LEXIQUES d'Antonin
Lexique Antonin, Saison 6, Episode 10, Honneur
LEXIQUE LA PASSION D'ANTONIN
SAISON 6 " LUMIÈRE "
ÉPISODE 10 " HONNEUR "
Lien vers le poème : Honneur
L'ARC DE TRIOMPHE DU CARROUSEL ET LE PALAIS DES TUILERIES (Honneur)
L’arc de triomphe du Carrousel qui marque actuellement en partie l’emplacement de l’ancien palais des Tuileries, se situe au Louvre au centre du jardin du Carrousel et donne aujourd'hui une magnifique perspective intégrant l’obélisque de Louxor (place de la Concorde) puis l’Arc de Triomphe (place de l’Étoile).
Il tient son nom de la place du Carrousel créée sous Louis XIV suite à une fête équestre grandiose dite du " Grand Carrousel " que le roi avait imaginée pour fêter la naissance du dauphin Louis de France les 5 et 6 juin 1662.
Il fut construit de 1806 à 1810 sur décision de l’empereur Napoléon 1er afin d’honorer les victoires de la Grande-Armée à Austerlitz et à Ulm. Du reste, ses quatre faces cardinales représentent en bas-relief des scènes historiques militaires en rapport avec l'entrée à Vienne de la Grande-Armée, la paix de Presbourg, la capitulation d'Ulm, Austerlitz, l'entrée des troupes françaises à Munich et l'Entrevue de Tilsit.
Cet arc de triomphe percé de trois arcades, haut de 14,6 mètres, large de 19,5 m et fort de 6,7 m d'épaisseur, est une copie de l'arc de l'empereur romain Constantin (313/315 apr. J.-C.) de Rome, d'ailleurs inspiré des arcs de l'empereur Septime-Sévère.
Les chevaux du quadrige (char grec ou romain attelé de quatre chevaux de front) qui le surplombent ont été rapportés de Venise par Bonaparte, alors général de l'armée d'Italie en 1798 en tant que prise de guerre ; eux-mêmes ayant surmonté la basilique Saint-Marc de Venise !
Napoléon décida que l'arc constituerait la nouvelle entrée officielle de la cour d'honneur de son palais des Tuileries, de fait séparée de la place du Carrousel par une longue grille (récupérée par la Hongrie).
Quant au palais des Tuileries, qui se trouvait donc à l'extrémité des bâtiments du Louvre en les "fermant" sur une longueur de 260m coiffée d'un dôme volumineux et de deux pavillons en bordure, il s'agit d'un très ancien ouvrage remontant à Catherine de Médicis en 1564.
Il fut détruit et incendié 300 ans plus tard au moment de la Commune de Paris le 23 mai 1871. N'en subsistent aujourd'hui que les deux "pavillons" le fermant aux extrémités : le " Pavillon de Flore " donnant sur la Seine et le " Pavillon Marsan " jouxtant la rue de Rivoli.
Plusieurs rois de France y logèrent un temps entre leurs diverses résidences (Henri IV, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe). Et comme déjà dit, l'empereur Napoléon 1er puis Napoléon III en firent également leur résidence impériale. La 1re République comme le Consulat s'y étaient également installés.
Ses vestiges furent abattus en 1883. Ils ont fait l'objet de nombreuses polémiques quant à la reconstruction éventuelle de tout ou partie du palais des Tuileries, sachant que le décès de l'architecte Viollet-le-Duc l'empêcha de le réhabiliter sous une autre forme.
Les ruines trouvèrent une seconde vie pour le moins curieuse, puisqu'on en retrouve de nombreuses parties un peu partout, dans des squares et jardins (Trocadéro, par exemple), y compris au château de la Punta avec ses pierres en Corse, ou même à l'étranger en Italie, en Allemagne ou en Équateur !
Sous le Premier Empire, Napoléon qui en avait fait sa résidence officielle, occupait les anciens appartements royaux du premier étage de l'aile sud. Appartements qu'il n'avait pas jugé utile de transformer. En revanche, il fit réaliser de nombreux aménagements comme une chapelle, une salle de spectacles, des salles et cabinets de travail, etc.
Il y logea ses hôtes de passage, dont le pape Pie VII venu à Paris pour son sacre en novembre/décembre 1804.
Son fils Napoléon II " le roi de Rome " conçu avec l'impératrice Marie-Louise y naquit en mars 1811.
Il organisa et présida très régulièrement à de grandes revues militaires sur la place du Carrousel devant l'arc, à destination de ses invités de marque et des Parisiens très friands de ces défilés, en s'appuyant presque toujours sur les troupes d'élite de "sa" Garde impériale.
l'arc de triomphe du Carrousel avec au sommet les chevaux du quadrige
Détail du quadrige
l'arc de Septime-Sévère (empereur romain) ; ressemblant, non ?
La fête et le spectacle du " grand carrousel " de Louis XIV
Pour mieux situer l'ancien palais des Tuileries (marqué en rouge sur la carte)
Le très ancien Louvre et le palais des Tuileries
le palais des Tuileries (disparu, incendié)
avec à son extrémité gauche, le pavillon Marsan, et droite celui de Flore
(tous deux encore debout)
Vue aérienne au Second Empire vers la place de la Concorde, je jardin des tuileries, le palais des Tuileries et le Louvre
Vue aérienne du palais des Tuileries fermant la place du Carrousel avec vue sur l'arc du Carrousel
Le pavillon Marsan
Le pavillon de Flore
Le pavillon de Flore avec le palais des Tuileries en 1860
Les défilés militaires sur la place du Carrousel fermée par le palais des Tuileries
et l'arc de triomphe du Carrousel
La perspective des deux arcs traversant le palais des Tuileries vers 1860
(Notez la saleté du bâtiment pourtant fait de pierre de calcaire blanche)
Un banquet sous le Second Empire au palais des Tuileries
Une fête sous Napoléon III
L'incendie du palais des Tuileries le 23 mai 1871, sachant que l'incendie dura 3 jours...
Des vestiges du palais des Tuileries dans différents parcs et jardins...
au Trocadéro
aux Beaux Arts de Paris
E.N.S.B.A. rue Bonaparte/quai Malaquais
et le château de la Punta en Corse
Lexique Antonin, Saison 6, Episode 9, Météore
LEXIQUE LA PASSION D'ANTONIN
SAISON 6 " LUMIÈRE "
ÉPISODE 9 " MÉTÉORE "
Lien vers le poème : Météore
LA MÉTÉORITE DE KERNOUVE (Météore)
Alors qu'un astéroïde de la taille d'un autobus vient de franchir notre espace satellitaire géostationnaire fixé à 36.000 km de la terre, en se rapprochant dix fois plus près de nous à seulement 3.600 km, ce jeudi 26 janvier 2023 à 22h17 (en visibilité depuis la France), une autre météorite avait elle, fait le grand plongeon en Bretagne, à l'époque d'Antonin, le 21 mai 1869 à... 21h45 !
Comme quoi, notre passé rejoint parfois le présent quand ce dernier se rappelle à lui ; c'est du moins, la morale qu'Antonin pourrait bien nous confier...
l'astéroïde actuel " 2023 BU "
La trajectoire de 2023 BU (en rouge) passe bien à l'intérieur de celles des satellites de communication géostationnaires (en bleu). Crédit : Nasa
Ainsi, ce petit astéroïde fait il partie des corps célestes potentiellement dangereux pour notre planète, malgré sa petite taille (diamètre d'environ 9 mètres) car sa vitesse estimée à 3,7 km/seconde, soit 32.400 km/heure est redoutable. Mais le destin l'a renvoyé ailleurs...
