La palette de Pierre

La palette de Pierre

Flambée d'automne

 
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"Flambée d'automne" Huile sur toile - 20F - Octobre 2019

 

 

 

 

 

Flambée d'automne

 

 

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" LEs feuilles mortes - Yves Montand "

 

 

 

 

 

 

 

Nouvelle toile en cours de réalisation

 

 

Je renoue avec ce type d'article (voir " Les glaciers " - voir l'onglet "Pas à pas" à droite de la page d'accueil, sur le bandeau vertical) par lequel je livre la situation " en direct " d'une toile que je suis en train de peindre. Notez qu'il ne s'agit nullement d'un cours, seulement d'indications propres à l'itinéraire de cette création.

 

Présentement, j'ai commencé il y a deux jours, cette "flambée d'automne" déroulant les forêts de ce paysage montagneux sous ciel d'orage...

 

Je vous souhaite d'y prendre plaisir, mais vous remercie pour votre patience, donc votre indulgence - la toile n'étant pas achevée - avant que je ne vous en livre la peinture (à l'huile) terminée.

 

 

 

 

 

 

 

Mon atelier, toile de lin " 20 Figure (73 x 60 cm) "

 

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J'avais une idée bien en tête : composer un paysage contrasté de montagnes imaginaires, mais correspondant aux massifs d'Auvergne, sous un ciel chargé, à la fois sombre et lumineux, laissant se dérouler au premier plan une "mer" de forêt d'arbres flambant leurs couleurs d'automne.

 

 

 

 

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23/09/2019

Je trace au pinceau les contours du paysage (ocre)

 
 
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24/09/2019

Puis, je brosse très largement ce ciel chargé. Je n'utilise que quelques mélanges à base de... à vous de deviner (ci-après, photo de ma palette). Je dilue ces couleurs avec un "mélange sec" de ma composition fait d'essence de térébenthine, de très peu d'huile de lin, d'huile essentielle de pétrole et d'un soupçon de siccatif de Courtrai.

 

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24/09/2019

Je reprends ce ciel en "lissant" les coups de brosse (soies de porc), mais sans m'intéresser pour l'instant aus premiers plans. En revanche, j'indique la "ligne d'horizon" de mes montagnes.

 

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Au départ, j'avais prévu de délayer un "jus" colorant de façon diluée les grands "à plat" des zones, puis, pris par mon rythme d'exécution doublé d'impatience à "mettre de la couleur", j'ai continué de brosser énergiquement la toile.

 

En revanche, j'ai chargé ma palette comme j'aime à le faire, d'une large gamme de couleurs. Oui, je sais bien qu'on peut aisément se contenter de quelques teintes primaires, basiques, mais je suis un peu comme un tisserand qui éprouve le besoin de contempler ses milliers de fils avant que d'en choisir seulement quelques-uns... On ne se refait pas !

 

J'emploie toujours (à ce stade de l'ébauche) des brosses assez larges (12, 14, 16) de soies de porc, donc assez dures que je divise en deux catégories (sur ma table) : claires et sombres.

 

 

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25/09/2019

Je couvre toute la toile en plaçant les volumes des montagnes et des falaises, les forêts tout juste suggérées, mais livrées avec leurs couleurs d'automne et formant donc le relief de l'ensemble avec les prairies du premier plan.

 

 

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À ce stade, la "peinture sèche", sèche ;-) 

 

Il me faut attendre demain ou après demain pour reprendre dans sa quasi totalité la toile en m'appuyant sur ce "jus de luxe" afin de lui délivrer mes couleurs définitives, en deux ou trois passages alternés, de redessiner les reliefs faits d'ombres et de clartés, puis en prenant du recul, de privilégier les principales zones d'impact sur le regard.

 

Pour ce faire, j'opte pour un "mélange gras" à base d'huile de lin et d'oeillette, d'essence de térébenthine et d'un fond (très vieux) de médium Flamand. Ce qui me permettra de travailler au fur et à mesure sans que les pigments ne sèchent trop vite, voire de donner à certaines teintes sombres, une sorte de glacis.

 

Ah oui, j'ai "tapé" dans mes couleurs, mais je nettoie toujours mes "outils" en fin de séance. Il est bien loi le temps du folklore des Beaux-Arts où ma blouse (je n'en porte plus, ne me salis pas et ne met des gants jetables que pour nettoyer ainsi que du papier jetable et non plus des chiffons, sauf un, pour le côté vintage), où ma blouse donc tenait debout toute seule ! Je laisse mes pinceaux tremper (mais essuyés) dans du white spirit coupé de térébenthine (quand j'aurai terminé, je les laverai à l'eau et avec une pierre savonneuse spéciale).

