lettre » à mon aimée. Puis quand je l’ai postée aux lignes de l’écran, le silence se fit. Pris dans le tourbillon d’une écriture glacée, je devins la victime de l’émotion virtuelle. Mais quand le clairon des messages en rompit la torpeur, découvrant l’empathie du blog, alors tout doucement, j’ai pleuré. 

 

 

J'en avais remporté le 1er prix.

 

 

 

 

 

 

 

 

Saison 5, Épisode 9, Faust

 

  

 

 

- TIRAILLEURS & ZOUAVES À QUENNEVIÈRES, FAUST DE GOETHE  (Faust)

 

 

1/ TIRAILLEURS & ZOUAVES À QUENNEVIÈRES furent engagés dès le début du conflit tout comme les autres troupes coloniales rapatriées en Europe. Les tirailleurs Sénégalais ou Algériens comme ici à Quennevières étaient en 1ère ligne. L'État-Major ne s'en souciait guère et l'histoire montra combien ces hommes furent bien souvent considérés comme de "la chair à canons", bien que leur encadrement direct, sous-officiers et officiers, admiraient leur bravoure au combat et leur grande solidarité.

 

Mal chaussés, souvent pieds nus faute de ravitaillement, montant au feu parfois sans préparation d'artillerie, ils versèrent largement - et inutilement trop souvent - leur sang pour la France.

 

Ces hommes avaient été recrutés à l'origine en Afrique parmi les Zouaves. On considérait alors, en 1830 lors de la conquête coloniale de l'Algérie, qu'il était judicieux de s'entourer "d'indigènes" (appellation qui leur resta après). En revanche, fut créé un corps militaire de zouaves (1830 à 1962), composé uniquement de français, redevenant mixte après 1942.

 

Mon grand-père, alors Capitaine, en commanda une compagnie lors de la bataille de Quennevières.

 

Cette bataille, surnommée "l'enfer de Quennevières" (près de la ferme du même nom) se déroula du 6 au 16 juin 1915 en Picardie à l'initiative du général Nivelle. Il voulait marquer un coup d'éclat pour contrecarrer l'enlisement de la guerre dans les tranchées en allumant un contre-feu sur un nouveau front qu'en Artois.

 

Le 6 juin 1915, une large attaque des tranchées allemandes est ordonnée avec un dispositif composé de Tirailleurs et d'un Bataillon du 2ème Zouave complétant un bataillon de soutien d'infanterie, chargé de réduire le saillant ennemi de Quennevières. Malgré les succès du début avec de lourdes pertes humaines, ayant repris deux lignes de tranchées allemandes, ces dix jours de combat jusqu'au 16 juin furent un échec, ou plutôt une victoire à la Pyrrhus, chacun restant sur ses positions initiales ou presque... mais avec 10.300 soldats français tués ou disparus pour quelques mètres de terrain ! Le 2ème tirailleurs perdit 14 officiers et 1.800 hommes.

 

Lorsque des troupes renforcèrent leur position quatre mois plus tard en creusant des boyaux entre les tranchées, elles tombèrent sur un enchevêtrement de cadavres français et allemands indescriptible (voir mon poème " Faust").

 

 

 

Tirailleurs algériens montant à l'assaut

 

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Carte militaire des tranchées de Quennevrières 

(provenant de mon grand-père, le Colonel Jules Pierre Barjonet) 

N.B : La ferme de Quennevrières tout en haut. Tranchées françaises en rouge, allemandes en bleu.

 

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Voici quelques lignes extraites des "Impressions de guerre - 1914/1915" de mon grand-père, suite aux contre-attaques allemandes après l'assaut français du 6 juin :

 

" C'est à une attaque "funéraire" qu'on vit un bataillon de tirailleurs partir à la sonnerie de la charge ! - les réseaux n'ayant même pas été entamés - et l'Historique est obligée d'avouer que "notre artillerie, manquant de munitions, ne put donner à l'infanterie tout l'appui nécessaire " ! Traduisez : aucun appui - et voilà, n'était-ce pas criminel ? Puis, rentrant, décimés, éreintés aux tranchées, il fallait s'atteler à la besogne écrasante des travaux intérieurs, réparer les démolitions des projectiles, les éboulements par les pluies, consolider les abris, en faire de plus solides, de plus profonds, édifier des traverses, multiplier les boyaux de communication, les approfondir aussi, creuser des puisards..."

 

" Leurs ordres (de l'État-Major), nous nous efforçons d'y satisfaire, mais nos demandes, nos réclamations restent trop souvent lettre morte. Par exemple, c'est seulement le 6 décembre que nous recevons des chaussures pour nos malheureux tirailleurs, qui pataugent lamentablement en "sandales", certains même pieds nus, dans les fonds boueux de nos trous ! Et il n'y avait que 80 paires pour tout le Bataillon ; d'ailleurs à cette époque, quelques-uns portaient encore des pantalons de toile !"