* * *
En ce printemps 1869, à 21h 45, nombreux sont les observateurs non couchés qui suivent des yeux un véritable bolide cachant presque le quart de la Lune, qui survole le Morbihan vers le Nord-Est et semble pointer son ogive vers le sol.
Puis soudain, dans une gerbe d'étincelles accompagnée d'une détonation semblable à celle d'un coup de canon prolongé, voici qu'il explose en plein ciel, se divisant en deux sortes de fusées aussi brillantes que terrifiantes !
Mais loin d'être un feu d'artifice, ce spectacle interpelle les témoins de l'évènement, certains de vivre là, une aventure extraordinaire.
De nombreux morceaux de roche ferreuse foncent alors vers la terre bretonne en se consumant vivement, puis à nouveau, se fait entendre une nouvelle explosion accompagnée d'une lumière intense, blanche et bleue, dont les reflets émergent d'un cratère creusé dans un champ à Keranroué, près du lavoir et dépendant de Cléguérec, commune toute proche de Napoléonville...
Sitôt sortie de sa frayeur, la population s'activa à briser cette masse noirâtre d'une cinquantaine de kilos (80 en réalité), espérant y trouver des pierres précieuses, de l'or ou de l'argent provenant de la Lune ?
Cette fameuse météorite de Kernouvé, également baptisée selon les transcripteurs de l'époque, de Kernouvé, Keranroue, Keranroué ou Cléguérec, fit la une de l'actualité de l'époque, car les témoins ont certifié avoir vu ce bolide en globe de feu conique suivi d'une traînée d'étincelles bondir en masquant presque la Lune puis siffler vers le sol et terminer sa course infernale dans une explosion telle un tremblement de terre faisant trembler les habitations semblant prendre feu, et hurler les arbres...
De nombreux habitants en récupérèrent et se partagèrent des morceaux, précédant de peu les officiels accourus, les journalistes, géologues et scientifiques. La commune aujourd'hui n'en conserve qu'un bien faible butin s'élevant à 38 grammes sur 80 kilos...
Il est vrai que des fragments ont alors été distribués dans de nombreux musées européens (comme le mentionne mon poème " Météore " à travers le cadeau fait à Anne par la reine Victoria) comme ceux de Paris, Londres avec le British Museum, Stockholm, Vienne, Rome, Le Vatican, le musée de Troyes, le château de Wassy etc.
Aujourd'hui, l'on sait, pour avoir analysé et conservé au Muséum national d’histoire naturelle à Paris l'un des fragments de la météorite pesant 13,7 kg pour 27 cm de long, qu'il s'agit bien d'une météorite vieille de... 4,657 milliards d'années, bien plus ancienne que la Terre elle-même et donc autrement plus précieuse qu'un peu d'or et d'argent !
Cléguérec au Nord-Ouest de Pontivy (Napoléonville à l'époque)
Cléguérec
La météorite de Kernouve
Lexique Antonin, Saison 6, Episode 6, Survie
LEXIQUE LA PASSION D'ANTONIN
SAISON 6 " LUMIÈRE "
ÉPISODE 6 " SURVIE "
Lien vers le poème : Survie
L'ANKOU DE BRETAGNE ET LE PASSEUR CHARON (Survie)
Ces deux personnages font partie selon le cas, des légendes sinistres Celtes et de la mythologie Grecque. De fait, on les retrouve dans la littérature, dans l'art pictural ou sculptural ainsi que sur la façade d'églises ou de monuments funéraires, mais aussi dans la tradition orale.
L'ANKOU figure une sorte de personnage Celte à l'origine, puis de Basse-Bretagne, prenant la forme variable selon le cas, d'un squelette effrayant ou d'un corps décharné bien souvent à demi masqué par une cape sombre ou un linceul noir laissant deviner ses profondes orbites creuses.
Il représente la mort comme étant davantage son serviteur qu'elle-même. Il l'annonce à grand bruit lorsqu'il apparaît de nuit en guidant son attelage tout autant sinistre que grinçant vers la demeure du malheureux choisi par un destin fatal...
Armé d'une faux montée à l'envers, il moissonne les âmes des défunts, mais il est également représenté tenant une flèche fatale ou une lance.
En Bretagne, sa simple évocation figurait parmi les pires mauvais présages, aussi était-il courant de vouloir se garder ses bonnes grâces en lui réservant près de l'âtre, siège du coeur de la maisonnée et des veillées, un plat de crêpes tout spécialement préparées lors des fêtes traditionnelles de Noël ou de la Pâques, sans oublier les Grands Pardons.
Et pour se mettre dans l'ambiance de cette sinistre atmosphère, citons un extrait des légendes de la mort en Bretagne Armoricaine avec celle de Marie-Job Kerguéno de l’Île-Grande :
" Une nuit, en rentrant de Lannion, Marie-Job aurait croisé un vieil homme en détresse au bord d’un chemin. Elle lui vint en aide, et l’accompagna jusqu’au cimetière de l’Île-Grande à sa demande. Arrivés sur les lieux, l’homme prit les traits de la mort. Il s’agissait de Mathias Carvennec, décédé il y a quinze ans, mais errant depuis, faute de n’avoir pas tenu parole, c’est-à-dire ramener les os de son compagnon de régiment mort à la guerre, jusqu’au cimetière de l’Île-Grande. Ce fut donc chose faîte grâce à Marie-Job. L’homme put donc désormais reposer en paix. Hélas, la bonté de Marie-Job lui fut fatale. Le lendemain, Marie-Job fut retrouvée morte dans son lit."
L'Ankou à l'église Sainte-Noyale de Pontivy
L'Ankou à la chapelle Sainte-Anne de Landivisiau
L'Ankou à la chapelle Saint-Fiacre au Cabellou en Concarneau
L'Ankou dans l'ossuaire de la Roche-Maurice
LE PASSEUR CHARON est dans la mythologie grecque le fils d'Érèbe (l'obscurité) et de Nyx (la nuit).
le fameux passeur des enfers est ce vieillard décharné ou selon le cas cette brute épaisse que la mythologie décrit comme étant celui qui fait traverser le fleuve Styx - celui des enfers - (ou l'Archéron) afin de rejoindre le royaume des morts.
Pour ce faire, il pousse sa barque après avoir perçu un droit de passage des âmes défuntes. Il s'agit de la fameuse "obole" dont la tradition grecque exigeait que l'on place une pièce de monnaie dans la bouche des morts.
Sans cette obole, Charon se montrant intraitable, le malheureux ne pourrait entrer au royaume des morts et se trouverait condamné à errer éternellement sur la rive du Styx sans jamais pouvoir trouver la paix...
Le plan des enfers bordés par le Styx
Charon poussant sa barque sur le Styx
Charon
Charon peint dans la Chapelle Sixtine par Michel-Ange
dans sa fresque du Jugement Dernier
Gravure de Gustave Doré pour L'Enfer de Dante
(1er livre de la Divine Comédie)
où l'on voit Charon pousser dans sa barque les malheureux avec sa rame.
