La palette de Pierre

La palette de Pierre

Souvenirs

bière.jpg fers.jpg poupées russes.jpg 

projo.jpg  currach.jpg

 

 

Souvenirs

  

 

Quand je me retourne sur l’écho des années,

Je sens la vibration des pièges de lumière.

Photos de lueurs surprises aux destinées brassées,

Breloques enfantines en rayons de poussière.

Classeurs et souvenirs forment le territoire

Des instants partagés sous couvert d’auditoire.

 

Belle cage aux images aux portes du décor,

Depuis le safari des clichés trépassés.

Poupées et bibelots, guitare sans accord

Chantent le tourbillon des embruns du passé.

Quand ils vibraient de joie les enfants des « colos »,

 Emmaillaient des bijoux aux accents trémolo.

 

La mer s’est invitée sous l’horizon des dunes.

Et dans l’obscurité perlée de coquillages,

Flotte la douce amande ourlée de larmes brunes.

Compte les jours heureux, sentiers de nos sillages.

S’enfle la maisonnée de joutes plastifiées,

Soldats infortunés des poses sacrifiées.

 

La neige emprisonnée ne givre plus le globe

Du monument figé par l’échoppe évadée.

Poupées russes éreintées d’un amour qui n’englobe

Que les yeux d’espérance en procession badée.

Coupelles éternelles en terre du Vercors,

Biscuit de céramique épice le décor.     

 

Icônes décorées, jouets en bois du Queyras,

Se jouent nonchalamment des livres comprimés.

Étagères chargées d’un subtil débarras,

Minéraux d’outre-mer, fossiles opprimés.

Sainte-Hélène la croix, pyramides sans Sphinx,

Bradent lampe d’orient sans le brouillard du Lynx.

 

Masque d’Agamemnon se frottant aux drakkars,

Eau de fleurs d’oranger sublimant l’olivier,

Pains de tourbe et Currach, et tissus de jacquard,

 Forment la litanie de ce lointain vivier.

Dociles sont les fers, rangés près de l’armoire,

Fertile est la récolte, encense ma mémoire. 

 

Et vous mes cartes tendres aux accents rapportés,

Jamais ne reverrez les timbres des tropiques.

Et que ne brûlent ici, cendriers importés,

Non plus ne rejoindrez la splendeur atlantique.

L’illusion d’infini conditionne le flux

Des photos, des objets, des cadeaux qui affluent.

 

Dorment ces souvenirs à l’aune des passions,

Des collections de sable, à Neptune, empruntées.

Ne pleurent que de luire, mais sans compassion,

Les roses du désert aux postures empruntées.

La lune a le secret d’animer ces babioles,

En ronde effilochée de longues fumeroles.

 

 

 

Pierre Barjonet

Septembre 2014

 



25/09/2014
12 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 27 autres membres