 

" La réaction ennemie ne tarde pas à se faire sentir, tout de suite violente, principalement par un marmitage incessant et qui nous prend - formant nous-mêmes un saillant dans leurs lignes - de l'Est, du Nord et du Sud ; - il s'intensifie chaque jour, et l'existence devient infernale dans nos tranchées bouleversées, pleines de cadavres à peine recouverts de chaux vive, et sur lesquels - effroyables "tremplins" élastiques - il nous faut constamment passer... et dans les abris bien peu solides encore, nous devons nous défendre contre deux nouveaux ennemis : les rats et les immondes grosses mouches, vermine redoutable qui commence à pulluler partout ! Aussi les relèves sont-elles fréquentes. Là encore, le Commandement eût dû se faire rendre compte des conditions d'existence de la pauvre piétaille fourbue, abrutie, attendant durant de longues heures, parfois en vain, le manger et le boire, dans le sang, la boue et la pourriture ". 

 

Et pour qu'on se fasse également une idée de ce que rencontraient comme problèmes les gradés en 1ères lignes, en sus du combat, des travaux intérieurs et du quotidien fait de mort, d'angoisse et de vermine, voici un autre paragraphe incroyable, quoique... :

 

" Mais d'autres soucis, d'autres ennuis viennent nous assaillir le jour (après des nuits d'effroi et de vigilance marquée d'échos de tirs NDLR). Même lorsque l'Allemand se tient tranquille, que la pluie - l'horrible pluie "aux doigts verts" - ne nous importune plus après avoir transformé nos terriers en bouges infects, et astreints à des travaux de reconstruction difficiles, longs et éreintants, voici qu'un nouvel ennemi s'insinue peu à peu, insidieusement, sous des apparences bonasses d'abord et limitées, puis chaque jour un peu plus "rinforzando" - telle la calomnie d'illustre mémoire - dans les gîtes des pauvres "exécutants" : la terrible, odieuse et affolante paperasserie, la sacro-sainte Paperasserie que ne pourront faire reculer attaques ni combats, car l'on n'en a jamais autant fait que dans cette triste guerre, et mon frère (Charles Barjonet NDLR) à la tête d'un Régiment, là-bas, aux Éparges, "en sait quelque chose"...

Que de "papelards" à fournir, que de rapports à pondre, grands dieux ! Même et surtout dans les terriers de 1ère ligne, - en lesquels nous n'avons pas le temps de songer... Topos de toute sorte, compte-rendus sur la "progressivité" des travaux ! Des demandes, des explications sur le port du rouleau individuel du fil de fer, sur les braseros, les marmites norvégiennes (de nourriture NDLR) - tandis que les "marmites" allemandes nous sonnent - sur la confection du charbon dans les bois par des équipes spéciales, sur les séchoirs ! J'en passe, évidemment ; mais si nous demandons des grenades pour répondre à celles d'en face, vite on nous en promet, et en les attendant, on nous envoie six fois de suite, un papier nous expliquant la manière de nous en servir... Le 7 janvier, la Brigade renvoie à mon frère un compte-rendu quelconque de patrouille, parce qu'il n'était pas établi sur papier "de format règlementaire" !!! Ah ! Les Jean-F... ! Mais il faut bien, n'est-ce pas, que ces Messieurs des "secondes lignes" s'occupent et passent leur temps - s'ils ne peuvent venir nous voir - entre deux ordres d'opérations. Et en ce qui me concerne, je les vois si bien dans ce beau et splendide château d'Offémont, où il y a tant de belles chambres, tant de commodités... Je les y ai vus... "

 

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2/ FAUST DE GOETHE. Comme je l'indique dans mon poème sous les traits de José (...), mon grand-père, alors Capitaine et commandant une Compagnie de Tirailleurs, trouva sur le corps d'un officier allemand, "pris au combat", ce petit livre du Faust de Goethe (édité en 1912 à Leipzig) ainsi que sa Croix de Fer.

 

Ces "souvenirs", pour terribles qu'ils sont, constituent un témoignage bouleversant - m'ayant d'ailleurs inspiré ce poème "Faust" - montrant que même chez l'adversaire pourtant décrit comme une bête féroce, et à l'instar de l'officier allemand le Capitaine capitaine von Rauffenstein (joué par Érich von Stroheim) du film de Paul Renoir "La grande illusion" , existaient des hommes empreints de philosophie et de poésie sur le sens dramatique à donner à la vie, à l'amour et... à la mort.