Lexique Antonin, Saison 6, Episode 5, Perles
LEXIQUE LA PASSION D'ANTONIN
SAISON 6 " LUMIÈRE "
ÉPISODE 5 " PERLES "
Lien vers le poème : Perles
N.B. Ce lexique comprend deux articles illustrés séparément.
Merci de bien vouloir dérouler cette page jusqu'en bas pour bien en prendre connaissance.
VICTORIA, SON ÉCOSSAIS ET SON INDIEN, LES PERLES DE RIVIÈRE (Perles)
1/ VICTORIA, SON ÉCOSSAIS ET SON INDIEN
À la mort de son cher époux qu'elle fit d'ailleurs Prince consort, le Prince Albert, succombant des suites mal soignées d'une fièvre typhoïde le 14 décembre 1861, Victoria prit le deuil et ne le quitta plus jusqu'à la fin de sa vie... 40 ans plus tard en 1901 (22/01/1901).
Mais cela ne l'empêcha pas de se tourner vers d'autres hommes, pour peu qu'ils la distraient, qu'ils soient virils, quelque peu indépendants et ne manquent ni de charisme ni d'assurance. Du moins, c'est ce que l'on dit à l'époque.
Comme jamais personne n'espionna sa chambre à coucher - c'eût été un crime de lèse-majesté - et comme l'on connaissait fort bien son goût prononcé pour l'attrait du sexe conjugal découvert donc avec son mari réputé excellent amant et lui ayant donné neuf enfants, bien qu'elle eut horreur de la débauche ou de l'adultère, la moindre apparition d'un homme dans son sillage ne manquait pas d'exciter les commérages...
Ainsi, en 1863, elle se prit d'affection " en tout bien, tout honneur, enfin... " pour le garde-chasse de son époux, un écossais du nom de John Brown, de dix ans son cadet, engagé alors pour s'occuper de son château de Balmoral en Écosse.
Imaginez donc combien les courtisans et bientôt ses sujets, se scandalisèrent de ce rapprochement inimaginable entre la souveraine de l'Empire britannique et cet homme, un rustre impoli qui ne l'appelait pas Votre Majesté, ni même Madame, mais... " femme " (!), Écossais de surcroît, porté sur la boisson, trop souvent ivre et qui la suivait en permanence comme son ombre...
Imaginez les ragots débordant largement la Cour au sujet de ce domestique qui dormait dans une chambre attenante à celle de la reine...
Imaginez combien les ministres et autres Lords et Ladies devaient ronger leur frein quand il se permettait de les éconduire, leur refusant l'accès à sa très gracieuse majesté, pour s'enfermer auprès d'elle et lui apprendre...le Gaélique !
Mais de ce scandale, Victoria n'en avait cure. Elle s'en moqua éperdument.
Ce scandale dura dix ans. Elle ne se remit pas davantage de sa mort en 1883, lui érigea des bustes et toiles l'honorant, des statues un peu partout, imposant aux Écossais, aux fameux chefs de clans les Highlanders de porter une cravate noire à chaque anniversaire de sa mort et allant même jusqu'à prévoir de se faire enterrer avec... une mèche des cheveux de John Brown, plus tard donc, en 1901...
John BROWN
La mèche de cheveux de John Brown
Plus tard, la reine se prit à nouveau d'affection (ou davantage ?) pour un autre confident qui, cette fois, renvoya le précédent "scandale" aux oubliettes, tant celui-ci ne manquait pas de sel, pardon, de curry, si l'on peut dire...
En effet, à l'occasion de son Jubilé d'or, souhaitant avoir des serviteurs venant de son empire, elle fut mise en présence d'un serviteur d'origine indienne et musulman de surcroît, nommé Mohamed Abdul Karim (1863/1909). Victoria le prit sous sa coupe et en fit son conseiller spirituel.
Le film sorti en 2017 " confident Royal " de Stephen Frears, en retrace l'incroyable épisode... En effet, il a fallu creuser, démêler le vrai du faux et se plonger dans les méandres cachés de cette histoire tout autant invraisemblable que soigneusement cachée par la raison d'État. Et c'est une historienne, journaliste pour le journal " The Telegraph ", Shrabani Basu, qui écrivit un livre à l'origine de ce film, à partir du... curry. Oui, se passionnant pour cette épice, elle découvrit que Victoria en raffolait. Mais pourquoi ? Grâce à Abdul...
Son travail ne fut pas simple. Sa quête d'informations fut d'autant plus difficile que toute trace ou presque du lien "spirituel" qui unissait Victoria à son valet indien avait été effacée, déjà par le propre fils de Victoria devenant le roi Édouard VII qui, à la mort de sa mère, s'empressa de le chasser de la cour et de détruire et brûler toutes preuves de son parcours privilégié auprès de la reine Victoria.
De fait, elle en fit son précepteur, son " Munshi " (professeur en hindou) qui lui enseigna, oui à la reine, l'urdu, une langue locale du nord de l'Inde, ainsi que des vers de Ghâlib, un poète indien. En " échange " elle lui apprit l'anglais. Elle lui offrit de siéger à la Cour (vous imaginez...), lui fit don d'un domaine en Inde (où il finit ses jours) et d'une propriété à Balmoral.
Malgré les nombreuses tentatives de ses courtisans ainsi que de son fils le futur roi, pour l'écarter de l'entourage de la reine et le renvoyer en Inde, la protection de Victoria était telle que rien n'y réussit avant sa mort.
Elle a écrit dans son journal intime : « Il est si bon, si doux, il comprend tout ce que je veux. C'est un réel confort pour moi ».
La reine eut bien du mal à protéger son " confident royal ", qu'elle fit d'ailleurs en 1899 Commandeur de l'Ordre de Victoria, mais elle se montra ferme !
À la mort de Victoria, bien que chassé de la cour par Édouard VII, mais devant la réalité de son chagrin (et probablement aussi l'idée de récupérer d'autres lettres, photographies ou dessins intimes supplémentaires aux courriers déjà brûlés), le roi autorisa Abdul à être le dernier à voir Victoria dans son cercueil et à participer au cortège funéraire à Londres.
Abdul KARIM
La "maison" d'Abdul Karim offerte par la reine Victoria à Balmoral
Et des images du film
2/ LES PERLES DE RIVIÈRE
On ignore généralement l'existence des perles d'eau douce ou de rivière.
Et pourtant, elles sont connues depuis des lustres. Les chinois s'en sont d'ailleurs fait une spécialité ancestrale. Leur particularité, outre le fait qu'elles se trouvent dans des mollusques vivant en eau douce et non en mer dans des huitres, tient dans le fait qu'elles sont entièrement formées de nacre produite par le mollusque (principalement des moules) alors que les perles de mer sont constituées de nacre formée autour d'un noyau constitué d'un corps étranger : le nucléon.
Même si, à l'instar des perles de culture, elles sont cultivées et récoltées de façon comparable, elles ne sont pourtant pas semblables. Les perles de mer proviennent donc de la formation de nacre produite par l'huitre autour du nucléon introduit délicatement dans sa coquille par l'homme. Il existe aussi des perles naturelles, et non dites "de culture", mais elles sont extrêmement rares. Alors que les perles de rivière sont obtenues par la greffe humaine d'une partie du manteau provenant d'autres mollusques.
