La palette de Pierre

La palette de Pierre

Lexique Antonin, Saison 2 , Episode 6, Sabords

LEXIQUE LA PASSION D'ANTONIN

SAISON 2 " LUMIÈRE D'ORIENT "

ÉPISODE 6 " SABORDS " 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lien vers le poème  : Sabords

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE BRICK : NAVIRE PRÉFÉRÉ DES PIRATES ET DES CORSAIRES, LES BATAILLES NAVALES ANCIENNES (Sabords)

 

 

 

1/ LE BRICK : NAVIRE PRÉFÉRÉ DES PIRATES ET DES CORSAIRES

 

S'il est un navire qui fit l'unanimité des pirates et des corsaires, c'est bien le brick ! En effet, ce voilier léger, à deux mats uniquement et constitué de voiles carrées complétées de voiles triangulaires, était fort rapide et maniable.

 

Il était également le favori des commerçants et du cabotage au long cours. Avec un équipage expérimenté d'environ 15 marins; il filait les lourds navires de transport commercial en leur menant la chasse par vent arrière grâce à ses voiles carrées orientées perpendiculairement au vent. 

 

Au contact parallèle de sa proie, et après avoir lâché une première bordée de boulets de canons (à partir de ses 8 à 18 pièces de petit calibre souvent chargées de mitraille), il pivotait aussitôt pour éviter le tir ennemi, puis reprenait son assaut jusqu'à l'abordage à l'aide de grappins.

 

Il filait 15 noeuds (soit 27,78 km/h); ce qui était remarquable.

 

Au fait, savez-vous pourquoi en marine la vitesse se mesure en noeuds ? Eh bien, autrefois les marins jetaient à l'eau le "loch", planche lestée reliée à un cordage. Le cordage était muni de noeuds tous les 15,43 mètres (correspondant à 1/120ème de mille marin). Lorsqu'on jetait à la mer cette planche, on laissait donc filer le cordage durant le temps de l'écoulement d'un sablier de 30 secondes. On comptait tout simplement le nombre de noeuds qui défilaient jusqu'à la fin du sablier où l'on arrêtait alors le cordage.

 

 

 

 

 

 

Brig

 

 

 

Brick avec ses deux mats, ses voiles carrées et sa vingtaine de pièces d'artillerie

s'ouvrant dans les sabords d'un seul pont

 

1863_BrigAntelopeInBostonHarbor_byFitzHenryLane_MFABoston_-_Antelope_(steam_demi-bark,_1855)_(cropped)

 

 

Attaque d'un brick entre deux vaisseaux de ligne

 

Aivazovsky,_Brig_Mercury_Attacked_by_Two_Turkish_Ships_1892

 

Jens_Thielsen_Locher_-_An_English_brig_off_Elsinore_(1861)

 

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2/ LES BATAILLES NAVALES ANCIENNES

 

Parfaitement orchestrées selon une expérience codifiée à travers les siècles, ces batailles se menaient en tenant compte des paramètres propres à la mer (météo diurne ou nocturne, vent, courants, vagues, tempête, proximité des fonds marins et des esquifs, etc.) et ce, de la même façon qu'on intègre les caractéristiques du terrain à terre. Le nombre de "bâtiments", la puissance de feu des vaisseaux en rapport avec leur nombre de ponts et de mâts était bien entendu un argument de poids à considérer.

 

Selon le cas, le combat se fesait en "guerre de course" avec un nombre réduit de navires donc assez rentable ou en "guerre tactique d'escadres" plus coûteuse.

 

La guerre de course est assurée par des corsaires sur ordre du roi grâce à leurs bricks légers ; lesquels se paieront sur le tas en pillant les lourds bateaux de commerce ou les vaisseaux de ligne imprudents.

 

Quant à la guerre d'escadres où chaque partie (escadre) de la Flotte combat en "ligne de file", à l'écart des côtes, en se canonnant parallèlement, elle impose une parfaite maîtrise des manoeuvres toujours longues à réaliser compte tenu de la taille des vaisseaux. Au tout début du XIXè, la marine anglaise adopta une autre tactique plus efficace, comme le fit l'Amiral Nelson à Trafalgar, consistant à percer la ligne ennemie en l'attaquant frontalement la ligne adverse, donc perpendiculairement, pour mieux la cerner en la divisant.

 

 

Bataille de Trafalgar

 

Capture d’écran 2021-01-14 à 16

 

Trafalgar_aufstellung

 

 

 

Il faut bien se dire que les combats, dans un espace aussi réduit que celui des navires presque au bord à bord,  justement équipés de 700 à 900 matelots et de 120 canons de gros calibre de 42 livres avaient des conséquences terribles pour leurs servants.