 

 

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Est-il utile de parler de Johan Wolfgang von Goethe, né en 1749 et mort en 1832, dont voilà ici la plaque commémorative que j'ai photographiée sur les bord du Rhin à Rüdesheim...

 

Poète de renom, écrivain célèbre, illustre créateur du Faust figurant comme l'une des grandes oeuvres de la littérature allemande, il fut même sollicité par Napoléon 1er lors de l'entrevue d'Erfurt !

 

Son Faust qui passa un accord avec le diable, Méphistophélès lui faisant rencontrer Marguerite... donna lieu au fameux opéra de Charles Gounod en 1859 (en musique d'accompagnement de mon poème Faust), comme d'ailleurs à plusieurs oeuvres lyriques, orchestrales dont "La damnation de Faust" d'Hector Berlioz (1846), mais aussi de Schumann, Wagner, Liszt,  Mahler, Stravinski, ainsi qu'au cinéma : Georges Méliès, René clair avec "La beauté du diable" où jouèrent Gérard Philipe et Michel Simon, ou plus récemment Brian de Palma, et en littérature bien sûr (Heinrich Heine, Pouchkine, Balzac, Tourgueniev, Oscar Wilde, Mac Orlan, Paul Valéry, Marcel Pagnol, Alfred Jarry, Jean Giono, Thomas Mann, Michel Butor, etc.

 

 

 

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Saison 5, Épisode 10, Marraines

 

 

 

- MORT D'ALINE CHARIGOT (MAUREEN) & RENOIR AUX COLLETTES, LES MARRAINES DE GUERRE, LES  SECOURISTES, LE THÉÂTRE AUX ARMÉES & SARAH BERNHARDT (AMPUTÉE) RENDANT HOMMAGE AUX CATHÉDRALES MEURTRIES (Marraines)

 

 

1/ MORT D'ALINE CHARIGOT (MAUREEN) & RENOIR AUX COLLETTES. En ce mois de juin 1915 (le 27), s'en allait celle qui fut le modèle, la maîtresse, la muse, l'épouse puis la mère des trois enfants qu'elle éleva avec Pierre Auguste RENOIR (Pierre, Jean et Claude).

 

Morte des suites d'un vilain diabète contracté à la naissance de Claude, mais surtout des terribles soucis engrangés par les graves blessures de ses fils Pierre et Paul, ainsi que de la fatigue due à ses voyages à l'hôpital de Gérardmer, elle quitte son mari le peintre à l'immense talent, âgé et handicapé quatre ans avant lui.

 

Auguste Renoir, installé aux Collettes (voir le lexique ci-avant au poème "La Circassienne") mourra en 1919, sera enterré auprès d'elle au cimetière du château à Nice, avant que leurs dépouilles ne soient transférées à Essoyes, sa ville natale. 

 

 

Renoir - Portrait d'Aline en 1885

 

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Renoir : Portrait d'Aline en 1910

 

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2/ LES MARRAINES DE GUERRE. Il s'agit là d'une institution créée en janvier 1915, dont l'objectif était de soutenir le moral des soldats des régions occupées (dans le Nord et l'Est). Des femmes et des jeunes filles s'étant porté candidates à cette fonction bénévole, se dévouaient pour soutenir psychologiquement et parfois affectivement les soldats, par leur correspondance régulière et suivie.

 

Elle connut un tel retentissement, bien que les hauts gradés s'en méfiaient, craignant qu'elle ne serve l'espionnage (...) qu'elle réapparut en 1939...

 

C'es donc une association "La famille du soldat", soutenue par le Ministre de la Guerre, Alexandre Millerand, qui se monte en 1915, avec le plein soutien moral de la presse. Très rapidement, cette initiative remporta un succès fait d'un grand nombre de demandes de marraines comme de soldats.

 

Plus tard, on remarqua le glissement qui s'opéra entre la nature des correspondances du début entre les marraines et leurs "filleuls", puis ce qu'elle devint par le relais d'une certaine presse à scandale (Fantasio et La vie parisienne) comme prétexte à séduction, scandalisant la bonne société, même quand des mariages s'en conclurent...

 

Ces marraines écrivaient, tricotaient des écharpes, des gants et passe-montagne (voir mon poème) et envoyaient des colis à leurs filleuls dont nombre d'entre-eux étaient orphelins ou sans famille capable de leur écrire. Imaginer ce que pouvait ressentir un soldat sans courrier partageant son quotidien au front parmi ses camarades plus chanceux  était l'une des causes à la création de cette institution.

