Lexique Saison 6 Episode 4 Commune
Lien vers le poème " Commune " : ICI
- LA COMMUNE LIBRE DE MONTMARTRE ET LA BANDE DE LA RÉPUBLIQUE DE MONTMARTRE, LE BAL DES QUAT'Z ARTS & SON MASSIER (Commune)
1/ LA COMMUNE LIBRE DE MONTMARTRE ET LA BANDE DE LA RÉPUBLIQUE DE MONTMARTRE est une bien singulière histoire née en avril 1920 de l'idée folle d'artistes, poètes, écrivains, chansonniers, dessinateurs, humoristes, et de peintres cubistes, expressionnistes, Dadaïstes, un peu "anars" qui se constituèrent en association (Loi 1901 donc pas si vieille), à caractère philanthropique visant à maintenir l'esprit et l'entraide des artistes de Montmartre.
La "République de Montmartre" compléta en novembre 1920 la "Commune libre de Montmartre" située Place du Tertre (actuels locaux du syndicat d'initiative de Montmartre) initialement dédiée à l'esprit festif de la Butte à préserver coûte que coûte des promoteurs immobiliers (déjà !).
Elle eut de nombreux talents participant à sa création dont Jules Depaquit (1869/1924) dessinateur célèbre dans plusieurs journaux satiriques (Cocorico, le journal de Paris, le rire, le bon-vivant, la baïonnette, et le Canard enchaîné fondé en 1915). Il en fut le premier maire, élu sur sa fameuse liste "antigrattecieliste". Ah, j'oubliais : Fasquel fut le premier garde-champêtre de Depaquit !
Depaquit, personnage truculent, chaussé de sabots et habillé de façon pittoresque avec une écharpe rouge (lui aussi), une redingote et un chapeau haut de forme, il ne manquait jamais de déambuler sur la Butte dont ses bistrots et cabarets en compagnie de sa bande de joyeux compères, mais néanmoins artistes et intellectuels formée des compagnons de sa liste comme de ceux des listes concurrentes (Eh oui, les élections furent serrées !) tels Max Jacob, Pablo Picasso, Pierre Mac Orlan, Pierre Labric, Aristide Bruand, le fameux Dédé du "Lapin agile" et son âne "peintre" conduit par Roland Dorgelès (voir mon poème "Lolo"), Érik Satie, Roger Tozini, Georges Delaw, sans oublier Maurice Utrillo et sa mère Suzanne Valadon, André Breton, Jean Cocteau ni Francisque Poulbot.
Au nombre de ses activités viennent d'abord le vignoble du clos Montmartre inauguré par le Président de la (vraie) République Albert Lebrun en 1934 en présence de Mistinguett et de Fernandel, et ses vendanges, des courses de vélo, un espace vert baptisé "Square de la liberté" destiné aux enfants de Montmartre situé à l'angle de la rue Saint-Vincent et de la rue des Saules, un dispensaire et des arbres de Noël pour les enfants déshérités de la Butte, le bal des gars de la "n"arine, le championnat de l'escalier pour dames, la fête des pompiers, etc.
Et... bien plus tard : Coluche et Thierry Le-Luron y ont été "mariés" par le 5ème maire de la Commune : Jehan Mouzsnier en 1979 !
Cette Commune libre a survécu et tient ses locaux rue du Mont-Cenis en dispensant diverses activités de découverte du vieux Montmartre et de son histoire.
Enfin, la R.P.M. (République de Montmartre) dispose d'un hymne officiel "Monte là-dessus, tu verras Montmartre" (à écouter dans mon poème) et d'une "carte d'identité" de "Citoyen de la Commune libre".
Jules Depaquit en haut de forme
Francisque Poulbot
2/ LE BAL DES QUAT'Z ARTS & SON MASSIER était une manifestation festive organisée annuellement par les quatre disciplines de l'E.N.S.B.A. (École Nationale Supérieure des Beaux-Arts - de Paris), soit la peinture, la sculpture, la gravure et l'architecture, de 1892 à 1966, pour un total de 63 bals réalisés.
À l'origine, ce bal se voulait concurrencer celui de l'école des femmes (non admises aux Beaux-Arts) : l'Académie Julian. Très vite, il donna lieu à scandale par le défilé de femmes nues jouant le rôle de Cléopâtre et de ses servantes, ainsi que par la mise en scène de "tableaux vivants" particulièrement dénudés. Notons que pour la plupart, les femmes dénudées étaient en fait des modèles.
Les sites différaient (Moulin rouge, salle Wagram, Parc des expositions de la Porte de Versailles). L'organisation revenait à "la Grande Masse des Beaux-Arts", en forme d'association collectant des fonds coopératifs auprès des élèves et organisant notamment ce bal.
Les élèves s'investissaient totalement dans la préparation graphique de l'évènement. Lors du bal, les "carabins" voisins de l'École de médecine, y participaient, non sans inviter en retour ceux des Beaux-Arts au bal de l'internat. Souvent qualifié d'orgie, ce bal ne l'était pas, mais il n'était pas non plus un lieu de puritanisme exemplaire... ! De fait, la parade des femmes nues à cheval sur leur cavalier pouvait s'apparenter aux Saturnales (voir mon poème).
Ce bal s'acheva à l'occasion des évènements de mai 1968.
N.B : Entré aux Beaux-Arts à la même époque, je ne le connus pas, mais j'eus souvent l'occasion d'y côtoyer sa fanfare jouant le fameux air du "pompier", l'hymne des Beaux-Arts, laquelle participe régulièrement au concours national des fanfares.
Le "Grand Massier" (souvent un "architecte") préside aux destinées de l'une des plus anciennes associations d'étudiants françaises, la Grande Masse des Beaux-Arts, fondée en 1926 dont le nom de "masse" remonte au Moyen-Âge (Masse d'ateliers gérant notamment les finances). Parmi ses activités à caractère non lucratif, on trouve une aide à la recherche d'emplois, de logements et de bourses, de dons et prêts d'honneur, de soutien juridique, de voyages d'étude, de prix, de cours, de bals, d'édition d'un bulletin et du concours national des fanfares des Beaux-Arts.
Défilé...
La fanfare des Beaux-Arts
La chanson du " pompier "
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