 

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À suivre, donc...

 

 

 

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26/09/2019

J'ai repris mes pinceaux ce matin (seulement) en travaillant le ciel afin de mieux en cibler l'origine de la trouée lumineuse, tout en accentuant ja couleur sombre à gauche et peaufinant les nuances intermédiaires, lui donnant davantage de mouvement, mais avec des coups de brosse moins marqués.

 

J'ai également corrigé la perspective des lignes de crête, puis j'ai repris (en à plat pour l'instant), les teintes bleu/rosé des 3 montagnes de droite filant vers l'horizon. enfin, j'ai corrigé le volume de la montagne/falaise de droite.

 

 

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à suivre si possible demain (27/09/2019)...

 

 

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27/09/2019

La peinture ayant séché davantage que je ne le voulais, me voici contraint de reprendre plus largement le cours de ma peinture.

 

Ainsi, je m'attaque au côté droit, mais les résultats ne sont pas à la hauteur de mes attentes.

 

J'ai voulu alléger la ligne atmosphérique, mais du même coup, j'ai raté ses définitions de lignes et teintes...

 

J'ai voulu donner du corps à la 1ère montagne qui devance en haut à droite la ligne atmosphérique, mais son résultat de "falaise à plateaux" est décevant...

 

En revanche, je me contente de la transformation de la prairie d'alpages en pente douce du premier plan de droite, en un relief mieux étagé tombant sur une sorte de "route" dominant des gorges profondes. Et dans la foulée, je reprends les deux montagnes centrales plus leur plateau d'arbres rougeoyants en vue de donner le pendant "sur terre" à la trouée du ciel, et donc à l'ensemble des perspectives.

 

 

 

 

 

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28/09/2019

Énervé par mon travail de la veille, je redonne de la cohérence à ma perspective atmosphérique ainsi qu'au premier plan de "sa montagne" de droite. 

 

J'en profite pour "bleuir" légèrement la 3ème montagne (à droite en partant de la gauche) afin d'annoncer la perspective atmosphérique.

 

Puis, j'adosse mieux "la route", tout en "gommant" les murets ratés de sa colline de droite. Et par la même occasion, je travaille à son tour la montagne de gauche en lui dessinant des falaises dans les mêmes tons que ceux de la route. J'en profite pour affiner les crètes et leurs nuages respectifs en accentuant les ombres sombres et touches de clarté du ciel comme des montagnes à contre-jour.

 

 

 

 

Ma palette à ce stade :

N.B : dans le 3ème godet, j'ai ajouté du médium Vénitien pour donner davantage de lustrant aux couleurs.

 

 

 

 

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30/09/2019

Je peaufine à nouveau, mais sans grand enthousiasme, la perpective atmosphérique, mais parviens à mieux cerner la forme (imaginée) de "sa" première montagne de droite ouvrant sur un défilé, après les gorges du 1er plan. 

 

J'améliore le premier plan de droite en donnant un meilleur relief à sa pente, bien que sa perspective me pose problème... à corriger, donc plus tard !

 

Du coup, je reprends tout le premier plan de gauche en fixant les couleurs des forêts quand flambe l'automne en novembre. Et je termine correctement les lignes de fuite descendantes des colinnes à forêts rousses de gauche, vers les gorges.

 

Et je consolide la montagne de gauche en soulignant les différents volumes roux.

 

 

 

 

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2/10/2019

Je m'en tiens au premier plan de droite ainsi qu'à des touches rectificatives de ci de là, pour une courte séance, du fait de la peinture encore trop grasse (pas suffisamment sèche pour peindre sans trop se diluer).

 

 

 

 

 

 

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3/10/2019

J'affine tout ce qui peut l'être, aussi bien en ajustant les formes par une accentuation des ombres, qu'en donnant plus d'éclat aux couleurs.

 

Mais cette profusion de rouges (ocre jaune, jaune de naples, jaune cadmium, terre de sienne, violet de mars et rouge vermillon) me gêne un peu : à reprendre...

 

 

 

 

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5/10/2019

Ce matin

J'ai pour ainsi dire terminé... Attention, comme l'on dit " Le mieux est l'ennemi du bien "

Je reprends assez largement formes et tons des forêts, avec une "tranchée" verte de résineux (suggérés bien entendu, davantage que dessinés...).

 

Je reprends pour la éniemme fois la ligne atmosphérique, qui maintenant, me convient... se "noyant" mieux dans la percée blanche.

