La palette de Pierre

La palette de Pierre

Tendresse bleutée

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Mon amie Laurence "Ofildelo" ( https://ofildelo.blog4ever.com ) 

m'ayant suggéré d'écrire un poème s'inspirant de cette toile réalisée tout récemment

" Fleurs au vase bleu " 

je me suis donc mis à l'ouvrage en le lui dédiant

avec ses mots fort justes que je reprends dans la 7ème strophe.

 

 

 

 

À Laurence, avec ma reconnaissance,

Pierre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tendresse bleutée

 

 

 

 

 

Suffoquant sous le plomb d’un ciel pavé de nuages,

Nageant sous les soieries d’un ouvrage crissant

A chaque mouvement d’un buste attendrissant,

Dodelinant du chef, s’éventant sous l’orage,

Jade n’en pouvait mais, sans air étoufferait.

 

 

Par les rideaux tirés laissant perler la brise,

Retroussant la tiédeur assombrie du couloir,

Forçant l’écume morne des parfums d’un soir,

Découvrant la moiteur d’une coupe à cerises,

L’air enfin délivré sans un bruit s’engouffrait.

 

 

Le jardin s’était pris au jeu du crépuscule,

Le parterre enfilait ses atours de valeur,

Escaladant la vigne en quête de fraîcheur,

Contournant le bosquet cloîtré de canicule,

Jade encore étourdie, près des fleurs, se rongeait.

 

 

Lors, la lune engageait son onde de lumière

Coulant sur la façade en un reflet d’ivoire,

Chevauchant l’ombre fine sans tain d’un miroir,

Bleuissant les volets, brusquant rose trémière,

Puis aux lèvres de Jade en douceur s’y plongeait.

 

 

Son kimono bleu nuit glissait par l’harmonie

Des perles de flagrance embaumant le satin,

D’un tabouret précieux d’illustre palatin,

D’un paravent chinois mû sans cérémonie,

Porcelaine en bougeoir, Jade s’en saisissait.

 

 

Levant sa flamme d’huile entamant le silence,

Des yeux accompagnant l’intime vase bleu,

De ses joues trop poudrées d’un rose  fabuleux,

Des ongles au vert brillant en signe d’insolence,

Jade s’abandonnait aux fleurs qu’elle chérissait.

 

 

Et la nuit contemplant l’errance de son encre,

Rosace sans soleil, se figea dans l’instant, 

Donnant à son bouquet, le souvenir distant

De l’aurore troublante immobile sous l’ancre,

Déclinant l’ornement des teintes de douleur,

Révélant à la belle, sa passion des couleurs.

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Juillet 2018



20/07/2018
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