 

Il est certain qu'à ses débuts, cette institution originelle dont plusieurs associations virent le jour, était soutenue par des Dames patronnesses hautement moralisatrices et d'obédience catholique comme le terme de "marraine" l'indique. Prenons l'exemple d'une mère en deuil écrivant : "Je n'ai plus de fils, je l'ai donné à la France. Rendez-m'en un autre dans la personne d'un soldat séparé des siens".

 

Ces marraines demeurèrent très populaire malgré les très nombreuses critiques mettant en doute leur patriotisme et désintéressement du début pour d'autres raisons de flirt épistolaire, de séduction traitée même de pornographique (!) ou de "vieilles filles cherchant à profiter de l'occasion" comme certains l'écrivaient, sans parler des militaires du Quartier Général qui craignaient une tentative d'espionnage allemand se servant dans les journaux d'annonces codées...

 

 

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La Vicomtesse Benoits d'azu, marraine du Fort de Douaumont

 

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3/ LES SECOURISTES. Très vite également, se développèrent des formations de secourisme sous forme de stages à l'hôpital. De nombreuses femmes, déjà infirmières de leur état, se dévouèrent pour former des religieuses ou des civiles bénévoles aux gestes et soins de secours. 

 

Comme l'on pensait que la guerre serait promptement menée, rien n'avait été prévu en termes de soins hospitaliers. De fait, de nombreux "hôpitaux de campagne" furent vite montés et la formation accélérée d'infirmières fut mise en place avec le soutien de la Croix Rouge Française, mais aussi d'infirmières des pays alliés. 1.000 religieuses furent formées parmi les premières volontaires, puis 7.000 civiles bénévoles (dont Laurine dans mon poème)...

 

L'immense dévouement de ces femmes confrontées soudain à la souffrance terrible des poilus, des jeunes hommes massacrés, mutilés, gazés, grièvement blessés, à l'odeur permanente du sang, de la vermine, aux sanglots et aux cris inhumains lors d'opérations menées la plupart du temps sans anesthésie, mérite respect, reconnaissance et humilité de la Nation !

 

 

Charlotte Maitre, infirmière militaire principale de première classe, reçoit la croix de la Légion d’honneur en 1919 dans la cour des Invalides à Paris,

 

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4/ LE THÉÂTRE AUX ARMÉES & SARAH BERNHARDT (AMPUTÉE) RENDANT HOMMAGE AUX CATHÉDRALES MEURTRIES.

 

Femme et Comédienne d'exception, la "Divine" avait déjà reçu la Légion d'Honneur en 1914 pour "avoir répandu la langue française dans le Monde entier" et pour ses faits de service durant la guerre contre la Prusse en 1870/71. 

 

Amputée de la jambe droite en 1815 suite à une tuberculose osseuse, elle a alors 70 ans, mais cela ne l'empêche nullement  d'exprimer son patriotisme en participant à une manifestation de soutien aux poilus durant l'été 1915. Puis elle se rendra à Reims à l'automne 1916, la ville "où il faut être vue", se portant au chevet de la cathédrale qui a terriblement souffert des bombardements par l'artillerie, y jouant un rôle d'infirmière pour le cinéma.

 

Elle se porte alors au Front pour animer le théâtre aux armées. C'est ainsi, que ce "théâtre aux armées de la République" constitué à l'initiative de la Comédie Française en 1916, s'adjoint auprès de comédiens de talent, d'autres acteurs plus modestes dont des hommes de troupe eux-mêmes pour 234 hommes et 222 femmes ayant assuré gracieusement 1172 représentations devant 1,5 millions de soldats et spectateurs de 1916 à 1919. Chaque représentation se terminait par La Marseillaise.

 

Sarah Bernhardt ne tarissait pas d'éloges pour cette belle et généreuse initiative créée par l'Administrateur de la Comédie Française. Bien qu'amputée, elle se rendit auprès des poilus à chaque fois qu'elle le put, jouant son répertoire, à peine à quelques km des premières lignes du Front. Les acteurs avaient d'ailleurs dû signer une décharge stipulant qu'ils jouaient la Comédie à leurs risques et périls (!)

 

Elle y joua notamment un poème dramatique d'Eugène Morand "Les cathédrales" (voir mon poème), en une pièce "donnant la parole" aux cathédrales meurtries par la guerre ; elle-même y jouant la cathédrale de Strasbourg.

 

Morte en 1923, elle sera honorée par des funérailles (presque) nationales à Paris.

 

 

Sarah Bernhardt jouant devant la Cathédrale de Reims

 

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Saison 5, Épisode 11, Rayons

 

 

 

 

- LES "PETITES CURIE" ET LA RADIOLOGIE, LE FUSIL "LEBEL", LE TYPHUS & LA GRIPPE ESPAGNOLE, L'HÉROÏNE DE LOOS (Rayons)

 

 

1/LES "PETITES CURIE" ET LA RADIOLOGIE. Marie Curie - c'était dans sa nature - était une femme d'action, volontaire et passionnée, ne pouvant rester inactive, surtout quand éclata le conflit de 14/18.