De fait, les perles de mer, uniques voire doubles pour chaque huitre, sont généralement plus belles et parfaitement sphériques, alors que les perles d'eau douce ont des formes et des couleurs différentes, en provenance de plusieurs mollusques, car elles peuvent se récolter jusqu'à cinquante par moule.
Cela dit, elles n'en sont pas moins qualitatives, bien au contraire. Plus rustiques, elles en sont plus robustes et tout autant authentiques. L'avantage réside dans leur bien plus grande variété de formes (certaines dites de "boutons" sont plates) et de couleurs, sans parler d'un prix nettement moins élevé que leurs cousines de mer.
Néanmoins, elles sont souvent dénigrées pour leur provenance majoritairement chinoise (vastes étendues d'eau douce) alors que leur exploitation remonte à l'antiquité, et bien entendu, par nécessité commerciale ! Relevons que certaines perles de rivière ont pourtant été âprement recherchées pour leur extrême qualité et figurent encore aujourd'hui parmi de nombreux trésors impériaux et royaux, y compris dans le trésor du Vatican.
Mon amie MARIDAN, qui possède également un merveilleux blog sur blog4ever, réalise, entre autres créations artistiques et littéraires, de magnifiques bijoux (notamment des boucles d'oreilles) garnis de perles de rivière.
Je vous invite vraiment à la visiter, car ses créations sont non seulement originales et artistiques, mais elles sont techniquement parfaites, uniques et, ce qui ne gâte rien, vraiment très, très abordables au niveau prix (envoyées à domicile avec un petit certificat numéroté).
Perles de rivière
Perles de rivière montées en boucles d'oreilles par Maridan
Lexique Antonin, Saison 6, Episode 1, Verrière
LEXIQUE LA PASSION D'ANTONIN
SAISON 6 " LUMIÈRE "
ÉPISODE 1 " VERRIÈRE "
Lien vers le poème : Verrière
LE CRYSTAL PALACE DE LONDRES (Verrière)
C'est bien le mari de la reine Victoria, le Prince Albert qui fut à l'origine de la toute première exposition universelle tenue à Londres en 1851, la " Great Exhibition " ou plutôt : " The Great Exhibition of the Works of Industry of All Nations ". En fait, l'idée elle-même de cette exposition fut celle d'un fonctionnaire anglais Henry Cole, qui reçut l'appui et les encouragements du Prince Albert.
Pour accomplir son projet de grande et novatrice envergure, il dut se battre contre tous les esprits hostiles de l'époque, conservateurs à tout crin et autres Lords qui se méfiaient des idées progressistes de " ce prussien ", fût-il l'époux de la reine !
Mais il y parvint. Et l'inauguration officielle de cette exposition internationale se tint à Hyde Park, à Londres, le 1er mai 1851 au sein même du fameux Crystal Palace qui fit alors la une de tous les journaux pour son audace et son modernisme.
Imaginez plutôt : un immense bâtiment entièrement recouvert de verre (400 tonnes) et charpenté de métal (4.000 tonnes de fonte essentiellement, de fer et de bois), recouvrant une surface de 7,5 hectares, prévu pour accueillir 13.800 exposants représentant 40 pays pour moitié et en sus des différents pays composant l'Empire britannique !
Conçu de façon provisoire pour le temps de cette exposition (du 1er mai au 31 octobre 1851) , il fut donc démonté et reconstruit dans un autre parc du sud Londonien au sommet de Sydenham Hill en 1852.
Par la suite, il fut quasiment abandonné et délaissé avant de reprendre du service comme centre d'entraînement militaire durant la guerre de 1914/1918 , puis d'y accueillir un musée militaire britannique avant que de finir détruit par un gigantesque incendie en 1936 faisant dire à Churchill : " This is the end of an age "... Aujourd'hui, n'en subsiste que le nom d'une station de métro londonien.
Pour en revenir à sa construction, non seulement la nouveauté du bâtiment résidait dans sa conception révolutionnaire pour l'époque d'ignorer la pierre, la brique et le ciment remplacés par un dôme gigantesque de verre, des travées transparentes et des murs également de verre, le tout soutenu par une architecture faite de poutrelles et des croisées de métal, mais elle se distinguait aussi par la fabrication d'éléments préfabriqués puis assemblés sur place, ce qui était purement incroyable !
D'une taille défiant le bon sens, disait-on alors, avec ses 550 m de long, 120 m de large et surtout, 30 m de haut tout en verre, avant même sa construction, la presse avait relayé " l'effroi du public " qui se voyait déjà enseveli sous les 84.000 m2 de verre et les 4.000 tonnes de gravats de fonte, prédisant un destin terrible au bâtiment.
N'avait-on jamais vu une chose pareille, qu'une telle construction de verre ! Et pourtant, il fit honneur au prince et surtout à la reine Victoria qui put ainsi accroître le prestige de l'Empire britannique aux yeux du monde entier.
Ce furent pas moins de six millions de visiteurs qui s'y précipitèrent avec un ticket d'entrée fixé à 1 shilling (soit 4 £ anglaises de 2017 = 4,5 €, ce qui n'était pas donné), pour une recette de 195.000 Livres *
* soit £15.636.289,50 de 2017 = 17.760.714 € !
N.B. Pour se rendre compte de ce que représentaient £195.000 en 1850, disons que c'était la valeur de 13.000 chevaux, 36.516 vaches ou bien encore 975.000 journées de travail d'un artisan qualifié durant l'Angleterre Victorienne.
Les 5.000 ouvriers qui réalisèrent l'exploit de bâtir en très peu de temps le Crystal Palace, ainsi que les jardiniers ayant planté des arbres dans cette sorte de serre géante de 30 m de haut, et mis en eau dans le parc, des cascades et jets d'eau impressionnants, furent bientôt relayés par les constructeurs et artisans présentant leurs ouvrages pour un siècle qui se voulait devenir celui du progrès. Ainsi en allait-il alors de la supériorité industrielle et technique du Royaume-Uni...
Médailles de la Great Exhibition et du Crystal Palace
Le Crystal Palace
L'incendie...
Lexique Antonin, Saison 5, Episode 10, Duel
LEXIQUE LA PASSION D'ANTONIN
SAISON 5 " VERTIGES "
ÉPISODE 10 " DUEL "
Lien vers le poème : Duel
LES DUELS QUI ONT FAIT MOUCHE (Duel)
L'honneur, fors l'honneur, l'honneur toujours !
Et quelques soient les continents, les sociétés, les classes sociales, cette notion d'honneur justifie à elle seule les injures, les méfaits, les abus, les outrances, les outrages, les violences et les crimes...
Et ne croyez-pas que seuls les nobles, les riches et les nantis se préoccupaient autrefois de leur honneur. Dans les campagnes comme dans les cités, la question d'honneur l'emportait largement sur toute autre considération : que dire par exemple d'une " fille perdue " pour avoir " fauté " hors le mariage...
Alors, pour laver l'affront, punir l'offenseur, venger l'offensé et bien plus rarement la jeune femme victime d'infamie, nos siècles d'histoire ont inventé toutes sortes de parades, de rituels, de combats et de procès faisant référence à Dieu (les ordalies) dont le fameux duel.