 

N.B : Ici, on perçoit mal la réalité des couleurs, compte tenu du temps pluvieux qui rend très difficile de bonnes conditions photographiques, mais quand j'aurai achevé ma toile, je la photographierai correctement (en reflex 24/36 sur pied avec 2 lampes couleur jour à parapluies indirects)

 

En fait, je laisse "flamboyer" mes couleurs - c'est l'idée même de ma toile en hommage à l'automne - mais en réajustant l'harmonie des ocres, jaunes et rouges orangés rompus par les verts tendre et violets.

 

J'ai redomné un tant soit peu de "peps" à l'ensemble, notamment en ajustant l'optique des reliefs traversés par des tranchées ou des trouées.

 

 

 

ou (photo en différence de lumière)

 

 

 

Demain, si tout va bien, je donnerai peut-être encore un ou deux coups de pinceaux, puis je signerai.

 

Je la mettrai en ligne (mieux photographiée).

 

Plus tard, dans trois mois environ, je vernirai la toile.

Mais peut-être qu'avant, j'irai m'y promener...

 

Ma palette à ce stade : 

 

 

 

 

Très belle fin de journée

Pierre

 

 

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7/10/2019

Dernier galop d'essai avant d'achever cette promenade entre deux averses...

 

J'ai recomposé le premier plan de droite en changeant la base des tons, davantage ocrés pour mieux s'intégrer dans l'harmonie rousse et orange fauve de gauche. Ainsi, j'ai assombri son pan de colline, là encore, pour mieux préfigurer la perspective des gorges ; lesquelles ont également fait l'objet d'une reprise plus verticale au fond, se fondant entre le bleu et le parme indigo, surplombé par la 3ème montagne de droite un peu plus estompée.

 

Puis, j'ai repris l'avancée de ma 1ère montagne de gauche en insérant à son pied, des cailloux et rochers figurés dans les mêmes coloris que le plan de droite de la toile : question d'équilibre du nuancier. J'ai rendu un peu plus flou tout le plan de cette première montagne afin que celui de la colinne de droite, nettement plus net, accroche le regard en direction des gorges.

 

C'est tout le sens de la composition que de vous inviter à plonger dans des gorges que l'on ne voit pas, tout en suivant leur parcours suggéré par les perspectives de la trouée du ciel, des crètes montagneuses, et des gorges elles-mêmes prolongées par la perspective de l'horizon atmosphérique des montagnes bleues du lointain. J'ai vraiment voulu "faire tourner" ces reliefs en jouant sur les volumes !

 

Enfin, j'ai redonné quelques touches de peinture vive et contrastée en jouant sur l'intensité des couleurs, les valeurs, les contrastes, les couleurs chaudes qui s'opposent aux pigments froids du ciel, les dégradés d'ombres portées et la distinction entre les volumes nets ou flous.

 

Puis, comme j'aime à le faire souvent, j'ai employé un médium de ma composition à partir de médium Vénitien, de médium Flamand (en tube) et d'huile d'oeillette, passé assez largement sur les zones sèches de la toile (les autres y aurons droit dans deux à trois jours), dans le but de donner une sorte de presque glacis sublimant les couleurs comme la transparence de ces additions de teintes posées jour après jour avec un liant de plus en plus gras. 

 

Puis... j'ai signé la toile, mais son "vernissage" n'interviendra que dans 5 à 6 mois, compte tenu des médiums.

 

Un dernier point : le GROS problème des photos, tellement difficiles à prendre tant elles s'écartent presque toujours de la réalité.

 

Celle-ci est relativement fidèle à l'unité de tons de la toile, mais montre le phénomène classique des distorsions dues au grand angle de 32mm (que j'ai corrigé en post traitement avec le recadrage obligatoire de la toile), et ne restitue pas l'intégralité des nuances du ciel du fait des reflets d'éclairage. Les couleurs sont un peu trop "colorées", mais à peine (je ne les ai pas retouchées, ayant réglé la balance des blancs sur un gris neutre).

 

J'avais pourtant employé un réflex 24x36, avec optique zoom de 32mm, 200 ASA, ouverture à 5-6, pose de 1/6, profil de couleur en sRGB pour une image de 6,1 Mo et placé bien évidemment mon appareil sur pied, face au chevalet parfaitement horizontal, avec l'appui de deux oranges (spots lumière du jour) parapluie indirectes à 45°...

 

Merci de m'avoir suivi tout au long de ce pas à pas !

Bises

Pierre

 

 

 

 

 



26/09/2019
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