 

Aussitôt, elle voulut se rendre utile. Elle songea aux progrès considérables que la radiologie dont elle était pionnière, pourrait apporter aux victimes de la guerre, à tous ces hommes blessés dont on ignorait, faute de pouvoir les déceler avec précision, où se nichaient dans leur corps, ces éclats d'obus, de shrapnels ou ces balles faucheuses... Elle avait pu constater que fort peu d'hôpitaux disposaient d'appareils à rayons X.

 

Elle conçut donc des grosses automobiles transformées en unités chirurgicales mobiles équipées de matériel radiologique et médical, disposant d'un chauffeur, d'un médecin et d'un manipulateur radio. Récupérant par des dons ou prêts  de généreux bienfaiteurs, environ 200 véhicules, elle entreprit de les transformer en les équipant d'appareils à rayons X Drault, avec l'appui financier de l'Union des Femmes de France et du Patronage National des blessés.

 

Mais il lui fallu faire preuve de détermination et d'opiniâtreté tant son projet ne plaisait pas aux militaires qui voyaient avec réticence cette femme, civile, interférer dans leurs affaires...

 

Puis, avec l'aide malgré tout d'Antoine Béclère, directeur du Service radiologique des armées (ils n'étaient pas tous hostiles), elle créa et développa ces fameuses "petites Curie" comme on les nomma bien vite. Aidée de sa fille Irène, elles parcoururent en s'engageant personnellement, le front, à partir de 1915/1916 s'occupant notamment de blessés intransportables, parcourant de toute part les lignes très proches de l'ennemi et des combats, ne comptant pas leur fatigue et... s'exposant aux rayons qui plus tard, leur coûtèrent la vie !

 

Mais ce n'était pas tout, elle fonda parallèlement un enseignement de radiologie théorique et pratique dans son propre Institut, formant notamment plus de 150 manipulatrices volontaires pour parcourir les zones de combat dans ces "automobiles"...

 

Au total, grâce aux "petites Curie", ce furent plus d'un million de blessés qui furent secourus !

 

Quand bien après la guerre on lui proposa tardivement la Légion d'Honneur, elle la refusa (tout comme son mari Pierre curie en 1903) en disant qu'elle l'aurait accepté si elle lui avait été donnée pour « fait de guerre » à la suite de la mise en place des "petites Curies"...

 

 

 

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2/ LE FUSIL "LEBEL" équipait les poilus de 14/18. Ce fusil " 86 modifié 93 ", tenant son nom du colonel Lebel était considéré comme LE fusil moderne à chargeur, permettant un chargement par culasse à répétition manuelle de 8 cartouches dans son magasin. Il pesait chargé 4,415 Kg et mesurait 1,307 m ou 1,820 m  (près de 2 mètres !) avec sa baïonnette, la fameuse " Rosalie "... À partir de 1916, il fut remplacé par le fusil Berthier qui équipait déjà les troupes coloniales et qui disposait d'un chargeur plus rapide.

 

 

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3/ LE TYPHUS & LA GRIPPE ESPAGNOLE. La Grande-Guerre ne s'est pas seulement illustrée par ses 18,6 millions de morts dont 8,7 millions de civils, au total des pays engagés dans ce conflit, avec les alliés de la France et de l'Allemagne, sans compter ses 21,2 millions de blessés..., mais elle a souffert également de terribles maladies dont la grippe espagnole et le typhus. 

 

- Le typhus et la fièvre typhoïde (voir mon poème "Rayons"), directement causés par le manque d'hygiène des conflits est une maladie déjà bien connue durant l'antiquité sur les champs de bataille (son rôle dans la chute d'Athènes en 430 avant J.C. fut attesté), dans les espaces confinés comme les prisons ou les navires).

 

Cette sorte de "peste historique" ne manqua pas d'endeuiller les lignes de front de la Grande-guerre. Ce sont les rats par leurs puces et les poux qui se font les sinistres vecteurs de cette bactérie, et les tranchées n'en manquaient pas ! Au total, le typhus fit au moins 3 millions de morts entre 1918 et 1922. Durant la Grande-Guerre, les troupes françaises perdirent l'équivalent d'une Division : 15.000 hommes et enregistrèrent pas moins de 14.000 nouveaux cas de typhus chaque mois, mais traités.

 

 

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- La grippe de 1918, appelée communément espagnole, de souche H1N1, amplifiée indirectement et de fait par le conflit, fit 50 millions de morts (Institut Pasteur), voire bien davantage - en intégrant les statistiques mondiales sur tous les continents !