Ce sujet est si vaste puisque dans l'antiquité déjà, la question de l'honneur était un préalable indissociable au code de bonne conduite des élites, que je m'en tiendrai à l'évocation des duels.
* * *
Le Moyen-âge avait recours aux duels chevaleresques, mais bien moins souvent qu'on ne le croit. En effet, cette manière d'en découdre afin de régler un différend nécessitait la mise en oeuvre d'une somme importante de préalables, de démarches auprès de seigneurs et suzerains successifs ainsi qu'auprès de la hiérarchie ecclésiastique.
Ainsi, la Parlement de Paris (pour l'essentiel), après avoir longtemps instruit un conflit entre deux seigneurs (car on ne parle pas du reste des sujets du roi ou de la populace), pouvait-il s'en remettre au roi comme à l'archevêque afin d'accepter le duel judiciaire " à la grâce de Dieu ".
À ce titre, je vous engage vivement à voir l'excellent film de Ridley Scott sorti en 2021 " Le dernier duel " inspiré d'un évènement réel contant le dernier " Jugement de Dieu " mettant en scène dans un duel à mort deux seigneurs, un chevalier et un écuyer afin de trancher dans une affaire de viol dénoncée avec un immense courage par l'épouse du chevalier.
Il faut savoir qu'à l'époque, l'honneur de l'épouse ne comptait pas, seul celui du mari offensé l'était. En en appelant au jugement de Dieu (l'ordalie), ce que fit l'épouse accusatrice et donc son mari demandant en 1386 le duel au roi Charles VI le bien-aimé (qui deviendra Charles VI le fou), les conséquences de cette ordalie n'étaient pas sans conséquences.
Et ce n'était là que logique judiciaire puisque ni les rencontres préalables au duel entre les seigneurs opposés, ni les tentatives de réconciliation ou d'aveux de mensonge de la femme plaignante, ni le procès engagé par le Parlement de Paris et par l'Église n'ayant abouti, ne restait plus qu'à en appeler à Dieu, lequel désignerait fatalement l'innocent sortant vainqueur du combat et le parjure qui périrait de la main de son adversaire.
Les deux combattants ayant juré à différentes reprises et à nouveau avant d'entrer en lice, trois fois à haute voix, la main sur une relique ou sur les Saintes Écritures, la vérité de sa version du différend, sous peine de perdre la vie éternelle, cela faisait forcément de l’un des deux un parjure.
En effet, le combat n'avait d'autre issue que la mort d'un des deux protagonistes. Lequel se voyait aussitôt traîné nu d'infamie par des chevaux, découpé, décapité et porté aux quatre coins de villes de France, exposé sur des ponts avant que d'être brûlé, ses titres et biens sitôt confisqués par le roi de France et sa famille bannie du royaume.
Quant à la femme accusatrice, elle se voyait enchaînée dans une sorte de cabanon de bois ancré sur des fagots et bûches dominant la lice, afin d'encourager son héros. Et s'il succombait sous les coups, la malheureuse se voyait aussitôt brûlée vive...
* * *
Pour en revenir à des duels plus récents, les 16e et 17e siècles se montrèrent carrément catastrophiques car on décompta pas moins de 10.000 duels rien que sous le règne d'Henry IV au cours desquels 5.000 duellistes auraient perdu la vie, et environ 4.000 morts pour le 17e siècle.
De plus, depuis l'époque des mousquetaires sous Louis XIII, la question des duels s'était tellement invitée dans les villes qu'il n'était de places (comme celle des Vosges à Paris) qui ne s'éveillait dès l'aube au choc de ce spectacle ! Enfin, l'on comptait souvent de véritables batailles rangées car les témoins des duellistes n'hésitaient pas à tirer l'épée également.
Ce véritable fléau était tel que plusieurs monarques et ministres tentèrent sans succès de bannir les duels. Souvenons-nous du cardinal de Richelieu qui fit tout pour les prohiber, ce qui n'empochait pas leur maintien clandestin... Ainsi, sur décision du roi Louis XIII s'appuyant sur l'édit du 2 juin 1626, deux jeunes nobles, François de Montmorency-Boutteville et François de Rosmadec des Chapelles furent décapités en place de Grève, à Paris le 21 juin 1627.
C'est le roi Louis XIV qui réussit enfin à interdire ces duels responsables de cette véritable hécatombe causant la perte de la fine fleur de la noblesse française.
Ces duels ne ressemblaient guère à leurs ancêtres moyenâgeux. Hormis les témoins, puis le choix des armes, toute une série de codes se voulant traditionnels et honorables, comme le fait de se présenter en chemise ouverte, apparurent et se renforcèrent.
Ainsi, les duels étaient-ils la phase ultime d'une escalade de défis préliminaires, comme la gifle devant témoins, le jet de gants, le pli, etc. renforcés par l'idée qu'on se faisait alors de l'idéal aristocratique, du code de l'honneur et de la bravoure. Ainsi, même si le choix des armes était proposé, le recours aux pistolets était inconvenant, loin du prestige de l'arme blanche.
* * *
Enfin, aux duels à mort se substituèrent plus tard, notamment au 19e siècle, les duels " au premier sang " comme celui, incroyable à notre époque, que pratiquèrent le 21 avril 1967 Gaston Deferre et René Ribière, tous deux parlementaires, dans le parc d'un hôtel particulier de Neuilly, l'un ayant traité l'autre d'abruti...
Malgré la vive réprobation du général De Gaulle, ils croisèrent le fer et après quatre minutes de combat, trois assauts et deux estafilades, le député Ribière s'inclina vaincu et perdant quelques gouttes de sang devant la presse convoquée en catimini ! Et dire qu'il devait se marier le lendemain...
Miniature évoquant le fameux " dernier duel " entre Jean de Carrouges et Jacques Le Gris
Bande annonce du film " Le dernier duel "
Plus près de nous...
et le fameux combat d'il y a 55 ans entre Deferre et Ribière...
La vidéo de l'événement !
Lexique Antonin, Saison 5, Episode 9, L'adieu
LEXIQUE LA PASSION D'ANTONIN
SAISON 5 " VERTIGES "
ÉPISODE 9 " L'ADIEU "
Lien vers le poème : L'adieu
LE DÉCÈS DU PRINCE ALBERT ET LES LARMES DE CANTERBURY (L'adieu)
La reine Victoria qui partageait avec son époux le prince consort Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (1819/1861) une passion débordante, avec lequel elle eut neuf enfants, ne se remit jamais de sa mort brutale survenue le 14 décembre 1861 au château de Windsor suite à une fièvre typhoïde mal soignée.
Et pourtant, leur liaison ne se fit pas sans d'incessantes querelles trouvant leur origine dans le besoin impérieux qu'avait le prince de vouloir exister par lui-même et pas seulement dans l'ombre de son épouse et reine, trois pas derrière, et la volonté impériale de la souveraine qui n'entendait pas se voir imposer sa conduite par un prince prussien, fût-il son mari...
Une anecdote éclaire ces brouilles passagères :
Lors d'un froissement d'humeur, le Prince s'étant retiré dans ses appartements, Victoria vint frapper à sa porte :
— Qui frappe ? demanda Albert.
— C'est la reine, ouvre-moi.
— Je demande mille pardons à la reine, mais je suis ici chez moi, et mon désir est d'y rester seul.
—Albert, lui dit la reine d'une voix attendrie, c'est votre femme !
