La palette de Pierre

La palette de Pierre

Lexique Antonin, Saison 2 , Episode 4, tourments

LEXIQUE LA PASSION D'ANTONIN

SAISON 2 " LUMIÈRE D'ORIENT "

ÉPISODE 4 " TOURMENTS " 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lien vers le poème : Tourments 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE MAUVAIS NUMÉRO TIRÉ LORS DE LA CONSCRIPTION (Tourments)

 

 

Durant la 1ère République, pour endiguer la démobilisation de soldats en 1794, le Général Jourdan obtint le vote par le Conseil des Cinq-Cents d'une Loi relative au mode de formation de l'armée de terre, le 19 fructidor, an VI de la République une et indivisible (le 5 septembre 1798).

 

Celle-ci instaurait pour la première fois la " conscription militaire universelle et  obligatoire " pour tous les Français* âgés de 20 ans d'une durée de 5 ans donc jusqu'à 25 ans. Auparavant, les armées de l'Ancien Régime étaient constituées de milices provinciales, de mercenaires et de volontaires. Notons qu'avec cette Loi Jourdan/Delbrel, le volontariat était également maintenu de 18 à 30 ans avec un certificat de bonne conduite signé du maire de la commune du jeune volontaire et du juge de paix.

 

  • Les femmes étaient également concernées, mais seuls les hommes devaient une conscription obligatoire.

 

 

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Depuis 1798, la conscription évolua, tant dans sa durée que dans son mode opératoire (tirage au sort, par exemple) ou par son intitulé devenant service militaire puis service national (1965), avant que d'être " suspendue " près de 200 ans plus tard en 1997 par le Président Jacques Chirac.

 

On imagine sans mal combien Napoléon 1er utilisa largement la conscription pour accroître et renouveler ses armées jusqu'en 1815 !

 

Durant un siècle, de 1804 à 1903, les conscrits devaient tirer un numéro d'affectation ou d'exemption puis de durée militaire. Ainsi en 1872, les numéros inférieurs sont les plus mauvais avec un service de cinq ans quand le plus élevés n'imposent qu'un an. Plus tard en 1889 la durée sera de trois ans pour tous, seule changeant l'affectation d'arme géographique.

 

 

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Pour en revenir à l'époque qui nous intéresse, Dès le Consulat, puis sous le Second Empire, il était également possible de pourvoir au remplacement d'un conscrit. Cette disposition changea selon les époques. À l'origine, c'était le conscrit lui-même ayant tiré un "mauvais numéro" (l'affectant) qui se chargeait de trouver son remplaçant, prêt à donner à sa place cinq ans de sa vie à la Nation, contre rémunération bien entendu fixée au minimum à 1200 franc et plus généralement à 2000 francs (une fortune alors).

 

Il est clair que cette disposition de remplacement n'était ni juste ni égalitaire, faisant peser sur les plus démunis le poids des armes !

 

Et comme toujours en pareil cas, une véritable "institution" de "marchands d'hommes" s'organisa. Naturellement, des contrats de remplacement étaient fixés devant notaire (car le versement des sommes était répercuté sur les cinq années de service) et outre la somme versée au remplaçant, le bénéficiaire de l'exemption devait s'acquiter des frais de notaire et de la bourse donnée au "marchand d'hommes".

 

Enfin, ces marchands d'hommes ayant tôt fait de flairer la bonne affaire, ils s'installèrent à proximité des casernes, à l'instar des maisons closes à soldats et des "marchands de femmes", afin de proposer à nouveau leurs services aux soldats ayant terminé leur temps, mais anxieux de reprendre sans le moindre sou vaillant la vie civile et qui, appâtés par le gain en reprenaient pour 5 à 7 ans...

 

Le remplacement des conscrits fut supprimé en 1872 sous la 3ème République, mais auparavant, des modifications furent apportées au système de remplacement. Ainsi en 1855 (juste un an après qu'Antonin fut incorporé N.D.L.R.), on ne versera plus la somme requise pour être exonéré à un remplaçant, mais à l'État ! Somme fixée entre 1800 francs et 3000 francs. Pour information, un instituteur gagnait 700 francs par an...

 

 

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Fondé sur un contingent d'appelés fixé par chaque Canton, les futurs conscrits âgés de 20 ans (correspondant à leur "classe") étaient convoqués (avec pli remis par les gendarmes, le vaguemestre ou le garde champêtre) au chef-lieu de leur Canton. Chacun tirait alors dans une urne un billet portant un numéro. De fait, il y avait moins de billets imprimés portant numéro que de conscrits potentiels et ceux qui avaient la chance (ou pas, c'est selon...) de tirer un numéro élevé se voyaient exemptés de la conscription militaire ou pour un numéro un peu plus faible affectés à la réserve ; à ne pas confondre avec les réformés physiques.

 

 

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Les conscrits retenus par leur numéro inférieur, étaient dès lors convoqués au Conseil de Révision les déclarant aptes ou inaptes après un examen médical approfondi (mis à nu) mettant notamment en évidence leur descrition physique. Comme il n'y avait pas de photos à l'époque d'Antonin, on décrivait scrupuleusement leur taille, poid, couleur des cheveux, vue et couleur des yeux, traits du visage, de la bouche et du nez, apparence des défauts physiques, dentition, pieds plats, etc. 

 

Ils défilaient tout nus devant une Commission officielle (habillée ;-) composée du Conseiller Général, des maires, d'un sous-officier de gendarmerie et d'un médecin.

 

Pour ces jeunes appelés, c'était une étape très importante de leur nouvelle " vie d'homme ", devenus " bon pour les filles " et fêtant le " passage de leur Classe " à force boissons et défilés dans leur commune, arborant la fameuse cocarde des conscrits portant leur numéro de tirage au sort ainsi que des rubans, souvent un tablier brodé  et un chapeau de reconnaissance.

 

En effet, cette étape essentielle de leur vie d'homme les séparant de l'adolescence, leur permettait, une fois leur attribution de " bon pour le Service " obtenue (avec en quelque sorte leur passeport de virilité vérifiée) d'envisager ensuite, après leur " temps sous les drapeaux " de se marier et d'exercer un métier. C'était tellement important que de véritables " Comités des fêtes " gérés par les meneurs de " leur  classe " déclarés en Préfecture et avec un Bureau se réunissaient dans une auberge durant un an (celle de leurs vingt ans) pour organiser diverses manifestations, défilés, soirées, et autres... beuveries en costume de circonstance.

 

 

 

 

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Mais les cocardes, donnaient également ça...

 

 

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20/12/2020
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