 

Cette terrible pandémie d'origine chinoise probablement, fit à elle seule davantage de morts que la guerre, dont 200.000 morts rien qu'en France. Comme l'Espagne en publiait des statistiques à la différence de la France qui préférait la discrétion (...), on l'appela "espagnole".

 

 

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4/ L'HÉROÏNE DE LOOS, en la personne d'Émilienne MOREAU-ÉVRARD (1898/1971) fut une jeune femme remarquable, courageuse, combattante, aidant à 17 ans les troupes britanniques contre les allemands qui occupaient sa ville de Loos-en-Gohelle, en créant un poste médical avancé dans sa maison et allant jusqu'à abattre quatre soldats allemands pour protéger les alliés !

 

Elle fut prise en exemple pour la Nation et décorée par le Général Foch, citée à l'ordre de l'armée, puis reçue par le Président de la République française, Raymond Poincaré ainsi que par le roi d'Angleterre, George V.

 

Mais cette patriote engagée, n'en resta pas là. On la retrouve entre les deux guerres comme militante de la S.F.I.O.

 

Puis, durant la seconde guerre mondiale, alors que les autorités allemandes la firent mettre en résidence surveillée à Lillers, elle prit dès 1940 la fuite, traquée par les allemands, pour rejoindre Londres et la Résistance, avant que de revenir en France en 1944. Elle fut l'une des 6 femmes à être faite " Compagnon de la Libération " par le Général De Gaule.

 

 

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Saison 5, Épisode 12, Gardiennes

 

  

 

 

 

 - LES FEMMES REMPLACENT LES HOMMES, L'ASPIRINE, HÉROÏNES : Duchesse d'Uzés, Marie Marvingt, Émilienne Moreau, Nicole Girard-Mangin... (Gardiennes)

 

 

1/ LES FEMMES REMPLACENT LES HOMMES en cette guerre qui n'en finit pas... 

 

 

Et comme j'avais pu le dire en prélude à cette Saison 5, elle ne subissent pas seulement le sort de mères, de veuves, de soeurs ou de jeunes filles éplorées, mais celui de femmes ayant pris en main l'avenir de la France à travers le remplacement et la relève indispensables des hommes partis.

 

 

Elles occupent avec détermination, courage, talent et sacrifice, tous les emplois dictés par la guerre et l'urgence dans les usines d'armement, les industries, l'agriculture, les forêts, le commerce et l'artisanat, les métiers de bouche et notamment la boulangerie comme la boucherie, la restauration, la pêche, la fonction publique et l'administration, la construction et la voirie, l'énergie, la science et la recherche, la finance, le théâtre, les villes, la circulation, les transports, la santé, l'école, etc. et... tout ce qui touche à leur famille avec les enfants, comme d'habitude...

 

De plus, ne pouvant s'engager comme les hommes à moins de tricher sur leur sexe (voir ci-après Marie Marvingt), elles se font espionnes au service de la France comme Louise de Bettignies (morte en septembre 1918 dans un bagne allemand) ou... Mata-Hari au service de l'Allemagne.

 

Enfin, outre leur investissement comme munitionnettes au nombre de 420.000 à la fin du conflit, fabriquant 55.000 obus par jour et soulevant chacune environ 35 tonnes d'obus (de 7 kg) par jour, pour une manutention de 2.500 obus/jour passant entre leurs mains... relève de l'incroyable !

 

Et c'est bien comme infirmières, secouristes de la Croix Rouge et bénévoles oeuvrant près des soeurs qu'elles portent témoignage de leur dévouement le plus absolu. Quant aux marraines de guerre (voir poème "Marraines"), elles entretiennent une correspondance suivie avec leurs filleuls n'attendant qu'un geste d'humanité depuis le fond de leurs tranchées.

 

 

 

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2/ L'ASPIRINE des " Usines du Rhône " a elle aussi, mené sa bataille...

 

 

 C'est en effet, le pharmacien Félix Hoffmann qui mis au point en 1897 un procédé industriel fixant l'acide acétylsalicylique sous la forme de comprimés stable à des fins thérapeutiques avérées. Le laboratoire de recherche Bayer, brevetant le procédé, et le déposant en Allemagne en 1899 sous la marque "Aspirin" le produit alors sous forme de granulés puis rapidement de comprimés à une échelle internationale pour un succès foudroyant. 

 

La suite du feuilleton commercial est digne des thrillers actuels... L'aspirine est importée en France par un agent des laboratoires Bayer (Vicario), puis commercialisée sous le nom de Vicario avant que de son côté Bayer ne crée sa propre filiale française. Puis en 1902, la Société chimique des usines du Rhône (S.C.U.R.) rachète les droits d'exploitation des procédés de fabrication pour exploiter son médicament sous la marque "Rhodine". 