La porte s'ouvrit aussitôt et le prince tomba aux genoux de sa femme.
En général, ces querelles qui pouvaient durer plusieurs jours trouvaient leur terme sur l'oreiller ; la reine étant particulièrement sensible à cette proximité intime remplaçant le froissement des esprits échauffés par celui de la soie de leur couche commune quasiment quotidienne...
Victoria n'aimait pas les enfants et pourtant elle en eut neuf ! Elle qualifiait les bébés d'êtres laids ressemblant à des crapauds ou à des grenouilles...
Et pourtant, avec Albert, ils formèrent une famille nettement plus affectueuse que dans bien des cours européennes. Il est vrai que Victoria avait vite compris l'importance que pouvait revêtir auprès de son peuple, toutes classes sociales confondues, la modélisation familiale qu'elle représentait et dont elle chargea des peintres portraitistes de " banaliser " en quelque sorte cette félicité domestique, à travers des imageries populaires reprenant des tableaux officiels. Ainsi, chaque famille pouvait-elle se prévaloir de l'exemple de la souveraine et de son prince consort.
Le Prince Albert était un homme "simple", fort aimable et bénéficiant d'une intelligence pragmatique qui le distinguait de ses concitoyens, en avance sur son temps, débordant d'enthousiasme pour le progrès, la science, l'agriculture, l'industrie, les arts et lettres, les techniques et l'audace de la nouveauté. Il adorait également les Beaux-Arts dont il était le protecteur attitré.
On le vit se passionner pour le tout nouveau chemin de fer. Il imagina, créa et conçut la toute première Exposition universelle de 1851 à Londres dans un bâtiment remarquable fait de fonte et de verre " le Crystal Palace " dont je parlerai ultérieurement.
Malgré les réticences de la Cour pour " cet étranger " qui s'en venait à tout juste vingt ans épouser leur reine, les Britanniques se prirent rapidement d'intérêt puis d'estime et d'affection pour ce jeune prince élégant, séduisant et intelligent. Du reste, la presse anglaise (déjà...) eût tôt fait de vanter son charme auprès des femmes de toutes conditions...
Son décès fit l'effet d'une bombe et l'Angleterre tout entière, pardon, l'Empire britannique pleura ce prince charmant dans un hommage unanime rendu par tout un peuple malgré la volonté d'absence de pompe par des funérailles relativement discrètes à Windsor.
Comme déjà dit, la reine Victoria (1819/1901) inconsolable porta son deuil jusqu'à sa mort, soit durant quarante années...
* * *
Comme je l'indique dans mon poème (l'adieu), toutes les églises d'Angleterre et même les chapelles catholiques de Londres se firent l'écho de cette immense affliction populaire. C'est donc à CANTERBURY dont dépend Fordwich et la Baronnie d'Antonin à Green House, que nos amis, héros de ma saga romancée, se rendirent pour assister à l'Office funèbre spécial et rendre hommage à leur royal " ami récent ".
La magnifique cathédrale de Canterbury servit de cadre tout autant fastueux que d'une simplicité authentique faite de pierre et de verre rendant ainsi un hommage lumineux à la mémoire du prince.
Cet ensemble sacré bâti sur d'anciennes fondations comprend outre la cathédrale qui s'impose comme l'une des plus anciennes d'Angleterre, l'église Saint-Martin de Canterbury et l'abbaye Saint-Augustin de Canterbury.
Et l'histoire témoigne toujours du prestige des lieux ayant accueilli selon les siècles :
- des moines bénédictins venus évangéliser l'Angleterre auprès de Saint-Augustin en 597,
- l'abbé Lanfranc (théologien réputé) nommé en 1070 archevêque par le puissant Guillaume-le-conquérant (Duc de Normandie ayant vaincu les Anglais à la bataille d'Hastings, couronné ensuite roi d'Angleterre)
- et surtout l'assassinat de l'archevêque Thomas Becket dans sa propre cathédrale en 1170 (où repose son gisant) donnant lieu dès lors à un pèlerinage où se bousculèrent pour y faire pénitence :
- les rois de France comme Philippe-Auguste,
- le souverain du Saint-Empire-Romain-Germanique avec le célèbre Charles Quint
- et naturellement les rois d'Angleterre d'Angleterre tels Henry II, Richard II ou Henri VIII...
Aujourd'hui encore, d'autres gisants célèbres comme le roi Henri IV d'Angleterre (1367/1413) et Jeanne de Navarre ou l'impitoyable Édouard de Woodstock dit le Prince-Noir qui repose sous la cathédrale dans son cercueil de cuivre doré scellé de telle façon qu'il résiste au temps, rappellent l'héritage fameux de ces princes de l'église et du monde...
Alors, laissons la nef en gothique perpendiculaire de l'imposante cathédrale, ses voûtes en étoiles ou en éventail de sa Tour haute de 72 m dont la cloche sonne toujours les cent coups du couvre-feu de la ville à 20h55, ses croisées d'ogives à liernes et tiercerons, ses chœurs aux nombreuses travées, sa centaine de verrières portant des vitraux légendaires, ses cryptes à colonnes et chapiteaux aux gisants célèbres, ses fondations romanes sacrées, ses arcs-boutants, son chevet-Est ou bien encore les voûtes de son cloître éclairer l'histoire en paix...
Le Prince Albert
En famille...
Les obsèques du Prince Albert dans la chapelle Saint-George du château de Windsor
Veuve... La reine Victoria ne portait plus que du noir
La cathédrale de Canterbury
Vue du cloître
Un ensemble aussi impressionnant que saisissant
Les anciens vestiges romans de la crypte
Saint-Augustin de Canterbury
Vitrail de Saint Thomas Becket de Canterbury (avec une épée qui lui traverse la tête)
son assassinat par quatre hommes...
Guillaume le conquérant
Les gisants d'Henry IV d'Angleterre et de Jeanne de Navarre
Le cercueil hermétiquement clos du Prince-Noir
Lexique Antonin, Saison 5, Episode 7, Collie
LEXIQUE LA PASSION D'ANTONIN
SAISON 5 " VERTIGES "
ÉPISODE 7 " COLLIE "
Lien vers le poème : Collie
LES CHIENS DE VICTORIA (Collie)
Qu'il s'agisse aujourd'hui de la reine Élisabeth II ou hier de l'impératrice Victoria, ces souveraines britanniques ont toujours adoré les chiens, que dire : des meutes de chiens !
C'est à 13 ans que la future reine Victoria se vit offrir un adorable King Charles nain de la famille des épagneuls, nommé Dash (1830/1840).
Elle l'adorait tellement que le soir même de son couronnement, elle n'eut d'autre volonté que de le retrouver pour le baigner puis... de prendre le thé avec lui et son Premier ministre !
Il est vrai que ces petits chiens possèdent leurs lettres de noblesse depuis le XVIIe avec même, le privilège d'entrer au Parlement à la suite de leur premier grand admirateur, le roi Charles II d'Angleterre, d'où leur nom de " King Charles ".
Dash suivait sa maîtresse partout en affectionnant tout particulièrement les salons privés de ses palais, voire son lit royal. De fait, le futur époux de Victoria dut passer avec succès le test d'être accepté par l'auguste toutou qui mourut d'ailleurs la même année que leur mariage, fin 1840, rendant sa maîtresse inconsolable...
