La palette de Pierre

La palette de Pierre

Lexique Antonin, Saison 3, Episode 4, Rencontres

LEXIQUE LA PASSION D'ANTONIN

SAISON 3 " ESPOIRS "

ÉPISODE 4 " RENCONTRES " 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lien vers le poème : Rencontres

 

 

 

 

 

 

 

 

LA VILLA CASAMAURES DU SIEUR COCHARD (Rencontres)

 

 

C'est une bien étrange bâtisse que cette villa de style Mauresque qui frappe le visiteur stupéfait se rendant à Grenoble en passant par Saint-Martin-Le-Vinoux...

 

Véritable palais des mille et une nuits, planté au saut d'un tapis magique l'ayant transporté depuis les confins de l'Orient, ce chef d'oeuvre de l'art néo-mauresque fut en effet édifié par un couple de Grenoblois à partir de 1855.

 

Son concepteur, Joseph JULLIEN dit COCHARD (que j'évoque donc dans mon poème " Rencontres ") se ruina pour bâtir cette incroyable villa imaginée pour les yeux de sa belle... Il acquit donc un terrain de 25 ares situé en bordure de l'Isère, sur la route impériale de Chalon-sur-Saône aux contreforts du massif de la Chartreuse.

 

Élevée sur quatre niveaux grâce à une superposition astucieuse de terrasses dominant un magnifique parc exotique, cette villa ne surprend pas que par son style, mais aussi par son aspect architectural révolutionnaire pour l'époque puisqu'il consistait à façonner artificiellement des blocs de pierre factices en ciment moulé, avant que de les assembler ensuite sur place en " habillage " d'une structure porteuse de poutrelles métalliques ou de bois.

 

Ce procédé de ciment moulé préfabriqué, bientôt connu sous le vocable de " l'or gris " fut facilité par la proximité d'une cimenterie renommée jouxtant la propriété, " La porte de France ". En effet, ce site regroupe les trois composantes requises pour l'exploitation des cimenteries : l'eau vive fournissant l'énergie hydraulique, les mines de charbon de La Mure et sur site également, un fameux gisement souterrain de ciment prompt naturel.

 

L'ensemble de la villa jouit de décorations en " or gris " teinté de couleurs vives dont un fameux bleu outremer, mais aussi de stucs enchevétrés, de boiseries, de vitraux, de céramiques et de moulures entrelacées, de mobilier oriental, sans omettre le fastueux parc boisé d'essences rares, agrémenté de terrasses et de plusieurs fontaines.

 

De fait, la mode était à l'orientalisme initié sous le 1er Empire suite à l'expédition d'Égypte de Napoléon Bonaparte, puis au Second Empire avec l'expédition d'Orient et la guerre de Crimée.

 

Cet engouement pour l'Orient fut largement entretenu par les savants de l'expédition (Champollion), des écrivains célèbres comme Victor Hugo (Les orientales), Flaubert, Lamartine, Nerval, des peintres de renom comme Cogniet, Ingres (Le bain Turc), Delacroix, des musiciens inspirés comme Franck, Berlioz et même plus tôt Mozart (La marche Turque), et des botanistes tels Jussieu ou Magnol (qui importa le magnolia)...

 

Le Sieur Cochard n'échappa pas à cet enthousiasme collectif, d'autant que la ville de Grenoble accueillait dans ses murs l'armée d'Orient en partance dont une garnison de Zouaves à l'apparence singulière très remarquée dans les Alpes !

 

Cet ancien lieutenant de cavalerie dans la Garde Nationale,  maréchal-ferrant, expert vétérinaire, entrepreneur de bois, entrepreneur de messageries et j'en passe... fut veuf en 1846. Il épousa en secondes noces une couturière modiste, puis il se lança dans le négoce des peaux et enfin, dans la spéculation immobilière avant que de bénéficier de ses rentes...

 

Par amour de sa femme Jeanne-Marie, il lui fit élever cette villa de plaisance rappelant ses rêves orientaux, dès janvier 1855, qu'il aménagera au gré de ses fantaisies et de ses moyens durant 23 ans.

 

À nouveau veuf en 1873, il ne touchera cependant rien de l'héritage de " sa belle Schéhérazade ", laquelle préférant léguer toute sa fortune à des oeuvres de bienfaisance... Remarié, mais ruiné et devant céder sa villa à ses créanciers en 1878, il terminera sa vie dans... un appartement de location du quartier de l'île verte de Grenoble !

 

De nombreuses fois rachetée, délaissée, transformée, puis laissée à l'abandon (squatée par des clochards), servant aussi d'entrepôt, la ville Casamaures fut restaurée à diverses reprises, puis obtenant le prix télévisuel de " Chef d'oeuvre en péril ", elle fut finalement classée à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1985. Son magnolia âgé de 160 ans en 2007 reçut alors le label " Arbre remarquable de France ". Elle accueille aujourd'hui trois associations et bénéficie de visites organisées.

 

 

Voir son site : ICI

 

 

 

 

 

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Le magnolia jouxtant à gauche la villa

 

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29/04/2021
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