 

Survient la guerre de 1914, avec la mise sous séquestre du laboratoire Bayer suite au Décret du 27 septembre 1914 interdisant tout commerce avec l'ennemi.

 

Dès lors, le nom même d'aspirine devenant un nom générique appartenant au domaine public, la S.C.U.R. dépose en janvier 1915 la marque " Aspirine Usines du Rhône " puis obtient rapidement le monopole de la fabrication de l’acide acétylsalicylique, ce qui, avec la guerre, lui rapportera de très, très gros bénéfices...

 

Les journaux, la "réclame" et des affiches rappellent à tout va de " Ne prendre que de l'aspirine - Usines du Rhône - pure de tout mélange allemand ", " meilleure que le produit boche "... De fait, l'aspirine française devient un redoutable allié patriotique rejetant " la Bayer " outre Rhin !

 

 

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3/ HÉROÏNES : Duchesse d'Uzés, Marie Marvingt (et l'autochir) Émilienne Moreau, Nicole Girard-Mangin...

 

 

 Elles furent plus nombreuses qu'on ne le pense, ces héroïnes, savantes comme Marie et Hélène CURIE, titrées telle la Duchesse d'Uzès, sportives ainsi que Marie Marvingt le démontra, engagées comme Émilienne Moreau, victime des bourreaux telle Louise de Bettignies ou bien encore médecin à Verdun comme Nicole Girard-Mangin.

 

N.B. Je ne mentionne leur parcours que jusqu'au conflit de 1914/1918. Il est facile d'obtenir davantage d'informations sur ces femmes admirables, sur Internet ou des encyclopédies traditionnelles.

 

 

- Anne de ROCHECHOUART DE MORTEMART, Duchesse d'Uzés, au parcours atypique, artiste, sculptrice, auteur, Maître d'équipage, musicienne, élue en 1902 Présidente de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, 1ère femme Lieutenant de Louveterie (!), pionnière de l'automobile (réputée d'ailleurs pour avoir été également la 1ère verbalisée de l'histoire pour excès de vitesse au Bois de Boulogne à 15 km/h contre les 12 tolérés...), fit voter une loi pour que les femmes disposent librement de leur salaire en 1907.

 

Durant la guerre, elle présida l'association " formations chirurgicales Franco-Russes " ayant pour objectif de créer des centres de soins mobiles par des camions automobiles équipés de tables d'opération et de radiologie servis par des équipes chirurgicales. Ce sont les fameuses " autochirs ".

 

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- Marie MARVINGT surnommée " La fiancée du danger " était une sportive accomplie, polyvalente, bien connue avant guerre par ses exploits en cyclisme (!), tir, natation, alpinisme, luge et ski, athlétisme, escrime, équitation et... aéronautique en ballon libre et aéroplane ! Elle obtint la Grande médaille d'or de l'Académie des Sports en 1910, toutes disciplines confondues.

 

1ère femme à participer au Tour de France cycliste en 1908, mais partant après le départ des hommes, n'étant pas autorisée à concourir avec eux, elle termina pourtant au même titre que les 36 finalistes sur les 114 coureurs masculins... Pour ce faire, ne pouvant rouler à vélo en robe, elle créa la jupe-culotte !

 

Brevetée pilote-aviateur, ayant d'ailleurs réussi le 1er vol féminin vers l'Angleterre, en ballon, elle fut la 3ème femme au Monde a obtenir ce fameux Brevet. 

 

Un peu avant la guerre de 14/18, elle conçoit les plans d'un avion-ambulance, mais sans succès de réalisation face aux différentes tracasseries de l'époque et malgré l'intérêt du Ministre de la Guerre. Elle avait déjà à son actif 900 vols sans accident...

 

Durant le conflit, elle force le destin en parvenant à s'engager dans l'aviation française, participant à deux bombardements. Malgré ces faits d'armes (Croix de guerre obtenue), l'armée lui refuse de poursuivre plus avant. Devenant infirmière-majeur près un chirurgien de Nancy, elle choisit de rejoindre le Front et, pour y parvenir, se déguise en homme intégrant le 42è Bataillon de chasseurs à pied sous un nom d'emprunt.  

 

Elle est démasquée après 47 jours passés au feu, en 1ère ligne ! Elle doit alors quitter les combats, mais le Maréchal Foch l'autorise cependant à rejoindre le 3è Régiment de chasseurs alpins comme infirmière-correspondant de guerre. Grande skieuse, elle évacue les blessés du Front Italien à skis...

 

 

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Dans les tranchées, déguisée en homme...