Inhumé dans le parc même du château de Windsor (sa tombe existe toujours), son épitaphe rédigée par Victoria rappelle :
Here lies DASH
The favourite spaniel of Her Majesty Queen Victoria
In his 10th year.
* His attachment was without selfishness
His playfulness without malice
His fidelity without deceit
READER,
If you would be beloved and die regretted
Profit by the example of
DASH"
* Son attachement était sans égoïsme, son espièglerie sans malice, sa fidélité sans tromperie. Si vous voulez vivre aimé et mourir regretté, profitez de l'exemple de Dash.
Par la suite Victoria eut de nombreux chiens, beaucoup de chiens de diverses races, une centaine environ ! Ainsi, il fut conçu à Home-Park, dans le parc de Windsor, un chenil tout spécialement aménagé, entretenu et tenu par des serviteurs compétents sous la direction du capitaine des chenils de la reine : Hugh Brown.
Hugh Brown était le fils du fidèle serviteur de Victoria, l'écossais David Brown. Il dirigea ce modèle de chenil coquet fait de briques rouges, disposant de 60 niches rouges ou bleues, aérées et chauffées l'hiver, s'ouvrant d'une part sur des pelouses, d'autre part sur une cour pavée traversée par des petits ruisselets d'eau fraîche ainsi que d'un bassin pour se baigner et d'une véranda abritant leurs ébats. Au chenil étaient adjoints un hôpital avec deux vétérinaires. Et lorsque venait le temps de partir gambader sur les pelouses éternelles, un cimetière avec des mausolées attendait les toutous.
Il y avait maintes dispositions protégeant les chiens du soleil ou de la pluie, du froid ou de la chaleur, avec des espaces pour courir sans se quereller comme " la cour des collies " ou " la cour des parapluies ", régulièrement visités par Victoria qui y recevait parfois des courtisans au thé-time, et pouvait évidemment nommer chacun de ses chiens sans se tromper. Du reste, lorsqu'on voulait faire plaisir à sa gracieuse majesté, il était de bon ton, au retour d'un voyage à l'étranger, de lui offrir un chien reproducteur (de Prusse, du Japon, d'Italie ou même de chez les esquimaux).
Contrairement aux idées reçues, Victoria se préoccupait davantage des bonnes conditions de vie de ses chiens, de leur confort et de leur santé que des standards de leur race. Elle s'était par exemple opposée fermement aux mutilations de queues ou d'oreilles ou aux pénibles muselières.
Elle lutta énergiquement contre la maltraitance animale telle la noyade de chiots, et fonda la Société de prévention contre la cruauté envers les animaux " Society for the Prevention of Cruelty to Animals ".
Et son rôle précurseur de défense de ces animaux domestiques fit rapidement tache d'huile. Elle lança la mode des portraits canins " en famille " influençant jusqu'aux classes moyennes, et relayée par de nouveaux peintres animaliers, à la différence des traditionnelles reproductions de scènes de chasse avec des chiens racés.
Cela dit, ses toutous préférés l'accompagnaient en sus du parc dans ses appartements privés. C'est ainsi que mon poème " Collie " évoque l'un de ses collies bousculant sans vergogne les invités royaux au grand dam des serviteurs, mais à la joie complice de Victoria... du moins, dans ma saga !
Quoique... Je me suis inspiré de Jack, un petit terrier irlandais, chien préféré d'Édouard 7, fils de Victoria, qui devait être à bonne école...
Imaginez plutôt. Accompagnant son maître, ce chien n'hésitait pas à sauter brusquement sur les visiteurs qui s'approchaient trop près du roi, à son goût ! Sans jamais mordre, il prenait néanmoins un malin plaisir à mordiller et à trouer les pantalons des illustres invités, le bas des habits à queue de pie ou même les robes en crinoline des Ladies ! De quoi se refaire une beauté lors des banquets et des bals...
Pour en revenir à Victoria, épagneuls et King-Charles, collies, loulous de Poméranie, teckels et tant d'autres compagnons à quatre pattes égayèrent à n'en point douter la souveraine, toujours en deuil de son cher et regretté mari, le prince consort Albert.
Elle eut d'ailleurs un fort chagrin à chaque départ de ses petits protégés comme à celui de Dandie, un Skye-Terrier qui vécut 19 ans ou Dacko, son teckel qui gardait jalousement sa chambre, sans oublier le collie Sharp au caractère plutôt dominateur et jaloux de ses prérogatives. N'écrivait-elle pas à propos de " ses élèves " et donc de lui, en 1873 :
" Mon Collie, favori préféré, est toujours en bas quand nous prenons nos repas, et il est toujours très sage. Brown le fait monter sur une chaise ou sur mon canapé et il ne lui est jamais arrivé de descendre sans ma permission ; et même il tient un morceau de gâteau dans sa bouche, sans le manger jusqu'à ce qu'on lui dise qu'il peut le faire. C'est le chien le plus facile à commander que j'aie jamais vu, et il est si affectueux et si bon ! S'il pense qu'on n'est pas content de lui, il donne la patte et fait le beau si gentiment ! "
La réputation de la reine Victoria portant une véritable passion pour ses chiens était telle que lors de sa visite d'État en France, invitée par l'Empereur Napoléon III à Saint-Cloud qui s'était inquiété de son confort * et à qui elle avait répondu que tout était exquis, mais qu'il lui manquait son chien favori pour vraiment se sentir chez elle, elle eut la surprise trois jours plus tard d'y trouver son loulou de Poméranie !
* N.B. L'Impératrice Eugénie avait, outre cette courtoisie impériale, fait expressément aménager ses appartements de Saint-Cloud " à l'anglaise ".
Quant à l'actuelle souveraine britannique, chacun sait (et voit) que la reine Élisabeth II est toujours entourée de nombreux corgis (jusqu'à 9 en même temps, dont quatorze générations élevées par elle) bénéficiant de privilèges royaux, de vaisselle d'argent, d'un chef cuisinier, de chambres individuelles, et tout, et toutous... Tradition oblige, of course !
Si son entourage s'est souvent plaint de cette meute envahissante, il ne s'en trouve plus de nouveaux aujourd'hui, la reine ne souhaitant pas qu'ils lui survivent dans la peine...
Dash, le King Charles de la reine Victoria
en peinture d'époque
et dans la série "Victoria"
Victoria et ses chiens
Les chiens (une tout petite partie) de Victoria confiés ici à son serviteur écossais, confident et zélé, David Brown
Victoria (à gauche) et l'actuelle reine Élisabeth II, enfant
(à droite)
L'actuelle souveraine Britannique, Élisabeth II
l'un de ses corgis préférés
Royal, non ?
Lexique Antonin, Saison 5, Episode 5, Windsor
LEXIQUE LA PASSION D'ANTONIN
SAISON 5 " VERTIGES "
ÉPISODE 5 " WINDSOR "
Lien vers le poème : Windsor
LE CHÂTEAU DE WINDSOR (Windsor)
Aussi incroyable que cela paraisse, cette ancienne forteresse construite en 1066 servit tout autant de prison témoignant des derniers instants du roi Charles 1er d'Angleterre accusé de haute trahison puis exécuté par décapitation en 1649, que de palais royal encore actuellement résidence de la famille royale britannique, rendu célèbre sous le règne de la reine Victoria.