 

Imaginez : le silence moite qui précède le combat, le sel dispersé au sol pour ne pas glisser, les mèches allumées par les deux bouts, les sabords relevés avec le vent et les paquets de mer qui s'engoufrent, l'enfer du feu, de la poudre, du bruit, des cris, du sang, des canonnades à bout portant avec le recul fracassant des canons, des nuages de fumée noire, le danger (dans les deux sens) des boulets rouges, de la mâture qui s'écroule, des cordages qui fouettent et de la mer qui s'engoufre dans les brêches...

 

Pour se faire une idée de l'artillerie navale, à la bataille de Trafalgar, les 60 vaisseaux alignèrent pas moins de 4.000 canons, contre seulement 400 à Austerlitz !

 

Selon les protocoles employés dans les marines, on "tirait à démâter" (France) pour immobiliser l'adversaire ou "à plein bois" dans la coque (Anglais) pour détruire les batteries de l'ennemi.

 

Le "tir à boulets rouges" était une technique consistant à chauffer à rouge des petits boulets ronds dans un "four à boulets" avant que de tirer dans la coque pour incendier le navire adverse. La "caronade" s'exécutait en combat rapproché en chargeant les petites pièces d'artillerie de mitraille.

 

Quant à l'abordage, pas toujours effectué (les navires coulant avant), il consistait à s'approcher du navire adverse au plus près à se toucher, puis à lancer des grappins dans la mâture avant que de sectionner à la hâche ses cordage pour immobiliser le navire adverse tout en l'abordant à l'arme blanche et au pistolet en poussant des hurlements effrayants...

 

Le navire vaincu est selon le cas, coulé, remorqué (en le démâtant) ou réparé. Son contenu est pillé, les blessés sont achevés, à moins qu'ils ne soient faits prisonniers, mais bien souvent enlevés puis revendus aux barbaresques comme esclaves... Les morts sont jetés à la mer, dans "le meilleur des cas" enserrés ensemble dans une voile cousue lestée de boulets...

 

Quant à ses propres blessés, souffrant d'horribles plaies et mutilations causées par les boulets, la mitraille et les armes, ainsi que les débris de bois, ils vont dépendre du chirurgien du bord qui, voulant à tout prix empêcher la gangrène, va les amputer à vif (au mieux, avec du rhum)...

 

...comme en témoignent ces mémoires édifiantes d'un marin Grandvillais du XVIIIè :

 

" ... Le combat commença à midi et ne finit qu'à six heures, que nous fûmes pris, avec perte de cinquante hommes, toujours vergue à vergue. Au commencement du combat, je reçus une blessure d'une mitraille au bras gauche; sur les trois heures, une balle de fusil dans la cuisse gauche. J'étais toujours resté sur le pont. Peu avant de nous rendre, le capitaine nous l'annonça. En passant de proue à poupe, un de mes camarades et moi trouvâmes sur notre passage deux fusils encore chargés. "Tirons-les, dîmes nous, nous tuerons peut-être encore deux Anglais". Aussitôt dit que fait, je mets mon pied gauche sur la lisse pour mieux découvrir. Mon camarade mit le genou sur le tillac et fait feu avec moi sous mon bras. Un boulet-ramé nous arrive, me coupe la jambe et coupe mon camarade en deux. Le pavillon fut baissé, et les vainqueurs vinrent s'emparer de leur proie. Nous nous étions battus en chemise. La mienne, teinte de sang et de poudre, fut trouvée fine par les Anglais et enlevée. On m'en donna une de serpillière à la place. Après le quart d'heure de pillage, le calme permit au chirurgien de penser à m'opérer. Faute de tourniquet, il me plaça un ruban de fil autour de la cuisse et le tordit avec la spatule qu'il me donna à tenir et prit le couteau courbe. La scie fut employée. Cet homme ne connaissait pas de périoste. L'opération fut cruelle: point d'aiguille pour les sutures aux vaisseaux ; un Anglais lui en donna une. Enfin, après trois heures, l'opération fut finie. On me descendit et l'on me coucha sur les volets de canons. La fièvre s'empara de moi. Je fus altéré. J'en faisais le signe aux Anglais qui me donnaient alternativement pour tisane, punch, flip, en sorte que je fus presque toujours ivre pendant onze jours que nous fûmes à nous rendre en Angleterre, pendant lesquels je roulais avec mon matelas de tribord à bâbord dans les forts roulis. "

 

 

 

Bataille de Sinope (Russes contre Turques)

 

 

BattleOfSinop

 

 

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Tir

 

 

 

Trafalgar1

 

 

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Trousse de chirugien naval au XVIIIè

 

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15/01/2021
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