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- Émilienne MOREAU : article déjà paru dans " Saison 5 , Épisode 11, Rayons ", accessible en suivant ce lien

 

 

- Nicole GIRARD-MANGIN fut une autre grande figure de la Grande-Guerre, et pas seulement. Médecin, ce qui pour une femme restait à l'époque l'exception, elle intégra un dispensaire anti-tuberculeux à Beaujon, après avoir repris ses études de médecine puis obtenu sa thèse sur les poisons cancéreux en 1906, suite à son divorce.

 

Durant la guerre, elle rencontra une situation administrative cocasse puisque cherchant à s'engager en tant que Docteur Girard-Mangin, elle le fut par l'État-Major qui n'imaginait pas un instant qu'il s'agissait d'une femme !

 

Cela étant, l'armée recherchant des médecins, on l'affecta à Verdun, sous les bombardements, pour soigner les victimes du typhus. Les gradés se penchèrent alors sur une question d'importance :  l'uniforme qu'il fallait lui trouver, aucune femme n'étant affectée à la médecine militaire, pour lui trouver finalement celui des doctoresses de l'armée Britannique !

 

Refusant d'évacuer les lignes malgré les ordres, elle prit la tête d'un convoi protégeant "ses blessés", sous les bombes, alors qu'elle était elle-même blessée au visage, pour continuer de prodiguer soins et secours. Elle fut ensuite affectée dans la Somme puis au Pas-de-Calais.

 

En décembre 1916, elle fut nommée Médecin-Major, malgré les fortes réticences de l'administration militaire, avant que de diriger à Paris l'hôpital Edith-Louise Cavell, puis de s'investir auprès de la Croix-Rouge.

 

Elle ne reçut aucune décoration, ni médailles, ni citations... Ce sont ses anciens frères d'armes, les poilus, qui, en reconnaissance de l'aide et des soins qu'elle leur apporta au Front, lui décernèrent une plaque commémorative...

 

 

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avec ses infirmières

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saison 5, Épisode 13, Poteaux

 

  

 

 

 - LE CHEMIN DES DAMES DEPUIS LOUIS XV, LES QUATRE CAPORAUX, LES MUTINS DE 17 & LA CHANSON DE CRAONNE, ESPIONNES ADULÉES OU HONNIES : Edith Cavell, Louise de Bettignies, Mata Hari (Poteaux)

 

 

1/ LE CHEMIN DES DAMES DEPUIS LOUIS XV n'était en fait à l'origine qu'un raccourci permettant à deux des filles du roi Louis XV, Adélaïde et Victoire, de se rendre plus rapidement au château de la Bôve (commune de Bouconville-Vauclair) appartenant à la Dame d'atours d'Adélaïde, titrée Duchesse Françoise de Narbonne-Lara, afin de la visiter plus aisément. Par la suite et malgré la Révolution Française, ce chemin modifié conserva son nom de " Chemin des Dames ".

 

Cela étant, le site sur lequel serpente ce chemin était connu de toute éternité, puisque dès l'antiquité, les 40.000 romains de Jules César mirent en déroute sur ce plateau du moissonnais près de 300.000 Gaulois/Belges coalisés en 57 av. J-C. 

 

Plus tard, ce fut Napoléon 1er qui, lors de la Campagne de France, avec 37.000 hommes, combattit et défit les troupes Russes et Prussiennes commandées par Blücher (déjà !) disposant de 85.000 hommes à la Bataille de Craonne, le 7 mars 1814.

 

On retrouve en 1870 la construction de deux forts sur ce plateau de Craonne, en défense de Paris.

 

Et bien sûr, ce fut lors des terribles combats espacés durant toute la Grande-Guerre, de 1914 à 1918, que ce chemin des dames laissa définitivement son nom dans l'histoire.

 

Les allemands s'y postèrent dès l'automne 1914, puis la défaite du Général Nivelle qui tentait d'obtenir en avril 1917 une victoire décisive sur les allemands malgré son million d'hommes entre Soissons et Reims, eut pour conséquence, outre les pertes épouvantables des assauts répétés en vain, une perte de confiance dans ses propres rangs, voire les mutineries qui s'ensuivirent... Il faudra attendre octobre 1917 pour conquérir le plateau, à nouveau perdu en mai 1918, pour être finalement libéré en octobre 1918...

 

En juin 1940, de nouveaux combats prirent encore pour cible ce sinistre plateau...

 

 

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Le Chemin des Dames aujourd'hui

 


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La Bataille de Craonne de Napoléon 1er peinte par Théodore Jung (1803/1865)
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Le plateau de Craonne
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Ensemble, un soldat "Marie-Louise" de 1814 et un poilu de 1914
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Le chemin des dames en 1917...

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12/09/2019
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