Et dire que cet immense château servant également d'abri à la famille royale durant les bombardements aériens de la seconde guerre mondiale, et qui traversa les siècles quasiment sans entraves, dut attendre l'année 1992 qualifiée par l'actuelle souveraine d' " annus horribillis " pour subir un terrible incendie...
Il en aura vécu des drames et des passions, des souffrances et des joies, des cris et des murmures, des prestiges et des bassesses, des bals et des pas de deux, des intrigues et des serments de loyauté, des silences et des hourras, des conflits et des courtisaneries, du mépris et des cérémonies, du thé et des banquets et tant de choses de la vie, pardon, du train de vie de monarques...
Se tenant à une cinquantaine de kilomètres à l'Ouest de Londres, ce château de 1000 pièces pour 52.000 m2, domine la Tamise en abritant des souverains britanniques depuis plus de 900 ans. Dix d'entre-eux y sont d'ailleurs enterrés dont le fameux Barbe-Bleue, pardon, Henri VIII (qui eut six épouses et en fit décapiter deux)...
Il s'ancre au sommet d'une colline abrupte et si ses jardins sont réduits en partie haute du fait du terrain escarpé, ils sont relayés par le Home Park, vaste parc de 65 hectares qui s'étend à l'Est.
En l'édifiant poursuivant sa conquête de l'Angleterre au XIème siècle, Guillaume le conquérant n'imaginait pas que sa forteresse ceinte d'un donjon circulaire et de trois palissades de bois deviendrait cet incroyable palais /musée regorgeant de salles rococo, baroques et gothiques sublimes découvrant des trésors artistiques inestimables, comme des sculptures, des tapisseries des Gobelins, des bijoux, des céramiques précieuses ou des célèbres toiles de Maîtres de la Royal Collection (Rembrandt, Van Dyck, Rubens, Le Titien, Dürer, Vermeer, Raphaël, Canaletto, Gainsborough et tant d'autres, sans oublier la collection prestigieuse des dessins de Léonard de Vinci !).
Il n'aurait pas non plus songé qu'un jour des millions de touristes arpenteraient sa motte fortifiée pour admirer entre autre, la majestueuse Chapelle Saint-George ou dans un autre esprit... la Queen Mary's Dolls' House, la plus célèbre maison de poupées au monde (construite entre 1921 et 1924) devenue une attraction de premier plan, et pas seulement pour les enfants !
Et il n'aurait certainement jamais conçu qu'un accessoire de bas féminins deviendrait un Ordre royal d'une décoration convoitée (l'Ordre de la Jarretière) dont le Siège emblématique se tient justement au château de Windsor.
Dans mon poème " Windsor ", j'évoque :
- Le « Cloître en fer à cheval » (Horseshoe Cloister) du château de Windsor qui se tient à son extrémité occidentale en partie dite basse. Il a été érigé en 1480 près de la chapelle afin d’y loger son clergé et fut totalement rénové sous le règne de Victoria en 1871.
-
La « chapelle Saint-George » (15e au 19e siècle) qui se tient également dans la partie basse du château de Windsor, mais à son côté nord. C’est une œuvre remarquable de l’architecture gothique anglaise où se tient toujours le siège de « l’Ordre de la Jarretière ».
- et... (uniquement pour la romance imaginée) :
le fameux vase de cristal surmonté d’une rose des sables disposant quatre animaux en croix (un lion, un aigle, un ours et une colombe) qu’Antonin souffla, sculpta puis grava en doubles exemplaires : l’un pour la reine Victoria, l’autre pour son amie et sœur d’armes rencontrée en Crimée à l’hôpital de Scutari.
Le château de Windsor par Canaletto
et par William Turner
ou Paul Sandby
Vue aérienne...
la reine Victoria à Windsor en 1898
et la reine Élisabeth 2
la chapelle Saint-George
Le cloître du fer à cheval " Horseshoe Cloister " (voir mon poème...)
Lexique Antonin, Saison 5, Episode 2, L'abbaye
LEXIQUE LA PASSION D'ANTONIN
SAISON 5 " VERTIGES "
ÉPISODE 2 " L'ABBAYE "
Lien vers le poème : L'abbaye
L'ABBAYE CISTERCIENNE NOTRE-DAME DE TIMADEUC (L'abbaye)
Cette abbaye superbe s'offre au regard de celui qui, ayant longé le canal de Nantes à Brest, puis remonté une petite route à travers champs et bois, découvre soudain, ayant franchi alors la porterie de granit, cette somptueuse bâtisse habillée de vigne vierge, entourée des corps de bâtiment du domaine, de l'église conventuelle, du cloître et des ateliers.
Elle est récente puisqu'un premier prieuré fut construit par trois moines en 1840, obtenant plus tard en 1847 le statut pontifical d'abbaye et enfin, son inauguration en 1860 (précisément à l'époque de notre cher Antonin dans ma saga).
Elle est toujours en activité et ne se visite pas, hormis son parc, son église et la boutique/atelier du domaine qui propose de nombreux produits confectionnés par les moines.
C'est une abbaye Cistercienne correspondant au fameux Ordre Cistercien de l'abbaye de Citeaux, et donc répondant à la règle de Saint-Benoît des moines trappistes Bénédictins.
Pour mémoire, rappelez-vous dans ma saga, l'épisode 3 "Privilège" de ma saison 1, et son lexique afférent qui évoque l'abbaye de Clairvaux fondée par Bernard de Clairvaux venant également de l'abbaye de Citeaux.
N.B : Antonin reste de fait, protégé par les moines Bénédictins...
Elle a traversé bien des tourments :
- Déjà, en 1863 où elle fut victime d'un incendie criminel lui infligeant 200.000 francs de perte,
- Puis en 1880 avec sa fermeture et l'exclusion des moines, suite à un décret anticlérical de la 3ème République réprimant la vie en communauté et le port de l'habit religieux,
- Et en 1905 avec le départ de moines suite à la Loi sur la séparation des églises et de l'État,
- Enfin, durant la dernière guerre, car elle fut un haut lieu de résistance à l'occupant nazi par l'action héroïque des moines et de leur supérieur, le père abbé Dom Dominique Nogues, lui-même agent du réseau Pat O'Leary. Ils cachèrent des aviateurs alliés, entreposèrent des dépôts d'armes et fabriquèrent des faux-papiers. Plusieurs moines furent arrêtés dont le père Gwenaël qui mourut en déportation. Pour son engagement courageux, l'abbaye reçu la médaille de la Résistance Française en 1946. Ces pères étaient également des Bretons, fortement attachés à l'indépendance de leur pays N.D.L.R.
- Et plus près de nous hélas, elle fut également touchée par le scandale de la pédophilie à travers les agissements d'un moine...
Aujourd'hui, elle est lieu de prières, d'accueil de groupes et de travail.
Les 24 frères actuellement présents accomplissent, outre leur profession de foi consacrée à la prière et à la vie monastique, les tâches habituelles que réclame une vie de partage en communauté, mais aussi la fabrication de fromages dont le fameux " Trappe de Timadeuc ", le " Timanoix " à la liqueur de noix et des pâtes de fruits aussi fondantes que naturelles, à hauteur de 14 tonnes par an, tout de même !
L'expulsion des moines en 1880
Les moines au travail
Le magasin sur place...